Rygel le XVIème









Pages en ligne

Episode 1

page 001   page 002  


Episode 2

page 001   page 002   page 003  


Episode 3

page 001   page 002   page 003  


Episode 4

page 001   page 002  


Le Dominar se trouvait dans une cage minuscule où, du haut de ses soixante centimètres, il avait du mal à se mouvoir. Autour de lui, il y avait d'autres cages, plus ou moins grandes, où étaient enfermés de nombreux prisonniers. Il reconnut un jeune Luxan, un Plokavien défiguré, un esclave Banik et quelques Sébacéens, ou espèces voisines. Il y avait certains prisonniers dont il ne reconnaissait même pas la race à laquelle ils appartenaient. Ils devaient venir de loin. Mais que faisait-il là, lui, un Dominar ? Il s'accrocha aux barreaux et se mit à hurler sur les Pacificateurs qui défilaient les uns après les autres près de sa cage.

— Répondez-moi ! Que fais-je ici ?

Mais il avait beau s'égosiller, personne ne lui prêtait attention. Il avait à peine l'impression d'exister.

— Rahh ! Cracha-t-il. C'est la guerre que vous voulez ? Mon peuple est composé de centaines, voir de milliers de planètes, vous le regretterez !

C'est alors qu'un garde, visiblement excédé d'entendre ses plaintes, se baissa vers lui.

— Écoute-moi bien, vilaine larve, chuchota-t-il, tu n'es plus le roi à présent. Les Pacificateurs ont conclu un pacte avec ton peuple dans la nuit. Les Hynériens sont sous notre protection maintenant. Comme tu n'as pas voulu y mettre du tien, le pouvoir a été confié à un dénommé Bishan.

Voyant l'horreur que provoquait cette nouvelle sur l'Hynérien, le Pacificateur continua en souriant.

— Tu as été arrêté, tu resteras en prison tout le reste de ta très longue vie. Il parait que les Hynériens vivent des centaines de cycles, dit-il en s'approchant encore.

Puis il se releva en souriant et reprit sa place, surveillant les prisonniers. Le Dominar déchu s'assit, ses jambes le lâchant soudainement. Est-ce que ses germes traducteurs lui jouaient des tours ? Ou bien était-ce un rêve ? Est-ce que le Sébacéen lui mentait ? Peut-être que son peuple le libérerait de cet enlèvement…. Non, il se souvint à présent de son cousin Bishan rattrapant les Pacificateurs. C'était sûr à présent, il l'avait trahit et avait pris sa place. Désespéré, le Dominar ne pouvait plus qu'accepter la terrible vérité, il venait de tout perdre.


Il s'écoula plusieurs Arns durant lesquels les prisonniers furent tous amenés un à un. Puis ce fut le tour de Rygel. On l'amena dans une pièce où se trouvait l'amiral Sodge, qu'il avait rencontré la veille. On retira ses menottes et les gardes s'écartèrent. Enfin, on lui rendit son trône volant. Ce geste soulagea Rygel qui avait du mal à rester debout longtemps, et surtout dont la petite taille le diminuait face à ses nouveaux ennemis. De plus, ça lui donna l'impression qu'il y avait peut-être une erreur. Mais le ton de son opposant le convaincu très rapidement du contraire.

— Alors, lança l'amiral en regardant furtivement la petite créature, nous nous revoyons enfin, Dominar…

L'amiral avait un regard méprisant envers son prisonnier. Il était visiblement toujours énervé de la discussion politique qui s'était déroulé la veille.

— Qu'avez-vous fait, grogna l'Hynérien en élevant son trône à la hauteur de son opposant, je suis un Dominar comme vous le dites. Vous ne pouvez pas me retenir de la sorte.

— En fait, vous ne l'êtes plus, rétorqua Sodge calmement. Il se trouve que votre cousin a pris votre place.

— Ce coup d'état est inacceptable, s'énerva Rygel. C'est une honte! Je suis Dominar Rygel le XVIème, je gouverne six cents milliards de sujets. Je suis le fils aîné de Rygel le XVème et en suis donc le légitime successeur, et ceci depuis plus de cent cinquante cycles! Vous ne pouvez pas me destituer. Vous avez beau diriger la galaxie, vous n'avez pas tous les droits.

L'amiral Pacificateur, qui faisait dos au Dominar depuis plusieurs minutes, comme s'il lui prêtait peu d'attention, se retourna enfin.

— En fait, répondit-il, la constitution Hynérienne prévoit le relèvement des fonctions d'un Dominar, si celui-ci est soupçonné de trahison. Le pouvoir, en ce cas, en revient à son plus proche parent. Vos enfants étant encore trop jeunes, et politiquement immatures, c'est votre cousin Bishan qui a été choisi pour…

— Trahison ? L'interrompit Rygel. C'est certainement une plaisanterie. Et je doute de la qualité de votre humour.

— Malheureusement pour vous, le contredit-il. Je ne plaisante pas. Le moment n'est pas propice à l'humour. Lors de notre entretien, après la réunion d'hier, Bishan nous a indiqué ses doutes à votre propos, notamment au sujet de la dernière guerre vous ayant opposé aux Charrids.

— Comment ça ? Quels doutes ? Que racontez-vous ? Les Charrids ont tués beaucoup de mes sujets, ce n'est pas un domaine sur lequel on peut plaisanter.

— Mais justement Dominar, conclut le Pacificateur. Les Charrids ont écrasé l'armée Hynérienne. Ils ont tué près d'un million de vos sujets. Des militaires, mais aussi de nombreux civiles.

Rygel fronça les sourcils, il semblait comprendre où ce maudit Sébacéen voulait en venir.

— Les Charrids n'avaient aucune raison de s'arrêter là. De plus, il parait qu'ils sont friands de la chair des petits Hynériens. De nombreux enfants sont d'ailleurs morts durant cette guerre. Et, alors qu'ils avaient la victoire acquise, les Charrids seraient partis ? Tout simplement ? Lors de la guerre précédente, ils avaient faits plus d’un milliard de victimes.

— Arrêtez ! Grogna Rygel. J'ai perdu plusieurs de mes successeurs à cause d'eux. Si les Charrids ont abandonné, c'est que nos vaillants soldats les ont repoussés, au péril de leur vie. Et ce durant de nombreux cycles, sans aucune aide des peuples extérieurs, comme le vôtre par exemple.

— Hmm, ricana l'amiral, il semblerait que Bishan aussi ait perdu quelques-uns de ses enfants. Ça semble l'avoir affecter plus que vous.

— Tss, contesta Rygel. C'est plutôt mon pouvoir qui l'intéresse ! Quelle honte ! Comment pouvez-vous vous rendre complice de ce coup d'état ? Et comment pouvez-vous proférer de telles accusations. Vous me débectez.

— C'est la deuxième fois que vous m'insultez. Sachez que les Pacificateurs ont beaucoup d'intérêts à intégrer le système planétaire d'Hyneria dans les territoires pacifiés. Des intérêts financiers notamment. Vous auriez mieux fait de capituler Dominar, et de ne pas me contrarier.

Alors qu'il allait répondre, l'amiral reprit la parole.

— Bishan a déposé une plainte auprès de la police pacificatrice et vous accuse de haute trahison. Il soupçonne une alliance avec les Charrids durant la guerre et le sacrifice de milliers d'enfants pour mettre fin à celle-ci. Du fait des nombreuses preuves apportées, des craintes légitimes de celui-ci à ce propos, et pour le salut de votre peuple que nous tenons à protéger, quand bien même il n'était pas adhérent de notre protection du temps de votre gouvernance, nous vous mettons aux arrêts. Et ce, pour une durée indéterminée.

— Frell, s'énerva le Dominar, tandis qu'il actionnait le moteur de son trône et qu'il se rapprochait de l'amiral, comme pour le dominer. Vous êtes complètement farbott ma parole ! Je ne resterai pas une Arn de plus ici ! Que l'on m'amène Bishan tout de suite. Je vais régler ça rapidement.

L'amiral s'approcha, et son air peu rassurant poussa l'ancien Dominar à reculer, tandis que son siège redescendait quelque peu.

— Vous n'avez plus votre mot à dire votre majesté. Vous allez être transféré d'ici quelques jours solaires sur un autre vaisseau. Il s'agit du Zelbinion. C'est notre vaisseau le plus prestigieux. On saura s'occuper de vous, ne vous en faites pas.

— S'occuper de moi ? Répéta Rygel. Comme quand je me suis réveillé dans une cage minuscule. Étrange moyen de traiter un Dominar.

— Vous avez été traité comme n'importe quel prisonnier. Nous pouvons consentir à faire un effort, mais vous savez à quoi vous attendre si vous ne vous comportez pas comme il faut.

Sur ces mots, il fit un geste aux gardes qui se rapprochèrent du Dominar, abasourdi.

— Si vous voulez garder votre siège volant ainsi que le reste de vos effets, repris Sodge, vous feriez mieux d'être docile. Sinon, on vous remet dans la cage où vous vous êtes réveillé. Si vous faites des efforts, nous serons également capables d'en faire. Nous souhaitons traiter au mieux un Dominar, même aux arrêts. SI vous y mettez un peu du votre, tout se passera bien.

Rygel réprima une insulte, il savait qu'il n'avait plus le choix. Il était tombé dans un sale piège tendu par son imbécile de cousin et les Pacificateurs le détenaient à présent. Il ne savait pas combien de temps cela prendrait pour qu'il soit jugé ni la version officielle que Bishan allait divulguer sur Hyneria pour expliquer sa prise de pouvoir. Soupçonner Rygel le XVIème d'avoir vendu de jeunes Hynériens à ces maudits Charrids, quelle honte. Ce Bishan et ces traitres de Sébacéens ne reculaient devant rien. Comment pouvaient-ils l'humilier ainsi et le mettre dans une cage ? Il grogna. Il n'avait jamais était autant en colère. Il remit en question sa gouvernance, se demandant si ses prédécesseurs auraient pu tomber dans un piège pareil. Peu importe, il n'avait rien fait de mal. Sa seule erreur était d'avoir donné à Bishan trop de pouvoir et de l'avoir laissé le convaincre de permettre aux Pacificateurs de pénétrer dans son royaume. Il soupira puis se promis que tous ces traitres n'auraient jamais de pouvoirs sur lui, quoi qu'il en soit. Il resterait à jamais le Dominar de six cents milliards de sujets.

Il capitula et se laissa guider jusqu'à une cellule, grande comme une petite chambre, avec une couchette et de la lumière. Ça lui faisait penser à une chambre de bonne. Au moins, il serait mieux ici que dans une cage.



page précédente        page suivante

Commentaires sur farscape :

Pas encore inscrit ?

BelXander   le   05/06/2012

Très intéressant et bien écrit.