Lorsque je pénétrai dans la pièce circulaire, une jedi se tenait déjà au centre du cercle formé par les Maîtres. Elle se tourna vers moi et je pus distinguer son visage. C'était une jeune femme de mon âge environ, peut-être même plus jeune. Je ne pouvais pas savoir si elle avait atteint la majorité. Elle me fixait de ses magnifiques yeux bleus. Je sus qu'elle devait être assez sage pour son âge. Son visage semblait doux, était lisse et fin et entouré de longs cheveux d'un noir de jais qui lui arrivaient entre les omoplates. Je la rejoignis et nous fîmes face aux Maîtres Yoda et Windu qui nous redonnèrent les ordres de la mission. Nous quittâmes la salle l'un à côté de l'autre sans rien nous dire, puis, arrivés dans le turbo-ascenseur je baissai les yeux sur elle, qui commença à parler.

— Je suis Aya Tirina, mais on a déjà dû te le dire, comme moi on m'a expliqué qui tu étais. Nous devons donc libérer deux jedi.

— Oui, mon ancien Maître et un padawan.

— Ce n'est pas le sien?

— Non. C'est un padawan qui passait les Épreuves. Je le connais et c'est mon ami. Je veux que cette mission réussisse.

— Moi aussi, fit-elle en me souriant, je veux devenir une Jedi.

J'avais oublié que c'était pour elle aussi l'Épreuve. Décidément, tous ceux que je rencontrais passaient les Épreuves.

— J'ai un plan, annonçai-je.

— Ah bon, lança-t-elle, surprise, et en quoi consiste-t-il ?

— Nous n'allons pas là-bas pour négocier et nous avons la permission du Conseil de tuer pour nous défendre ou pour défendre ceux que nous devons libérer. Je les ai prévenus que nous allons arriver pour les sauver.

— Comment tu as fait ?

— Par télépathie, lui expliquai-je, je leurs ai dit que si nous arrivons en tuant les membres de l'organisation du Ciel Ecarlate ceux-ci risquaient de venir les tuer. Je leurs ai demandé de se tenir prêt a sortir de leur prison par leurs propres moyens avant que nous pussions être à leurs côtés.

— Super. Tu as eu raison. Ils devront se protéger le temps que nous les rejoignions. Ensuite, on les évacue.

— Ça ne va pas être aussi facile. Ils sont certainement drogués, et assez fortement. J’ai eu du mal à prendre contact avec Ildara. Ils pourront certainement, enfin je l'espère, éviter de se faire tuer, mais pas plus. Nous devrons donc les rejoindre le plus vite possible et il faudra certainement les porter pour les sortir de là, ce qui risque de nous compliquer la tâche si l’on doit se battre. En sachant que le quartier est presque entièrement du côté adverse, il nous faudra fuir rapidement pour qu’ils n’aient pas le temps d’appeler des renforts.

Je pus alors, en regardant le visage d'Aya, voir qu'elle avait vite déchanté.


Nous prîmes un speeder plus spacieux car il nous fallait de la place pour nos passagers. Et si jamais quelqu’un était gravement blessé nous pouvions incliner les sièges arrière dans une position presque couchée. Nous avions eu un code pour éviter les voies de circulation sans nous faire réprimander par les autorités. Le speeder fila vers le Corridor Écarlate.

Nous nous arrêtâmes bien avant de pénétrer sur le territoire de l’organisation du Ciel Écarlate pour ne pas nous faire repérer. Nous nous étions habillés de façons anodines et banales et nous pûmes sans problème nous mêler aux personnes vivant dans les quartiers pauvres. Je connaissais le bâtiment dans lequel étaient enfermés Loïc et Ildara et en plus je pouvais sentir leurs présences dans la Force. Elles étaient plus puissantes que la fois où je les avais contactés par télépathie. J’espérai que c'était une bonne nouvelle et qu’ils étaient parvenus à éliminer les toxines des drogues, car je ne pouvais savoir si mon impression était due au fait que je me trouvais plus proche d’eux maintenant.

Aya et moi avancions avec prudence, en étendant nos perceptions, pour capter le moindre changement brusque d’excitation chez les personnes qui se déplaçaient. Nous pûmes contourner le bâtiment sans être inquiétés, les membres du Ciel Écarlate ne m’avaient pas reconnu. Alors qu’il n’y avait personne dans les parages, je fis un trou dans le mur avec mon sabre laser. Nous pénétrâmes dans le bâtiment en espérant que le trou dans le mur ne serait pas repéré avant un certain temps. Nous étions dans un petit bureau. Le seul mobilier de la pièce était une table et une chaise. Sur la table, reposait un vieux data-ordi inusité. Je dis alors à Aya :

— Il faut que je contacte Loïc et mon Maître avant de continuer. Ils doivent savoir que nous sommes tout près.

— Ils doivent sentir nos esprits, non ? me demanda-t-elle.

— Je n’en suis pas sûr. Ils sont peut-être encore trop faibles et nous ne pouvons pas tenter le risque de les laisser dans l’ignorance de notre présence. S’il se passe quelque chose et que les gardes veulent les tuer, je veux qu’ils soient prêts pour se défendre. En sachant que nous sommes là, ils sauront que les risques sont élevés et pourront se préparer en conséquence.

— Bien. Je vais rester vigilante et si quelqu’un passe devant le trou, je m’en occupe.

— Comment ? Car si quelqu’un passe devant le mur, il ne pourra pas éviter de voir le trou et l’alarme sera donnée. Je crains que tu ne sois obligée de le tuer ou l’assommer.

— Mais non, t’inquiète, me répondit-elle avec malice en me faisant un clin d’œil. Je m’en occupe. Personne ne verra ce mur, c’est moi qui te le dis.

Je compris qu’elle comptait faire une illusion si quelqu’un passait dans les parages et je pus alors me concentrer totalement sur la télépathie. Après ce qui me parut de longues minutes je pus faire vagabonder mon esprit. Je vis l’esprit de Loïc assez facilement dans les méandres de la Force car même affaiblis à cause des drogues un esprit de jedi entraîné est bien plus puissant que les esprits de personnes normales. Je pus lui faire comprendre que j’étais là et je sus qu’il était déjà prêt. Il avait réussi à purger en grande majorité les drogues qu’on lui avait injectées, ce qui me rassura. Je vis aussi l’esprit de mon ancien Maître, Ildara Mayaserana. Elle était plus faible que Loïc mais son esprit rayonna quand elle s’aperçut de ma présence. Sa volonté était très puissante et malgré le fait que cela faisait de nombreuses semaines qu’elle était constamment droguée, elle avait réussi à se purger en partie. J’étais content et satisfait au sortir de ma transe.

En émergeant lentement je vis qu’Aya était intensément concentrée. Une fois tous mes sens revenus, je pus entendre des voix. Elles venaient de l’extérieur et s’éloignaient. Je ne pouvais pas comprendre ce qu’elles se disaient. Puis Aya sortit de sa concentration. Elle se tourna vers moi en souriant, contente de sa réussite. Je lui expliquai que Loïc et Ildara étaient prêts et qu’ils nous attendaient. Nous sortîmes discrètement de la pièce et comme il n’y avait personne dans les couloirs à ce niveau, nous nous empressâmes de rejoindre les escaliers pour descendre vers les niveaux les plus bas de cet immeuble.

Nous ne fûmes guère inquiétés pendant notre descente. L’immeuble n’était occupé que par très peu de personnes. Cela m’étonna étant donné la situation. Les malfrats devaient être à l’extérieur en attendant mon retour. Néanmoins, plus l’on descendait et plus la situation se compliquait, car les terroristes devenaient plus prudents et mieux organisés. Arrivé au quinzième étage, la situation dégénéra. Alors que nous continuions notre avancée, une personne entra dans la cage d’escalier de secours et se trouva face à nous. Nous ne pûmes le prévoir à temps et je dus prendre mon arme pour le tuer alors qu’il commençait à se retourner. J’entendis un bruit de course précipité dans le couloir où je pénétrai. Aya avait pris son sabre dans la main et était restée en retrait. Une alarme se mit à retentir et une voix déclara notre présence et notre emplacement. Je désactivai alors mon sabre laser et expliquai à Aya que nous devions courir rejoindre les cellules le plus vite possible. Il ne restait que quelques étages à gravir. A peine une minute plus tard nous atteignîmes le bon étage. Les esprits d’Ildara et de Loïc étaient tous proches, bien que plus faible qu’à l’habitude. Puis, je ressentis, ainsi qu’Aya, un trouble dans la Force et un éveil soudain des esprits de mes amis.

A peine quelques secondes après que leurs puissances se soient réveillées, elles s’éteignirent lentement. Mon enthousiasme suivit le même chemin. Alors que je les voyais déjà debout en train de combattre à mes côtés je pus réaliser qu’il faudrait les protéger. Aya et moi nous frayâmes un passage dans le couloir des cellules à coups de sabre laser bien précis. De nombreux cadavres encore fumants jonchaient le sol. Moi qui ne voulais pas tuer d’être vivants étais en train de suivre une voie très sombre. Je pris peur en pensant au Côté Obscur de la Force. Il était en effet bien présent et il suffisait que je me mette en colère pour qu’il rentre à mon service. Ou plutôt qu’il se serve de moi et de ma peur. Mais je pus contrôler mes émotions et mes sentiments. Je vis qu’Aya faisait de même et fus rassuré. C’était une padawan très douée et je comprenais pourquoi le Conseil lui permettait de passer les Épreuves, même à son âge. Elle me fit penser à quelqu’un que je venais de rencontrer…

Nous arrivâmes enfin aux cellules des prisonniers qui nous intéressaient. Je vis que Loïc tenait à peine debout contre le mur de sa cellule, qui ressemblait d’ailleurs plus à une sorte de chambre abandonnée. Ildara arrivait quant à elle tout juste à se lever et à avancer. La situation se présentait mal. Je me rendis vite compte que les sabres laser en plus que j’avais pris n’allaient pas pouvoir leurs servir et que la padawan et moi allions devoir les protéger à nous deux. Nous repartîmes par le couloir, le seul accès donnant aux cellules. Aya était devant pour ouvrir la voie pendant que les deux prisonniers prenaient appui sur moi pour avancer. Nous n’étions pas sortis de l’auberge.



page précédente        page suivante

Commentaires sur HdlF :

Pas encore inscrit ?