Chapitre 5


Je me trouvais seul dans ma chambre, à genoux au milieu de la petite pièce, dos à la porte. J’étais dans les ténèbres, je respirais lentement, les yeux fermés, et je pensais à ma vie de Jedi. Il était certain que le Conseil jugerait ma mission comme un succès. Pourtant, bien des erreurs avaient été commises. J’avais eu besoin de l’aide de deux autres Jedi, je m’étais fait capturer par le gang, et plus important à mes yeux, j’avais perdu le sabre laser de mon Maître.

En rentrant un peu plus tôt, je n’avais pas aperçu le Wookie brun. Il était sûrement quelque part en train de mener une mission à bien. Cette fois-ci, ça ne me dérangeait pas qu’il ne soit pas là pour m’accueillir. J’avais besoin d’un peu de temps pour me remettre les idées en place.

J’avais peur en réalité de la réaction de Rocka si je lui disais que j’avais perdu son sabre. Je réfléchissais à plusieurs moyens de me racheter et de montrer que j’étais capable, seul, de réussir ce que j’entreprenais.

Au bout de quelques minutes ou plusieurs heures, une révélation me frappa l’esprit : je n’avais toujours pas construit mon propre sabre laser ! Comment montrer que j’étais un vrai Jedi si je n’avais pas de sabre ? L’arme de prédilection de tous les Jedi. Le sabre laser, la première caractéristique de l’Ordre ! C’était ma prochaine priorité. J’avais déjà construit les plans, il ne me restait plus que la partie pratique.

Ensuite mon esprit s’attarda sur Aya et Alex. Ces deux Jedi m’avaient bien impressionné, surtout Aya. Elle s’était bien battue, seule, lorsque qu’elle retenait nos adversaires pendant de très longues minutes. Cela me rappela que je ne l’avais pas encore remerciée. Il faudrait que j’aille la voir à l’hôpital.

On frappa à ma porte :

— Loïc ? Le Conseil te demande.

— J’arrive.

La voix m’avait parue lointaine, sûrement à cause de l’effet de méditation. Je me levai et sortis. Le Jedi qui était venu me chercher était déjà reparti. Je pris le couloir de droite et marchai vers l’ascenseur central. Je baissai la tête, sans aucune raison valable pourtant. Je regardais le tapis bleu qui couvrait le sol tout le long du couloir et qui contrastait avec le rouge orangé des murs. Je pris l’ascenseur et me rendis au dernier étage. Quelques minutes plus tard, j’arrivai devant la salle du Conseil des Jedi. La porte était ouverte. J’entrais d’un pas plutôt lent, un peu incertain. Je pris place comme d’habitude au centre de la pièce circulaire. J’évitais le regard des Maîtres, je regardais le ciel de Coruscant, le crépuscule qui donnait une couleur rouge au gratte-ciel. Je savais que les Maîtres Jedi lisaient dans mon esprit mes sentiments. Je les laissai voir en moi, c’était préférable au discours.

— Tu ne devrais pas t’en faire, me dit Adi-Galia.

— Je ne m’en fais pas, lui répondis-je étonné, je sais que vous allez me donner le titre de Jedi, même si…

— Nous ne parlions pas de ça, me coupa Mace Windu en souriant.

— Ah ?

— Tout ce qu’il souhaitait, c’était ta réussite, et peu importe si tu as laissé quelque chose derrière toi.

— Il ? Alex ?

Yoda se mit à rire un peu, et je sentis le même sentiment chez beaucoup d’autres Maîtres.

— Ton esprit est bloqué sur une seule chose : ta précédente mission, me dit le Cerean. Mais nous parlons de Rocka.

Rocka, mon « ancien » maître. Je ne pensais pas qu’ils étaient allés chercher si loin dans mon esprit. Je ne pensais pas que ce serait important pour eux de l’apprendre. « Mais alors, ils sont au courant que je n’ai pas de sabre laser ? »

— Bien sûr, nous ne sommes pas des Maîtres Jedi pour rien, me répondit à haute voix Plo Koon.

Je ne trouvais rien à dire. En réalité, ils connaissaient tout de moi.

— Loïc, écoute-nous, me dit Mace Windu. Le sabre laser de Rarrogorocka n’est pas perdu. Il le retrouvera de lui-même lorsqu’il en aura envie. Il ne t’en voudra pas, car le plus important pour lui était que tu réussisses la mission que nous t’avions confiée.

— Maintenant, continua Eeth Koth, il te faut fabriquer le tien, et le plus tôt sera le mieux. Nous pouvons te fournir le cristal de ton choix et les autres outils pour que tu commences dès aujourd’hui.

— Bien Maître, répondis-je.

— Surtout, n’hésite pas à parler avec nous ou les autres Jedi. Ne garde pas tous tes sentiments pour toi. Cela pourrait te créer des problèmes.

— J’essaierai Maître Mundi.

— Non, n’essaie pas, fais-le.

— Oui, Maître.

Quelques minutes plus tard, je reçus officiellement le titre de Jedi. Puis Eeth Koth m’accompagna pour me fournir un cristal de sabre laser. Je lui demandai de me donner un cristal bleu et un vert, car je ne n’avais pas encore décidé de la couleur. Il accepta, puis me donna quelques conseils pour la fabrication du sabre. Il me laissa devant ma chambre. Je le regardai partir, puis regardai mes mains. J’avais les deux cristaux dans chaque paume.

— Eh bien, ça ne va pas être facile à choisir… et si je faisais orange ?

J’entrai dans ma chambre, sortis de l’unique tiroir de mon petit bureau bleuté les quelques pages de mon plan de fabrication du sabre. Je fis la liste des composants dont j’aurai besoin : il me faudrait faire des achats en ville. Ensuite, je fis plusieurs calculs mathématiques pour trouver le poids, la taille, et toutes les autres caractéristiques de mon sabre. Lorsque j’eus fini, il était tard dans la nuit. Je pris le temps de dormir un peu.

À mon réveil, les rayons du soleil illuminaient ma chambre. Je me levai et commençai à enfiler ma tunique de Jedi. Mais je me ravisai et mis plutôt des vêtements de civils. Je pris un pantalon noir avec des rayures jaunes sur les côtés, un T-shirt du même genre et une veste, noire elle aussi mais sans rayures. Bien sûr, mes chaussures étaient noires. Je pris ma liste de fournitures et une carte à crédits qu’il me restait que je mis dans la poche intérieure de ma veste, puis, je sortis.

Je me dirigeai vers le hangar à speeder assez rapidement. Je pris le premier speeder de libre et je me dirigeai vers le centre commercial le plus proche, c'est-à-dire à environ une quarantaine de kilomètres. Je me retrouvai comme d’habitude devant un embouteillage, mais étant donné que je n’étais pas en mission officielle, je ne pouvais pas doubler tout le monde. Je mis une dizaine de minutes à me garer dans un vaste parking immeuble. Ce bâtiment était très large et permettait à plus de dix huit mille speeders de se garer sur plusieurs étages.

Je pris un turbo-élévateur avec sièges, long d’une vingtaine de mètres et large de la moitié. Je me trouvais avec une dizaine d’autres personnes. Il y avait bien sûr des humains, mais je reconnus deux twi-leks, un Ithorien et un Bothan. Ce dernier portait un costume avec veste et cravate, chose exceptionnelle chez les membres de cette espèce ! L’ascenseur s’arrêta puis il avança tel un train. C’était l’un des nombreux turbo-élévateurs qui emmenaient les passagers directement devant l’entrée du complexe commercial. Il existait un vaste réseau de transports pour emmener les dizaines de milliers de citoyens quotidiens. Au bout de trois minutes de transport, la porte magnétique latérale s’ouvrit nous permettant de sortir.

J’entrai dans le grand centre commercial. Il y avait beaucoup de monde, comme d’habitude. On n’avait que très peu de place, tout le monde devait se bousculer dans les allées, pourtant bien larges. Ne connaissant pas par cœur l’emplacement du magasin que je cherchais, je dus regarder la carte qui se trouvait sur ma droite en entrant. Heureusement, personne ne la regardait, je pus donc très vite me repérer. N’aimant pas particulièrement tout le bruit que pouvaient faire tous les clients, j’essayai de me dépêcher. Mais ce n’était pas chose aisée à cause du monde.

Au bout d’un quart d’heure, j’arrivai enfin devant le magasin que je cherchai. J’entrai et une petite sonnerie automatique retentit. Sur ma gauche, un Ithorien derrière son comptoir me regarda, me salua, puis me souhaita la bienvenue. Comme beaucoup d’humain, je ne comprenais pas ce qu’il disait, mais il avait placé, comme la loi l’exigeait, un écran avec capteur sonore au niveau du comptoir où étaient traduites les paroles du vendeur.

— Bonjour, lui répondis-je.

— [Que puis-je faire pour vous ?]

— Je cherche des composants mécaniques et électriques. J’ai noté ce qu’il me fallait sur ce bout de papier, fis-je en le lui tendant.

— [Du papier ? Vous êtes bien étrange humain, ne savez-vous pas qu’il existe des datablocs ? me fit-il ironiquement]

— Bien sûr, mais il se trouve que je n’en avais pas à portée de main.

— [Je comprends. Veillez patienter, je vais vous chercher ce qu’il vous faut.]

J’attendis quelques instants, l’Ithorien revint rapidement avec un sac dans la main.

— [Voilà tout est là. Ça vous fera huit cent cinquante deux crédits]

Je lui tendis une carte qu’il passa devant un petit laser rouge. Celui-ci devint vert au bout de quelques secondes, puis le vendeur me redonna la carte.

— [Je vous souhaite une agréable journée monsieur. A bientôt.]

— Merci.

Je sortis et me retrouvai devant la foule. Il ne me restait plus qu’à retourner à mon speeder. Je refis le chemin inverse, mais je remarquai sur ma gauche une vitrine où étaient exposés des colliers, plutôt jolis, et à prix abordable. Je pensai à Aya, peut-être devrais-je acheter l’un de ces bijoux pour la remercier…

Sûrement dû à un appel de la Force, je regardai vers la droite. Je fus stupéfait de voir l’homme aux cheveux verts sortir du magasin voisin de celui où je regardai la vitrine. Je restais sur place pour qu’il ne me voie pas et pour pouvoir le suivre ensuite. Mais malheureusement, il regarda dans ma direction et me vit. Sans perdre une seconde de plus, il se mit à courir et à bousculer tout le monde, faisant tomber certaines personnes par terre. Je me mis à sa poursuite en regardant l’enseigne du magasin qu’il venait de quitter : Chez Orlando Mooky, Armes et objets de défense pour tous.

Intéressant, pensais-je alors que je reprenais ma course, il serait bon d’en informer le Conseil et de reprendre l’enquête en commençant par ce vendeur. Je n’arrivai pas à rattraper le fugitif, car il y avait trop de monde. Mais je tentai de ne pas le perdre de vue. Soudain, il tourna brusquement sur la droite et ouvrit une petite porte : un escalier de secours. Je le vis la refermer soigneusement juste devant mon nez. La porte ne pouvait maintenant s’ouvrir que de l’extérieur ! Il avait du la coincer. Je mis ma main à ma ceinture : malheur ! Je n’avais pas pris de sabre de rechange ! J’utilisai la Force devant la serrure magnétique ou tout autre objet de l’autre côté de la porte. Elle se déverrouilla quelques secondes après et l’objet bloquant l’accès fut éjecté sur le côté. Devant moi se trouvaient deux escaliers, l’un montant, l’autre descendant. Je pris le second.

Je descendis à vive allure pour rattraper mon temps perdu. J’arrivai quelques étages plus bas à une porte entrouverte. Par la Force je compris que l’homme que je cherchais était passé par-là. Je sortis donc du bâtiment. Mais la rue où je me trouvais était bondée de monde ! Il était facile pour lui de se cacher maintenant. J’essayais d’utiliser la Force pour retrouver sa trace mais en vain, il y avait bien trop de monde. Enragé, je remontai les marches. Je me rendis vers le magasin suspect en me calmant.

J’entrai dans le petit magasin. Je me retrouvai devant le propriétaire, un Hutt. Il était un peu plus petit que moi, et il avait la queue coupée de moitié. Elle était remplacée par un bout mécanique. Il se tourna vers moi et me salua. Mais je comprenais aussi bien le Hutthese que l’Ithorien, et je n’apercevais aucun écran de traduction. Cela allait lui attirer bien des ennuis devant la police commerciale.

— Je suis certain que vous parlez le basic.

— Bien sûr noble humain. Sur Coruscant il est préférable de parler le basic.

— J’aurais quelques questions à vous poser.

— Des questions ? Vous devriez aller voir au bureau des renseignements. Je suis un « homme d’affaire » comme vous dîtes.

— Vous feriez mieux de soigner votre comportement. Je suis un Jedi.

— Je ne vous crois nullement humain. Vous ne portez pas la tunique de l’Ordre, et vous ne possédez pas non plus de sabre laser.

— Vous vous méprenez.

Je lui fis une petite démonstration de la Force : Je fis voltiger plusieurs blasters au-dessus de ma main, puis, je les posai sur le comptoir. Le Hutt semblait paniquer à présent.

— Maintenant dîtes-moi, que venait faire l’homme aux cheveux verts il y a quelques minutes ?

— Comment ? Mais je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

— Ha bon ? Je suis sûr que vous vous en rappelez, fis-je en utilisant la persuasion de la Force.

— Oui je m’en souviens, répondis le Hutt. Il venait me voir pour commander une cargaison.

— De quelle cargaison s’agit-il ?

— Il demandait du poison à Gizkas.

— Gizkas ? Qu’est-ce que c’est ?

— C’est un petit amphibien que l’on trouve sur beaucoup de planète. Ce sont des créatures qui se reproduisent très vite et…

— Merci du cours de biologie… N’a-t-il rien demandé d’autre ?

— Rien du tout d’autre, Jedi.

— Est-il déjà venu ici ?

— Plusieurs fois, avec des commandes particulièrement étranges.

— C’est-à-dire ?

— Il me demandait plusieurs types de liquides et de produits chimiques, certains plutôt rares.

— Rares ? Comment les avez-vous obtenus ?

— Je n’ai pas l’obligation de vous le dire. C’est un secret professionnel.

— Très bien. Pouvez-vous me fournir une liste de toutes les commandes de l’homme aux cheveux verts. Et donnez-moi son nom tant que vous y êtes.

Le Hutt s’exécuta sans dire un mot. Il pianota sur un ordinateur puis en sortit un mini databloc qu’il me tendit.

— Merci de votre coopération. Je reviendrai plus tard.

Le Hutt ne dit rien. Je sortis et retournai à mon speeder. Lorsque je fus au calme, je pris un comlink et appelai le Temple Jedi. C’est un droïde qui prit mon appel. Je lui fis part de ce que j’avais découvert, et lui ordonnai d’en informer le Conseil.

Je démarrais mon speeder et me dirigeai vers un petit restaurant sympa où mon Maître et moi allions souvent. Ce n’était pas très loin, et en une dizaine de minutes j’y fus. Ce restaurant était calme, il n’y avait pas beaucoup de monde. Pourtant la nourriture y était excellente.

J’entrai dans le restaurant. Un droïde sur roue s’approcha et pris ma commande. J’allai au comptoir saluer Dexter, le propriétaire du restaurant, un être massif à quatre bras. Pendant la préparation de mon repas, qui mit quelques minutes à arriver dans mon assiette, je lui parlais un peu. Il m’avait demandé où était partie la grosse boule de poil, sous-entendu le wookie bien sûr…

Le repas était très bon comme d’habitude, et je donnai quelques crédits supplémentaires à Dexter avant de repartir, quarante minutes plus tard. Sur le petit écran interne de mon speeder, je fis afficher la position du spatioport où le Sabre Millénaire avait été entreposé. Rocka n’avait pas quitté Coruscant avec, car il fallait toujours reconfigurer le vaisseau, changer son immatriculation. Je mis près d’une heure à arriver au spatioport, un immense bâtiment circulaire où tous les vaisseaux, du simple chasseur personnel au grand transporteur de passagers, pouvaient se poser sans difficulté... du moins une fois passé la longue file d’attente en orbite.



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