Je garai mon speeder au parking souterrain associé au spatioport. Je ne trouvai une place qu’au dix-septième étage sous le bâtiment. D’un pas calme, après avoir verrouillé l’accès au speeder, je me dirigeai vers un turbo-ascenseur. Je m’y trouvai étrangement seul, mais je ne m’en plaignais pas.

J’arrivai enfin au « rez-de-chaussée » du spatioport : un vaste hall circulaire, rempli de monde, s’étendant autour du centre dans lequel venaient se poser différents vaisseaux. Je pris sur ma droite, pour me rendre au secteur ouest, secteur spécialisé dans les réparations, contrôles, et qui servait même de fourrière.

J’atteignis ce secteur après un quart d’heure de marche. Il y avait bien moins de monde ici. Je cherchai un terminal pour trouver l’accès au futur Sabre Millénaire. L’ordinateur m’informa par ailleurs que cet accès était déjà déverrouillé. Je n’avais pas besoin d’utiliser un code d’identification. J’éteignis ensuite le terminal puis je me dirigeai vers le corridor qui me mena à destination.

Le YT-2000 était là, la rampe d’accès était abaissée. Autour du vaisseau, plusieurs techniciens, dont des sullustéens et un wookie, travaillaient à la réparation. Le wookie, lorsqu’il m’aperçut, s’avança vers moi. Il avait revêtu une très grande tunique de travail bleue qui ne lui allait pas du tout.

— [Te voilà enfin], me fit-il alors qu’il s’arrêtait devant moi.

— Désolé maître, j’ai eu un petit imprévu ce matin.

— [Pas de problème].

Je détournais le regard. Je ne voulais pas vraiment parler de la mission, ni d’Alex ou d’Aya, et encore moins du sabre laser perdu…

— Comment il s’en sort, demandai-je en pointant mon regard vers le YT.

Se tournant à son tour vers le Sabre, Rocka me donna les grandes lignes :

— [Quelques réparations nécessaires par-ci par-là. Ce soir, l’immatriculation sera faîte].

— Ok, bonnes nouvelles.

— [Par contre pour les améliorations que l’on voulait c’est raté…].

— Ah bon ? Pourquoi ça ?

— [Manque de place, et illégalité. On n’aura pas de cuve bacta personnel, ni d’hyperpropulseur boosté à 0.75…]

— Et la tourelle ventrale ?

— [On pourra la rajouter plus tard, même si le conseil ne le verrait pas d’un bon œil].

— Ça ne m’étonne pas mais bon, tant qu’on ne l’utilise que pour la défense… Tu sais que le bleu ne te va pas du tout ?

Pour réponse je reçu un vif grognement.

— Je rigolais, t’es trop mignon. Les femelles wookies tomberont toutes pour toi, fis-je avec un petit sourire.

— [Tu t’enfonces. Continue et tu ne seras plus mon padawan].

— Je ne le suis déjà plus maître.

Il me jeta un mauvais regard. Un regard étonné aussi. Il se demandait certainement comment je pouvais être si… arrogant, alors qu’il ne m’avait pas éduqué de cette manière.

— Pardon maître… fis-je enfin en baissant les yeux.

— [Allez file, tu as autres choses à faire de ta journée.]

Et il s’en retourna pour finir les améliorations du YT. Je restai là quelques secondes encore, puis je fis demi-tour. Maintenant, je voulais aller voir Aya. Je retournai rapidement à mon speeder puis me dirigeai vers l’hôpital où elle était. Là-bas, je pris rapidement une place libre, entrai dans le grand bâtiment rectangulaire, demandai mon chemin à l’accueil (tenu par une sympathique humaine de Commenor), puis j’arrivai devant la porte de la chambre.

Je frappai doucement, et pour la première fois il me semble, j’entendis sa voix. C’était une voix calme, douce. Ça me surprit beaucoup, je ne savais pas pourquoi. J’entrai dans la petite chambre aux murs blancs et bleus. Aya était couchée sur son lit.

— Bonjour.

Le calme de sa voix me perturbait beaucoup, mais je n’en trouvais pas la raison.

— Salut, fis-je hésitant. Je ne te dérange pas ?

— Bien sûr que non. Je ne reçois que très peu de visite... Les garçons sont censés m’apporter des cadeaux dans ces moments là…

— Ho, je suis vraiment désolé ! J’étais au centre commercial, j’allais t’en acheter un, mais j’ai aperçu au même moment l’homme aux cheveux verts et…

— C’est vrai ? Mais que faisait-il si loin du Corridor Écarlate ? s’étonna-t-elle en se relevant un peu sur son lit, curieuse à présent.

— Il semblerait qu’il achète des produits plutôt rares à un marchand Hutt…

Ça me dérangeait… j’étais venu pour la réconforter, la remercier… finalement on parlait mission…

— Un Hutt ? Ca ne m’étonnerait pas qu’il soit directement impliqué dans les affaires du gang de Cheveux Verts… Tu l’as arrêté au fait lui ?

— Non, il a réussi à m’échapper. Mais j’ai fais lancer une enquête qui commencera par le vendeur de produits rares… Sinon, toi, ça va ?

— Oui, je guéris vite, surtout grâce à la Force. Je devrais sortir demain ou après demain, fit-elle en se laissant retomber quelque peu.

— Tant mieux. Quand tu sortiras, je t’offrirai un petit quelques chose, lui promis-je

— C’est gentil, me dit-elle en souriant.

Une nouvelle fois, je fus perturbé. Je la trouvai simplement jolie à regarder. Un petit bip me sortit de mon état presque somnolent. C’était un appel du Temple Jedi. Je sortis mon communicateur pour vérifier l’appelant. C’était bien ça.

— Je ne peux pas rester plus longtemps, fis-je avec un petit sourire désolé, je dois aller parler au Conseil.

— Reviens quand tu veux…

— Bien sûr.

— Au fait, me dit-elle au moment où j’allai sortir, sommes-nous des Jedi ?

— Tu ne le sais pas, personne ne te l’a encore annoncé ? Oui, nous sommes devenus de vrais Jedi. Le Conseil me l’a annoncé officiellement et il devrait faire de même pour toi quand tu seras de retour au Temple.

Sur ces mots, je sortis de la chambre en devinant la fierté qu’Aya ressentait. Devenir un véritable jedi est très important et quand on le devient pour de bon on est quasiment obligé de se sentir fier.

Une fois hors de la pièce je restai quelques minutes devant la porte à réfléchir sur les sentiments que j’avais eus à trois reprises. Puis, je me décidai à rentrer au Temple.

Maître Windu m’attendait dans le hangar à speeder. Je m’inclinai respectueusement.

— Nous avons reçu ton message, Loïc. Nous avons envoyé deux Jedi pour interroger le vendeur suspect.

— Ne devrions nous pas, Alex et moi, nous en occuper ?

— Ildara Mayaserana s’est déjà porté volontaire, et j’ai contacté Rocka à l’ instant. Il a décidé de l’accompagner pour interroger le Hutt. Il veut utiliser son physique pour obtenir des résultats.

— Ça ne m’étonne guère de lui.

— Viens avec moi, le Conseil à une mission à te confier.

Je le suivis jusqu'à la salle du Conseil. Les onze autres Maîtres étaient déjà présents dans la salle, Alex attendait à l’entrée. Il laissa passer Maître Windu, puis il entra en même temps que moi. Yoda prit la parole lorsque Mace Windu fut assis.

— Jeunes Jedi, une nouvelle mission vous avez.

— Nous vous écoutons, Maîtres, fit Alex.

— Nous vous envoyons sur Ennth du système Sneeve, dans la bordure médiane, à la frontière de l’Espace Hutt, fit Maître Mundi.

— Vous devrez aider à l’évacuation de la planète, continua le Maître Windu. Tous les huit ans, cette planète connaît un cataclysme. Ce phénomène est un mystère et nous ne comprenons pas pourquoi il y a toujours ces problèmes à la même période.

— Il y a en orbite de Coruscant deux transports moyens des chantiers Gallofree. L’entreprise nous a gentiment prêtés deux de ces vaisseaux, remodelé pour transporter des êtres vivants, d’un maximum de deux milles personnes, nous informa Adi Galia. Un vaisseau vous attendra au Quai 39 demain matin pour vous emmener chacun sur un transport dont vous aurez la responsabilité.

— D’accord.

— Vous avez environ une semaine pour finir d’évacuer la population. Il reste un peu plus de trois cents mille personnes d’après les derniers rapports que nous avons reçus. Il devait n’en rester que cent mille, mais il paraît qu’à certains endroits la planète se déchaîne déjà et que les pilotes désignés pour l’évacuation, qui ne sont pas des professionnels, ont peur de retourner sur la planète. Surtout, ne vous rendez pas sur la planète une fois qu’elle sera en plein cataclysme, c’est trop dangereux, même pour des Jedi comme vous, nous dit Mace Windu.

— Comme nous ? fis-je.

— Oui, vous êtes des Jedi talentueux. Vous perdre dans cette mission serait complètement stupide, mais je suis certain que vous y arriverez sans difficulté, fit Ki-Adi Mundi.

Le lendemain, nous nous rendîmes au Quai 39 à l’heure prévue. Le vaisseau nous attendait, Rocka était debout devant lui. Il me serra dans ses bras.

— Maître…, fis-je simplement après m’être extirpé de cette étreinte.

— [Qu’y a–t-il ? N’étais-tu pas censé être content d’avoir une mission en solo ?]

— Ho… je ne suis pas vraiment seul, répondis-je en regardant Alex qui montait dans la navette.

— [Mais je ne serais plus là pour t’aider].

— J’ai toujours ton sabre laser avec moi qui me … portera… chance…

Je finis tout doucement ma phrase, comprenant l’erreur que je venais de commettre…

— Désolé Rocka. J’ai perdu ton sabre dans le Corridor…

Je m’attendais à me faire gronder. Après tout, c’était le premier sabre qu’il avait fabriqué. Finalement, il ricana.

— [Ne t’inquiète pas, j’irai le chercher après ma petite visite au hutt]

— Ah ?

Je restai ainsi quelques secondes, dans une expression bancale entre le soulagement et l’étonnement. Le wookie me tapota l’épaule, a priori pas très fort, mais je le sentis tout de même bien passer … puis il s’en alla sans dire un mot de plus. J’arrivai enfin à sourire quand Alex m’interpella depuis la navette. Il était temps de partir.

Je m’installai derrière le siège du pilote, Alex s’étant déjà ceinturé derrière le copilote. La rampe se referma, puis je fis enfin décoller la navette.

Quelques minutes plus tard, nous atteignîmes l’espace de Coruscant, et on distinguait à l’œil nu les deux transporteurs que nous allions emprunter. Ils étaient arrimés à une espèce de station orbitale. La navette s’y arrima elle aussi.

Nous sortîmes de la navette une fois les vérifications de sécurité effectuées… inutile de prendre le risque d’ouvrir le sas si on pouvait se retrouver éjecté dans l’espace… nous empruntâmes l’unique couloir de la station jusqu’à un croisement. Les deux transports se trouvaient chacun à gauche et à droite.

Nous nous serrâmes la main sans dire un mot puis nous prîmes chacun une direction. Une fois dans mon transport, un homme, habillé de bleu et de vert, d’une trentaine d’année et d’allure gringalet, me mena jusqu’au centre de commande.

Je demandai des vérifications sur l’état du vaisseau auprès du capitaine, puis j’établis une communication avec l’autre navire. Nous partîmes en même temps quelques minutes plus tard, et arrivé au point d’entrée en hyperespace, les étoiles défilèrent pour devenir un tourbillon bleu et blanc.



page précédente        page suivante

Commentaires sur HdlF :

Pas encore inscrit ?