Chapitre 6


Je pris le commandement du vaisseau et donnai les ordres à effectuer quand je n’étais pas sur le pont. Le capitaine Gardner et l’équipage avaient l’air assez expérimentés, bien qu’assez jeunes. Je devais réfléchir un peu à la mission. Je quittai le pont qui n’était d’ailleurs pas très impressionnant. C’était un petit pont principal d’un vaisseau plutôt modeste. Il y avait quelques consoles et quelques personnes devant des ordinateurs qui s’occupaient des moteurs, des calculs d’astronavigation et tout ce qui s’en suivait. Je ne pouvais pas leur être d’une grande aide. Je savais bien piloter un chasseur mais alors utiliser un ordinateur pour piloter un vaisseau de cette importance, qui pouvait abriter près de deux mille personnes, c’était hors de mes compétences. Je traversai alors quelques couloirs plutôt vides. En effet l’équipage était réduit au strict minimum. Notre vaisseau devait transporter le plus de personnes possibles en un voyage. Des vies étaient en jeu.

Arrivé à ma cabine, elle aussi très modeste, je m’assis par terre en tailleur. Je me concentrai et laissai la Force affluer en moi. Les questions qui étaient présentes en moi s’évanouirent. Néanmoins, la tâche que l’on m’avait confiée n’en était pas moins diminuée. Loïc et moi n’avions pas le droit à l’erreur. En une semaine nous devions évacuer trois cents mille personnes. Cela était énorme et je ne savais pas si les deux vaisseaux de transports que nous avions suffiraient en plus des vaisseaux déjà présents. La Force me poussa à comprendre que nous ne pourrions pas nous reposer. Cela allait être une semaine très chargée.

Pendant les deux jours de trajet, des questions refirent leurs apparitions dans mon esprit. Je me demandai quel était l’homme qui dirigeait les opérations sur cette planète. Y’en avait-il un d’ailleurs ? Cela aurait pu expliquer le retard qu’ils avaient pris. Si cette catastrophe était régulière, les habitants devaient être habitués à évacuer la planète rapidement. Pourquoi alors y avait-il un problème ? S’était-il passé quelque chose ? Autant de questions qui ne trouveraient des réponses qu’à notre arrivée.

Le signal de sortie d’hyperespace retentit dans tout le vaisseau. Je me dirigeai vers le pont et pris ma place au centre des écrans de contrôle, à côté du capitaine. Une jeune femme se retourna d’un des écrans et m’annonça la sortie. Je pus voir par la grande verrière les traînées lumineuses bleutées freiner avant de se stabiliser en des points blancs fixes sur le fond noir de l’espace interstellaire. Je vis immédiatement au loin la planète d’une couleur orangée qui ressortait du fond obscur surtout avec l’aura du soleil de la même couleur qui tapait dessus. Je demandai une liaison radio avec le vaisseau de Loïc. Sa voix retentit dans les haut-parleurs du pont.

— Nous sommes enfin arrivés. Nous allons pouvoir aider ces gens.

— Oui, mais restons prudents, lui fis-je pour lui rappeler ce que le Maître Windu nous avait dit. Il ne faut pas oublier qu’ils ont peur de retourner sur la planète. Nous devons savoir pourquoi. Nous avons besoin d’eux. Nous ne pouvons pas sauver tout le monde avec nos deux seuls vaisseaux.

— Certes. Il faudra les convaincre de nous suivre, de nous faire confiance. De plus, nous allons devoir travailler sans relâche. Le temps joue contre nous et d’après mes calculs, aucun repos ne nous sera permis pendant toute la semaine.

— Oui, je suis arrivé à la même conclusion, malheureusement. Il faudra faire tourner les effectifs en effectuant des roulements. Créer des groupes encore plus restreints pour piloter. Un tiers des personnes iront manger et dormir puis viendront remplacer un autre tiers, et enfin ces derniers remplaceront ceux qui ne se sont pas reposés. On ne pourra fonctionner que comme ça.

— Je suis d’accord. Allons-y.

J’ordonnai à l’équipe de navigation de mettre le cap sur la planète. Parallèlement au vaisseau de Loïc nous avançâmes droit sur la planète. Nous pûmes apercevoir de mieux en mieux les stations orbitales. Elles avaient l’air de dater et brillaient d’un éclat terne sous l’éclat du soleil. Lorsque nous fûmes assez proches nous ralentîmes le mouvement pour pouvoir s’amarrer à la station spatiale principale.

— Qui êtes-vous ? Veuillez donner votre identification ? retentit alors une voix sur le pont.

— Je suis le Jedi Alex Raziel, avec le capitaine Gardner. Nous sommes sur le vaisseau de transport Gallofree immatriculé PH1-669 et nous venons vous aider. Nous avons été envoyés par la République suite à votre message de demande d’assistance. Nous demandons à nous amarrer.

Après un petit silence, le temps que la personne reçoive ses instructions, la voix reprit :

— Vous pouvez vous amarrer port 11 et le transport immatriculé PH1-668 a eu le droit de s’amarrer lui aussi, au port 10.

Je confirmai l’ordre de s’amarrer. Le vaisseau de Loïc fit la même chose. Ces deux vaisseaux, pourtant imposants purent sans problème entrer dans le gigantesque hangar principal de l’immense station spatiale. Cette dernière devait non seulement servir à abriter une partie de la population tout les 8 ans, mais était très certainement au centre de l’économie de la planète. Comme une énorme plaque tournante pour les marchandises.

Je demandai au capitaine Gardner de rester dans le vaisseau et de veiller à être prêt au départ avec les effectifs restreints choisis et opérationnels. Je quittai le vaisseau par la passerelle et je vis Loïc Solaris faire la même chose. Je le rejoignis et nous avançâmes dans le couloir ensemble vers les quatre hommes en uniforme, d’un vert des plus repoussants, qui nous attendaient déjà. Ils se présentèrent et nous indiquèrent qu’ils allaient nous conduire au chef d’évacuation, Fred Kiomlor. En nous conduisant dans les couloirs déjà bien fréquentés je m’aperçus que personne ne cherchait à s’entraider.

Nous arrivâmes à la salle principale après encore quelques secondes de marche. La salle de contrôle de la station était bien plus impressionnante que le pont du transport Gallofree. Il y avait bien plus de postes d’ordinateurs et beaucoup de personnes s’affairaient dans tous les coins de la grande pièce. Un homme d’une quarantaine d’année se retourna après avoir donné un ordre et jeta un regard sur Loïc et moi. Il fit un rictus méprisant et se dirigea vers nous. Sa tête était marquée par une vie dangereuse. Une cicatrice courait le long de son visage, du coin de l’œil doit jusqu’à son oreille. Ses cheveux noirs et par endroit grisonnants, coupés d’une façon militaire, faisaient ressortir le côté ferme et strict de son visage. Ses yeux d’un marron foncé étaient fixés sur nous, et il arborait un sourire déplaisant. Sa carrure d’athlète était des plus musclée et il nous dépassait d’une bonne tête. Enfin, il prit la parole après nous avoir examinés pendant encore quelques secondes. Sa voix, elle aussi ferme et grave, faisait de lui un homme à respecter, voire à craindre. J’espérais qu’il n’allait pas nous causer d’ennuis. Son charisme allait être dur à battre.

— Alors comme ça vous êtes des jedi, hein ?

— Oui, répondit Loïc.

— De vrais jedi ou seulement des apprentis ? J’ai demandé de l’aide, pas des boulets, des gamins sans expérience qui ne savent rien faire. Si c’est le cas je n’ai pas besoin de vous, vous pouvez repartir. Je garderai vos vaisseaux par contre.

— Non, vous allez avoir besoin de nous, fis-je

— Ah oui ! s’exclama-t-il.

— Oui. Nous savons évaluer des situations, nous savons réagir dans des situations dangereuses et nous avons de l’expérience. Nous sommes de vrais jedi.

— Mais depuis quand. Trois heures ? Non, sérieusement, j’ai besoin de personnes volontaires et motivées.

— Nous le sommes, répondit alors Loïc. Nous voulons vous aider. Nous voulons sauver des vies. Nous avons été envoyés pour cela et c’est ce que nous allons faire que vous le vouliez ou non. Vous n’avez qu’à juste nous permettre de déposer les habitants de cette planète dans les stations et nous le ferons. Nous n’avons pas à vous rendre de compte.

— Ha ! Voilà quelqu’un qui a du caractère. J’aime ça. Ici, il n’y a que des mauviettes. Nous avons de nombreux transports, mais personne ne veut plus les piloter.

— Et pourquoi cela ? demandai-je.

— Parce que la planète commence déjà à s’échauffer. Des tremblements de terre, glissements de terrain et autres tornades ont déjà commencé. Les pilotes potentiels sont tous des froussards et ont peur d’être bloqués par une catastrophe et de ne plus pouvoir quitter la planète avant le cataclysme réel.

— Ne vous inquiétez pas, nous ne vous abandonnerons pas.

— Merci. Cela me fait honte que mon propre peuple soit si lâche. Mais si vous faîtes partie du sauvetage, vous des personnes si jeunes et que vous n’abandonnez pas, alors peut-être cela remotivera les gens.

— Je l’espère, dis-je. Nous allons faire un aller-retour sur la capitale. Puis, nos essayerons de communiquer avec l’ensemble des personnes présentes sur les stations.

— D’accord. Je vais vous laisser et vous souhaiter bonne chance. J’ai encore des choses à faire. Il me faut vérifier si tout le monde a à manger, du chauffage, etc…J’ai tout à faire ou presque par ici.

— Hé ! l’interpellai-je

— Oui, répondit-il en se retournant car il avait déjà commencé à partir en direction d’un groupe de personne.

— De toute façon nous n’avions pas de vaisseaux pour partir, à part les deux transports. Un jedi accomplit sa mission, quel que soit le danger.

En se retournant, je pus voir le chef d’évacuation Kiomlor sourire. Ennth avait de la chance d’avoir un homme pareil pour gérer cette crise. J’étais sur que l’on pouvait bien s’entendre. Il n’était pas aussi dur qu’il voulait le laisser paraître même s’il avait du vivre une vie passionnante et pas de tout repos. Il était seulement abattu par l’abandon et le désespoir de son peuple. Par contre, s’il était le seul à lutter contre les événements, on pouvait d’ores et déjà dire adieu à de nombreuses personnes.


Solaris et moi marchions dans les couloirs de la station, suivis par deux hommes. Nous ne pouvions dire ce que nous pensions. Arrivé au couloir menant aux vaisseaux, nous nous séparâmes. Une fois sur le pont du transport Gallofree, je demandai une connexion avec le vaisseau de Solaris. Nous pûmes enfin dévoiler nos pensées :

— Cet homme est un homme bon. Il est seulement déçu par la lâcheté de son peuple et veut montrer que lui, est toujours fort.

Solaris venait de dire exactement ce que je pensais.

— Oui, je suis d’accord. Il faut l’aider. Nous devons annoncer à toutes les stations que nous allons faire une descente. Ainsi, ceux qui veulent nous accompagner le pourront. Lorsque nous remonterons avec plus de quatre mille personnes, j’espère que l’espoir renaîtra.

— Bien. Je lance le message.

Alors sur tous les vaisseaux, on entendit ce message :

— À tous les pilotes. Nous, Jedi de la République, allons faire une descente sur la planète. Nous allons à la capitale, pour évacuer le plus de personnes possibles avec nos 2 transports Gallofree. Nous vous prions de venir avec nous. Si vous possédez un vaisseau qui peut transporter quelques personnes, si petit soit-il, vous devez nous suivre. Je répète, nous allons descendre à la capitale. À tous les pilotes de vaisseaux, suivez-nous. Nous partons dans trente minutes.

Solaris avait fini son message. J’espérai qu’il allait fonctionner et que le plus de vaisseaux possibles allaient nous suivre. Mais malheureusement, une vingtaine seulement, de petits et moyens cargos, nous suivirent, sur la centaine possible. J’étais vraiment déçu.

J’ordonnai au capitaine d’utiliser dès à présent le système d’alternance de l’équipage. Il avait déjà formé trois groupes très équilibrés qui pouvaient tous très bien manœuvrer le vaisseau. J’étais content de lui mais je me concentrai tout de même sur le commandement. Bien que le capitaine soit très compétent, la Force me guidait et je pouvais donc anticiper certains évènements. La petite flotte quitta la zone des stations et amorça sa descente. L’entrée dans l’atmosphère se fit assez paisiblement, mais une fois les couches nuageuses évaporées, je pus contempler la planète.

Je compris immédiatement pourquoi de nombreux pilotes ne voulaient plus poser les pieds sur ce monde. Des vents très violents soufflaient, et au loin, on pouvait même voir plusieurs tornades. Par chance, la capitale n’était pas encore touchée. Je vis ses nombreux bâtiments et buildings qui étaient fièrement dressés et qui affrontaient la tempête. Ils étaient couverts de poussière et l’on ne voyait presque plus le gris du permabéton. La capitale était située à l’embouchure d’un fleuve. Elle s’étendait des deux côtés du fleuve qui se jetait dans la mer peu après. C’était donc aussi un port maritime. Alors que les vaisseaux cherchaient une zone d’atterrissage je pus mieux voir la zone portuaire. Les nombreux navires de pêche, de transport ou de marchandises étaient brinquebalés dans tous les sens tellement la mer était déchaînée. Enfin, le capitaine Gardner trouva un lieu parfaitement adapté. C’était une très grande place de plus de deux kilomètres carrés. On pouvait se demander à quoi elle servait dans une ville aussi petite. C’était peut-être la capitale de cette planète, mais étant donné que la planète était elle-même petite et peu peuplée, la taille de la capitale s’en ressentait. Néanmoins, cette gigantesque place était là. Je donnai l’ordre au capitaine Gardner de nous poser. Solaris quant à lui se dirigea vers le spatioport.



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