Lorsque je quittai le vaisseau, je fus agressé par le vent très puissant qui propulsa du sable sur mon visage. Je mis mon bras devant ma tête, surpris de trouver du sable jusque dans le centre de la ville. Je m’aperçus que d’autres vaisseaux plus petits s’étaient aussi posés là. Un homme se dirigea vers moi en courant et en criant pour se faire entendre :

— Chevalier Jedi, je vais vous guider jusqu’aux abris. Les autres pilotes attendent dans leurs vaisseaux. Il faut que l’on se dépêche. On ne sait jamais, il peut très bien y avoir un tremblement de terre et en revenant, nous trouverions nos vaisseaux dans une énorme faille.

Cet homme n’était pas très optimiste, mais je lui fis signe de la tête que j’avais compris. Il se mit à courir, le bras devant la tête, tout comme moi, pour se protéger du sable. Après quelques minutes et quelques ruelles et dédales, il s’arrêta près d’un mur. C’était un petit bâtiment grisâtre qui ne pouvait contenir que peu de personnes. Devant ma surprise, tout en rentrant un code, il m’expliqua que l’abri était plus sous terre que sur terre. Je hochais la tête en pénétrant dans ce qui semblait être un sas. Lorsque la porte donnant sur l’extérieur fut fermée, nous pûmes mieux parler. Il m’expliqua que ces abris existaient depuis toujours. La planète étant souvent le lieu de catastrophe naturelle, toutes les grandes villes en avaient. La plate forme sur laquelle nous nous tenions, se mit à descendre assez lentement. Après quelques minutes qui me semblèrent une éternité, la plate forme se stabilisa. Puis, un des murs s’ouvrit. Alors, je pus contempler les abris. Le premier étage était d’un gris terne. Les murs ne projetaient aucune couleur, aucune vie. Les personnes présentes avaient le même état d’esprit et en nous voyant elles reprirent un peu espoir. Alors que je m’avançai dans la pièce, un autre pan de mur coulissa. Solaris et un autre homme sortirent d’un autre ascenseur. Je les rejoignis. Solaris m’expliqua qu’ils s’étaient posés à l’astroport. Je lui fis part de la place où nous avions atterri.

Nous expliquâmes à tous les gens présents grâce à un système de radio, que nous étions des jedi et que nous allions venir les sauver. Il y eut beaucoup de pleurs de soulagement mais aussi beaucoup de questions et d’inquiétudes. Tout le monde se demandait comment nous allions pouvoir les sauver tous à temps, même avec nos deux transports. Je leurs fit part de mon plan d’alternance des équipes pour qu’il puisse y avoir des allers-retours continus entre la planète et les stations. Ensuite, Solaris leur promit de convaincre les autres pilotes de se joindre à nous. Tout cela redonna quelque peu le moral, mais tout le monde voulait venir avec nous dès le premier voyage.

Nous fîmes alors une sorte de tirage au sort parmi les femmes et les enfants, les hommes allaient devoir attendre. Ainsi, plus de quatre mille personnes furent sélectionnées et purent nous accompagner. Les au-revoir s’éternisèrent, car cette sélection séparait des familles et cela causait des pleurs. Les membres d’une même famille avaient peur de ne plus se revoir. Le retour aux vaisseaux se fit assez calmement et nous pûmes décoller sans problèmes. Nous arrivâmes à la station principale sous le regard ébahi de tous. Nous avions réussi un premier voyage et nous avions sauvé près de quatre mille personnes, mais tout cela nous avait pris plus de deux heures. Ce délai était bien trop long, il nous faudrait à présent être plus rapide. Ou disposer de plus de vaisseaux.

Nous refîmes une descente et un peu plus de quatre mille personnes de plus furent sauvées. Alors, Fred Kiomlor, lança un message à tous les pilotes. Un message de chance et de remerciement à tous ceux qui étaient déjà en action et un message d’encouragement pour les autres. Il leur fit part de ses sentiments et de ses doutes. Il leur exposa la situation brusquement et les poussa à se poser des questions. « Et si ma femme ou mon enfant était encore sur la planète ? Ne devrai-je pas aller les sauver ? Les gens coincés sur la planète sont de la même race que moi, du même peuple que moi, ils pourraient être mes frères. »

Grâce à cette intervention, le voyage suivant ne fut pas accompagné par une vingtaine d’autres cargos mais par une cinquantaine. Puis, le nombre des allers-retours augmentant nous connaissions mieux la planète et ses pièges. Notre cadence augmenta et les succès se succédèrent. Le nombre de vaisseaux augmenta encore, pour bientôt être total. Tous les vaisseaux disponibles nous suivaient lors des allers-retours sauf lors de leurs pauses. En effet, ils n’avaient pas un équipage très important et un pilote seul ne pouvait piloter vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Néanmoins, Fred Kiomlor, lorsque je le revis pour une petite réunion avait l’air beaucoup plus heureux. Il pouvait être fier de son peuple et il l’était, cela se voyait sur son visage et dans la Force.

Quatre jours se passèrent et la capitale fut totalement évacuée. Nous devions alors changer de lieu. Nous nous engagions en territoire inconnu. Une réunion fut alors organisée au centre de commandement de la station spatiale de survie principale. Lorsque Solaris et moi entrâmes dans la pièce, elle était déjà pleine. Nous nous dépêchâmes de rejoindre deux sièges vides lorsque je reconnus plusieurs visages. Tous les gens présents dans la pièce étaient des pilotes. Je m’aperçus que Solaris l’avait vu lui aussi. Peu après que nous nous soyons assis, Fred Kiomlor apparut, plus radieux que jamais. Son aura de confiance et de fierté éblouissait dans la Force. C’était un très bon commandant et il était heureux de pouvoir enfin voir le courage des gens de sa planète natale.

La réunion ne dura pas longtemps. Tous étaient conscients que nous n’avions pas de temps à perdre. Nous étudiâmes le terrain de nos prochaines descentes et certains vaisseaux furent assignés à des villes de moindres importances, voire des villages. L’état climatique de la planète se dégradait. Il fallait accélérer le mouvement qui était déjà pourtant très rapide. La fatigue cependant commençait à gagner les équipages et pilotes de vaisseaux.

Après quelques nouvelles descentes, il y en eut une qui failli être la dernière. Loïc aux commandes de son transport et moi du mien, nous partîmes en direction de l’une des villes moins importantes pour évacuer les derniers habitants restants. Nous étions les seuls vaisseaux affectés à cette ville car il ne restait plus beaucoup d’habitants. Nous pûmes nous poser sans trop de difficultés et ce malgré la tempête. Le vent soufflait avec une force que je n’aurais jamais crûe possible. Certains arbustes et le sable voltigeaient. Les gens ne pouvaient pas marcher sans mettre la main devant leurs yeux pour se protéger du sable et des graviers. En plus, plusieurs tornades se rapprochaient dangereusement de la ville. Nous avions pût les voir en arrivant à bord des transporteurs.

Les habitants restants ayant assisté aux évacuations précédentes savaient comment procéder mais la météo les ralentissait énormément. Je craignais de ne pas pouvoir repartir et je sentais l’inquiétude de Loïc et des habitants au travers de la Force. Loïc et moi ne pouvions rien y faire. Nous ne pouvions pas redonner de l’espoir tant que nous n’avions pas décollé. De plus, nous n’avions pas assez de Force pour le faire et il nous fallait conserver celle qui nous restait. Des tremblements de terre se joignirent à la tempête. Un grand éboulement de terrain eu lieu à quelques centaines de mètre de notre position. Nous assistâmes impuissants à la chute d’un bâtiment dans la faille créée. Par chance, ce bâtiment n’était pas un des lieux d’abri et était donc vide.

Cela fit accélérer le mouvement quelque peu mais il me semblait tout de même que l’évacuation n’avançait pas. Seulement quelques centaines de personnes étaient montées. Il en restait encore plus du double. Je ne pouvais qu’assister au déferlement de personnes, arrivant dans le vaisseau totalement paniquées, malgré mes pouvoirs de Jedi. Je voyais clairement mes limites. Qu'est-ce que des Jedi peuvent bien faire face à la furie des éléments ?

Je rejoignis Loïc sur la passerelle grande ouverte de son vaisseau.

— Que viens-tu faire ? me demanda-t-il en me voyant arriver au pas de course pour ne pas rester très longtemps sous la tempête.

— Je me demandais comment accélérer l’évacuation. N’as-tu pas une idée ?

— Non, malheureusement. Pour moi aussi, il me semble que l’évacuation se déroule au ralenti. Mais que pouvons nous faire de plus ?

— Je ne sais pas. Mais je crains que la pluie se joigne à la partie. Je sens que le niveau d’humidité ne cesse d’augmenter depuis notre arrivée.

— Oui, et les instruments de bord me l’on confirmé, annonça Loïc Solaris en me regardant gravement. Je crains le pire si nous ne partons pas avant.

— Moi aussi, déclarais-je.

— Mais l’évacuation est en place nous ne pouvons pas changer le système sans perturber l’ordre régnant et cela nous ralentirait encore plus.

Alors qu’il me dit cela, je jetai un coup d’œil aux habitants de cette planète. Les personnes à évacuer étaient en parfait ordre. Ils respectaient à la lettre les consignes que nous avions mises en place, Fred, Loïc et moi. Par petits groupes de dix ils quittaient les abris où ils étaient en train d’attendre pour courir aux vaisseaux. Sitôt ceux-ci arrivés d’autres partaient. Ce système facilitait la prise en main des réfugiés dans le vaisseau et évitait une bousculade générale dans la rue sous la tempête.

— Bien, je vais regagner ma passerelle car je crois que ça va se finir.

— Oui, et il est temps, car la pluie commence, déclara Loïc lugubrement.

Je me mis à courir sous les quelques gouttes. J’arrivai au vaisseau sans être trop mouillé. Ce ne fut pas le cas des évacués suivants. En effet, la pluie tomba de plus en plus violemment pour finir en véritable déluge. Certains évacués arrivaient aux vaisseaux sans pouvoir respirer à cause de leur course folle, de la pluie et du vent. Ils avaient le souffle coupé. Les tornades aussi se rapprochaient. Alors que les derniers réfugiés grimpaient la passerelle et que les moteurs se réactivèrent, un énorme glissement de terrain eu lieu à cause d’un terrible tremblement de terre. La terre se déchaînait pour ne pas nous laisser repartir.

Néanmoins, les moteurs des deux vaisseaux s’activèrent et les répulseurs anti-grav entrèrent en action dans un terrible grincement mécanique. Ils n’avaient pas pour habitude d’être utilisés alors que la terre qui était sous eux se déplaçait, s’éloignait. Mais une fois activés, ils remplirent leur rôle et les vaisseaux purent décoller. Enfin… le vaisseau de Solaris fit un bond en l’air de plusieurs dizaines de mètres alors que le mien fut projeté sur un côté. Mon transporteur fut stoppé par une énorme paroi rocheuse et l’on entendit un grincement terrible. Puis les répulseurs effectuèrent leur tâche véritable et mon vaisseau avec ses deux milles réfugiés s’envola droit sur celui de Loïc. Tout le haut de mon transport subit un choc contre le dessous de celui de Loïc. L’arrêt instantané en pleine monté fut brutale et souleva pas mal de cœurs, notamment ceux des plus fragiles, dans un gros bruit de taule froissée. Tous les passagers eurent terriblement peur et hurlèrent voyant leur fin arriver.

Mais l’équipage des deux transports Gallofree fit preuve d’un très grand sang-froid et d’une parfaite maîtrise de soi, malgré la fatigue, car les deux vaisseaux s’écartèrent immédiatement. Ensuite, ils activèrent enfin les boucliers déflecteurs qu’ils n’avaient pas eu le temps de mettre en route sous la pression du décollage en catastrophe. Alors la situation se calma, bien qu’assez lentement. La peur et l’inquiétude restaient dans tous les esprits et les évacués ne furent totalement rassurés que lorsqu’ils rejoignirent le reste de leur famille sur les stations orbitales.

A peine nous avions eu le temps de déposer les rescapés que Fred Kiomlor nous contacta. Nous le rejoignîmes immédiatement, sans même prendre le temps de nous reposer. Nous avions juste pris un sandwich pour nous restaurer quelque peu. Arrivés dans la salle de commande centrale de la station principale nous vîmes le regard sérieux et lointain de Fred, signifiant sans aucun doute une mauvaise nouvelle. Il nous fit part des dégradations de l’état de la planète près des pôles et nous annonça qu’un village de près de trois milles habitants ne se situait pas loin des séismes et tempêtes les plus importantes. Loïc s’empressa de déclarer qu’il s’en occupait.



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