Après trois heures de repos, une vague de chaleur me réveilla. Je me levais d’un bon et sentis de minute en minute la chaleur qui s’intensifiait. Me rendant compte de ce qui arrivait, je réveillai la jeune femme, nous montâmes sur le speeder-bike, puis nous filâmes à toute allure. Je me retournai peu après pour voir la vague de lave déferler sur la forêt. Sa vitesse était impressionnante et l’effet était d’autant plus amplifié par la nuit étoilée du matin.

La nuit. Je venais de remarquer à l’instant qu’il faisait très frais, pour ne pas dire froid. La jeune fille derrière moi en tremblait. Ce n’était pas avec ses petits vêtements qu’elle resterait au chaud. Je m’arrêtais rapidement, enlevai ma toge de jedi et la lui proposa. Elle la prit sans hésitation en me souriant un peu. Puis lorsqu’elle eut fini de s’enrouler dedans, je repartis.

Sans m’attarder une seconde de plus, j’accélérai au maximum. Il devait me rester environ trois mille cinq cent kilomètres. Autour de moi, les éléments se déchaînaient, des crevasses et des geysers faisaient leur apparition, des volcans se formaient à vue d’œil et crachaient d’épaisses fumées noires. Des failles, s’éjectaient de la lave sur plusieurs dizaines de mètres, et je devais souvent slalomer pour éviter les retombées brûlantes.

Alors que toute la planète semblait se désintégrer, je sentis une présence qui s’approchait. Quelques minutes plus tard, un transport Gallofree passa juste au-dessus de moi alors que je continuais ma route à pleine vitesse. Le transport fit demi-tour, repassa au-dessus de moi puis s’approcha du sol du mieux qu’il le pût. Le sas était ouvert. Je sentis Alex se joindre à mes pensées, et ensemble, nous agîmes sur le speeder-bike et le transport. Après quelques tentatives qui échouèrent, nous parvînmes à stabiliser le speeder juste en dessous du vaisseau.

Avec la Force, je maintins la poignée d’accélération, puis, je pris la femme dans mes bras et sautai aussi haut que je le pu grâce à la Force. Je parvins à poser une main sur le rebord du sas, la jeune femme crispée dans mes bras, sa tête au creux de mon épaule. Sous l’effet de la vitesse du vaisseau et du souffle, ma toge de jedi s’envola. Je cru que j’allais lâcher à la fois le bord de la rampe et la jeune femme. Je ne parvenais pas à monter seul dans le vaisseau. Alex arriva à temps pour m’y aider. Une fois sauvé, la rampe d’accès se referma. Je restais allongé sur le dos, la femme toujours agrippée à moi. Je décidai de ne pas bouger jusqu’à ce qu’on arrive à la station. J’envoyais un remerciement par la Force à Alex, lequel hocha la tête en souriant avant de se rendre à la passerelle reprendre le commandement.


Peu avant notre arrivée à la station, je me levai, épuisé. La femme sembla se réveiller d’un sommeil en partie réparateur mais troublé…

— Je suis désolé…

— Non, vous avez fait ce que vous pouviez… Je n’aurais moi-même pu le sauver…

Un silence s’imposa… mais je devais voir Alex et lui demander quelques explications sur le capitaine Deena.

— Je dois vous laisser…

— Nan, restez avec moi, s’il vous plait… ou laissez-moi venir avec vous.

— Suivez-moi. Ensuite, je vous conduirai jusqu’à votre mère, lui répondis-je après un petit moment de réflexion.

— Ma mère ? Mais… elle est morte il y a des dizaines d’année !

— C’est impossible, lui dis-je étonné, c’est elle qui m’a dit que vous ne vouliez pas quitter la planète.

— Nous ne l’avions dit à personne… et ma mère est vraiment morte, ça j’en suis sûr.

Elle disait ça comme si ce n’était pas grave qu’elle soit morte… en y réfléchissant, elle ne devait pas l’avoir beaucoup connue en fait…

— Qui était-ce alors ? Une vielle femme petite, presque bossue, et toute ridée, à la voix tremblante.

— Je ne sais pas… peut-être une voisine… ça ne faisait pas longtemps qu’on était arrivés dans cette ville, on ne connaissait pas grand monde…

— Je vois… en tout cas heureusement que vous aviez laissé un message pour vous retrouver…

— Quel message ?

— Ben, celui de la chambre à l’étage, sur papier blanc… ne me dîtes pas que vous n’en aviez jamais écrit ?

— Hé bien…

— C’est quoi cette histoire ? Ça me paraîtrait bizarre si c’était la vieille qui l’avait écrit… Quoiqu’il en soit, je la chercherai à la station pour vous la présenter…

Elle ne répondit rien, apparemment aussi étonnée de tout ça que moi, si ce n’est plus encore.

J’arrivai enfin à la passerelle, la jeune femme sur mes talons, semblant réfléchir longuement. Alex m’accueilli et je lui demandai où était passé le capitaine Deena. Il me l’expliqua pendant qu’on se posait à l’intérieur de la station. Là, je vis le capitaine Deena sur le quai. À ma sortie, il s’approcha :

— Veuillez accepter mes plus sincères excuses, Chevalier Jedi.

— Comment cela, lui dis-je avec un petit sourire.

— Mais…, balbutia le capitaine, je vous ai abandonné !

— Non, Alex m’a tout expliqué. Vous avez fait ce qu’il y avait de mieux à faire. C’était un choix très difficile, mais vous avez pris la bonne décision. Je ne vous en veux aucunement, et puis, je suis vivant, vous l’êtes aussi, ainsi que toutes les personnes que transportait le vaisseau. C’est le principal.

Le capitaine ne répondit rien et resta sur place, très étonné. Je lui tapotai l’épaule puis me dirigeai vers la salle de contrôle de la station, Alex juste derrière moi. Je sentis peu après la joie du capitaine exploser au fond de lui-même.

— Je sais que tu étais en colère, me dit Alex dans l’étroit couloir peu éclairé.

— J’ai bien cru que j’allais mourir Alex. Je me dirigeai vers cette ville, mais je n’avais en réalité que peu d’espoir d’y parvenir… Mais bon, laisser ma colère éclater sur ce pauvre capitaine… ça n’aurait rien donné. Il a fait un choix difficile, il a préféré sauver le vaisseau et ses passagers plutôt que de prendre un gros risque et de m’attendre. C’est comme ça. Je te dois la vie, lui fis-je enfin en face.

— Eh, ça fait deux fois.

J’éclatai de rire tout en me redirigeant vers l’ascenseur menant à la salle de contrôle.

— Trois, si on peut dire, dis-je en plaisantant. Puis plus sérieusement : Je te revaudrai ça un jour, je te le promets.

— J’espère bien !

La femme continuait de me suivre…

Dans la salle de contrôle, Fred Kiomlor nous fit part de la situation sur la planète. Il ne restait pas plus de huit mille personnes sur la planète, et les vaisseaux étaient déjà sur place pour les secourir. A bord des stations orbitales, tout était bien géré. Notre travail semblait se terminer…

— Je vous suis éternellement reconnaissant, jeunes Jedi. Lorsque vous en aurez le temps, venez me rendre visite, je serai heureux de vous accueillir.

— Nous n’oublierons pas votre offre, Fred.

Avant de partir, je demandai à voir les registres d’inscription des réfugiés. La femme derrière mon dos regardait avec moi si elle reconnaissait les gens, mais je ne trouvai même pas la vieille femme dans les fichiers. C’était à croire qu’elle n’avait pas été secourue.

— Ce n’est pas grave, fit enfin la femme que j’avais sauvée, après plusieurs longues minutes de recherches inutiles, c’était sûrement une voisine qui savait tout et qui voulait nous sauver…

— Sûrement oui, finis-je par admettre…

Nous nous dirigeâmes ensuite vers les deux transports. Notre mission était bien terminée. Il n’était plus nécessaire de descendre avec ces deux gros navires. Alex rejoignit son vaisseau, et moi je me retournai vers la femme pour lui demander ce qu’elle voulait faire à présent.

— Je voulais vous dire au revoir avant que vous ne partiez, et vous dire à quel point je vous suis reconnaissante de m’avoir sauvé la vie…

— Ah… heu ben… Pourtant, je n’ai rien pu faire pour votre fiancé…

La jeune femme ne répondit pas, les yeux fixant le sol gris.

— Qu’allez-vous faire par la suite, lui demandais-je encore.

— Je vais devoir attendre que des vaisseaux viennent me chercher pour me rendre sur une autre planète.

— Où voulez-vous aller ?

— J’aimerais retourner sur Corellia, ma planète d’origine, je veux revoir mon père, des amis…

— Je peux peut-être vous y emmener ?

— Vraiment ?

— Bien sûr. Par contre, on devra d’abord allez sur Coruscant. Ensuite, je demanderai une petite semaine de vacance et je vous emmènerai sur Corellia.

— Ho, merci, me dit-elle en se jetant sur moi.

Quelques minutes plus tard, nous montâmes à bord du vaisseau Gallofree puis nous nous dirigeâmes vers Coruscant.


Lorsque nous y arrivâmes, on nous envoya une navette pour nous conduire directement au Temple Jedi. Là-bas, le conseil des Jedi fut réuni pour nous féliciter de la réussite de notre mission. Pendant ce temps là, la jeune femme était partie faire un tour dans la ville-planète. Elle revint peu avant le crépuscule pour me dire qu’elle avait pris un billet pour le premier vol vers Corellia.

Je l’accompagnai à l’astroport vers minuit, et devant le vaisseau en partance, elle me donna un cadeau : son collier qu’elle portait depuis longtemps autour du cou.

— Prenez-le, je vous en prie, en gage de mes remerciements.

— Je ne peux accepter ceci… je suis un Jedi, je ne peux pas avoir de possession.

— Vous n’êtes pas comme les autres Jedi, et vous lui ressemblez, du moins intérieurement, me fit-elle en me refermant la main sur le bijou et en m’embrassant fugitivement avant de disparaître en courant.

Lorsque le vaisseau partit, je regardai le bijou : c’était un cristal brut, peu taillé émettant une lueur bleu-vert. Le collier auquel il était attaché était en or, avec le nom «Lucrécia » inscrit dessus.

De retour au Temple, j’allai voir l’un des Maître Jedi. Je tombai sur Plo Koon qui ce soir-là se trouvait au cœur des archives Jedi. Il était assis à une petite table et lisait un livre, un vieil objet dépassé puisqu’on pouvait de nos jours lire des « livres » sur un écran d’ordinateur…

— Maître Koon ?

— Ho, que faîtes-vous ici si tard, jeune Jedi ?

— À mon avis vous connaissez la réponse… que lisez-vous ?

— C’est une très vielle histoire sur la Guerre de l’Hyperespace. Alors, que veux-tu ? me demanda-t-il.

— Pouvez-vous me dire si c’est ce que je crois, lui fis-je en lui tendant le bijou de Lucrécia.

Il l’examina soigneusement, puis il me le rendit après quelques minutes :

— Tu devrais aller voir Jocasta Nu ou Maître Yoda.

Etonné, je le laissai à sa lecture. Je cherchai Maître Nu mais ne la trouva pas. J’allai donc voir Maître Yoda dans sa chambre de méditation. Il me laissa entrer, et pendant que je m’asseyais près de lui, il me dit :

— De réponses tu as besoin, t’aider je puis ?

— Je crois que c’est un cristal utilisable pour un sabre laser. Ai-je tord ?

Yoda examina aussi soigneusement que Plo Koon l’objet que je lui avais transmis. Après quelques minutes de réflexion, il me demanda d’attendre sa réponse dans quelques heures. J’en profitai pour aller dormir dans ma chambre.


Quelques heures plus tard, lorsque je sortis de ma chambre, Maître Windu se tenait devant moi. Il me tendit le cristal.

— Je l’ai examiné attentivement, me dit-il. Nous supposons que la couleur de ce cristal est due à sa provenance : Ennth. Le cataclysme de cette planète à dû faire fusionner les cristaux bleus et verts avec la température de la lave. Je pense qu’il peut être utilisé comme cristal de sabre laser. J’ai voulu le tester, mais Maître Yoda préfère que tu l’essayes par toi-même.

— Je le ferais, lui répondis-je.

Alors qu’il allait partir, je l’interpellai :

— Maître Windu…

— Qu’y a-t-il ?

— Je… J’ai souvent entendu par le passé des histoires à propos d’esprits de Jedi qui continuent de vivre en quelque sorte sur certaines planètes… mais… je n’y ai jamais cru… pourtant…

Mace Windu se retourna face à moi, l’air perplexe, mais il attendit que je finisse :

— Sur Ennth, il s’est passé quelque chose de bizarre…

— C’est-à-dire, me fit-il en se rapprochant de moi, l’air tout à coup très intéressé.

— Lorsque je suis arrivé à un village, une vieille femme m’a demandé d’aller secourir sa fille… Mais cette fille a perdu sa mère il y a longtemps. Il aurait pu s’agir d’une voisine, mais finalement après quelques recherches, je ne l’ai pas retrouvée parmi les rescapés…

— C’est intriguant, en effet…

— J’ai essayé de la localiser par la Force, mais je n’ai pas eu plus de résultat… et il y a aussi ce message…

Il ne m’était plus nécessaire de dialoguer, je laissai mon esprit ouvert, et Windu put facilement lire en moi, ce qui m’arrangeait bien, je n’avais pas envie d’essayer d’expliquer quoi que ce soit… c’était bien moi qui avais besoin d’explications. Mais un silence régna… jusqu’au moment où mon ventre gargouilla.

— Allons manger un morceau, on peut discuter de ça tout en déjeunant.

Je le suivis sans hésiter jusqu’au réfectoire du temple.


Durant l’après-midi, je réunis mes plans de construction de sabre et rendis les deux cristaux vert et bleu à Koth, puis me préparai à commencer. La semaine qui s’annonçait allait être d’une importance capitale. J’espérais que mon sabre fonctionnerait avec ce cristal bleu-vert si particulier.








page précédente        page suivante

Commentaires sur HdlF :

Pas encore inscrit ?