Chapitre 8


Revenant de mission, le Conseil nous permit de prendre une semaine de repos. Nous venions de sauver des centaines de milliers de gens, et ce en ne dormant pratiquement pas pendant plusieurs jours. Mais après une longue et bonne nuit de sommeil, j’étais en pleine forme. Je savais que Loïc fabriquait son propre sabre laser aussi je décidai de ne pas aller le voir pour ne pas interférer dans sa concentration. La construction d’un sabre parfait pouvait prendre plusieurs jours. Il fallait être parfaitement sûr de soi, de ses plans et surtout être en osmose avec la Force. Mon Maître n’était toujours pas revenu de mission. Elle cherchait ce que l’organisation du Ciel Écarlate pouvait bien mijoter. Je me rendis dans la salle d’entraînement au sabre. Dans cette grande pièce, des dizaines de Jedi essayaient de s’améliorer dans le maniement du sabre laser, l’arme légendaire des Chevaliers Jedi. Certains effectuaient des mouvements dans le vide, se laissant guider par la Force dans un état qui ressemblait presque à de la méditation. D’autres se battaient en duel. Des duels amicaux bien entendu, avec des sabres de faible intensité. D’autres encore luttaient contre des sphères d’entraînement pour se perfectionner dans le renvoi de lasers. C’est en effet face à cette menace qu’un Jedi doit être le plus apte à se défendre de nos jours, les Siths n’étant plus une menace depuis longtemps… On pouvait aussi s’entrainer au corps-à-corps, aspect qu’il ne fallait pas délaisser.

Je me dirigeai vers l’endroit où des jedi effectuaient des mouvements dans le vide avec leur arme. Je pris un espace libre et allumai mon sabre, sa poignée se calant parfaitement au creux de mes mains. Je me laissai envahir par la Force qui, dans ce lieu où de très nombreux jedi vivaient, était d’une intensité toute particulière. Mes yeux se fermèrent et je répandis la Force dans tout mon être ainsi que dans mon sabre grâce aux quelques capteurs de Force incorporés à la poignée. Je me mis alors à faire des mouvements assez lents en commençant mon kata. Je fis monter mon sabre dans une diagonale de bas en haut puis, je le fis revenir par ma droite en changeant la position de la lame. La pointe passa de haut en bas et mon coup trancha l’air en deux, de la droite vers la gauche. Puis, j’entrai en mouvement, mes pieds se déplaçant de plus en plus vite ainsi que les mouvements de mes bras. Un observateur qui ne serait pas doué de la Force ne pourrait capter tous les mouvements effectués. À la fin, la concentration était si totale et les gestes tellement rapides, que cet observateur ne verrait que des traînées lumineuses entourant un homme qui effectuait un merveilleux ballet. Un ballet certes merveilleux, mais mortel. Alors, je perçus un signe dans la Force. Je ne pouvais continuer à ce rythme, la fatigue se faisait sentir. Je ralentis donc mes gestes, tant les mouvements de la lame, que mes pas. Je rouvris les yeux peu après le dernier mouvement. Je sentais dans la Force que de nombreux esprits étaient tournés vers moi, et j’en eus la confirmation. Des padawans mais aussi des Chevaliers m’avaient observé. Je fus gêné de l’attention qui m’était portée. Je désactivai mon sabre et commençai à bouger un peu quand je reconnus quelqu’un. Dans les quelques spectateurs présents, il y avait mon premier Maître. Je pouvais alors me raccrocher à lui pour sortir de cette situation sans être encore plus gêné que je ne l’étais déjà. Il dût lire mon sentiment dans la Force, car il s’approcha de moi en disant :

— Bravo ! Je te félicite, je vois que tu as parfaitement su mélanger mon style assez puissant avec le style gracieux et fluide des Mirialan.

— Merci, Maître Koth.

— J’espère que cela te sera utile à l’avenir.

— Ça l’a déjà été, Maître.

— Ah oui… Ta mission de sauvetage. Je vois que tu es un vrai Jedi maintenant et je suis content pour toi.

— Encore merci, Maître.

— En plus, tu as des spectateurs. Ton entraînement a porté ses fruits et tu es maintenant un excellent bretteur. Ce fût très intéressant de te voir dans ce style de mouvements. Grâce à cette méthode particulière, on peut réellement voir si un padawan ou un jedi est efficace non seulement au sabre, mais aussi avec la Force.

— Et c’est mon cas ? demandai-je.

— Je le crois, fit Eeth Koth, tu n’aurais pas autant attiré l’attention autrement.

— Voulez-vous faire un duel contre moi, Maître Koth. Je pourrais alors voir mes véritables progrès.

— J’aurais bien aimé, Alex, mais malheureusement le travail m’appelle, m’expliqua le Zabrak, un sourire en coin. Un Conseil a lieu dans quelques minutes, il faut donc que je m’y rende. Une prochaine fois peut-être.

— Ce sera avec plaisir, Maître, lui répondis-je.

— Bien. Au revoir, fit le Maître Jedi en s’éloignant vers la porte.

J’aurais vraiment bien aimé me battre contre lui pour voir les progrès que j’avais accomplis depuis mon dernier duel avec lui. Cela faisait au moins un ou deux ans que je ne m’étais pas entraîné avec lui. À peine passait-il la porte que je fus submergé de demandes. De nombreux padawans désiraient s’entraîner avec moi. Ils avaient l’air vraiment ébahi par ce que j’avais fait. J’acceptai une proposition d’un jeune adolescent humain. Il devait avoir quinze ans et était bien sûr de lui. Il affirmait haut et fort qu’il pouvait faire mieux que moi. Je lui annonçai que le but des jedi n’était pas de se surpasser les uns les autres, mais d’être un tout uni pour défendre la République et ses libertés.

Il n’avait pas l’air très intéressé par ce que je lui racontai et activa la lame du sabre d’entraînement, que nous avions été chercher, en me saluant. Les sabres d’entraînement avaient une lame de moindre intensité, qui ne pouvait pas traverser les matières solides. Les lames ne pouvaient donc pas blesser, elles ne pouvaient qu’absorber la faible énergie des lasers que les sphères de tirs délivraient. Un peu comme la lame des sabres des jeunes padawan.

Je saluai moi aussi et le duel commença sous les yeux de plusieurs autres padawans, mais aussi quelques jedi. Je fus un peu surpris par l’agilité du jeune homme et par sa volonté. Il maniait assez bien le sabre et se laissait guider par la Force, mais il voulait trop en faire. Je défendis pendant quelques temps, puis alors que la fatigue gagnait le padawan, j’attaquai. Je le mis au sol facilement après quelques-uns de mes assauts et grâce à une botte particulièrement astucieuse.

— Tu n’es qu’un tricheur. Tu fais peut-être de beaux gestes quand tu es seul, mais en combat, tu n’es qu’un faible, me lança alors le jeune homme.

— Ah oui ! Et pourquoi ? voulu-je savoir, intéressé.

— Tu as attendu en restant sur tes positions puis alors que je fatiguais, tu en as profité.

— Oui, en effet, c’est ce que j’ai fait. Mais je ne vois pas en quoi c’est de la triche. En combat réel, un adversaire peut très bien attendre que l’ennemi se fatigue s’il est sûr de sa supériorité. C’est alors au dominé d’essayer de trouver une solution, ce que tu n’as pas fait. Tu as continué à attaquer alors même que tu voyais ma stratégie. Je ne dis pas que tu es faible, car ce n’est pas le cas, tu manies le sabre très habilement, mais c’est ta stratégie qui n’est pas au point.

— Il a raison, fit alors un autre padawan qui avait presque mon âge mais qui était plus grand que moi. Tu aurais dû essayer de troubler sa défense en trouvant les failles ou en variant tes attaques. Mais tu n’as rien fait de cela et tu as donc perdu.

— Oui, le padawan Skywalker a dit vrai. Il a confirmé les dires du Jedi Raziel et ils ont tous les deux raison. Médite là-dessus padawan Weiz, fis alors Maître Yenix, un calamari, en mettant un terme à la discussion.

Ma matinée avait bien commencé. Sans même manger un morceau je venais de passer une heure dans la salle d’entraînement. Mais mon ventre réclamait maintenant sa pitance. Je me rendis donc à la cantine du Temple Jedi pour y prendre mon petit-déjeuner en refusant d’autres demandes de duel. La grande salle où tous les jedi se restauraient était pratiquement vide, la matinée étant déjà bien avancée. J’avais dormi jusqu’au milieu de la matinée pour rattraper mon sommeil en retard et il était bientôt l’heure du déjeuner. J’eus de la chance de trouver à manger. Il restait sur les rayons de libre-service quelques brioches de Chandrilla, des bouteilles de lait de Shaak de Naboo, des jus de fruits plus ou moins exotiques, toutes sortes de pains que l’on pouvait accompagner de confitures ou autres. Je pris quelques brioches individuelles et une portion de chocolat à tartiner accompagnés d’un pack de jus de fruits. J’allai m’asseoir à une table, seul. Quelques Maîtres étaient encore présents, mais ils étaient en grande discussion, et je ne voulais pas les interrompre. Il y avait aussi des jeunes padawans qui avaient l’air de bien rigoler. Je mangeai tranquillement, puis, une fois ma collation terminée, je retournai à ma chambre. Là, je méditai un peu en me reposant pour me ressourcer.

Le temps passa et lorsque je sortis de ma chambre, il était encore l’heure de manger. Cette fois c’était le déjeuner. Je mangeai rapidement, encore une fois tout seul et après mon repas, je me dirigeai vers la bibliothèque. J’étais en train de lire un roman que je trouvais merveilleux et je ne pouvais me détacher de l’histoire. Après quelques heures de lecture, je déambulai dans les imposants couloirs du Temple jusqu’à trouver un Maître. Je lui demandai si le Conseil n’avait pas une mission à me confier car je ne savais que faire. Qui a dit que la vie d’un jedi est toujours remplie d’action ? De toute façon, un jedi ne doit pas chercher l’aventure. Et le Maître Jedi m’annonça que le Conseil n’avait aucune mission à me donner pour l’instant, malgré le fait que la galaxie semblait être de plus en plus mal et que presque tous les jedi étaient déjà en mission. Je lui demandai s’il savait où était la jedi Aya Tirina. Il me dit alors qu’elle était partie en mission, il y avait de cela trois jours, une mission d’infiltration sur une planète éloignée du centre de la galaxie. Je le remerciai et me retirai. Je décidai d’aller en ville pour me promener un peu.

Je marchais au hasard devant les galeries de magasins d’un très grand centre commercial. Je ne savais pas quoi faire. Loïc construisait son sabre, Aya était en mission ainsi que mon Maître et mes autres amis. J’étais le seul qui n’avait rien à faire. J’achetai deux cellules énergétiques pour le cas où j’en aurais besoin, puis, je continuai ma marche aléatoire. J’étais resté habillé en jedi et les gens me laissaient passer en me regardant d’un drôle d’œil. Ils éprouvaient du respect mais la plupart des gens étaient habitués à voir des Chevaliers. Les personnes qui me regardaient le plus étaient les étrangers ou les touristes, qui étaient moins habitués à voir un Jedi se promener sans véritable but.

J’entrai dans un magasin d’armes, pour voir les derniers jouets technologiques en rayon. Je réprouvai de laisser la vente d’arme libre et légale dans la galaxie mais ce sujet était très souvent abordé au Sénat. Une grande majorité voulait pouvoir se défendre seul et n’avait qu’une confiance limitée en la police. Ils disaient les jedi pas assez nombreux et c’est pour cela que les armes étaient permises. Enfin… normalement les armes légères. Alors que je regardais les rayons, mes yeux furent attirés par une jeune femme. Mon regard se posa sur elle, tellement belle, avec ses longs cheveux de feu. Bien que la Force ne soit pas présente en elle, elle resplendissait à mes yeux. Son regard se glissa vers moi dans un geste que je qualifiai de magnifique. Un frisson me parcourut. Jamais je n’avais éprouvé un sentiment pareil, et encore moins avec une inconnue. Elle me fit un sourire discret et s’en alla vers la caisse. Elle acheta plusieurs armes et parmi les meilleures du marché. Elle avait l’air de s’y connaître. En quittant le magasin, elle me regarda encore un instant et ses yeux d’un vert merveilleux me paralysèrent de bonheur. Je restai là ébahi pendant près d’une minute alors que la jeune femme s’en était allée depuis longtemps déjà.

Je repris mes esprits et rentrai au Temple. Je m’allongeai sur mon lit et dès que je fermai les yeux, le visage de la jeune femme s’imposa à mon esprit. Je revis chacun de ses mouvements, si gracieux. Je ne pouvais détacher mes pensées de son visage. Sa beauté, si parfaite à mes yeux, m’obnubilait. Comme je regrettais que mon ancien Maître, Ildara, ne soit pas là ! J’aurais vraiment aimé lui faire part de mes sentiments. La soirée se passa comme toutes les autres soirées au Temple, mais mes pensées étaient quant à elle toujours tournées vers cette jeune femme mystérieuse qui achetait des armes à des prix exorbitants.




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