Le lendemain matin, peu après mon petit-déjeuner, le Conseil me convoqua. J’espérais secrètement qu’il allait me confier une mission. Je pénétrai dans la salle circulaire du Conseil, puis, alors que je pensais que les membres du Conseil allaient commencer à parler, la double porte se rouvrit pour laisser entrer un bothan. Il me regarda quelques secondes avant de se positionner à mes côtés en face des Maître Yoda et Windu. Ce dernier prit alors la parole :

— Nous vous avons convoqués pour une mission. Je vais faire les présentations car je ne crois pas que vous vous connaissiez. Voici Alex Raziel, dit-il en me montrant de la main, et voilà Dam’Nei, poursuivit-il en tournant son bras vers le bothan. Tous les deux, vous avez l’air de vous ennuyer et bien qu’un jedi ne doive pas rechercher l’action, lorsque des personnes sont en danger, il se doit d’agir. Je ne sais pas si vous suivez l’actualité de ces dernières années, mais depuis bientôt dix ans, des sénateurs sont menacés et peu après assassinés. Nous faisons tout notre possible pour les défendre et de nombreux jedi sont affectés à des missions de protection. La menace reste invisible, nous ne parvenons pas à percer ses mystères et nous ne voyons pas quels sont ses buts. Alors nous protégeons les sénateurs ayant reçu des menaces ou s’étant faits attaquer, en espérant que les agresseurs commettent une faute que nous pourrions exploiter. Mais à chaque fois, les assaillants ne sont que des subalternes ne sachant rien des dirigeants principaux. Les sénateurs sont de plus en plus inquiets de cet état de fait.

— Oui, et c’est pour cela que votre mission est de protéger une sénatrice arkanienne, continua Ki-Adi Mundi après cette introduction faite par Mace Windu. Nous devons calmer les sénateurs. Ils ne doivent pas paniquer, ce sont eux qui dirigent la République et s’ils s’affaiblissent, la République elle-même risque de s’effondrer. Les sénateurs restant sur Coruscant courent un risque minimal, et aucun sénateur ne s’est fait tuer sur cette planète. Mais ce sont lors de leurs voyages que les sénateurs sont en danger.

— Il vous faudra faire attention et être extrêmement prudents, repris Maître Windu. La sénatrice d’Arkania a décidé de rentrer chez elle pendant une semaine. Elle veut revoir sa famille, qui lui manque, et se reposer. Elle ne supporte plus la Capitale. Il vous faudra faire preuve de patience car je vais être franc avec vous, elle est dure à vivre. Elle vient d’une famille aisée et a toujours obtenu ce qu’elle voulait. Elle n’a qu’une confiance limitée dans les jedi, aussi risque-t-elle de ne pas être très polie avec vous. Veillez à ne pas la brusquer et lui faire comprendre que les Jedi ne sont là que pour le bien de la galaxie. Sachez aussi qu’elle a une servante à peine majeure qui joue le rôle de son garde du corps. Je ne sais pas si cette jeune femme est réellement douée en combat alors ne vous fiez pas à elle tant que vous n’en savez pas plus.

— Bien, Maître, fit le bothan en faisant onduler sa fourrure impeccablement « coiffée » et luisante sous les effets de lumière du matin de Coruscant.

— Elles vous attendent dans l’immeuble de résidence des sénateurs. La sénatrice nous a informés qu’elle partirait peu après le déjeuner. Vous viendrez prendre un chasseur Delta 7 chacun pour escorter le vaisseau de Kate Eldafire. Nous pensons que c’est dans l’espace que certains attaquants agissent, car des sénateurs sont partis, parfois même accompagné d’une escorte jedi et ne sont jamais réapparus.

— Que la Force soit avec vous, fit Maître Yoda.

Je suivis le bothan hors de la pièce. Une fois dans le turbo-élévateur, j’engageai la conversation.

— Salut. Alors on va faire équipe. Tu as déjà fait plusieurs missions, car moi je ne suis jedi que depuis quelques mois.

— Il me semblait bien que tu étais jeune, même si je ne connais guère l’espèce humaine. Moi je suis jedi depuis bientôt un an et j’ai déjà mené plusieurs missions à bien. Je te préviens, je compte accomplir aussi celle-là.

— Mais moi aussi, fis-je, un peu surpris par le ton inamical qu’employait le bothan.

— Ton inexpérience peut nous conduire à notre perte, je vais donc prendre le commandement de l’opération, si tu n’y vois pas de problème, continua-t-il en énonçant un fait plus qu’en posant la question.

Je voulus protester mais les portes de l’ascenseur venaient de s’ouvrir et Dam’Nei quitta l’habitacle avant que je ne puisse prononcer une parole.

Nous nous rendîmes à l’immeuble où la plupart des sénateurs vivaient. Ils avaient tous droit à un assez grand appartement. Des gardes armés de la police sénatoriale étaient présents près de l’appartement de Kate Eldafire. Une garde nous fit entrer dans le vestibule et nous conduisit au salon où une deuxième garde était présente. Le manque de personnel masculin indiquait déjà clairement que la sénatrice aimait mieux faire confiance aux personnes du même sexe qu’elle.

La sénatrice arriva, suivie de près par une jeune femme que je ne pus parfaitement distinguer au premier abord. L’Arkanienne était assez faiblement vêtue et l’on pouvait assez facilement deviner ses formes. Elle n’avait pas un corps parfait mais n’était plus toute jeune non plus. Ses vêtements sombres ainsi que ses longs cheveux noirs faisaient ressortir sa peau blanchâtre. Elle vint devant nous et allait commencer à parler lorsque je pus distinguer le visage de la jeune femme qui l’accompagnait. Je la reconnus immédiatement, c’était la femme que j’avais aperçu au magasin d’arme. Tout à coup, j’eus l’impression que la chaleur s’accentuait. La température de mon corps avait elle-même augmenté de quelques degrés et mon esprit s’était braqué. Je ne pensais plus qu’à elle. Lorsqu’elle aussi me reconnut, elle me fit un sourire. Je crus que le sol tremblait et que j’allai m’effondrer. Mes jambes flageolaient, il fallait que je me reprenne, que j’enlève l’imposante toge jedi, que je m’assoie. Dam’Nei dut sentir ce qui m’arrivait au travers de la Force, car il me regarda étrangement. Je voyais les lèvres de la sénatrice bouger mais je ne comprenais pas ce qu’elle disait. Mon regard et mon attention étaient fixés sur la jeune femme qui me fixait, elle aussi. Une complicité instinctive venait de naître dans cet échange, nos yeux transmettant nos pensées.

Une voix s’éleva dans ma tête pour me rabrouer : « T’as fini ! ». Je repris immédiatement mes esprits et je m’aperçus que la sénatrice s’était assise sur le canapé qui était situé au milieu de la pièce. Dam’Nei se dirigea sur le fauteuil d'en face et s’y assit. La sénatrice nous observait la jeune femme et moi. Je me mis à bouger pour venir me placer au côté de Dam’Nei, en restant debout. La jeune femme aux cheveux couleur de braise vint quant à elle se placer au côté de la sénatrice. Celle-ci braqua alors ses yeux d’un blanc laiteux sur Dam’Nei et moi en annonçant :

— Bien, maintenant que les présentations sont faîtes, laissez-moi vous présenter ma servante et garde du corps personnel Sarah Durden. Je vous assure qu’avec elle je suis parfaitement en sécurité. Elle a reçu une éducation spécialisée sur le combat au corps à corps, le maniement des armes et le pilotage. Elle m’a déjà sauvé la vie une fois et je suis sûr qu’elle pourrait recommencer. Personnellement, je ne vois pas ce que deux jeunes hommes en plus peuvent faire.

— Nous ne sommes pas des jeunes hommes normaux, fit Dam’Nei, mais des Jedi.

— Oui, mais je ne vois pas ce que cela change.

— Tout, ça change, fit-il en se redressant. Est-ce qu’un homme normal pourrait faire ça, continua-t-il en faisant venir à lui un plat rempli de petit croissant qu’il tendit à la sénatrice qui n’avait pas l’air très impressionnée. Sarah quant à elle avait les yeux remplis d’admiration. Ça devait être la première fois qu’elle voyait des talents de jedi en action.

— Néanmoins, je ne veux pas que votre présence soit encombrante. Pendant ma semaine de vacances, je ne veux pas vous voir. Vous me protégerez comme il vous plaira mais je ne veux pas savoir que vous êtes là.

— Excusez-moi, mais ce n’est pas comme ça que nous pourrons assurer une protection des plus efficace, dis-je en décidant d’intervenir.

— Je m’en moque, fit-elle en se levant. Je ne voulais pas de votre protection. C’est le Chancelier Suprême qui m’a ordonné d’accepter et je n’ai pu refuser.

Sur ce, elle quitta la pièce pour se rendre dans sa chambre. Sarah était restée dans le salon et me regardait toujours. Je n’osais relever mon regard vers elle et courir le risque de ne plus pouvoir m’en défaire. Mais c’est elle qui se dirigea vers moi et qui me parla, nos regards fixés l’un dans l’autre étant à la même hauteur :

— Serait-ce vous que j’ai vu au magasin d’arme hier ? me demanda-t-elle.

Sa voix m’enchanta et je ne pus répondre dans l’instant.

— Oui, c’était moi… Je laissai un blanc ne sachant que rajouter, puis, je demandai lamentablement : Pourquoi avez-vous acheté autant d’armes ?

— Mais pour assurer la défense de Mlle Eldafire.

— Je vois. Vous êtes vraiment apte à assurer ce rôle.

— Oui. J’ai été entraînée pour cela. Vous savez, sur Arkania, il existe une institution qui recueille les enfants solitaires et qui les forme à devenir soldat, garde du corps, ou détective. Étant orpheline, je fus accueillie dans cette institution.

— Et cela vous a plût ?

— Je ne connaissais pas la vraie vie. J’ai dès l’enfance vécu là-bas et je n'ai pas pu faire de comparaison. Mais pour moi, il valait mieux vivre là-bas que dehors, seule. J’avais des amis, des professeurs et il était normal pour moi d’apprendre à défendre les gens.

Je ne savais plus quoi dire. Je me contentai d’admirer son visage et elle le mien. Je me demandai un cours instant ce qu’elle pouvait lui trouver de bien. Je ne m’étais jamais vu comme très charismatique et qu’une aussi belle jeune femme m’observe… Dam’Nei se leva et cassa le lien. Nos yeux se quittèrent quand nos têtes se tournèrent vers lui. Il m’annonça qu’il fallait inspecter le système de sécurité de l’immeuble et voir si les gardes faisaient bien leurs rondes. Je lui annonçai que je le suivais et il se dirigea vers la porte conduisant au vestibule. Je le suivis quelques secondes du regard et je voulus revoir le visage de Sarah mais elle se dirigeait vers la chambre de la sénatrice. Je ne pus que la voir de dos et constater que ses cheveux étaient très longs et ondulés, presque frisés. Ils lui arrivaient dans le bas du dos. Je détachai alors mon regard de son corps et je suivis Dam’Nei qui m’attendait près de l’embrasure de la porte.

Nous fîmes une ronde pour constater que les gardes s’étaient placés de façon optimale pour défendre l’appartement de la sénatrice. Nous ne pouvions rien faire de plus que de rester dans la même pièce qu’elle au cas où une attaque surviendrait.




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