An 29 avant la Bataille de Yavin :


Je suivais mon maître, Mace Windu, jusqu’à l’entrée de la salle du conseil Jedi. La porte coulissa à notre approche.

— Reste là jeune padawan, et attends-moi.

Je ne bougeai pas. La porte se referma derrière le maître jedi. Alors je me mis à faire les cent pas devant cette porte. Ça faisait longtemps que je n’y avais pas été. Devoir rester devant, à attendre qu’ils finissent de parler… c’était presque enrageant. Mais je finis par m’adosser à l’un des murs. Je pliais un genou pour poser le pied contre ce même mur, baissai la tête, fermai les yeux et croisai mes bras. Ma respiration se faisait plus lente.

Je ne savais pas combien de temps j’étais resté ainsi, mais mon esprit s‘éveilla à l’approche d’une créature. Elle marchait silencieusement, gracieusement. J’ouvris les yeux et dirigeai mon regard vers le couloir. La créature était un wookie. Je n’en voyais que très rarement. Il n’existait que deux wookies Jedi à cette époque.

Celui-ci avait des poils bruns, ce qui était courant, très bien lissés. Il ne portait pas de tenue standard de Jedi. Ça ne m’étonnait pas. Il devait déjà avoir assez chaud comme ça. Il portait simplement un grand manteau très peu épais, blanc laiteux, qui tombait presque sur le sol. En fait, ça caressait légèrement le tapis bleuté. Il s’approchait toujours, et je distinguais une ceinture noire plutôt épaisse, en comparaison avec celle d’un humain. Y était accroché un long sabre laser qui pendait sur sa hanche droite, et une petite sacoche de l’autre côté. À présent le Jedi ne se trouvait qu’à quelques mètres de moi, et j’aperçus deux autres sabres laser au niveau de ses jambes. En effet, il semblait avoir installé ce qui pourrait être appelé aussi des ceintures, noires également, qui accrochaient chaque sabre à une jambe, vers l’extérieur. Le wookie devait se servir de la Force pour les détacher et les amener à ses mains. Ces deux sabres là étaient plus petits, moins longs que celui accroché à sa ceinture principale.

Il s’arrêta juste devant moi et nos yeux se croisèrent. Il avait des yeux noisette. Son regard paraissait le plus paisible du monde, très amical. Ça me surprit un peu d’ailleurs venant d’un wookie. Je ne savais pas ce qui m’arrivait. J’avais l’impression d’être autre part. D’être dans un endroit paisible, silencieux. Mon esprit fut comme emporté vers des destinations inconnues, à une époque qui ne semblait pas être la nôtre. L’impression qui m’en restait était plutôt floue.

Enfin, après quelques secondes, ou minutes, le wookie s’avança vers la porte du conseil jedi. Je faillis intervenir, lui dire qu’il y avait une réunion en cours, mais après avoir fais un pas en avant, je n’en fis rien. La porte s’ouvrit, le wookie entra, et la porte se referma.

J’attendis un peu plus longtemps cette fois, peut-être une heure, ayant perdu la notion du temps. Et le conseil ressortit enfin. Je les reconnus presque tous, avec leurs noms dans mon esprit : Even Piel, Yarael Poof, Depa Billaba, Yaddle, Plo Koon, Yoda bien sûr, et à la fin Mace Windu et le wookie. Maître Windu s’approcha de moi, l’air mystérieux et peiné :

— Il est temps pour toi de trouver une autre voie. Je ne peux pas continuer à te former.

— Alors je vais encore changer de maître ?

— C’était inévitable. Tu auras un autre Maître, mais sache que je serais toujours là si tu as besoin de me parler.

— Mais… qui va s’occuper de moi ?

— Je crois que tu le sais déjà… Au fait… Tâche de te construire un sabre laser qui t’est propre.

Il laissa sa place au wookie. Maître Windu s’éloigna d’un pas rapide, certainement pour rattraper le maître Yoda. « Il n’a pas dû aller bien loin » pensais-je en ricanant intérieurement.

Le wookie grogna. Cela me surprit, et j’eus l’impression qu’il m’engueulait.

— Mais je ne comprends rien quand vous parlez !

À nouveau le wookie grogna, et des images parcoururent mon esprit. Une image de maître Yoda, une autre représentant la pensée que j’avais eu à son propos, et une dernière me montrant presque schématiquement que le wookie m’engueulait. Je comprenais le sens de tout ça. Le wookie grogna une nouvelle fois.

— Rarro… gorocka ?

Un nouveau grognement, celui-ci était plus doux, plus court.

— Rocka ?

Encore un grognement.

— J’espère m’y habituer, Maître Rocka.

Le wookie passa devant moi et se mit à marcher, assez lentement. Je le suivis, et nous commençâmes à nous parler.


An 24 avant la Bataille de Yavin :


Rocka grogna pour me tirer de mes pensées. On venait d’arriver au spatioport. Je remarquais que je ne ressentais aucune fatigue, et surtout que j’avais couru sur plusieurs kilomètres sans m’en rendre compte. Mon ami avança jusqu’à atteindre le sol en durabéton puis tourna sur la droite, en marchant. Je le suivais, mes yeux fixant maintenant le sol. Cela fait huit ans que je n’ai pas revu Dooku. Le passé doit être oublié : « Attentif au futur tu dois être, mais pas aux dépens de l’instant présent, ni à celui du passé », disait Yoda. Je crois que je comprends. Je sais comment sera mon sabre !

Rocka s’arrêta devant un transport léger qui avait l’air d’avoir subit de lourds dégâts. Je l’étudiais en le dévisageant : c’était la première fois que j’en voyais un de mes propres yeux. Mais je connaissais ce type de vaisseau, j’en avais vu des images holographiques l’une des fois où j’étudiais les archives Jedi. C’était un transport Corellien de la Corporation d’Ingénierie Corellienne : un YT-2000, caractérisé par son cockpit au milieu et non pas à droite comme les autres du même type. C’était l’un des derniers vaisseaux Corellien qui ait été développé, le dernier étant le YT-2300. Mais ce dernier avait des problèmes de moteur et d’hyper propulseur à ce qu’on disait, et des plans pour un YT-2400 était en cours de développement.

Ce transport était un peu modifié, ce qui était courant chez les contrebandiers et les chasseurs de primes, moins chez les commerçants honnêtes. Il possédait une tourelle tri-tubes au centre de la partie dorsale du vaisseau qui remplaçait la tourelle simple standard. Au niveau du cockpit, la peinture grise était remplacée par une couche de chrome donnant un aspect brillant à l’avant. Ce devait être purement esthétique. Sous la cabine de pilotage se trouvait fixé un canon moyen : ce canon était puissant contre des troupes au sol et contre les véhicules, mais quasiment inefficace contre les chasseurs spatiaux ou des transports.

Je commençais à faire le tour par la droite de l’engin. Rocka était en train de discuter avec ce qui semblait être le propriétaire, un Gran qui au vu de son accoutrement particulier venait surement de Malastare. Au centre-gauche du vaisseau se trouvait la capsule de sauvetage. À l’arrière, il semblait que le moteur subluminique avait été modifié, ainsi que l’hyper-propulseur. Je pouvais le voir car la sortie des moteurs était plus large et un peu plus longue que la normale.

Mon tour terminé, le gran avait disparu et Rocka m’attendait devant la rampe d’accès du vaisseau qui était située sur la longueur du cockpit. Le Wookie m’expliqua que ce vaisseau avait été attaqué par des pirates alors que le propriétaire était en route vers l’une des lunes de Kashyyyk : Alaris. Il parvint à s’en tirer lorsque que ses ennemis prirent la fuite après que le vaisseau détruisit deux des leurs. Il dut atterrir ici en catastrophe. Ne voulant pas risquer de se retrouver avec son vaisseau endommagé devant les pirates, il le vendait à très bas prix. Rocka ne l’avait payé qu'un vingtième du prix original, soit quand même cinquante milles dataris.

— Comment as-tu su que ce vaisseau était à vendre ? lui demandais-je.

Il me répondit que c’était un pur hasard.

- Je croyais qu’il n’y avait pas de hasard, mais qu’il n’y avait que la Force ?

Le Wookie ricana et me serra dans ses grands bras. [Allez monte, c’est notre vaisseau.]

Ainsi, on partirait de Kashyyyk avec notre propre vaisseau, plutôt que d’emprunter un transport de passagers. Ça m’arrangeait, je n’aimais pas vraiment la foule, même si à force je m’y étais habitué sur Coruscant.

Je le suivis et nous visitâmes l’intérieur. Il y avait pas mal de place, bien assez pour deux Jedi. Il y avait une unique pièce circulaire qui faisait l’envergure du vaisseau avec seulement un tube au centre qui conduisait à la tourelle supérieure. Il y avait une table pour jouer au Dejarik et des sièges se trouvaient près du petit couloir menant au cockpit. Le reste était totalement vide : il devait servir pour la cargaison. On ouvrit une trappe sur le sol pour voir la soute. Celle-ci pouvait facilement être transformée comme le faisaient tous les contrebandiers pour cacher leurs marchandises illégales. On s’était convenu d’utiliser tout cet espace pour mettre des générateurs de boucliers, de propulsion et d’énergie. Avec un peu de chance, on pouvait mettre un cylindre de Bacta pour retarder les infections ou la mort en cas de blessures graves, et tenir jusqu’à un centre médical adéquat. Au niveau de la tourelle, on prévoyait d’en installer une autre dans la partie ventrale du vaisseau.

La coque n’était pas percée mais de grosses éraflures noires ne rendaient pas le vaisseau très beau à voir. On prévoyait de la renforcer en mettant une double coque. D’après nos calculs, le vaisseau devrait être assez résistant pour soutenir un feu nourri de chasseurs pendant plusieurs minutes. Sa vitesse maximale allait très peu augmenter car il allait être plus lourd que la normale. Avec des modifications bien réalisées, l’hyper-propulseur serait boosté à 0.75 maximum, ce qui était largement supérieur à la grande majorité des autres vaisseaux.

Nous restâmes ensuite quelques minutes sur les sièges de pilote et de copilote. Nous essayâmes de trouver un nom parfait à ce YT. Nous nous mîmes d’accord sur le fait que le nom du vaisseau devait signifier la République ou les Jedi.

— Que dis-tu du Jedi Républicain ? (Le Wookie n’aimait pas du tout et grogna.) Alors peut-être Le Sabre de la République ? (Rocka préférait ça, mais pour lui, comme pour moi d’ailleurs, il ne s’agissait pas du nom parfait.) Alors… La République existe depuis des millénaires… Je propose de garder le Sabre… (Le wookie accepta d’un signe de tête) le Sabre, le Sabre… Le Sabre du Millénaire ? Non, ça ne va pas… ça ne sonne pas bien… il y a quelques chose en trop… Le Sabre Millénaire ? Oui, c’est ça ! Qu’en penses-tu ?

Rocka répondit par l’affirmative et appuya sur un bouton du tableau de bord. Le vaisseau se mit à vibrer légèrement et décolla du sol. Mon Maître me demanda si je savais piloter ce genre d'engin. Je lui fis non de la tête. Il empoigna les commandes de ses pattes velues et tira vers lui. Je fus plaqué contre mon siège tandis que le vaisseau survolait les arbres.

J’aimais bien la planète de Rocka : Kashyyyk était paisible et jolie. Les wookies étaient très sympathiques. Nos vacances là-bas étaient terminées, j’allais passer aux choses sérieuses : devenir un Jedi. Je ne vais pas revenir prendre des vacances sur cette planète avant un long moment, pensais-je en voyant les étoiles apparaître.

Rocka manœuvra le Sabre et calcula les coordonnés hyper spatiales vers Coruscant.

— Tu m’apprendras à piloter ce gros tas de ferraille ?

Le Wookie me regarda avec ses yeux jaunes et rigola un petit peu. Une petite sonnerie retentit dans le cockpit et Rocka appuya sur la commande de l’hyper-propulseur.

— [Je t’apprendrais après ton épreuve], me dit-il quand les étoiles devinrent des traits lumineux : nous venions de passer dans l’hyperespace.



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Commentaires sur HdlF :

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lord   le   12/02/2011

bravo jeune padawan :)

stef84   le   11/02/2011

J'aime beaucoup la rencontre du maitre et de son apprenti.