La matinée s’éternisa. La sénatrice regardait un débat sur l’HoloNet et Dam’Nei et moi étions obligés de rester debout auprès d’elle. Elle nous avait fait la remarque que si nous devions la protéger, nous devions être prêts à passer à l’attaque et non assis confortablement. Bien sûr, c’était un bon argument et nous ne pouvions le contredire. Nous restions donc debout en attendant qu’une attaque se produise. Mais il n’y en eut pas.

L’heure du déjeuner approchant, la sénatrice nous fit part de son projet. Elle désirait se rendre dans son restaurant favori, l’Euréka, pour avoir un repas de qualité.

— Voyons, madame, vous devez bien vous rendre compte que vous êtes en danger et que cela ne nous aidera pas si vous désirez sortir, fis-je pour essayer de la raisonner.

— Je ne vais pas rester enfermée toute ma vie alors que ceux qui m’ont menacé ne se sont même pas révélés. J’ai décidé d’aller au restaurant et j’irai. Ce n’est pas vous qui m’en empêcherez. Je souhaite manger un bon repas avant de quitter la Capitale et non un repas à la va-vite, me répliqua-t-elle.

— Bien… d’accord, si c’est ce que vous souhaitez. Mais vous devrez faire ce que l’on vous dira et nous laisser assurer la sécurité, expliqua Dam’Nei en se rendant compte que de toute façon il ne pourrait pas faire grand-chose pour l’en empêcher.

— Bien sûr, fit-elle malicieusement.

Nous nous rendîmes donc au restaurant favori de Kate Eldafire. Nous pûmes voyager en sécurité grâce aux moyens du Sénat qui permettaient aux sénateurs beaucoup de choses. L’arkanienne avait loué un minibus aérien pour que des gardes puissent se joindre à nous. Ainsi, son escorte était complète. Les clients du restaurant, tous des personnes assez riches, ne furent pas surpris par notre arrivée. Une personne protégée par d’autres devait être une situation courante ici. Nous étions dans les étages les plus hauts de la planète et aussi les plus aisés. Le restaurant était très grand. Une table avait été réservée pour la sénatrice qui alla s’asseoir en compagnie de sa garde du corps. Les six gardes qui nous accompagnaient se positionnèrent de la meilleure des façons pour couvrir la table et Dam’Nei et moi fîmes de même. Je regardais le résultat en me disant qu’à part avec un explosif, personne ne pourrait s’en prendre à la sénatrice ici. Le repas nous parut très long au Bothan et à moi-même. Mais une fois fini, la sénatrice nous informa qu’elle était prête à quitter la planète. Nous reprîmes le minibus pour aller cette fois au spatioport sénatorial où le vaisseau de madame stationnait. Je demandai alors à Sarah, qui allait piloter, de décoller en restant sous le couvert des stations de défense et de nous attendre Dam’Nei et moi en orbite, avant de partir en hyperespace.

Nous arrivâmes au Temple en taxi, nous prîmes des sandwichs puis nous décollâmes. Le Yacht 604 C des ateliers SoroSuub de la sénatrice nous attendait en orbite basse. Il était assez simple, ressemblant à un paquebot maritime. La forme assez vague était triangulaire, bien qu’après le cockpit les lignes soient parallèles. Deux petits ailerons de propulsion ressortaient sur les côtés à l’arrière de l’appareil, pour donner plus de puissance aux moteurs principaux mais aussi plus d’aérodynamisme.

Nous mîmes, Dam’Nei et moi, nos deux chasseurs Jedi en position d’escorte, un sur chaque côté. Je pus constater que Sarah pilotait assez bien. Dam’Nei donna alors l’ordre de franchir la barre de la vitesse lumière et nous commençâmes un voyage d’une vingtaine d’heure. Le trajet n’était pas très long car Arkania était une planète située sur la Route Commerciale de Perlemia qui optimisait les trajets hyperspatiaux. Il existait quelques routes commerciales très utilisées, mais aussi très sûres et plus rapides car évitant divers obstacles interstellaires, comme des étoiles, des trous noirs, ou encore des pulsars.

Dam’Nei et moi eûmes recours à la méditation jedi pour toute la durée du voyage car nous n’avions rien d’autre à faire dans le cockpit d’un chasseur. De plus, il ne pouvait rien nous arriver en hyperespace et nous pouvions émerger du sommeil léger en une seconde. Peu avant la sortie d’hyperespace une alarme retentit dans nos cockpits pour que nous puissions être réveillés pour le retour en espace normal. Il restait encore quelques minutes et nous ne profitâmes pour déguster les sandwichs que nous avions pris au Temple. Puis, les traînées lumineuses habituelles de l’hyperespace se retransformèrent en points blancs sur fond noir.


Non loin des coordonnées de sortie hyperspatiale se tenait un croiseur qui, dès que nous émergeâmes, se mit en mouvement. Ce n’était pas un croiseur typique. Il avait une forme assez particulière. On pouvait distinguer clairement le pont principal et la zone motrice alors que le pont reliant ces deux zones était un poil plus fin. Il devait faire plus de cent mètres de long et avait une allure inamicale. De plus, il se dirigeait vers nous. Bien que je m’attendais à une escorte, je pus lire grâce à la Force une certaine tension qui se dégageait de ce vaisseau aussi je contactai le yacht de la sénatrice pour des renseignements.

— Avez-vous réservé une escorte, sénatrice, demandai-je.

— Non. Les jedi m’ont informés que je devais voyager dans le plus grand secret et j’ai pensé que vous me suffiriez, je n’ai donc pas demandé d'escorte renforcée.

— Compris. Sarah, restez en position défensive, prête à prendre la fuite, Dam’Nei reste en soutien, je me porte au devant de ce croiseur, fis-je, puis pour mon astro-méc : 452, essaie d’identifier ce vaisseau et ouvre une fréquence pour que je puisse leur parler.

Tandis que l’unité R4 confirmait mon ordre, le croiseur spatial s’avançait toujours. La communication s’activa :

— Croiseur non identifié ici chasseur Jedi de Alex Raziel, Chevalier Jedi, veuillez décliner nom, matricule, et destination exacte.

Le vaisseau continuait sur sa trajectoire, se dirigeant droit sur moi et le yacht de la sénatrice. Il était entre la planète et le yacht. 452 m’informa qu’il avait trouvé quelle sorte de croiseur c’était. Nous avions à faire à un vaisseau capital TJ-24, construit par le Techno Syndicat, et souvent utilisé par les pirates car il était de grande importance, puissant et relativement peu cher. J’avais un mauvais pressentiment. Avec nos deux chasseurs et le yacht nous étions des proies faciles pour un tel vaisseau. J’ordonnai alors au yacht de faire demi-tour et de recalculer un saut hyperspatial pour nous sortir de là. Dam’Nei essaya de contacter la sécurité spatiale du secteur pour demander des renforts mais les communications étaient brouillées. Il me fit donc part de son plan : retenir le vaisseau à nous deux. Le chasseur de Dam’Nei me rejoignit alors que je me faisais tirer dessus. Dès que le croiseur avait atteint la distance de portée de tir, il s’était mis en activité hostile, prouvant que j’avais malheureusement raison.

J’essayai d’esquiver les tirs et le bouclier du petit chasseur triangulaire s’occupait d’absorber les autres. Je me concentrai alors sur la Force et Dam’Nei fit de même. Nos esquives portèrent alors leurs fruits et plus aucun trait incandescent ne nous toucha. Mais nos quelques tirs qui firent mouche n’endommagèrent que très faiblement le bouclier du croiseur qui continuait sa route à la poursuite du yacht. Sarah avait réussi à faire un petit détour et un arc de cercle qui l’avait remis dans la trajectoire de la planète. Elle espérait ainsi atteindre les défenses planétaires. Mais le croiseur n’était plus qu’à quelques kilomètres du petit yacht de touriste qui n’avait aucune arme et un faible bouclier. Il ne pourrait tenir longtemps sous les coups de boutoir du croiseur du Techno Syndicat. Mon R4 m’informa qu’il restait encore plus de 80 % de bouclier au vaisseau ennemi et qu’il était en recharge constante. Je demandai à Sarah de mettre toute la puissance dans les moteurs et elle me répondit qu’elle l’avait déjà fait depuis longtemps. Je maudis ma maladresse en continuant d’harceler le croiseur. Dam’Nei s’en sortait bien, et je devais admettre que Sarah savait ce qu’elle faisait. Mais je craignais que cela ne suffise pas. Cette mission allait être très dure. La planète se rapprochait mais beaucoup trop lentement à mon goût.

Les tirs du croiseur commençaient à toucher le petit yacht qui encaissa, comme il put. Sarah essayait d’esquiver mais elle avait bien du mal, car elle essayait quand même de rejoindre la planète. Sa course était alors trop rectiligne et les artilleurs ennemis pouvaient viser le yacht. La sénatrice cria alors sur la fréquence :

— Mais débarrassez-vous d’eux ! Vous êtes des Jedi, non !

Cela ne nous aidait pas vraiment, mais je comptai bien la sauver. De plus la planète se rapprochait irrémédiablement, ce qui nous rassurait. Elle serait pour nous une zone de sécurité. Je ne pensais pas en effet que le croiseur ose s’y aventurer, il serait trop proche des défenses de la planète. Mais peu avant d’entrer dans l’atmosphère Sarah cria qu’elles n’avaient plus de bouclier et le tir suivant troua la coque. J’eus le temps de voir un petit nuage de fumée et des flammes avant que le yacht ne disparaisse en entrant dans l’atmosphère. Dam’Nei et moi étions très touchés nous aussi, mais cela ne nous empêcha pas de suivre le yacht dans les nuages de haute altitude. Enfin, une station orbitale était venue à notre secours et avait commencé à tirer sur le croiseur.

Alors que nous sortions des nuages, je pus enfin voir l’étendue des dégâts sur le yacht. Il avait subi de sévères avaries et Sarah nous annonça qu’elle allait se crasher. Elle ne contrôlait plus du tout l’appareil. Je lui fis part de se calmer et d’essayer de freiner la chute comme elle pouvait. Dam’Nei et moi les suivions sans rien pouvoir faire. Nos trois engins survolèrent à très grande vitesse une ville assez importante puis une gigantesque forêt. Le yacht allait s’y crasher, c’était certain à présent. Comme pour rajouter à la situation déjà pénible, la sécurité aérienne nous informa que le croiseur ennemi nous suivait et qu’ils ne pourraient intervenir avant plusieurs minutes. Il fallait du temps à la chasse pour décoller, n’étant pas en alerte et ne s’attendant pas à ce genre de situation. La station orbitale ne pouvait pas nous aider sur ce coup.

Sarah réussit à effectuer un atterrissage en catastrophe sans trop de casse. Le yacht s’écrasa dans une petite clairière puis fut totalement arrêté par la lisière des arbres. Le croiseur ennemi tira alors dans leur direction. Instantanément, je sus que ça allait leur être fatal, je me mis donc en opposition. Mon chasseur encaissa le tir, et alla s’écraser au sol, lamentablement en me brinquebalant de tous côtés. Mon atterrissage forcé se fit non loin du yacht de Kate Eldafire. Dam’Nei me demanda comment j’allai et je lui répondis que ça allait assez bien étant donné les circonstances. Je me contorsionnai pour sortir des taules qu’étaient devenu le petit chasseur. Un bout du cockpit s’était enfoncé dans ma cuisse ce qui laissait une assez grande coupure douloureuse. Je me calmai et oubliai la douleur grâce à la Force en demandant avec mon comlink personnel si ma technique avait marché. Dam’Nei m’informa de la réussite et me signala que les deux femmes avaient réussi à sortir du vaisseau, bien que péniblement, et qu’elles étaient maintenant en sécurité, cachées par les grands arbres. Il m’annonça ensuite que le croiseur s’était posé au sol et qu’un groupe d’hommes armés en était sorti, certainement pour achever leur besogne. Il allait donc rejoindre la ville et prendre une escouade pour venir à notre secours car il ne pouvait rien faire à bord de son chasseur, les arbres couvrant les faits et gestes des personnes aux sols.

Alors que je remettais 452 debout et que je m’apprêtais à rejoindre la sénatrice et sa garde du corps, j’entendis des voix. Je portai ma main à mon sabre quand je m’aperçus que c’était justement la sénatrice avec Sarah qui se dirigeaient vers moi en se tenant l’une à l’autre. Elles avaient dû fuir le plus rapidement possible le yacht de peur de se faire tirer dessus ou qu’il se mette à exploser. Leurs vêtements étaient en lambeaux et des taches de sangs étaient présentes par endroit. La sénatrice était sous une couverture mais malgré cela, je vis qu’elle était blessée.

— Ça va ? me demanda Sarah.

— À peu près, lui répondis-je

— Vous parlez d’un jedi, se moqua la sénatrice, qui malgré une imposante blessure sur le flanc continuait à rire des jedi.

— Et vous, comment allez-vous, sénatrice ? Votre blessure n’est pas très grave ?

— Ça va aller.

— Puis-je la voir ? demandais-je.

— Non, me fit-elle en renfermant la couverture sur elle.

— Je pourrais peut-être faire quelque chose.

— Ce qu’il fallait faire, c’était dans l’espace, fit-elle avant de s’éloigner près d’un amas d’arbres, laissant Sarah à mes côtés.

J’étais tout contusionné à cause de mon crash mais la Force me permettait de me soigner quelque peu. J’examinais 452, lorsque Sarah se joignit à moi.

— Sarah…

— Oui ? fit-elle en me regardant.

— Vous allez bien ?

— Je survivrais… Votre droïde a eu de la chance. Au vu de ce qu’il reste de votre chasseur…

— Oui, c’est sûr. Il ne faut pas rester ici. Le croiseur pourrait repasser pour vérifier s’il y a des survivants et nous ferions des cibles trop faciles. En plus, Dam’Nei m’a dit que des troupes au sol avaient été débarquées.

— Il faut donc rester prudent. La ville n’est qu’à quelques kilomètres à l’est, expliqua Sarah en se relevant et en se dirigeant vers la sénatrice.

En me relevant à mon tour, je pus voir la blessure sur l’épaule gauche de Sarah. Sa veste et sa chemise y étaient déchirées laissant voir une très grande coupure, bien que peu profonde, et qui avait dû beaucoup saigner. Le sang était déjà coagulé.

Je rejoignis les deux femmes, puis nous nous mîmes en route. Je contactai alors Dam’Nei, qui était toujours dans les airs, avec le comlink que j’avais pu sauver des décombres de mon chasseur.

— Dam’Nei, ici Alex Raziel, tu me reçois ?

Seules les interférences me répondirent. Puis, après quelques secondes nous pûmes déceler :

— Ici, Dam’Nei. J’ai déjà rejoint la ville la plus proche et nous partons, l’escouade et moi, pour vous retrouver. Faites attention à vous… Nous… là… dans…

— Bien, les renforts ne devraient pas tarder. De plus, nous allons à leur rencontre, donc dans quelques heures nous serons en sécurité, expliquai-je.

— Si vous le dites…, fit la sénatrice, toujours d’aussi mauvaise humeur.

— Néanmoins nous devrons faire attention aux membres du croiseur. Comme ils se sont posés près de nous, ils peuvent nous tomber dessus à tout moment, dit Sarah.

— Oui, c’est vrai, mais ne vous inquiétez pas je suis sur mes gardes. Je les sentirai s’approcher.

— Mais qui s’inquiète…

— Ne vous en faites pas, madame, j’ai une arme moi aussi, expliqua la jeune femme en montrant un blaster léger à sa ceinture.

Le voyage n’était pas de tout repos. La forêt était très dense et le froid intense. Arkania était une planète au climat polaire. Bien que la neige y soit assez rare, le froid était quasi constant. Ce monde était peut-être le moins fréquenté parmi ceux du début de la Route Commerciale de Perlemia, car ses habitants étaient réputés pour être aussi froids que leur climat. Je comprenais maintenant très bien cette comparaison.




page précédente        page suivante

Commentaires sur HdlF :

Pas encore inscrit ?