Mon corps avait enduré de nombreux tourments. Un crash, une marche forcée dans le froid avec une blessure, une utilisation massive de la Force pour un transfert et une guérison, et une activité physique extraordinaire. Mais la menace avait été éliminée et je pouvais maintenant me reposer. J’étais dans un hôpital de la capitale d’Arkania, en soins intensifs. On m’avait expliqué que j’avais dormi plus de 15 heures et Dam’Nei m’avait fait part de la situation. La sénatrice était elle aussi dans l’hôpital, sous sa surveillance, et celle de Sarah. Elle ne risquait donc plus rien car il allait bien la protéger, lui. Il me raconta que sa blessure avait pu être soignée. Sarah lui avait expliqué que c’était grâce à moi et il me félicita. Mais quelques secondes après il me fit part en ricanant de ma faiblesse. Je n’avais même pas pu la protéger d’une attaque au sol. Lui, il aurait réussi haut la main. Enfin, Dam’Nei était un bothan, fier de lui et l’on ne pouvait le changer. Il était bien trop imbu de sa personne.

La famille de la sénatrice était venue la voir à plusieurs reprises et voulait qu’elle rentre avec elle. Ce que la sénatrice allait faire le lendemain. Dam’Nei m’expliqua donc qu’il fallait que je sois frais et dispos dès le lendemain. Mon état s’était de toute façon nettement amélioré. Bien que mon mal de tête persistait, comme si la Force se plaignait toujours de l’utilisation trop massive que j’avais faite d’elle.

Je passai donc la nuit à l’hôpital et le lendemain matin je me préparai à sortir. Alors que j’allais quitter la chambre, Sarah arriva. Elle me félicita d’avoir soigné la sénatrice. Elle n’en revenait pas et me demanda d’une voix emplie d’admiration :

— Comment avez-vous fait ?

— Je me suis servi de la Force.

— Tous les jedi sont capable de faire ça ? me demanda-t-elle, visiblement très impressionnée.

— Non. Seulement quelques-uns.

— Oh ! Alors vous êtes très fort. Lorsque je suis revenue avec des branchages, continua-t-elle sans me laisser le temps de répondre à sa remarque, je vous ai vu près de la sénatrice. Je ne savais pas ce que vous faisiez, mais vous aviez l’air tellement concentré, les yeux fermés. J’ai mis des branches dans le feu pour l’intensifier puis, je me suis rapprochée en silence pour vous observer. Ce que j’ai vu, je ne l’oublierais jamais. On aurait dit qu’un flux d’énergie bleu-blanc passait de vous à la sénatrice. Puis, sa blessure s’est rétractée, refermée et guérie. Peut-être pas totalement, mais assez pour la sauver, assurément. Et ses chairs se sont comme recomposées en partie. Je n’en revenais pas. Je ne savais pas que les Jedi, malgré leurs pouvoirs, étaient capables d’un tel prodige.

— Je vois. C’était la première fois que vous voyiez un jedi en action. Je sais que ça peut être impressionnant, mais d’autres sont capables de bien plus.

— Vous êtes trop modeste, fit-elle en me souriant discrètement.

— Et vous, dis-je, vous étiez aussi blessée, n’est-ce pas ?

— Oh, non ! Ce n’était pas grand-chose, me répondit-elle en détournant le regard.

— Mais si. Vous avez saigné, et votre blessure à l’épaule était assez profonde. Mais lorsque nous nous sommes arrêtés, votre blessure avait déjà presque totalement cicatrisé. Comment cela se fait-il ?

— Je ne peux en parler, s’exclama-t-elle avant d’ouvrir la porte et de s’enfuir dans le couloir.

Elle voulait très clairement éviter le sujet. Bizarre… pensais-je. Il faudrait que je me renseigne sur Arkania une fois de retour au bercail, me dis-je. Je me rendis à la sortie de l’hôpital et attendit dans le hall. Quelques minutes plus tard, la sénatrice sortit d’un des ascenseurs avec sa famille, mais aussi une importante garde. Malgré la faiblesse des risques d’une nouvelle attaque, la famille de la sénatrice avait augmenté la garde. La sénatrice se dirigea vers moi.

— Merci, me fit-elle en m’embrassant tendrement sur les joues.

Je n’en revenais pas. Et sa famille non plus car tous les membres nous regardaient d’un drôle d’œil. Quant à Dam’Nei, il me regardait d’un air mauvais. Il avait l’air jaloux. La sénatrice l’intéressait-elle ? Je ne pouvais juger des goûts d’un bothan dans ce domaine. Mais après cette courte action, la sénatrice continua son chemin l’air de rien et je me joignis à la garde pour la suivre.

Nous arrivâmes sans problèmes dans les imposants appartements de la sénatrice Kate Eldafire. Elle faisait partie de la haute société et occupait des appartements situés dans les hauteurs de la grande ville. La capitale d’Arkania n’était rien en comparaison de Coruscant, mais elle possédait tout de même de très nombreux buildings pour les personnes les plus riches. Des appartements de la sénatrice, on pouvait voir le reste de la ville par une fenêtre et au loin la forêt de laquelle nous étions sortis de justesse. Par une autre fenêtre, d’imposantes montagnes s’élevaient à l’horizon. Le ciel était d’un gris monotone et j’avais peur que la neige se joigne au froid glacial. Mais l’appartement de la sénatrice était très bien chauffé et nous ne craignions pas le froid à l’intérieur.

La plupart des gardes de sexe masculin ne purent pénétrer dans cet appartement. Dam’Nei et moi étions une exception. La sénatrice ne cachait pas son dégoût de l’homme. Elle le trouvait vulgaire et inutile alors que pour elle la femme était raffinée et élégante. Sa famille s’installa et Sarah resta près de Kate sans oser me regarder. Elle devait repenser à notre dernière conversation. Dam’Nei et moi nous occupâmes de la sécurité de l’appartement, puis nous restâmes debout près de l’entrée du salon. La journée s’écoula sans trop de problèmes, si ce n’est que la sénatrice ne savait pas quoi choisir pour le dîner.

J’avais peur que la fin de semaine ne se passe ainsi. Et malheureusement, les quatre jours restants se déroulèrent selon le bon vouloir, très changeant, de la sénatrice. Il ne se passa rien d’intéressant pour Dam’Nei et moi et aucune nouvelle attaque ne fut à déjouer. Il était maintenant temps de rentrer. Et j’en étais heureux. Non seulement la sénatrice me portait sur les nerfs, mais l’attitude supérieure de Dam’Nei m’énervait.

La sénatrice avait dû oublier qu’elle me devait la vie et me donnait des ordres plus ennuyants les uns que les autres. Aller lui chercher un repas dans tel restaurant, s’assurer que le lieu dans lequel elle avait rendez-vous était sûr, etcetera... Je lui rappelais que je n’étais pas son serviteur mais un garde du corps, mais tous les membres de la famille me regardèrent de leurs yeux blanchâtres, me faisant comprendre qu’il ne fallait pas que je proteste. Les quelques jours passés sur Arkania auraient pu être intéressants si j’avais pu approcher Sarah. Mais elle se faisait porter absente dès que je la demandais et je ne pus la revoir en tête-à-tête.

Maintenant que nous devions partir, la sénatrice était en retard. Elle disait au revoir aux membres de sa famille et faisait durer les séparations. Mais après plusieurs dizaines de minutes d’attente nous pûmes quitter la planète.

La famille de la sénatrice avait fourni un cargo moyen comme transport pour remplacer le yacht.

Je pilotai, et Sarah me secondait. Mais nous n’étions pas seuls dans le cockpit car la sénatrice se tenait sur les sièges secondaires. Mon droïde, 452 était dans la salle commune, il dialoguait avec l’ordinateur de bord. Dam’Nei, lui, nous escortait dans son chasseur Delta-7. Tout le voyage se passa ainsi. Dès que je pouvais être tout seul avec Sarah, la sénatrice arrivait deux secondes plus tard, comme si elle voulait, elle aussi, m’empêcher de parler avec Sarah.

Nous arrivâmes sur Coruscant sans problème. Dam’Nei rentra directement au Temple et la sénatrice et Sarah me quittèrent quelques minutes à peine après notre arrivée. J’étais déçu. Mes sentiments étaient confus. Je me demandais pourquoi Sarah ne voulait plus me parler. Etait-ce dû au fait que sa blessure se soit soignée aussi vite et que je lui en ai parlé ou était-ce autre chose ? Je pensais que ma première idée était la bonne, et que Sarah me cachait quelque chose. Il fallait que je fasse des recherches au Temple et que j’en parle aux Maîtres du Conseil lors de notre compte-rendu de mission. Je fis signe à 452 de me suivre, puis nous prîmes un taxi-speeder qui nous déposa au Temple. J’étais enfin rentré. J’en avais vraiment marre de cette sénatrice que je ne supportais plus et ce retour aux sources allait me faire du bien. J’avais hâte de revoir Loïc, Aya, et mes anciens Maîtres.




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