Le lendemain, nous nous retrouvâmes dans le hangard à vaisseaux du temple. Nous prîmes des Delta-7 avec nos droïdes habituels. Le mien s’appelait R2-L7. Il enclencha les moteurs pendant que j’ajustais l’anneau autour de ma tête. Je vis la rampe du vaisseau d’Alex se déplacer pour le sortir de l’enceinte du Temple. Il décolla rapidement puis ce fut mon tour. Je laissai mon droïde prendre le contrôle du vaisseau jusqu’à la sortie de l’atmosphère. Je pris ensuite les commandes jusqu’à l’anneau d’hyperdrive. Alex avait pris celui d’à côté. Les deux anneaux se repositionnèrent en fonction des données hyperspatiales, puis lorsque les lumières se mirent au bleues, nous passâmes en hyperespace.

Le trajet dura un peu plus de trois heures. Je n’eus point le temps de m’ennuyer avec les histoires de mon droïde et ma lecture du databloc dans lequel se trouvaient les données d’Aya et Ildara. Ildara et Rocka avaient commencé par interroger le commerçant que j’avais rencontré. Celui-ci leur avait donné le nom de la planète d’où la marchandise arrivait : Malastare. À partir de là, Rocka avait laissé sa place à Aya pour accompagner la mirialan. Sur Malastare, les deux Jedi apprirent qu’elles avaient à faire à un vaste réseau de contrebande illégale très bien élaboré. En espionnant l‘organisation sur la planète, elles trouvèrent le nom de toutes les autres planètes qui participaient à la fabrication du gaz affaiblissant. Des transporteurs venant de Manaan transportaient des algues de la planète. Il était certain que ces algues possédaient des propriétés néfastes si elles étaient combinées avec d’autres produits aussi dangereux. Les transporteurs venaient d’une même société, la Oceana Alguero Aan. Ils étaient très reconnaissables par leurs couleurs et leur sigle : peints tout en vert, avec l’emblème OAA en bleu sur fond blanc de chaque côté de la coque. Notre enquête avec Alex devait commencer par cette société.

Nous sortîmes à quelques parsecs de la planète. Nous laissâmes les anneaux d’hyperdrive puis mîmes les moteurs à fond en direction de la planète. Pendant les quelques minutes de vol, je regardais encore une fois le databloc pour en apprendre plus sur Manaan. La capitale, Atho, n’était pas spécialement grande à la surface de la planète recouverte à quatre-vingts quinze pour cents d’eau, mais la ville était essentiellement sous-marine. Atho était structurée en plusieurs niveaux. À la surface, un large disque de sept kilomètres de diamètre surplombant l’océan bleu clair de plusieurs mètres, maintenu par d’énormes piliers s’enfonçant sous l’eau, servait de spatioport. Au même niveau, à environ cinq cent mètres du spatioport, se situait toute la zone administrative de la planète. La zone d’administration se composait de plusieurs gratte-ciel s’élevant à plusieurs centaines de mètres. Au deuxième niveau inférieur, on trouvait les premières habitations. Le deuxième niveau se composait lui-même d’une quinzaine d’étages. Au troisième niveau de structure, on trouvait le cœur de la cité : les industries, les centrales énergétiques, le traitement de l’eau et du Kolto, l’ancien produit utilisé avant la découverte du Bacta, moins cher que ce dernier mais moins efficace. Le quatrième et dernier niveau était la place des plus riches habitants de la planète, et aussi celle des sociétés les plus influentes de la planète. À ce niveau, plus on descendait les étages, plus on se trouvait dans une zone riche. La différence de « richesse » entre le niveau quatre et le premier niveau se voyait par les lumières extérieures et les larges baies vitrées. Un spectacle éblouissant du fond de l’océan pour tous les touristes. Cependant, le spectacle était tout aussi beau depuis les baies vitrées de la surface, avec une vue parfaite sur l’étendue d’eau reflétant à merveille le soleil jaune.

Je levai les yeux vers la planète bleue et je perçus la présence de nombreux vaisseaux en orbite, attendant depuis des heures pour la plupart, pour se poser à la surface. Tout d’un coup, une petite sonnerie s’activa dans le cockpit, signal de l’intercom. Alex me devança pour répondre :

— Maître Jedi, veuillez signaler la raison de votre présence dans le système.

C’était une voix masculine résonnante, sans doute quelqu’un qui avait remplacé ses cordes vocales par une prothèse. Mais il y avait quelque chose de plus que la résonance, quelque chose de difficile à décrire.

— Jedi Alex Raziel et Loïc Solaris. Nous sommes en mission pour le conseil Jedi.

— Veuillez préciser votre mission, je vous prie, continua le coordinateur orbital.

— C’est une enquête secrète, détailler notre mission pourrait entraîner son échec.

Il y eut un silence. Puis la voix rocailleuse reprit :

— Nous vous transmettons les coordonnées d’atterrissages. Vous allez devoir patienter un moment, le trafic est dense en ce moment.

— Pouvons-nous en connaître la raison, demandai-je, curieux.

— Demain aura lieu une course de module, et pas n’importe laquelle : il s’agit du premier circuit du championnat annuel. Nous attendons plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Maintenant, veuillez bien m’excuser, mais j’ai d’autres vaisseaux à coordonner.

En effet, une dizaine de vaisseaux de toutes tailles étaient arrivés après nous. Lorsque nous reçûmes les coordonnées d’atterrissage, Alex et moi laissâmes les droïdes nous conduire à la file de vaisseaux allant jusqu’au spatioport d’Atho. L’attente dura plus de quatre heures.

Après s’être posés, deux techniciens, des humains en uniforme bleu et jaune, nous demandèrent combien de temps nous allions rester. On leur donna les crédits pour deux jours, puis, alors que nous nous dirigions vers l’entrée de la cité, la plate-forme du spatioport s’abaissa tel un ascenseur pour permettre de « ranger » les Delta-7 aux niveaux inférieurs. Nos droïdes restèrent avec les chasseurs jedi.

Nous voulions prendre un taxi-speeder pour entrer plus vite dans la cité, mais ils étaient tous pris par des visiteurs, des touristes pour la plupart, mais aussi des commerçants et gens hauts placés tel des sénateurs. Alex et moi nous résignâmes à marcher pour atteindre l’autre côté du luxueux pont reliant le spatioport à la ville. Cela nous permit de contempler la splendeur des lieux.

L’allée, assez large pour permettre à deux transports Gallofree de se poser côte à côte, était d’une blancheur tout à fait remarquable. Aux bords de l’allée avaient été plantés des arbres aux feuilles vertes et jaunes, des couleurs qui contrastaient avec le bleu permanent du ciel et de l’océan. Malheureusement pour nombres d’espèces, lorsque le soleil frappait l’allée, le reflet était éblouissant. Ce jour là, quelques nuages clairsemaient le ciel bleuté, cachant à moitié le soleil jaune et diminuant cet effet.

Cela faisait une dizaine de minutes que l’on marchait, et pourtant la cité semblait toujours aussi loin, chose surprenante. Les quelques tours, blanches comme l’allée, s’élevaient majestueusement, leurs pointes semblant vouloir attraper le ciel. Après une marche qui nous parut bien longue, nous arrivâmes devant la porte de la cité : impressionnante par sa hauteur et par les immenses statues qui semblaient la maintenir debout, elle restait cependant ouverte tout le temps. Soit le mécanisme de fermeture était défaillant, soit les autorités locales la laissaient ouverte pour plus de facilité d’accès avec le spatioport. De toute manière, la porte n’avait qu’un effet décoratif. Une fois dépassée, on se retrouvait dans une sorte de couloir, car il y avait des vitres faisant offices de murs et de plafond, et une seule direction possible.

— Nous devrions chercher le poste de renseignements, me dit Alex.

Je répondis d’un hochement de tête. Mais nous n’avions qu’un seul chemin à prendre pour le moment. Il semblait que des contrôles avaient lieu quelques dizaines de mètres plus loin. Bientôt il fut impossible d’avancer plus avant et on dût attendre comme tout le monde notre tour.

Nous attendîmes de longues minutes, puis ce fut enfin notre tour de passer devant le réceptionniste : un Togorien pas plus grand que moi, aux poils bruns et blonds. Les représentants de cette espèce étaient réputés pour leur difficulté à maîtriser le basic. Mais je fus étonné :

— Bienvvvenu noble vvvisiteur ! Nous sommes heureux de vvvous accueillir parmi nous. En quoi puis-je vvvous être utile ?

Le Togorien n’avait qu’une seule syllabe de « défaillante ». La plupart en avaient beaucoup plus, surtout les R et les F. Alex me laissa parler :

— Nous voudrions des informations d’ordre général sur la planète, et sur la Oceana Alguero Aan.

Le Togorien pianota sur son ordinateur de bureau. Puis au bout de quelques secondes il me répondit en me donnant un prospectus :

— Vvvoici le guide de la vvville, tout y est détaillé clairement. Mais je suis désolé, je n’ai accès à aucune donnée pour vvvisiteurs sur la société que vous demandez.

— Pouvons-nous obtenir au moins des informations sur le dirigeant, la taille de l’organisation, ainsi que l’adresse du responsable ?

— Je vvvais vvvous imprimer tout ça.

Il lui fallut quelques secondes pour trouver ce qu’on cherchait puis à les imprimer. Il me tendit la feuille, qui était verte comme les algues de la planète. Y était inscrits seulement un nom et une adresse.

— Je vvvous en prie, lorsque vvvous n’aurez plus besoin de ce document, vvveuillez le laisser dans l’une des nombreuses caisses jaunes appropriées… pour le recyclage, finit-il devant mon air étonné.

Nous le remerciâmes puis nous entrâmes enfin dans la ville en elle-même. Une fois au bout de la Grande Place, face à de larges baies vitrées, nous regardâmes le document.

Le dirigeant de la OAA semblait s’appeler seulement Shama, et l’adresse était la suivante : Second Centre Administratif de la ville Est, Etage 52, Section Première, Huitième Bureau. Cela semblait un peu compliqué. Alex lu à voix haute la première page du prospectus, écrit en Aurabesh, fourni par le réceptionniste :

— Vous cherchez votre chemin ? Rendez-vous page centrale. Vous ne comprenez pas le langage Selkath ? Rendez-vous page huit. Vous êtes fan de course de module ? Rendez-vous page douze. Vous prenez des vacances ? Rendez-vous…

— C’est bon, c’est bon, va à la page centrale.

— Page vingt-deux…

Il tourna les pages pour me montrer le plan de la cité d’Atho. Elle paraissait plus grande que vue de l’extérieur.

— Très bien. On devrait réussir à ne pas se perdre avec ça, remarqua Alex.

— Ouais… Va à la page huit… car pour ma part, je ne comprends pas le langage Selkath, je ne vois même pas à quoi ils ressemblent.

— Moi non plus, fit Alex en se rendant à la huitième page.

Elle montrait l’emplacement de toutes les boutiques à droïdes. La plus proche se trouvait du côté Ouest, mais on préféra se rendre dans une autre boutique, située du côté Est. Nous nous dirigeâmes donc vers la ville Est. Il y avait beaucoup de monde qui marchait dans tous les sens, se bousculant presque à chaque pas. Pourtant les allées étaient larges. La course de module avait attiré de nombreux curieux, semblait-il.

Après une demi-heure de marche dans la ville bondée, nous arrivâmes devant la boutique. C’était un Ithorien qui tenait la boutique. Décidément, les commerçants ithoriens n’étaient pas rares… Il nous proposa un droïde protocolaire de base, à la carrosserie grisée tachetée de ronds bleus. Le langage Selkath n’était pas sa seule langue, il comprenait aussi le wookie, le togorien, l’ithorien, le rodien, le twi’lek le hutt et le sullustéen. Tout cela bradé à cent crédits la journée… Son nom de code était X-302.

Après avoir donné deux cents crédits à l’Ithorien, nous nous rendîmes au centre administratif. L’immeuble était vaste, très éclairé, et fort heureusement, muni d’un ascenseur rapide et silencieux. Le chemin était bien indiqué, et nous arrivâmes sans mal au fameux huitième bureau. La porte, simple, était verte, ce qui aveuglait presque après des murs totalement blancs, et semblait très épaisse. À hauteur des yeux, centré, un sigle représentant l’OAA était mis en relief. Le O était la sonnette…

— Hooo, fit Alex.

— Haaa, fis-je en retour.

— Haaa, refit-il.

— Bon c’est bon, on sonne.

La sonnerie était des plus basique, et au bout de quelques instants, la lourde porte s’ouvrit magnétiquement. Devant nous, au bout de la pièce éclairée par un unique lustre au plafond, se dressait un large bureau, d’un vert pomme affreux. Y était assise une créature bleutée tachetée de marron, à la bouche très large, et aux joues pendantes presque jusqu’aux épaules. La créature se leva, puis communiqua, enfin essaya, car effectivement, aucun de nous deux ne comprenait le langage Selkath. Le droïde, qui s’était montré fort silencieux pendant le trajet, fit alors son entrée, en déclarant de sa voix féminine et résonnante :

— Dame Shama vous souhaite la bienvenue dans son bureau. En quoi peut-elle être utile à des Jedi ?

— Demande-lui de bien vouloir nous montrer les derniers rapports concernant l’OAA, les cargaisons, les destinations, les dépenses et les recettes.

Le droïde n’eut pas besoin de retransmettre la question, Shama comprenait le basique, comme de nombreux autres Selkath. Elle pianota sur son ordinateur de bureau, nous donna un databloc comprenant les données demandées puis commença à nous poser des questions. À première vue elle ne semblait au courant d’aucune transaction à destination de Malastare, mis à part du Kolto. Les rapports n’indiquaient aucun transport d’algues. Soit le rapport d’Ildara était faux, soit celui que je tenais entre mes mains avait été modifié. Après réflexion et discussion avec mon collègue et Dame Shama, je demandais les horaires d’envols des transporteurs de l’OAA, ainsi que le nom de tous les employés. Cela faisait une énorme quantité de données, mais un droïde pourrait y faire le tri rapidement. Lorsqu’Alex et moi commençâmes à prendre congé de la Selkath, celle-ci nous révéla une dernière information, capitale selon mon jugement : elle nous conseilla d’aller rendre visite au second coordinateur de la société, celui qui gérait la mise en place des transports et des horaires, ainsi bien sûr que de la cargaison. Je demandai le nom de ce coordinateur et l’endroit où le trouver : Jucha Baradai Dure, un hutt.




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