Chapitre 10


Le froid nous entourait et nous pénétrait, malgré la transe Jedi. Toute notion de temps avait disparu et seule une semi-conscience nous habitait. Les algues ne nous tenaient pas vraiment chaud, et l’oxygène nous manquait. La soute n’était pas totalement et parfaitement isolée et pressurisée mais heureusement elle l’était en partie. Cela nous avait sauvés la vie, car même un jedi ne pouvait survivre dans le vide de l’espace. Loïc et moi espérions de tout cœur être à la fin du voyage. Nous ne savions pas si nous pouvions tenir encore longtemps. Il nous semblait déjà qu’une éternité s’était écoulée.

Puis, alors même que mes pensées effleuraient l’idée d’arrivée, une vibration se fit ressentir dans tout le vaisseau. La sortie d’hyperespace venait d’être effectuée, nous rassurant grandement. Après encore presque une demi-heure, nous sentîmes des vibrations continues secouer le transport Gallofree. Celui-ci pénétrait dans l’atmosphère de la planète sur laquelle il devait se rendre. Après encore plusieurs longues minutes, Loïc et moi sortîmes de la transe jedi. Le sang se remit à couler normalement dans nos veines lorsque le cœur reprit un rythme plus rapide et nos sensations réapparurent assez vite à l’aide de la Force. Alors que nous sentîmes le vaisseau se poser sur une aire de spatioport, nous sortîmes tant bien que mal du caisson abritant les algues. Cela nous demanda un pénible effort, surtout après la longue transe effectuée. Puis, à peine sortis, nos jambes nous lâchèrent. Nous nous retrouvâmes au sol, les membres pleins de fourmillement. Nous essayâmes de faire appel à la Force une fois de plus, mais sous la fatigue, celle-ci ne nous répondit pas. Nous avions épuisé nos réserves et devions attendre que nos membres reprennent une activité normale d’eux-mêmes. Nous ne pouvions plus bouger, tellement les fourmillements étaient intenses. Cela nous faisait presque mal, et nos muscles étaient durs comme de la roche et tendu à un point tel qu’il était impossible de leur intimer l’ordre de se mouvoir. Mais nous ne savions pas combien de temps nous avions devant nous. La soute pouvait s’ouvrir à n’importe quel moment, nous surprenant dans une position des plus précaires.

Mais après encore quelques minutes sans que rien ne se passe de catastrophique pour nous, les muscles se réhabituèrent à l’irrigation du sang et nos membres se firent moins douloureux et surtout plus réactifs. À l’aide de la paroi de la caisse qui nous avait abrités, nous nous relevâmes pour permettre une circulation plus efficace dans tout le corps. Alors même que nous nous étions remis debout, nous sentîmes une agitation dans la Force. La porte de la soute s’ouvrit dans la foulée. Nous étions pourtant loin d’être prêts.

Trois hommes entrèrent dans la soute tandis que Loïc et moi étions bien en vu. Ceux-ci nous virent immédiatement et sortirent leurs armes rapidement. L’un d’entre eux s’approcha alors que ses camarades nous avaient braqués. Loïc et moi fîmes comme si de rien n’était.

— Qu’est ce que vous foutez là, vous ? demanda le supposé chef du déchargement de la cargaison.

— Ah, vous voilà enfin ! Figurez-vous que nous étions encore en train de contrôler cette caisse d’algues, fit Loïc d’un ton choqué tout en montrant de la main la caisse que nous avions trouée, lorsque tout d’un coup et sans prévenir le vaisseau s’est mis à décoller. Heureusement pour mon camarade et moi-même ce bon vieux vaisseau est convenablement pressurisé. Mais nous n’avons rien mangé depuis deux jours et avons terriblement faim.

— Je vous comprends, déclara le chef, en commençant à être rassuré. On m’a dit que ce vaisseau avait été attaqué par deux personnes avant son départ. C’est certainement à cause de cela que son décollage fut précipité. Mais de là à vous oubliez dedans… C’est étrange.

— Je vous assure. C’est complètement fou, dis-je en prenant le relais. Qui aurait-cru que cela arrivait de notre temps. Enfin, je peux vous dire que ça fera une bonne histoire à raconter à nos enfants.

— Pour sûr, approuva un des deux gardes qui avait complètement relâché son attention et ne tenait plus que son arme d’une main sur le côté du corps.

— On peut partir maintenant, tenta Loïc. On a sacrément faim et soif.

Ce qui était le seul élément totalement vrai dans notre tissu de mensonge.

— Non. Désolé, mais je dois vous emmener au poste de sécurité pour contrôler vos identités et voir si celles-ci concordent avec les contrôleurs de Manaan. Vous devez comprendre. Vous aurez toutefois le droit à boire et à manger.

— Que c’est gentil, fis-je d’un air ironique avant de lancer l’attaque.

Le temps de la discussion nous avait permis de pratiquement reprendre la totalité de nos forces. D’un geste de la main j’envoyai le plus dangereux des deux gardes voltiger à travers la soute grâce à la Force. Sous le choc face au mur, il tomba dans l’inconscience. Loïc jaillit au côté du chef, bien plus rapidement que ce que je pensais après notre mésaventure, et d’un coup de coude sur la nuque, neutralisa le chef du déchargement.

Le dernier garde surprit, ne put m’ajuster mais tira quand même. Le laser se perdit dans la soute alors que j’arrivai près du docker. Celui-ci voulut me frapper mais je pus esquiver sans problème malgré le reste de douleur dans mon corps. Le docker ne devait pas être habitué au combat à mains nues, alors qu’un jedi était prêt et entraîné pour toutes les situations. D’un coup bien placé j’envoyai l’homme dans les pommes.

Nous sortîmes prudemment du vaisseau de peur qu’il y ait d’autres personnes. Mais le vaste emplacement de stockage était vide. Nous pûmes quitter la zone discrètement, le peu de personnes présentes étant concentrés dans leur travail ou au contraire perdus dans les nuages. Le grand astroport prouvait que cette ville devait être toute aussi imposante. Quittant le lieu où convergeaient tous les engins spatiaux, nous arrivâmes dans une majestueuse avenue piétonne. De nombreux speeders et navettes nous survolaient et le ciel était en partie caché par les gigantesques immeubles, digne de la capitale. Nous reconnûmes sans trop de problèmes Malastare, le peu de ville que l’on voyait nous rappelait l’architecture particulière des Grans. Mais il nous restait à savoir dans quelle ville nous avions atterri, et surtout, nous voulions nous reposer. Nous étions encore trop groggy. L’enquête reprendrait plus tard.


Nous trouvâmes un lieu tranquille où nous reposer. C’était un hôtel, certes pas royal, mais pas non plus miteux. Il était pour le moins classique et nous convenait parfaitement pour le repos dont nous avions besoin. Après plusieurs heures de sommeil, je me levais pour rejoindre la salle à manger de ce petit hôtel. Il n’était que six heures du matin, ici sur Malastare, étant donné que nous nous étions couchés très tôt dans la soirée. Mais nous n’avions rien avalé et maintenant que mes forces étaient revenues mon ventre réclamait son dû. Le droide serveur vint déambuler jusqu’à ma table. Je lui commandais un véritable repas de rancor.

Au moment où le droide repartait vers les cuisines, la commande enfoui dans son cerveau-laser, je vis Loïc Solaris entrer dans cette petite salle rectangulaire. Il me vit assis au fond, près du coin et vint me rejoindre en s’asseyant sur l’une des chaises disponibles. Il n’avait pas l’air très bien réveillé mais paraissait beaucoup plus en forme qu’après notre séjour dans la soute. Je devais être dans le même état, étant donné que je ne n’avais même pas pris la peine de me nettoyer un tant soit peu, attiré ici par mon estomac gargouillant.

— Bien dormi ? me demanda Loïc.

— M’en parle pas… Il y aurait eu une explosion, que je ne me serais même pas réveillé.

Cela fit sourire Loïc alors que le droide revint faire son travail. Après quelques minutes la nourriture arriva enfin. Nous nous goinfrâmes pour regagner en vitalité. A la fin de ce repas matinal, nous regagnâmes chacun notre chambre pour nous préparer à faire ce pourquoi nous étions ici.

Nous sortîmes presque au même instant, tous les deux, frais et dispos cette fois. Quittant l’hôtel, nous cherchâmes un moyen de transport. La ville était loin d’être aussi vaste que la capitale mais était tout de même importante. Malastare était une planète très développée et même si les infrastructures ne recouvraient pas l’ensemble de sa surface, comme seule Coruscant savait le faire, chacune de ses villes étaient immenses. Une zone de stationnement pour taxi-speeder était en vue. Nous prîmes donc un taxi.

— Z’allez où ? nous demanda le Zabrak qui pilotait l’engin.

C’était un zabrak d’âge moyen mais doté d’une tête à faire peur. Il n’avait pas l’air très futé.

— Heu, nous désirons nous rendre au centre d’accueil ou d’information de la ville.

— Je vois… V’z êtes des touristes ?

— Pas vraiment, fit Loïc.

— En tout cas, v’z êtes drôlement sapé. V’faites parti d’une religion, quelque chose dans ce goût là ?

— Nous sommes des jedi, lui rappelai-je, offusqué qu’il ne nous ait pas reconnu.

— Mouais. Ça me dit pas ce que c’est. Bon, bah on va y aller. Tenez-vous bien, y’a de sacré zigotos qui pilotent dans cette ville.

Une fois convenablement attaché, je pus constater que celui qui pilotait sacrément mal, c’était plutôt notre pilote que les autres conducteurs. Je ne sais pas s’il souhaitait battre le record de vitesse ou s’il voulait effrayer le plus de gens possible, mais en tout cas il était bien parti pour. Son taxi fondait les airs à une vitesse ahurissante pour un engin qui ne payait pas de mines, et le pilote s’amusait à passer le plus près des autres speeders.

— Alors v’voyez comme ils z’ont pas bien, ces crétins. Un jour, j’aurais un accident.

— Vous êtes sûr que ce n’est pas vous qui conduisez trop vite ? demanda Loïc, en étant bousculé de tout côté.

— Bah non. J’respecte les limitations. Enfin, je crois, déclara le pilote en réduisant un poil son allure, avant de reprendre. Toute façon, c’est pas vous qui allez m’apprendre à conduire quand même.

— Roulez moins vite, intimai-je, en mettant un soupçon de Force.

L’effet fut immédiat. Le pilote se calma et nous déposa au centre ville, nous informant que l’on trouverait des postes informatiques d’informations. Puis, il repartit dans les méandres du trafic assez dense.

Nous étions arrivés à l’entrée d’un imposant bâtiment. C’était l’un des centres commerciaux et culturels les plus important de la ville. En pénétrant à l’intérieur, nous vîmes qu’il n’avait que peu de chose à envier aux centres de Coruscant. Des galeries marchandes s’étendaient à perte de vue sur 2 artères. Nous prîmes celle de droite, qui était et de loin la moins fréquenté.

Nous jetâmes des regards sur certaines vitrines, vantant le mérite de certains produits, droides, holofilms, et autres holojeux. Mais nous n’avions guère le temps de nous y attarder. Après de longues minutes de marche nous trouvâmes enfin des panneaux indicateurs. Les bornes informatiques étaient deux niveaux au-dessus. Nous dûmes donc chercher les turbo-ascenseurs, bondés, pour pouvoir atteindre l’étage désiré. De nombreux regards se portaient sur nous. Notre habit traditionnel de Jedi nous faisait remarquer. Néanmoins nous n’y fîmes pas attention.

Finalement, les bornes d’aide apparurent. Après quelques minutes, l’une d’entre elle se libéra et nous nous y précipitâmes.

— Ah, enfin… fis-je.

— T’as raison, continua Loïc. C’est vraiment une planète de folie.

— Et tu crois que Coruscant est mieux.

— Non. Bien sûr, dit-il en souriant, en pensant à la planète capitale, majestueuse mais horriblement tortueuse et labyrinthique. Je pense que j’aimerais mieux être sur Alderaan.

— Ouais. Bon, cherchons des informations sur cette ville et sur la Oceano Alguero Aan, s’il y a. Je crains que ces indices soit maigres et que le manque d’informations se fasse ressentir.

— Il faut avouer que nous n’avons guère de pistes pour poursuivre l’enquête. J’espère qu’Aya et Ildara s’en sortent mieux que nous.

— Moi aussi.

J’entrai les informations souhaitées sur l’écran de contrôle et l’ordinateur se mit à chercher dans la base de donnée. Nous apprîmes que la ville dans laquelle nous avions atterri s’appelait Millingar et qu’elle était la troisième plus importante mégalopole de la planète. Ensuite, je demandai les recherches pour l’OAA. Je pensais que rien n’allait en sortir et quelle ne fut pas ma surprise lorsque plusieurs pages d’articles apparurent.

Il semblait en effet que l’OAA était bien présente sur cette planète et qu’elle y avait une filiale. Grâce à des recoupements, l’ordinateur nous apprit que l’Oceano Alguero Aan, spécialiste du traitement des algues à vertu médicinale, était étroitement liée à l’Aqua Malastarienne Corporation. Une organisation basée sur Malastare et qui habituellement traitait l’eau de la planète pour qu’elle reste saine. Mais derrière ce masque innocent de traitement des eaux usagées, cette AMC devait avoir des activités louches tout comme l’OAA. L’ordinateur n’était pas une très bonne source d’informations pour en savoir plus. Je demandai alors les bureaux représentant cette société dans cette ville. Un plan s’inscrivit sur l’écran et je pus le télécharger sur mon petit datapad personnel. Ensuite, bien que certaines personnes s’impatientaient derrière nous, je me connectai à mon compte personnel jedi. Je pus m’apercevoir que des messages m’avaient été transmis. J’ouvrai le premier me rendant compte que c’était un message d’Ildara. Celle-ci nous informa qu’elle et Aya avaient été sur Malastare, comme nous le savions déjà, et qu’après pas mal de recherches, elles avaient trouvé une société assez mystérieuse nommée l’Atomorphée. C’était soi-disant une société pharmaceutique qui travaillait sur des produits anesthésiques mais elle avait tout d’une société bidon. Elle existait certainement pour blanchir de l’argent et pour que cela ait une façade légale et officielle. Mais lorsque les deux jedi avaient été là où devait se trouver les lieux de production des produits, elle n’y avait trouvée que des locaux vides. Il y avait bien du matériel, mais il n’avait pas l’air d’avoir été utilisé depuis longtemps. Après cela, elles avaient suivies leur dernière piste et étaient parties pour Toydaria.

Cet e-mail m’avait été envoyé seulement une heure avant notre arrivée. Cela voulait dire que les deux femmes venaient certainement tout juste de quitter la planète. Nous les avions ratés de peu. Le second e-mail était une copie du premier mais envoyé par Aya.

Loïc eu alors une idée. Pourquoi ne pas essayer de faire des recherches sur l’Atomorphée et voir si elle n’était pas liée d’une façon ou d’une autre à l’Aqua Malastarienne Corporation ? Cela ne nous apprit rien de plus, mais c’était une piste à garder en tête. Ce n’est pas parce que l’ordinateur n’avait pas de réponse qu’il n’y avait rien. Ces deux sociétés devaient être liées. Nous laissâmes enfin la borne informatique à la disposition des autres alors que je sortais mon datapad. Je fis revenir le plan.

Loïc et moi le consultâmes avant de quitter le grand espace centrale de l’énorme galerie marchande. Le bruit provenant de centaines de conversations était insupportable. De plus, l’air climatisé était loin d’être pur.

Nous ressortîmes par là où nous étions entrés et nous n’eûmes aucun mal à retrouver un taxi, même si ceux si étaient sans cesse harcelés de demande. Le véhicule était un speeder ouvert cette fois-ci et le conducteur était nettement plus respectueux du code de circulation en vigueur. L’air relativement frais du printemps malastarien nous fit du bien. Le ciel bleuté, contrastait avec l’ensemble des bâtiments urbains gris terne ou noirci par quelques pollutions. On était loin des impressionnants et superbes immeubles et buildings de la haute société de Coruscant. On pouvait toutefois s’apercevoir que les plus hauts étages étaient les plus entretenus. Là aussi, la hauteur signifiait pouvoir et richesse.

Le taxi nous déposa près d’un turbo-ascenseur sur un des balcons d’une imposante tour. Le chauffeur, à peine payé, s’en retourna dans les cieux, en quête de nouvelles courses. Nous prîmes alors l’ascenseur.

— Tu crois que cette société est aussi impliquée dans l’affaire du gaz ? Et qu’en est-il de l’Atomorphée ?

— Je ne sais pas. Mais en tout cas, si ces deux sociétés sont liées entre elles ainsi qu’à l’OAA et qu’elles sont toutes trois responsables de la création du gaz, nous avons le doigt sur une incroyable affaire.

— C’est vrai. C’est assez impressionnant le nombre de planètes que cela concerne. J’ai du mal à croire que cela ne soit dû qu’à ce gaz mystérieux, fit Loïc me révélant sa pensée.

— Il est clair que d’autres aspects vont se révéler. Déjà, si Ildara et Aya pensent que l’Atomorphée est une société bidon qui a pour but de blanchir de l’argent, cela ne fait qu’agrandir l’importance de notre enquête.

Loïc acquiesça d’un mouvement de tête.


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