Une fois arrivée à la capitale, grâce à une navette qui faisait des allers-retours entre ces deux villes sans arrêt, nous nous rendîmes dans un restaurant. Nous avions faim, et l’heure du repas était déjà passée. Etant donné que cette ville étant très importante et plutôt imposante, il n’y avait pas vraiment de rue comme l’on trouvait sur des planètes moins développées. Les seuls lieux pour piéton se trouvaient à l’intérieur de gigantesques immeubles, comme sur Coruscant. Seul les bas-fonds étaient constitués de rues qui elles-mêmes reposaient sur d’autres immeubles, mais ceux-ci étaient loin d’être vivables. Et pourtant beaucoup de personnes y vivaient.

Nous arpentions une des avenues centrales les plus importantes d’un immeuble, spécialisé dans les restaurants. Des odeurs plus envahissantes les unes que les autres et surtout toutes succulentes nous parvinrent. Nous eûmes du mal à choisir un restaurant. Mais après quelques minutes de marche, la faim l’emporta sur la raison. Nous entrâmes donc dans un petit restaurant, qui n’était pas tout à fait plein, et nous pûmes donc avoir une table rapidement. Nos positions nous offraient une superbe vue sur la ville. La hauteur était plutôt impressionnante et l’on pouvait voir les flux de circulation denses se déplacer.

Le repas n’était pas royal mais vraiment bon pour un si petit restaurant parmi tant d’autres.

Une fois repus, nous quittâmes la zone pour nous rendre au siège général de l’Aqua Malastarienne Corporation.

Arrivés à l’accueil, nous eûmes affaire à un Gran particulièrement tenace.

— Nous voulons voir le directeur de cette société, répéta Loïc d’une voix ferme, où perçait un soupçon de persuasion qui me fit sourire. Il perdait patience.

— Il ne peut vous recevoir, répéta le gran pour la troisième fois de sa voix rauque.

— Et pourquoi cela ?

— Il est en réunion.

— Je vois. Mais c’est important.

— Je m’en doute. Mais même des jedi n’ont pas tout les droits, répliqua le gran de l’accueil.

Alors que je pris le relais pour continuer de harceler ce pauvre gran, deux gardes arrivèrent.

— Nous pouvons vous être utiles, demanda l’un d’eux. C’étaient aussi deux grans, mais particulièrement massifs et visiblement armés. Leurs blasters n’avaient rien de jouets.

— Nous souhaitons juste rencontrer le directeur pour lui parler d’une affaire de la plus haute importance et qui concerne sa société.

— Bien. Veuillez me suivre.

Le premier garde entama la marche et le second nous suivit, pour nous entourer parfaitement. On aurait presque dit qu’ils allaient nous attaquer. Mais je ne ressentais rien dans la Force et Loïc non plus, sinon il m’aurait prévenu d’une façon ou d’une autre.

Nous marchions depuis quelques minutes déjà, au travers d’interminables couloirs, lorsqu’enfin les deux gardes indiquèrent une porte.

— C’est ici.

Au moment où j’appuyai sur le bouton d’activation de la porte et que celle-ci coulissa sur le côté, un remous dans la Force se fit sentir. Mais c’était trop tard. Les deux gardes du couloir brandissaient déjà leurs armes sur nous et la porte nous révéla une salle remplie de grans armés jusqu’aux dents. Loïc me sauva la vie. En effet, alors que ma main revint du bouton d’activation de la porte, que j’avais repoussé en espérant la refermer, à mon arme de jedi, Loïc, sabre dégainé, renvoya un laser qui m’était destiné. Mon sabre s’activa dans l’instant pour parer un autre trait incandescent. La porte ne s’étant pas refermée, je compris qu’elle avait été sécurisée. C’était un merveilleux plan pour nous tuer.

Mais nous ne voulions pas mourir. Loïc, en continuant son geste, venait de réduire un des deux grans qui nous avaient conduit jusque là au silence éternel. Mon sabre en main, je me sentis tout de suite mieux. Laissant la Force affluer en moi, je parais de nouveaux lasers. Quelques-uns des tirs renvoyés retournèrent à leurs destinataires. Mais le plus dangereux était le garde qui restait dans le couloir. Celui-ci avait reculé pour prendre un meilleur angle de tir et aussi par peur des moulinets rapides que l’on effectuait avec nos sabres laser. Loïc, d’une accélération de la Force, fut à ses coté en un quart de seconde et le neutralisa. Pendant ce temps, je pus renvoyer les tirs plus précisément, toute menace collatérale écartée. La rangée de grans commençait à s’éclaircir. Mais ne voulant pas commettre un massacre, je rejoignais Loïc et nous prîmes la fuite.

Parcourant de nombreux couloirs en courant, nous pûmes semer nos poursuivants. Nous n’étions pas encore totalement sortis d’affaire, mais nous étions dans une situation parfaite pour pouvoir rechercher des informations. La situation avait dégénérée et nous étions dans un cas non prévu mais néanmoins cela allait nous permettre de faire des recherches discrètement. Nous n’avions donc pas de temps à perdre, aussi nous allâmes directement aux étages des archives. De nombreuses portes étaient verrouillées mais cela ne nous posa pas de problèmes. Nous pûmes entrer chacun dans un bureau pour gagner du temps.

Je me rendis directement à l’ordinateur. Il était bien entendu protégé par un mot de passe, mais les jedi avaient de très bons informaticiens et j’avais sur moi un disque de piratage. Je l’installais rapidement et je pus alors pénétrer dans les données. Ce que j’allais y trouver ne serait pas exploitable devant les tribunaux mais pourraient nous permettre de continuer notre enquête. Je parcourus de nombreux rapports, factures, relevés mais aucun ne me semblait suspect. Puis, je tombai sur un relevé bancaire d’une société de Gamorr. Celle-ci n’avait pas grand chose à voir avec l’approvisionnement en eau. Je transférai les données sur mon datapad. Je continuai mes recherches. Mais je ne trouvais pas grand chose. Une seule autre société avait l’air de ne rien avoir à faire dans ses archives, elle était basée sur Ryloth. Je pris de nouveau les informations avant de ressortir de ce bureau. Loic me rejoignit peu de temps après alors que nous sentions une agitation dans la Force. Il était temps de partir. Nous n’eûmes aucun mal à quitter le bâtiment sans nous faire repérer.

Il nous fallait maintenant recouper nos informations. Nous nous rendîmes dans un petit restaurant-bar discret pour manger un morceau tout en faisant le point.


— Alors qu’as-tu trouvé de beau dans ces fichiers ? demandais-je à mon ami.

— Pas grand chose de concret, ni aucune preuve, si c’est ça que tu veux savoir.

Il savait parfaitement que ce n’étais pas cela que j’attendais.

— As-tu quelque chose qui peut nous aider ? continuais-je.

— Je pense, fit Loic, avec un sourire. J’ai trouvé quelques transactions avec une société de Gamorr.

— Moi aussi.

— Mais je pense que c’est bidon.

— Moi aussi, renchéris-je.

— Mais j’ai aussi quelques données sur une société qui voudrait se faire discrète, présente sur Ryloth.

— Moi aussi !

— Que de coïncidences, hein ?

— Ouais.

— Par contre, je n’ai que peu de choses sur cette société. Elle s’appellerait Kirzan Transporter et appartiendrait donc à ce Kirzan. Et étrangement, cette société ne ferait des voyages que vers Manaan, Toydaria, Malastare, Ord Mantell et Coruscant. Mais malheureusement je n’ai pas eu plus d’infos depuis mon terminal, finit-il.

— Moi, j’ai eu quelques trucs de plus, lui fis-je savoir après avoir bu une gorgée de soda. En effet, ce serait cette société qui s’occuperait en majorité de transporter toutes les marchandises qui transitent entre les planètes avant la fusion finale du produit, quel qu’il soit. Et en plus de tes planètes, j’en ai vu une ou deux autres, mais les données étaient codées et sécurisées, je n’ai pas pu savoir lesquelles c’étaient. Il m’aurait fallu plus de temps que nous n’en avions. De plus, cette société de transport arrive étrangement à faire de gros profit. Elle est payé à un sacré prix par l’AMC et même bien sur par l’OAA. En tout cas, ce Kirzan doit en savoir plus. Il faudrait aller le rencontrer.


C’est ce que nous devions faire pour poursuivre la mission. Nous avions épuisés toutes les ressources de Malastare et cela ne servait à rien de nous y attarder. Nous nous rendîmes donc à l’astroport principal de la ville. Et là nous prîmes une réservation sur le prochain vol vers Ryloth. Il ne partirait que dans quatre heures. En patientant dans la salle d’attente Loïc tint à faire un résumé de l’affaire.

— Ce Kirzan est peut-être le dernier maillon de la chaîne. En effet, si on récapitule, l’OAA basé sur Manaan fournit les algues et plantes qui auraient des vertus médicinales ou plutôt toxiques dans notre cas. Celles-ci sont transportées sur Malastare avec des plantes toutes à fait normales pour passer les contrôles. Mais celles illégales sont sans doute traitées et mélangées à des liquides ou encore transformés en gaz. Sûrement grâce aux produits envoyés depuis Toydaria. Arrive la fausse piste de Gamorr et de l’Atomorphée qui servent à détourner les regards et donner encore plus de poids sur l’échelle légale comme quoi il fabrique des anesthésiants. Mais on sait tous deux que l’Atomorphée est bidon et je pense que rien ne va sur Gamorr.

— Jusqu’à la j’suis entièrement d’accord avec toi, fis-je en l’encourageant à continuer.

— Arrive donc la piste de Ryloth, qui est tellement protégée que je sens qu’elle cache beaucoup de chose. Après tout, pourquoi se donner tant de mal pour protégé un maillon assez faible. Pour moi, Ryloth doit jouer un rôle très important.

— Tant que ça ? demandais-je, surpris.

Je ne pensais pas que cette planète puisse recéler plus de secret que les autres.

— Oui. Kirzan Transporter nous donne déjà une indication et pas des moindres, la société qui fournit presque toute la flotte pour transporter les marchandises y est basée.

— Je te rappelle que beaucoup de produits qui entrent dans la conception du gaz voyagent au coté de produits parfaitement légaux dans des transports tout aussi légaux, appartenant à des sociétés plus générales.

— Oui, pour les matières premières, les produits de faible valeur ajoutée. Mais dès qu’un produit est passé sur une planète où il a pu être modifié, il voyagera par la suite sur Kirzan Transporter.

— Pas faux.

— Donc, fit Loïc, continuant son exposé, sur Ryloth, il y a déjà la société du transport, qui prête toute sa flotte ou presque et sans qui rien n’est possible.

— T’exagères, le repris-je, un sourire aux lèvres.

— À peine. Et je ne serais pas surpris d’y trouver autre chose.

— Comme quoi, demandais-je, ne voyant pas ce qu’il trouvait à cette horrible planète qu’était Ryloth.

— Les épices !

— Ah ! m’exclamais-je, alors que la lumière se faisait. C’est vrai. C’est l’une des planètes avec le plus de produits exotiques de toute la galaxie. Celle qui fournit à tout le réseau de drogue, le Ryll !

— Exactement. Et je te paris 100 crédits que des épices partent de Ryloth pour Malastare et rentrent dans la recette de ce fameux gaz.

— Mais il y a déjà les épices et le gaz, pour ce qu’on en sait, qu’envoie Toydaria ?

— Alors la… J’en sais rien. Mais c’est, je te le rappelle, un gaz très puissant et qui doit être très complexe. N’oublie pas qu’il n’a pas eu de mal à faire plus que somnoler deux jedi, conclu-t-il.

Cela me fit réfléchir. Il avait très certainement raison. Tout son exposé avait été si bien ficelé que ça pouvait tout à fait être envisageable. Il y avait sacrément réfléchi. Il fallait que je me reprenne. Je n’étais plus très concentré, bien que je ne sache pourquoi. La Force me semblait bizarre…

Loïc tapa tout ce qu’il venait de me raconter sur son data-pad personnel et se connecta à un système holonet pour envoyer le document qu’il venait de créer à l’Académie Jedi et plus particulièrement au Conseil, qui devait être informé, ainsi que Aya et Ildara.

Une voix retentit dans le grand hall, annonçant enfin le prochain départ vers Ryloth. Ça n’allait pas beaucoup nous changer. Quitter une planète tout en permabéton comme Malastare pour arriver sur une planète comme Ryloth où les villes étaient toutes souterraines. Cela revenait pratiquement au même. Car même si les villes de Ryloth étaient toutes sous la surface, elles étaient aussi pour la plupart très imposantes. De toute façon, pour le peu de ciel que l’on pouvait entrapercevoir de Malastare.

Et surtout le trafic illégal avait tout autant cours sur l’une ou l’autre planète.




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