An 24 avant la Bataille de Yavin :


Encore une fois, le wookie me réveilla de son grognement caractéristique.

— Tu devrais apprendre à respecter les gens qui dorment cher ami, lui dis-je, sinon tu te feras des ennemis…

— [Et depuis quand essayes-tu de me faire la morale, jeune padawan ?]

Ce « jeune padawan » me surprit peu. Cela voulait dire qu’il valait mieux que j’en reste là.

— Pardon Maître, je ne voulais pas vous manquer de respect.

Le wookie répondit par un « ce n’est rien ». Nous sortîmes de l’hyper espace et nous vîmes la belle planète qu’était Coruscant. Le Sabre Millénaire entama sa descente après notre identification par les contrôles de la police orbitale, et se dirigea vers le hangar le plus proche du Temple Jedi. La circulation était très dense en orbite, mais ce n’était rien comparé à la surface. Il nous fallut pas mal de temps pour atterrir.

Nous sortîmes du vaisseau et nous attendîmes un taxi aérien. Il arriva quelques minutes après notre atterrissage et nous conduisit chez moi, chez nous ; chez tous les Jedi. Une fois de plus, à mon habitude, je regardais en bas, le vide. Je voyais facilement les axes de circulations aériens grâce aux milliers de véhicules qui circulaient. Par contre, je ne percevais pas le sol. Il y avait une brume épaisse, signe du matin sur Coruscant, et en plus nous étions beaucoup trop hauts. Nous continuâmes à prendre de l’altitude jusqu’à ce que le taxi s’arrête plus tôt que prévu. Rocka grogna contre le chauffeur, une rodienne, qui ne comprenait pas du tout ce qu’on lui reprochait.

— Ne pouvez-vous pas contourner cette route ? Nous devons nous rendre d’urgence au Temple Jedi. Dépêchez-vous !

— Havana nou ego mata nog.

Je me tournai vers mon Maître car je n’avais pas compris un seul mot. Mais le Wookie lui, avait compris. Il m’envoya des images par la Force pour me montrer ce qu’avait dit la rodienne. Je frappai le bord de mon siège. Je détestais attendre. Mais encore une fois, cela allait me permettre de courir un peu sur les toits de Coruscant. Rocka était d’accord pour rejouer à « ça ». Nous attendîmes dix minutes, le temps pour le taxi volant de se trouver à la hauteur de la grande majorité des immeubles.

Rocka sauta en utilisant la Force pour se projeter loin en avant. Il atterrit en douceur sur le sol en permabéton de l’immeuble le plus proche, à cinq ou six mètres du taxi. Je fis de même, mais au moment où je sautai, la conductrice, qui n’avait pas encore remarqué que nous sautions de son véhicule, accéléra brutalement, ce qui me déséquilibra. Je parvins de justesse à m’accrocher au bord de l’immeuble. Rocka se précipita vers moi et me tira facilement hors de danger.

— Pardon, Maître.

Encore une fois, le Wookie ricana en passant l’une de ses pattes velues dans mes cheveux. Il se mit alors à courir avec une vitesse fulgurante, grâce à la Force, vers le Temple qui devait se trouver à une dizaine de kilomètres. Je pris une profonde respiration et je le suivis.

Aux environs du Temple Jedi, les immeubles n’étaient espacés que d’une quinzaine de mètres maximum. Entre ces immeubles, ce n’était que des petites voies aériennes, peu fréquentées d’ailleurs. C’était le contraire des autoroutes aériennes qui elles pouvaient être large de deux kilomètres.

Grâce à la vitesse que nous pouvions atteindre, nos sauts entre les immeubles devenaient faciles à réaliser. Nous avions parcouru les dix kilomètres en une vingtaine de minutes. Mais pour passer du dernier immeuble au Temple Jedi, il nous avait fallu attendre un peu qu’un autre Jedi en speeder nous aperçoive et nous emmène. Car aucun bâtiment n’était proche du Temple en lui-même. Le Jedi qui eut la bonté de nous prendre était un Nautolan. Un bon copain de mon Maître semblait-il car ils parlaient très bien tous les deux et se comprenaient plus facilement que le Wookie et moi. Ils me laissèrent sur le siège arrière avec le padawan de Kit Fisto. Il était bien jeune, il ne devait pas encore être adulte. Même si je ne savais pas de quelle espèce il était, j’avais pu deviner ça. J’engageai la conversion pendant la minute où nous arrivâmes au Temple.

C’était un Xexto de la planète Troiken, une planète de la bordure extérieure. Sa race ressemblait à une araignée verdâtre-gris avec deux gros yeux ronds. Il avait six pattes avec trois doigts à chaque extrémité. Le cerveau des Xexto était très développé et permettait l’usage des quatre pattes supérieures comme des bras. C’était des êtres très habiles. Il s’appelait Troda. C’était le nom qu’il s’était donné quand les jedi le découvrirent, ses parents l’ayant abandonné et ne lui en ayant pas donné. C’était quelque peu barbare de leur part. Mais sur bien des mondes de la galaxie, la vie était très dure. Lorsque nous arrivâmes au hangar du temple, je lui dis qu’il serait un jour très puissant au sabre laser, et qu’il pourrait en manier deux à la fois plus facilement qu’aucun autre. Je lui souhaitai bonne chance en partant vers mes appartements où j’allais me reposer, et il me répondit qu’il était persuadé qu’on se reverrait bientôt…



Pendant mon sommeil de quelques heures, j’imaginais des plans pour mon futur sabre laser. À mon réveil, je commençai à dessiner des plans et à écrire les caractéristiques de mon sabre. J’avais choisi de créer un sabre électrum et d’essayer d’obtenir une couleur orange. « N’essaye pas, fais-le, ou ne le fais pas, il n’y a pas d’essai ». Yoda répétait souvent ces paroles. Je voulais mettre aussi une double phase pour allonger la lame quand je le souhaitais, comme l’avait fait Rocka. J’obtenais ainsi un mélange de Mace Windu et de Rocka. Pour avoir un peu de la Force de Yoda, je voulais installer des anneaux sur la poigne pour capter la Force. Il me semblait que le Jedi Qui-Gon Jinn que je voyais de temps en temps il y avait environ dix ans de cela en avait un de ce genre là. La Force captée permettrait au laser d’être plus épais et cela permettait aussi au jedi de ressentir encore mieux les fluctuations énergétiques de la lame pour mieux la contrôler. Il ne me restait plus qu’un style de Dooku. Je pouvais faire un sabre courbé, j’y serais parvenu. Mais je n’en avais pas la maîtrise. Je décidai donc d’abandonner cette idée. La longueur totale du manche allait faire vingt-sept centimètres. Les cinq centimètres du bas du manche contiendraient les cellules énergétiques. Il ne me restait plus qu’à choisir l’aspect extérieur du sabre quand Rocka vint me chercher pour aller voir le Conseil Jedi.



Cela faisait une minute que le conseil ne disait plus rien.

— Il a acquis beaucoup de sagesse depuis…, fit enfin Plo Koon calmement de sa voix résonnante à cause du masque qu’il portait.

— Oui, oui, fit Yoda à son tour, un bon padawan il est. Et un très bon professeur il a.

— [Il peut passer les Épreuves ?] demanda Rocka.

— Incertain est son succès, continua le vénérable Yoda.

— [J’ai confiance en lui.]

— Je peux réussir… Je vais réussir ! Je le sens, au plus profond de moi.

— Tu dois savoir que cette mission risque d’être particulièrement difficile, Loïc. Le Corridor Écarlate est peuplé de créatures devenues informes au fil du temps. Elles sont impitoyables, me dit Mace Windu.

Il venait de me dévoiler l’endroit où ma mission commencerait.

— Ça ne me gêne pas du tout. Si j’échoue, c’est que je ne suis pas digne d’être un Chevalier Jedi.

— Tu n’as pas peur de mourir ? me demanda Ki-Adi-Mundi le Céréen au crâne développé.

— Si tel est mon destin, il s’accomplira comme il se doit. Je n’ai pas peur.

— Ton destin ? Oui, oui, le tien il est. Mais tu auras peur. Tu as peur.

— C’est vous, Maîtres, qui me faîtes peur. Je sais que je peux y arriver. (Je me tournai vers Maître Windu). Vous connaissez mes capacités, je sais me défendre, la Force est avec moi. (Je regardai à nouveau Yoda) Confiant, je suis.

J’eus peur que ma phrase ne l’énerve, mais au contraire, ça l’amusa. En même temps, un Jedi qui s’énerve ne devrait pas exister… c’était une marque du côté obscur.

— Le padawan est prêt.

Je fus stupéfait. Ainsi, tout ceci n’était qu’un prélude aux Épreuves ?

— Il semblerait que cette génération soit particulièrement très ouverte à la Force, fit Adi-Galia d’une douce voix féminine.

— Il s’agit du troisième à passer les Épreuves plus tôt que prévues. Il est vrai que la Force est beaucoup plus puissante chez eux que chez les autres… Pas autant que lui, mais supérieur à la normale je dirais, continua Mace Windu.

— Avec la Force comme alliée, son succès sera total, fit Plo Koon, le Kel-Dor de la planète Durin.

— As-tu fabriqué ton propre sabre laser ? demanda Eeth Koth, un Zabrak à la peau marron l’air soucieux.

Ce n’était pas la première fois qu’il mettait sur le tapis le fait que je n’avais toujours pas construit mon propre sabre laser. Il semblait attacher une grande importance à cet état de fait.

— [Il vient de le terminer], répondit mon Maître avant que je ne puisse dire un mot.

— Bien. Tu peux partir immédiatement. Prends un speeder dans le hangar.

— Quelle est le but de ma mission ? fis-je en même temps que Rocka grogna, un grognement qui signifiait : « quelle est le but de sa mission ? ».

Presque tous les Jedi semblaient avoir oublié ce point important. Ils devaient être en train de tous réfléchir sur notre « génération » de Jedi particulièrement douée. Je me demandais qui pouvaient être les deux autres ayant déjà passé les Épreuves ? Et ce « lui » qui avait l’air de tous les impressionner ?



Nous nous retirâmes après que ma mission me fut révélée totalement. Je devais rechercher un Chevalier Jedi qui avait disparu et qui n'avait pas donné de nouvelles depuis deux mois : Ildara Mayaserana. Sa dernière position connue était le Corridor Ecarlate. Ce corridor était en fait un quartier de Coruscant qui avait très mauvaise réputation. Il y avait huit ans de cela, deux Jedi y disparurent, ils avaient été mystérieusement assassinés. Rocka me redonna son sabre et m’encouragea. Je pris dans le hangar du Temple un speeder, avec un design tout particulier qui me plaisait, qui était libre et je partis immédiatement pour le Corridor Ecarlate.

La nuit commençait à tomber. J’étais si excité de montrer mes capacités au Conseil que je dépassais du triple la vitesse maximale autorisée. En plus, je ne prenais pas les axes de circulation standard et je fus averti plus d’une fois par des droïdes de circulation de ralentir ou que j’allais me faire arrêter. Mais puisque j’étais en mission pour les Jedi, mes fautes allaient être pardonnées.

Le soir, la circulation devenait impossible. Alors je pris de l’altitude pour me retrouver au-dessus des toits de Coruscant. Le « chemin » étant totalement libre, je mis l’engin à sa vitesse maximum : j’atteignais les huit cent kilomètres par heure. Je fus au-dessus du Corridor Ecarlate trois heures après mon départ du Temple. Mais il me restait encore à descendre d’environ six kilomètres pour y être. Je coupai carrément le moteur de mon speeder bleuté qui descendit en trombe au milieu des immeubles. Quoi de mieux pour descendre rapidement. J’utilisais la Force pour vérifier s’il n’allait pas y avoir un obstacle lors de ma chute : il n’y en eut pas.

J’allais bientôt arriver en bas et voulus donc réactiver le moteur… qui ne s’alluma pas. J’avais dû trop forcer tout à l’heure et il avait surchauffé. J’essayai plusieurs fois de le mettre en marche, sans succès. Je mis en route les rétro-propulseurs, mais le manque d’énergie ne permettait pas d’arrêter la chute, à peine la ralentir. Je gardais mon calme tout en regardant le sol qui s’approchait. Je n’allais pas échouer maintenant. Je sortis mon sabre, je l’allumai et je sautai vers la façade de l’immeuble le plus proche qui avait l’air à l’abandon. J’y enfonçai mon sabre jusqu’à la poigne. Je pensais que ma chute aurait été nettement ralentie, mais le béton fondait trop vite. J’entendis mon speeder exploser au contrebas. Lorsque j’arrivai à environ trente mètres du sol, je pris appui sur le mur et je sautai. Je désactivai mon sabre, le rangeai à ma ceinture, et avec la Force, tentai de ralentir ma chute. Je tombai toutefois lourdement sur le sol. Je fis une roulade comme je pus pour essayer de me faire le moins mal possible mais ça n’eut pas l’effet escompté. Ma tête heurta le sol et je commençais à sombrer dans l’inconscience. Je pus apercevoir le feu sur le speeder près de moi et des gens qui commençaient à s’approcher, avant de perdre totalement conscience.



page précédente        page suivante

Commentaires sur HdlF :

Pas encore inscrit ?

Wook   le   11/02/2011

Je viens de tout lire, et je vois que c'est écrit par 2 auteurs alors je poste un commentaire sur chacun. Bon style pour toi, et un maître très sympa c'est vrai :D