Chapitre 11


Thyferra était une planète très accueillante avec des plaines verdoyante, des océans d’un beau bleu clair transparent sur plusieurs mètres, des forêt et des jungles s’étendant sur plusieurs millions d’hectares, et quelques rares cités parfois assez majestueuse. Le peuple natif de cette planète, les Vratix, des êtres ressemblant à de gros insectes pour le moins hideux, n’avait pas grand intérêt pour la galaxie. Ils créaient le bacta, sans se soucier des autres. Ils restaient rares à voir, se terrant dans leurs ruches pour produire ce produit miraculeux.

C’était vers l’une d’entre elles que le transporteur Etoile Brillante se dirigeait, juste après être sortit de l’hyperespace à quelques minutes seulement de la planète. Assis du côté d’un hublot, je contemplais les étoiles, et leurs mouvements me permirent de savoir que le transporteur rectifiait son assiette, l’arrivée dans le système s’étant effectué « à l’envers ».

Le vaisseau atterrit en douceur. Dehors, le vent soufflait calmement, apportant la fraîcheur du matin de la planète aux nouveaux arrivants. La plate-forme sur laquelle s’était posé le transport était quelque peu en hauteur par rapport à la ville. En fait, l’astroport semblait avoir été construit sur une falaise, avec à ses pieds un océan, et à l’horizon on apercevait le soleil, Polith, qui commençait à émettre ses rayons à travers une faible couche de nuages orangés pour l’occasion.

Très vite, les autres passagers du vaisseau se dispersèrent, certains en empruntant un spacieux turbo-ascenseur pour descendre en ville, d’autres en empruntant directement des speeders. Alex et moi en profitâmes quelques instants pour regarder cette cité au contrebas, une cité qui reflétait les rayons orange du soleil, ce qui donnait une couleur particulière aux murs de l’architecture locale. L’architecture de cette ville était assez classique, avec des tours rectangulaires de hauteurs toutes différentes, côtoyant d’autres tours aux formes plus arrondies et dont le sommet dépassait le haut des rectangulaires.

— Elles devraient arriver d’ici quelques heures, nous devrions trouver de quoi nous occuper… me fit Alex.

— Ouais, allons voir à l’accueil, il doit y avoir un terminal pour étudier les plans de la ville…

Sans dire un mot de plus, nous nous dirigeâmes vers ce qui semblait être le seul bâtiment de la plate forme, juste à côté du turbo-ascenseur. A l’intérieur, il n’y avait personne, à part un droïde-aspirateur qui faisait son travail au bout du tapis rouge qui partait de l’entrée où nous nous tenions jusqu’au mur opposé : un élément purement décoratif sans intérêt… Sur notre droite, se tenait ce qui devait être l’accueil avec un petit bureau avec plein de paperasses dessus. Sur la gauche, plusieurs consoles étaient en veille. Certaines permettaient d’effectuer des achats par holonet, d’autres étaient conçus pour le divertissement de jeunes joueurs, et enfin les dernières étaient là pour s’informer des nouvelles de la ville, de la planète, du système, et de la galaxie. C’est vers cette console que nous nous dirigeâmes prestement. Un message y était indiqué sur l’unique écran : « _Indiquez votre requête_ »

Ce que je fis, et ce que nous obtînmes : le plan de la ville. Je cherchais rapidement s’il y avait des lieux officiels pour des organisations telles que l’OAA ou l’AMC. Mais je ne trouvais rien du tout. Je passais les minutes suivantes à visualiser quelques hôtels pour la nuit prochaine, et d’autres infrastructures, tel des restaurants, le centre de sécurité de la ville, la centrale énergétique…

— Finalement, nous n’avons pas perdu beaucoup de temps…, me fit Alex après avoir lui-même utilisé la console.

Je ne répondis que d’un hochement de tête, puis je me dirigeais vers un petit turbo-ascenseur, celui qui vraisemblablement servait aux employés seulement. Je le dépassais pour finalement déboucher dehors, sur une sorte de terrasse aménagée. Quelques arbres étaient plantés ici et là, surplombant plusieurs bancs blancs. Derrière ces bancs se trouvait une petite pelouse verte, et devant on pouvait admirer la beauté du paysage, avec toujours un petit souffle qui nous caressait le visage.

Lentement, je marchais sur la pelouse pour m’y placer au milieu, à l’ombre des feuillages des arbres. Je m’y accroupi, tourné vers l’horizon, fermais les yeux et commençais un petit repos dans la Force. Très vite, Alex, qui préféra tout d’abord rester debout sur les dalles blanches de la terrasse, vint me rejoindre en se plaçant à ma droite.

Le temps passa plus vite. Le soleil dépassa son zénith puis commença sa descente. Ce n’est que quelques heures avant le crépuscule que nous fûmes réveillés par l’atterrissage du transport dans lequel devait se trouver Aya et Ildara. Nous nous levâmes calmement et nous dirigeâmes vers le site d’atterrissage pour y voir le vaisseau s’y poser à l’instant même.

— Ah, tout de même, fit Alex à côté de moi.

— Ce sont des filles… normales qu’on doive toujours les attendre, répondis-je en souriant.

Un sourire qui s’effaça très vite. En effet, une petite perturbation dans la Force nous alarma. Nous eûmes tout juste le temps de nous mettre à couvert en prévenant les personnes alentour dans le corridor lorsque le vaisseau explosa, alors même que des passagers descendaient déjà la rampe d’accès. Le bruit fut assourdissant, les débris volaient dans tout les sens et déjà on sentait un air ambiant proche de la catastrophe beaucoup plus chaud.

On se releva pour contempler le désastre. Sous le choc, la plate forme s’était à moitié enfoncée, des corps, ou plutôt, des morceaux de corps, gisaient un peu partout. Pris d’une certaine panique, Alex et moi nous avançâmes vers la carcasse toujours brûlante du transport. Par la Force, on cherchait la présence des deux Jedi qui devaient arriver par ce même vaisseau, mais on n’apercevait rien, à par un tout petit écho, mais pas de signe de vie.

Avec difficultés, nous déplaçâmes plusieurs plaques, qui formaient le blindage du vaisseau, à l’aide de la Force pour essayer de trouver quelques survivants, même blessés. L’air ici était presque irrespirable, mais on tenait à rester tant qu’on n’aurait pas retrouvé les filles. Finalement, après avoir soulevé une autre plaque carbonisée, nous aperçûmes un morceau de tissus encore brun. C’est ce morceau de tissu qui rendait l’écho dans la Force. Aucun doute, c’était un morceau d’une toge Jedi. En m’y approchant, je me rendis compte qu’aucun autre morceau n’était visible, comme ci seul celui-ci existait. Je le pris dans ma main, et en le soulevant, un objet tomba par terre. Il s’agissait d’un holodisque, encore intact malgré le choc. Je le pris dans ma main, et sans me préoccuper de la chaleur qui me brûlait la paume, je le serrais très fort, les larmes aux yeux.

Je retournai sur la petite terrasse, Alex sur mes talons. Ensemble, nous activâmes l’holodisque : un message y était enregistré. On y apprit que les deux filles sur Gamorr avaient rencontrées quelques problèmes, et qu’elles s’étaient senties suivi, observé… Elles nous laissèrent ce message avec quelques indications : des noms, et leurs fonctions au sein de l’organisation. La fin du message finit par faire tomber nos larmes :


Ce n’est pas grand-chose, mais nous espérons que cela vous servira si jamais vous vous retrouvez seuls. La mission doit être un succès. Bonne chance, jeunes Jedi.


Pendant plusieurs minutes, nous restâmes au même endroit, à laisser couler nos larmes, tandis que des secours arrivaient enfin sur le lieu de l’accident, qui avait pris tout le monde par surprise. Puis, je me ressaisi d’un coup. Je mis l’holodisque dans une poche de ma bure de jedi et je me dirigeai vers l’ascenseur prévu pour les employés de l’astroport. Alex me suivait toujours.

— Nous les pleurerons plus tard, à notre retour sur Coruscant et une fois notre mission achevée. Pour le moment, nous devons nous concentrer sur la mission, pour que leurs morts ne soient pas inutiles… tu comprends ?

Alex ne me répondit pas… il semblait beaucoup plus affecté que moi. Il était vrai qu’Ildara était le Maître Jedi qui l’avait formé et pris en tant que padawan. Il avait vécu plusieurs années à ses côtés. Cette perte devait lui coûter terriblement. Pourtant, cela me touchait aussi. Je voyais toujours le visage d’Aya, et même si je m’efforçais de penser à l’enquête, elle me revenait toujours… souriante. Le pire, c’est que je ne l’avais pas senti disparaître dans la Force… Mais maintenant que je la cherchais, je ne la trouvais pas…

La porte de l’ascenseur s’ouvrit, nous en sortîmes. Notre attention étant très focalisée, nous ne faisions pas attention à tout ce qui se passait maintenant autour de nous. Ainsi, on ne faisait qu’avancer parmi la rue principale… Jusqu’à ce que quelque chose me rappelle Manaan… Je m’arrêtais, utilisant la Force pour écouter autour de moi, et entendit plus précisément. Il s’agissait de la langue parlée des Selkath. En me tournant dans sa direction, je parvins aisément à deviner de qui il s’agissait : Dame Shama. Je me précipitai vers elle :

— Dame Shama ! Qu’est-ce que vous faites ici ?

Etonnée de nous voir, elle mit un petit moment à nous répondre… en Selkath. Heureusement, elle portait sur son épaule gauche un petit droïde traducteur, lequel nous répondit clairement, avec un certain ton dans la voix, quelque chose d’un peu inhabituel…

— Maîtres Jedi ! Je suis ici à cause de vous ! Le Hutt que vous avez arrêté a pu se libérer ; et il envoie des mercenaires à mes trousses. J’ai trouvé refuge sur cette planète.

— Son comportement prouve encore qu’il faut bien l’enfermer.

— Nous ne devrions pas rester là, fit Alex, si vous êtes pourchassé, il nous faut une cachette.

— J’ai une chambre d’hôtel, ce n’est pas très loin, fit le droide après la Selkath. Suivez-moi.

Elle se mit à courir à travers une rue très empruntée. Nous la suivîmes, moi juste derrière elle, Alex un peu plus en retrait.

Sans incident, nous arrivâmes devant l’hôtel, un haut bâtiment d’une cinquantaine d’étages, d’allure bien entretenue… Seuls deux speeders étaient garés devant le bâtiment, de simple speeders grisés devant un hôtel pour les riches touristes.

L’intérieur était intégralement automatisé et informatisé. Quelques droides s’occupaient du ménage, ou du renseignement. Le décor, or, argent et bleuté, reflétait toujours l’atmosphère de Thyferra. Alex décida de rester à l’entrée pour sécuriser la zone et s’assurer qu’il n’y avait aucun individu suspect dans l’hotel.

Plus calmement, Shama et moi se rendîmes donc à un ascenseur pour atteindre le quarante-deuxième étage. Là-haut, nous prîmes un couloir pour entrer dans la chambre 42-127. Je ne m’attardais guère sur le décor de la majestueuse suite. Je remarquai simplement la large baie vitrée en face de la porte. J’allais refermer la porte métallique lorsque celle-ci vola en éclat suite à une petite explosion venant du couloir. Des morceaux de métal jaillirent sur moi, et je reculai en tentant de me couvrir le visage de mes bras.

A peine les avais-je rabaissés, que je vis une silhouette tout de noir vêtue s’approcher rapidement, le poing serré sous un gant noir. Je me reculai une nouvelle fois pour éviter le coup, mais mon adversaire semblait très doué : ce n’est pas le poing droit qui me frappa, mais le poing gauche, qui me donna un coup au ventre. Surpris, essoufflé, je me penchais légèrement, les mains sur mon estomac. Le coup n’avait pas été doux… Sans attendre plus longtemps, mon ennemi me porta un uppercut qui me fit presque voler et atterrir sur une table de verre. Celle-ci ne se cassa pourtant pas et je restai affalé dessus... La Force m’avertit.

Je me remis à genoux rapidement et effectuai une roulade sur le côté pour essayer de faire face à mon adversaire. Mais il était rapide. Je parvins tout de même à éviter un coup qui aurait pu m’être fatal : l’homme habillé d’une épaisse cape noir, recouvrant une tunique de combat et possédant une capuche qu’il avait enfilé, avait sauté de tout son poids à l’endroit où je m’étais tenu quelques fractions de seconde plus tôt. La table de verre, pourtant faite d’un matériau extrêmement solide, se brisa sous le simple contact du pied de l’inconnu. Quelques débris de verres s’envolèrent jusque devant son visage… que je pus enfin distinguer lorsqu’il se tourna lentement vers moi…




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