Lorsque je me réveillais, j’étais adossé contre une pile de conteneur. Des mercenaires, une demi-douzaine, se tenaient devant moi, debout, armes à la main. Rapidement, je cherchai mon sabre laser. Encore une fois, je ne le trouvais pas à la place qui était la sienne Sans geste brusque, l’un des mercenaires, un rodien au visage quelque peu noirci, se pencha vers moi, le bras tendu. Il me remettait mon arme.

Sans hésiter, je le récupérais de la main gauche, puis de la droite, j’agrippai le bras du rodien qui m’aida à me relever. Sur le coup, j’eus un vertige, mais en me rendossant au mur, je parvins à reprendre clairement mes esprits.

— Cela fait longtemps que je suis inconscient, demandai-je au groupe.

— Au moins un bon quart d’heure… vous avez zappé le plus beau du combat, me répondit gravement un humain imposant à ma droite.

Je poussai un soupir…

— Et qu’en est-il de l’homme vêtu de noir ? Celui avec un masque blanc, précisai-je quand je remarquai que ça ne leur évoquait rien.

— Heu… jamais vu…, fit le rodien après avoir interrogé ses comparses du regard.

— Je m’en doutais…, marmonnais-je devant leur étonnement.

Un speeder s’approcha, slalomant entre plusieurs pile de container, avant de s’arrêter près du groupe. Un Hutt en descendit. Je fus surpris de voir ici Jucha Baradai Dure. Il était censé être en plein procès.

— Ne m’agressez pas de suite, Jedi, fit-il en s’approchant alors qu’il remarquait que je portai déjà la main à mon sabre laser.

— Qu’est-ce que vous faîtes là, Jucha ?

— Pour faire simple, fit-il en bavant un peu, je traque Shama. Elle m’a impliqué dans une affaire qui ne me concernait pas.

— C’était lors de votre procès que la question aurait dû être réglée.

— Il me fallait des preuves, et je les ai eu quand j’ai pris d’assaut son bureau sur Manaan… ce n’est pas bon pour mes affaires là-bas d’ailleurs…

— Mais comment avez-vous pu quitter Coruscant ?

— Tout se paye Jedi, tout. La galaxie est bien plus corrompue que vous, Jedi, ne le pensez.

«Ça avait l’air vrai», pensai-je.

— Je suis désolé Jucha, mais je ne vais pas pouvoir vous laissez partir comme ça… heu, en fait si je peux, fis-je lorsque les six mercenaires pointèrent leurs armes sur moi.

— Je reviendrai de moi-même sur Coruscant avec les preuves et Shama en prime.

— J’espère qu’Alex l’a rattrapé…

— On parle de moi ?

Je levai la tête pour apercevoir Alex nous surplombant, couché sur un container. Rapidement, il sauta, et atterrit presque en douceur à côté de moi. Il fixa rapidement le Hutt, puis se tourna vers moi.

— Non, enfin si, enfin… en fait elle s’est suicidée quand j’ai réussi à la coincer, expliqua-t-il.

— Suicidé ? Comment ?

— Un poison très fort je crois… Si j’avais été plus prudent, j’aurais surement pu la neutraliser avant qu’elle ne le boive. Mais je ne pensais pas qu’elle ferait ça.

Je poussai un nouveau soupir…

— Et toi, l’homme masqué ?

— Heu… on en parlera plus tard si tu veux bien…

Alex fronça les sourcils. Il devait sentir que le fait d’évoquer le sujet m’énervait déjà, mais il ne dit rien de plus.

— Où est-elle alors ?

— Dans un speeder, je me suis garé derrière l’entrepôt.

— Shama n’est sûrement pas le leader de tout ce trafic, elle doit avoir sur elle quelque chose qui puisse nous mener vers la tête.

— Alf Radeko, intervint le hutt.

Alex et moi le dévisageâmes un moment.

— Vous avez raison, Jedi, Shama n’est pas à la tête de cette organisation. D’après les gens que je paye pour obtenir des informations, le sénateur Alf Radeko, sur Coruscant, est l’homme qui permet l’entrée sur la planète de produits illégaux. Il est très influent au sein du groupe, semble-t-il.

— Ok, un sénateur… alors c’est lui que Maître Windu est censé attraper… mais arrêter un sénateur n’est pas forcément chose facile, même pour un jedi, fis-je l’air pensif.

— Et Coruscant est trop loin de toute façon, et on ne va pas y aller juste pour ça. On enverra un message au temple Jedi plus tard. Essayons de trouver le vrai entrepôt, ou spatioport, enfin l’endroit où l’organisation travaille sur cette planète, proposa Alex.

Alors que j’acquiesçais de la tête, le Hutt rampa vers son speeder :

— Plus au nord, il y a une base souterraine, un bunker. Pratique car indécelable depuis l’orbite. C’est un terrain militaire construit et utilisé il y a très longtemps. Normalement c’est abandonné depuis des siècles. Je pense que nous devrions aller là-bas.

Je regardais Alex, qui opina de la tête.

— Très bien, montrez-nous, nous vous suivrons.


Alex conduisant le speeder à bord duquel se trouvait le corps de la Selkath sur la banquette arrière, nous nous dirigeâmes vers ce bunker à moitié secret.

Alors qu’on se rapprochait, je me mis à repenser à Ildara et Aya. Elles avaient péries tragiquement, en fourbe, en pleine mission. C’était à nous de terminer cette mission correctement, afin qu’elles n’aient pas disparues pour rien.

Avec cette pensée me vint une certaine force, la sensation de pouvoir réussir forcément, de briser n’importe quel obstacle par n’importe quel moyen, pour arriver au final que je voulais.

— Calme-toi quand même, me dit Alex. Ne laisse pas d’émotions te contrôler, tu le sais bien. Cela peut être dangereux.

— Oui, oui, pas besoin de me le rappeler. « C’est moi qui contrôlerai mes émotions afin de parvenir à mon objectif. »

Nous nous arrêtâmes à une centaine de mètre de l’entrée du bunker. On avait pu s’approcher autant grâce à la nuit qui tombait, et surtout parce que le bunker se trouvait sous une colline. Nous étions arrivés par derrière. Il suffisait de faire le tour, puis de descendre à l’intérieur de la colline, par une sorte de rampe aménagée sur une vingtaine de mètres, au bout duquel se trouvait la première porte massive de la base souterraine.

— En cas d’inondation ça doit être pratique dis-donc, fis-je à Alex alors qu’on descendait doucement.

— Je pensais la même chose, t’imagines si un idiot laisse la porte ouverte en cas de tempête ?

— Trop fort, on pourrait sûrement tous les noyer comme ça, répondis-je avec un petit sourire, me faisant oublier un court instant Aya.

J’arrivais face à la lourde porte blindée. L’endroit avait l’air toujours désert, il ne semblait y avoir aucun moyen de défense, ni de système de surveillance, ce qui était étrange.

Je fis un petit geste de la main, et dans la minute qui suivit, un groupe d’une quarantaine de mercenaires se trouva face à la porte. L’un d’eux se mit au centre, et posa une charge à fragmentation pour desceller la porte. Une fois posé, le groupe recula de quelques mètres, et le poseur de la charge appuya sur un petit objet cylindrique : le détonateur.




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