Au moment où la charge explosa, faisant ouvrir rapidement avec crépitements et étincelles la porte blindée, une fluctuation de la Force, bien qu’assez faible, se fit sentir. Alex et moi, nous empoignâmes nos sabre laser et les activèrent à temps. De l’autre côté de la porte, on nous attendait, et ce sont des dizaines de traits laser rouges et bleus qui fusèrent dans notre direction.

J’en parais un maximum, pour couvrir les mercenaires derrières moi qui pouvaient prendre plus de temps pour viser nos adversaires en étant en partie protégé par nos gestes. Ainsi, nous parvînmes à avancer peu à peu, faisant reculer l’ennemi toujours plus loin dans la base.

Alors que l’endroit commençait à dégager une forte odeur nauséabonde, dû aux impacts de laser sur le permabéton et la peau ou les poils de quelques personnes, une voix forte et puissante, au loin, ordonna la retraite de la pièce. Le hutt en profita pour ordonner la dispersion de ses hommes, lesquels s’empressèrent d’avancer et de poursuivre l’ennemi, en sécurisant d’abord l’antichambre dans laquelle nous étions, puis les couloirs qui en partaient.

Alex et moi restâmes un moment au centre de la pièce, entouré de quelques consoles d’ordinateurs, et de corps à moitié calcinés. Lorsque le Hutt nous rejoignit, nous éteignîmes nos sabres.

— On devrait avoir accès à un système de caméra surveillance d’ici, fit Alex.

— Tu sais passer à travers des sécurités informatiques, toi ?

— Heu… un peu, je pense.

— Laisse-moi faire, lui fis-je, en le bousculant un peu.

— D’acodac, je vais m’en remettre à la Force alors pour trouver mon chemin parmi ces couloirs. Tu m’indiqueras le chemin plus tard.

— Sans problème, mais attends-moi si tu trouves des trucs d’intéressant.

— Tu rêves, fallait me laisser l’ordinateur, me lança-t-il en s’éloignant dans mon dos vers le grand couloir centrale.

Je ne répondis pas, je venais de me heurter à un premier système de sécurité, et pas des moindres. L’accès au système se faisait par mot de passes triples, avec scannage digitale. Aucune commande ne répondait tant que l’on n’avait pas un pouce autorisé.

— Quelle galère, fis-je en me retournant, une main sur le front, comme si cela allait pouvoir arranger les choses.

Je relevai la tête, et abaissait ma main. En face de moi, par terre, gisait le corps d’un humain, habillé d’un uniforme bleuté joliment décoré, contrairement aux autres présents un peu partout dans la pièce, qui était habillé comme un mercenaire de base. Cela m’intrigua une seconde, avant de penser que je venais de trouver le jackpot sans même y avoir réfléchi.

M’agenouillant à côté du corps, je pris son bras gauche pour examiner sa main. Mon instinct me poussait à utiliser son empreinte digitale. Lentement, car l’homme n’était pas très léger, je le tirais vers la console, toujours sous le regard du hutt, qui attendait des nouvelles de ses hommes. J’essayais ensuite de lui faire lever la main vers l’écran capteur, mais je n’y arrivais pas.

Après quelques dizaine de secondes infructueuses, le hutt s’approcha, me piqua mon sabre a ma ceinture, l’alluma et trancha net le bras de l’officier. Je perdis l’équilibre et dû m’appuyer comme je pus sur la console, une main ensanglantée dans la mienne. Je me retournai lentement vers le hutt, qui tenait toujours le sabre bien droit, allumé.

— Pas futé les Jedi à notre époque, me lança-t-il.

— Rendez-moi ça, rétorquais-je en agrippant fermement et rapidement mon arme.

Le hutt, désarmé, recula de quelques centimètres, en levant les bras, avec un air innocent. Enfin, aussi innocent que pouvait avoir l’air un hutt.

De retour face à la console, les idées clair, et mon arme à la ceinture, je fis appuyer le pouce de la main de l’officier sur l’écran. Ce dernier vira du rouge sombre au vert clair, avec un petit bip de confirmation. Restait les trois codes à taper, et là, je n’en avais aucune idée.

— Laissez-moi jouer encore une fois, déclara le Hutt.

Il me poussa presque violement de toute sa masse. Je n’eus le temps de lâcher qu’un petit cri de protestation, et de me coller à lui, pour tenter de le pousser à mon tour, mais bien évidement en vain, que la console émit une série de petits bips. L’écran principal afficha un message de bienvenue, et une petite sphère sortit du tableau de bord à côté. Cette dernière se mit à tournoyer lentement, et à émettre de la lumière, puis quelques secondes plus tard, un hologramme apparut devant moi. Après cela, le message de bienvenu laissa place à un tas de commande possible pour contrôler le système de surveillance que je voyais en hologramme en face de moi.

— Bien, nous y sommes… une idée de ce qu’on recherche, monsieur le hutt surdoué ?

— J’ai entendu dire que les cargaisons illégales qui arrivaient sur Coruscant contenaient un genre de gaz très élaboré. Quoique ce puisse bien être, il a bien dû falloir une équipe de chercheurs, ou de scientifiques, afin de le mettre au point.

— Un laboratoire…

Je cherchais alors sur l’hologramme ce laboratoire, mais aucune pièce ne portait ce nom. En fait, chaque pièce, chaque couloir, portaient un nom différent. Difficile de s’y retrouver. Alors que je listais tous ces noms, à la recherche d’un nom qui m’évoquerais quelque chose, ou bien d’un signe de la Force, le hutt m’ordonna de m’arrêter.

— Lui, Arfar. Je le connais. Il y a quelques années, c’était le plus brillant étudiant de l’université de Corellia.

— Corellia ? Vous avez vécu là bas ?

— Je ne suis pas comme la plupart de mes congénères, enfin pas tout à fait, finit-il après un court instant de réflexion.

— Ok. Vous le connaissez, et alors ?

— Et alors, Kel Arfar ne doit être âgé que de trente ans au maximum, je tablerais sur vingt-cinq en fait…

— Donc la pièce qui porte son nom serait récente, fis-je sans vraiment demander.

Alors que le hutt acquiesçait, je sortis mon comlink de ma poche pour contacter Alex, lequel me répondit aussitôt, ayant eut l’intuition que j’allais le contacter. Il m’indiqua sa position en me donnant le nom de son couloir. A partir de là, j’affichais sur l’hologramme le chemin à parcourir jusqu'à la salle de Kel Arfar. Facilement mémorisable car assez court. Instinctivement, Alex s’en était bien approché, j’envoyais l’image du trajet à Alex par la Force. C’était assez approximatif, mais nous nous efforcions de nous laisser guider un minimum par la Force encore une fois. Quant à moi, je me mis à courir pour le rejoindre, me focalisant sur la présence d’Alex pour me diriger vers lui.

Les couloirs étaient tous désert, ce qui m’arrangeait beaucoup pour rattraper mon collègue. Mais malgré la Force, je courrais un peu trop vite, et c’est à moitié essoufflé que j’atteignais la fameuse salle.

C’était effectivement un laboratoire, de nombreux ordinateurs étaient installées un peu partout, de long et gros câbles les reliais, jusqu’à un grand ordinateur centrale, un peu surélevé, où se tenait Alex, pointant son sabre laser vers un homme qui n’était pas beaucoup plus âgé que nous, portant une blouse blanche et des lunettes.

Trop essoufflé sur le coup, je m’appuyais sur les genoux, Alex fit l’erreur de détourner son regard du scientifique, lequel appuya sur l’un des nombreux boutons de son ordinateur. Le système de sécurité personnel de Kel Arfar se mit en route : des dizaines de petites trappes de ventilation s’ouvrirent. Des ventilateurs commencèrent à tourner, et finalement un gaz s’échappa dans toute la pièce.

Une petite odeur m’irrita les narines : je connaissais ce gaz presque incolore, c’était ce fameux produit qui m’avait emprisonné avec Ildara. Même en bloquant ma respiration rapidement, je sentais l’effet peser sur moi. Je voyais Alex qui en souffrait aussi. Nous nous affaiblissions anormalement vite, et bientôt nous nous retrouvâmes à genoux. A ce moment là, le scientifique, sans dire un mot, juste avec un sourire, décampa en passant à côté de moi. Je n’avais même pas eu la force de le bloquer.

Il fallu attendre que Jucha le Hutt arrive pour désactiver la ventilation pour commencer à nous remettre, non sans mal, au bout d’une dizaine de minutes.

— Mes hommes ont pris complètement possession de la base, mais il restait une sorte de petit hangar, qui ne figurait pas sur l’hologramme, semble-t-il. Un vaisseau s’est échappé il n’y a même pas deux minutes.

— Kel Arfar… fit Alex.

— As-tu réussi à lui soutirer des infos, lui demandais-je alors que nous commencions à marcher à nouveau vers l’antichambre de la base souterraine.

— Assez peu. En gros, il ferait parti d’une ligue anti-Jedi. C’est pour elle qu’il a fabriqué ce… gaz. D’ailleurs, je comprends mieux maintenant comment ça a pu neutraliser Ildara…

— Et c’est tout, demandais-je, insistant.

— Ben oui, je n’ai pas eu le temps… mais avoir pris d’assaut cet endroit si vite nous donnera beaucoup d’informations.

— J’espère bien. On va contacter le Temple Jedi... on aura besoin de renfort pour examiner toutes les données qu’il peut y avoir ici.

Alex acquiesça simplement.


De retour à l’antichambre, je contactai Coruscant. Mace Windu me répondit lui-même, et je lui fis part directement de nos informations. J’allais terminer sans un mot de Jucha, quand ce dernier poussa un petit grognement. Je le regardais, ne comprenant pas pourquoi il voulait que je parle de lui, alors que j’avais caché sa présence pour qu’il puisse partir libre. Ce n’ai qu’après avoir croisé le regard d’Alex que je compris : il voulait juste être blanchi de suspicion.

— Je vois…, fit Windu après mon histoire. Soyez certain, Jucha Baradai Dure, que votre rôle dans cette enquête ne sera pas oublier. Mais la corruption ne le sera pas non plus, finit-il avant de subitement prendre un second appel.

Le Hutt inclina la tête, comme en remerciement, comme si être accusé de corruption était beaucoup moins grave que le fait de faire partit d’une sombre organisation inconnue.

— Maître Windu ?

Le maître Jedi resta plusieurs minutes avec son nouvel interlocuteur avant de nous répondre à nouveau, et tout souriant il dit :

— Alex, Loïc, bonnes nouvelles, pour nous tous. Je viens de discuter avec Ildara Mayaserana.

La surprise put très certainement se lire sur nos visages étonnés.

— Mais…, commença à dire Alex en s’avançant.

— Elles ont été bloquées à l’astroport sur Gamorr, prise au piège par des membres de l’organisation. Le disque que vous avez retrouvez dans les décombres n’était qu’une supercherie pour vous détourner de votre mission et ne venait pas d’Ildara et d’Aya.

Alex poussa un soupir de soulagement. Moi, je fermais les yeux et baissais la tête légèrement, un sourire aux lèvres, et l’image d’Aya en tête.

— Croire en la mort de personnes proches de vous n’est pas facile, surtout à votre âge. Mais vous avez l’air de bien avoir géré cette difficulté. Cependant, nous n’allons pas prendre de risque. Je vais vous demander de revenir à Coruscant. Vous y rejoindrez Ildara et Aya, pour quelques jours de repos afin de vous remettre de vos émotions après cette longue enquête compliquée. Nous vous donnerons une mission après avoir réuni les informations que contient la base souterraine de Thyferra.

Nouveau soupir de soulagement, d’Alex et moi cette fois.

— Merci Maître. Nous passerons la nuit ici et prendrons un vaisseau demain à l’aube, fis-je en m’inclinant par respect.

Mace Windu me rendit le respect en faisant un signe de tête, puis arrêta la communication. Je me retournai vers Alex et le hutt. Ce dernier fit presque un sourire, puis s’éloigna. Alex poussa une sorte de cri de guerre, avant de me serrer la main, comme si nous venions de remporter une victoire de gravball, ce sport me faisant d’un coup penser au mystérieux homme vêtu de noir qui était parvenu à me ridiculiser par deux fois.

Mais je cessais d’y penser assez vite quand Alex m’entraîna vers l’extérieur. Dehors, il faisait totalement nuit, mais le ciel était constellé de nombreuses étoiles.

— Elles sont vivantes, me fit Alex, c’est vraiment un soulagement.

— Oui, c’est clair, on a évité le pire… Eh, il ne fait pas trop froid sur cette planète la nuit, on dirait ?

— Ah oui, c’est vrai. Tu sais quoi, je me sens d’humeur à passer une nuit sous les étoiles, pas toi ?

— Allongé sur l’herbe fraiche, sur la colline… c’est une idée qui me plait, c’est un début de vacances.

— Je te pari deux cent crédits qu’on aura trois jours de repos, me signala Alex alors que nous commencions à gravir la colline.

— Pari tenu. Pour moi, on en aura quatre.

— Top là.

Puis nous nous allongeâmes tranquillement pour profiter de cette nuit spécialement magnifique sous les étoiles.




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