Chapitre 12


Notre retour sur Coruscant s’était très bien passé. Les quelques heures de voyage hyperspatial habituellement si ennuyantes nous avait paru passer à la vitesse de la lumière. Nous étions impatients de revoir Ildara et Aya. Elles n’avaient pourtant pas disparues très longtemps et ce n’était pas comme si nous ne les avions pas vus depuis des mois, mais le fait d’avoir cru les perdre définitivement nous avait profondément troublé. Bien plus que nous ne le pensions, et bien plus qu’il ne nous l’était permis.

Revoir le Temple Jedi dans toute sa splendeur et magnifié par le soleil couchant de Coruscant nous fit bien plaisir. Nous accostâmes dans une des nombreuses baies à speeder de l’édifice et l’on se dépêcha de sortir des garages. Arrivé dans un grand et beau couloir décoré de majestueuse moquette d’un violet clair et doux, nous vîmes deux femmes discuter entres elles. Il ne nous fallu pas une milliseconde pour les reconnaître. Elles se tournèrent vers nous un sourire radieux au visage. Je ne pus me retenir. Je me mis à courir vers Ildara pour la serrer dans mes bras. Mon Maître Jedi était pour moi comme une grande sœur et je ne savais pas ce que j’aurais fait sans elle. Je n’avais pas parfaitement réalisé sa soi-disant perte pendant la mission mais je pensais que si je l’avais fait totalement, cela m’aurait empêché de la mener à bien et m’aurait totalement abattu. Je n’osais même pas y songer. Les quelques jedi qui passèrent nous regardaient avec étonnement. L’affection entre Jedi n’était pas des plus recommandé. Je me détachai donc d’Ildara qui avait pourtant l’air tout aussi heureuse de me revoir que moi.

Je jetai alors un coup d’œil vers Loïc. Celui-ci s’était retenu et ses retrouvailles avec Aya avait été plus modeste. Toutefois, leurs visages parlaient pour eux. De plus, je pouvais sentir en Solaris que ses sentiments étaient profonds pour la jeune femme aux cheveux aile de corbeau. Je réussi à voir qu’il essayait de les masquer. Il voulait les cacher au reste du monde et en particulier aux autres jedi. Mais je ne savais pas pourquoi je parvenais aisément à lire en lui. Je ne réussi toutefois pas à savoir si Ildara ou même Aya y arrivait aussi bien que moi. Elles n’en avaient pas l’air ou bien le dissimulaient.

— Alors comme cela, vous nous croyiez mortes ? plaisanta Aya, pour essayer de détendre l’atmosphère.

Nous ne pûmes pas répondre et nous forçâmes à sourire.

— Tout cela n’était qu’une mise en scène pour vous le faire croire, expliqua Ildara. Il y a du avoir un malentendu au sein même de l’organisation que nous traquons. En effet, pourquoi avoir piégé le vaisseau que nous devions prendre, puis nous avoir tendu une embuscade nous empêchant par là même de prendre ce vaisseau. C’est assez étonnant.

— J’ai une idée, proposa Solaris.

— Oui ?

— Ils ont peut-être fait cela en pensant que si vous preniez le transport vous sentiriez la menace et parviendrez à trouver et désamorcer la bombe. Ainsi, ils souhaitaient vous tuer sur Gamorr, tout en nous faisant croire à Alex et moi-même que vous avez péri dans l’explosion du vaisseau sur Thyferra.

— Oui, cela se tient. Ils pensaient qu’à cause de cette perte, vous perdriez vos moyens et abandonneriez votre mission, d’où le message.

— Ils nous connaissent bien mal, fis-je d’un ton déterminé.

— En effet. Même si un jedi ne doit pas chercher à se venger et laisser la colère dicter ses choix, déclara Ildara, il ne laisse pas impuni la mort de ses camarades et cherche à faire la lumière sur tous les évènements qui y sont liés.

— Vous avez donc trouvé quelque chose d’intéressant sur Gamorr, Maître ? demandai-je.

— Oh ! Pas vraiment, fit la Mirialan en commençant à marcher dans l’imposant couloir. En fait, ce que nous avons trouvé étaient plus des confirmations que de nouvelles informations. Je pense que dorénavant nous avons une vue d’ensemble assez précise et sure de cette organisation. Il nous manquait leur objectif et il semble que vous l’avez découvert, non ?

— Oui, confirmai-je. Ils feraient parti d’un groupe anti-jedi.

— Et c’est donc pour cela qu’ils créent ce gaz aux effets plus qu’étrange, fit Solaris.

— Comment cela ? demanda Aya.

— Et bien, il semblerait n’affecter que les jedi, expliqua Loïc.

— C’est impossible ! rétorque Aya.

— Et pourtant…, souffla Ildara.

— Oui, intervins-je. Il ne touche que les Jedi. Nous pouvons le confirmer. Kel Arfar, le scientifique qui est surement à l’origine de ce gaz, nous en a envoyé une bonne rasade. Et alors que le gaz se répandait dans la pièce et que Loïc et moi nous nous écroulions, lui a pu passer à côté de nous en pleine forme et un sourire mesquin au visage. Pareil lorsque le Hutt est arrivé. Il a pu aller stopper l’échappement du gaz sans ne rien ressentir.

— C’est vraiment grave. Il faut faire quelque chose, s’exclama Aya.

— Mais nous le faisons déjà, ma chère, fit Ildara d’un ton serein et apaisant. Nous avons déjà énormément progressé depuis que je me suis fait capturer au Corridor Ecarlate. Si à la base nous ne savions pas du tout ce qu’ils manigançaient et que nous avons cru qu’ils souhaitaient juste faire un échange entre moi et un prisonnier, maintenant nous savons que c’est quelque chose de bien plus important que cette organisation projette. Nous avons beaucoup d’information sur leur hiérarchie et son fonctionnement. Il nous manque encore les véritables leaders et instigateurs de ce complot mais nous n’allons pas tarder à les trouver j’en suis sur. Nous avançons bien plus vite que tu ne le penses.

— Oui, mais…, voulut dire la jeune femme.

— Mais il ne faut pas nous précipiter. Nous devons méditer sur tout ce que nous avons appris, penser avant d’agir pour ne pas faire n’importe quoi. Et une fois que l’on aura toutes les données, alors nous pourrons, avec les instances galactiques, agir pour arrêter l’ensemble de ce groupe sur toutes les planètes concernées. Ce n’est pas un petit groupe de rien du tout que nous avons en face de nous, et nos sabres laser ne nous serons pas vraiment utile pour être efficace. Il faut l’appui du Sénat et de la justice.

— Je comprends, fit Aya.

— Ne t’inquiète pas, intervint Solaris. Nous allons les stopper avant qu’ils ne soient trop tard. Nous avons encore du temps devant nous et les actions que nous avons entrepris les ont très certainement ralenti et bien embêté. Je suis sur qu’il leur faudra du temps avant qu’ils ne s’en remettent. Et ce temps nous allons l’exploiter pour fouiller dans les archives que nous avons trouvées sur Thyferra et cela nous permettra de les faire tomber totalement avant qu’ils puissent reprendre du service. Alors nous n’en entendrons plus jamais parlé et notre mission sera achevée complètement.

— Voilà qui est bien dit, jeune jedi, fit Ildara. Mais maintenant, il nous faut nous reposer. Allons manger pour reprendre des forces puis nous irons faire le débriefing en salle du Conseil et dormir. Demain, à tête reposée, nous pourrons alors commencer à chercher des informations utiles dans les documents que les garçons ont ramenés pour aider les droides d’investigation. Nous trouverons peut-être quelque chose en faisant confiance à la Force.


Mon sommeil fut perturbé par d’étranges rêves. Dans certains je voyais Ildara et Aya périr lors d’une terrible et puissante explosion, dans un autre je voyais un sombre et mince personnage vêtu de noir abattre son poing sur Solaris et moi-même sans que nous ne puissions agir, et dans un autre encore Ildara, Aya, Loïc et moi-même étions tranquillement attablée dans l’une des cantine du Temple et bavardions tout en mangeant, d’un air paisible et serein. Mon inconscient me faisait revivre les événements d’une bien étrange façon.

Ce fut avec bonheur que le soleil commença à éclairer ma chambre. Il était temps de me lever et de quitter cet univers de songes. Ma nuit n’avait pas été très revigorante mais je ne pouvais pas essayer de m’endormir à nouveau. Je quittai donc ma chambre une fois lavé et apprêté pour me diriger vers la cantine la plus proche dans l’espoir de retrouver Ildara, Aya et Loïc.

Mon Maître n’était pas encore là, ni Aya, mais Loïc était déjà assis à l’une des nombreuses tables et mangeait sans montrer beaucoup d’envie, la mine sombre. Il me vit immédiatement et me sourit tout de même alors que je me dirigeai vers les présentoirs pour y choisir mon petit-déjeuner. Je rejoignis mon ami en lui demandant :

— Tu n’as pas bien dormi, pas vrai ?

— Comment tu le sais ?

— Alors déjà, il ne faut pas avoir besoin de la Force pour le comprendre, tu as une sacrée tête c’est moi qui te le dit. Donc ça se voit.

— Ah ?

— Et plus particulièrement, j’ai moi aussi eu une nuit assez agitée.

— Tu as fait de drôles de cauchemars ? me fit-il en relevant la tête, d’un air intéressé.

— Tout juste.

— C’est bizarre.

— Il se passait quoi dans les tiens ? voulais-je savoir.

— Je nous voyais assister à des situations plus qu’étranges.

— Comme quoi ?

— Nous nous faisions ridiculiser par un mec en noir, ressemblant à celui qui m’a attaqué sur Thyferra, on voyait Aya et Ildara exploser dans un vaisseau alors même qu’elles nous souriaient, et…

— Et ?

— Heu…, marmonna-t-il d’un air distant.

— Quoi ?

— Je ne sais pas si tu vas aimer.

— Mais encore ?

— Je crois bien que je te tuais.

— Quoi !? m’exclamai-je.

— En fait, c’est le rêve le plus flou de tous, précisa Loïc. Je ne sais pas vraiment si j’étais moi-même ou quelqu’un d’autre. Mais ce qui est sur, c’est que ce quelqu’un en avait marre de toi et voulais en finir.

— OK…, soufflai-je. Et c’est tout ?

— A peu près. Il n’y en a qu’un plus positif qui ressortait du lot.

— Pareil pour moi.

— Pareil ? Tu veux dire t’as fait les même rêves que moi ?

— À peu de choses près.

— Et tu me tuais toi aussi ?

— Heu, non, ça j’ai pas eu. Je dois être plus pacifiste que toi !

— Ouais, moque-toi…

Après quelques bouchées de nourritures, je repris la parole.

— Tu ne crois pas qu’on devrait en parler à Maître Yoda, fis-je en reprenant mon sérieux.

— Si. Je pense que ça ne serait pas une mauvaise idée. Ces rêves m’ont fait froid dans le dos.

— Bien. Finissons de manger et allons trouver Maître Yoda. Il pourra surement nous éclairer sur la signification de chacun de ces cauchemars. Ensuite, on reprend notre investigation. L’enquête ne doit pas être interrompue.

— Ouais. Je crois bien qu’aucun de nous deux n’a gagné son pari.

Me voyant totalement perdu, il précisa :

— Toi qui pensais aux vacances…

Ne voyant pas de quoi il était question avant qu’il le précise, je me rendis compte qu’effectivement, sur Thyferra, j’avais espéré qu’on puisse prendre quelques jours de repos. Cela semblait déjà si loin maintenant.


— Les rêves, à la légère il ne faut pas prendre, était en train d’expliquer le plus sage des Maîtres Jedi du Temple. Certains, des visions de l’avenir sont, d’autres, de simples songes que notre inconscient veut nous montrer. Un individu normal pas beaucoup d’attention n’y porte. Mais un jedi, qui peut faire le vide dans son esprit, et utiliser la Force pour les décrypter, de bien les étudier se doit. En plus, un souvenir assez précis vous en avez. Cela permet de nous apprendre plusieurs choses.

— Vraiment ?

— Oui. Mais avec prudence il nous faut réfléchir et de tirer des conclusions trop hâtives éviter il nous faut. Un à un nous allons prendre vos cauchemars. Le premier, le plus joyeux, votre soulagement montre clairement.

— Notre soulagement ?

— De ne pas avoir perdu la jeune jedi Aya et le Maitre Mayaserana.

Cela semblait logique en effet, pensai-je.

— Pour le cauchemar de l’explosion, l’opposé du rêve du repas, il est. Il pousse votre esprit à réagir à la perte d’être proche. Votre inconscient, comment vous réagissez, veut savoir. C’est un songe très dangereux. Il peut vous rapprocher du Côté Obscur si la colère et la tristesse, en vous, est trop grande. De perdre des êtres proches un jedi, toujours prêt doit se tenir. C’est pour cela que s’attacher, il faut éviter. La compassion est autorisée mais l’attachement trop profond peut au final dans le Côté Obscur faire basculer.

Je déglutis péniblement alors même que le visage de Sarah apparut furtivement dans mon esprit.

— Nous comprenons, fis-je, d’un ton que je voulus ferme.

— Pour le rêve sur l’étrange personne qui vous a attaqué à deux reprises et a défait Loïc, il vous montre que vous n’êtes pas tout puissant. Un jedi la Force comme allié a, mais cela ne fait pas pour autant de lui quelqu’un d’invulnérable. Et si cet homme mystérieux connaît les principes de la Force cela est encore plus exact. C’est une leçon que votre esprit veut que vous tiriez. Il vous permet de bannir l’arrogance et la trop grande confiance en soi.

— En effet, Maître, confirma Loïc. Mais rien ne peut nous permettre de savoir si cet homme en noir sait utiliser la Force.

— Pour vaincre un jedi en combat singulier et au corps à corps, la Force il doit savoir maîtriser. Sur mon expérience je me base, précisa Yoda.

— Je vois. Et pour ce qui est de mon dernier cauchemar ? demanda mon ami après un court moment de silence.

— Sur celui-là nous rester prudent il faut, expliqua Maître Yoda en fermant les yeux comme pour essayer de voir ce que la Force voulait bien lui montrer. Plus que pour les autres. De toi, nous ne sommes pas certains qu’il s’agit. Mais si un autre rêve de la sorte tu as, immédiatement m’en informer tu dois.

— Bien, Maître.

— Merci, Maître, fis-je comprenant que la séance était terminée.

Nous nous relevâmes alors que Yoda restait dans la même position de méditation. Il semblait maintenant penser à tout autre chose et nous avait déjà écartés de sa vision. Nous quittâmes la petite pièce sombre dans laquelle nous étions. Nous avions eu de nombreuses réponses et la plupart de nos doutes s’étaient envolés, mais le rêve le plus étrange de tous nous hantait toujours.




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