Après deux jours durant lesquels Ildara, Aya, Loïc, moi-même et de nombreux droides archivistes fouillâmes et décortiquâmes la moindre parcelle d’information contenue dans les dizaines de milliers de fichiers rapportés de Thyferra, nous trouvâmes enfin quelque chose. Et pas des moindres. C’était le nom d’une firme connue de Coruscant. Après une recherche sur l’Holonet pour confirmer cela et la mise en parallèle des données que nous avions sous la main, nous réussîmes à trouver le lieu de travail de Kel Arfar, le scientifique qui aurait crée le gaz.

Immédiatement une mission nous fut assignée à Loïc et moi. Aya et Ildara devaient continuer de chercher dans le reste des fichiers.

Nous nous rendîmes donc sur son lieu de travail qui n’était pas si éloigné que ça du Temple Jedi. C’était un complexe scientifique prenant plusieurs étages d’un grand immeuble. Il accueillait plusieurs laboratoires de toute sorte. A l’entrée, qui était richement décorée et dont les murs étaient couverts de pubs vantant les mérites de la recherche, nous tombâmes sur une Twi’Lek qui était à l’accueil.

— Bonjour, nous fit-elle d’un ton enthousiaste et souriant.

— Bonjour, répondis-je. Nous sommes tous deux jedi et cherchons des informations.

— En quoi puis-je vous être utile ?

— Nous voulons savoir si un Kel Arfar travaille pour vous.

— Je vais regarder ça, fit-elle, et je ne parvins pas à lire de mensonge en elle.

Après un instant où elle pianota sur son ordinateur, elle releva la tête pour nous dire :

— Oui, en effet, nous avons bien un Kel Arfar.

— Nous pouvons voir à quoi il ressemble.

— Mais bien sûr. Voilà, fit-elle en tournant son écran pour nous le montrer.

C’était bien Kel Arfar. J’avais eu le temps de bien le voir sur Thyferra et je n’eu pas de mal à reconnaître sa tête. Il avait un visage assez banal mais avec un nez proéminent, des yeux verts profonds qui semblaient plus montrer sa grande connaissance que sa fourberie et sa folie, ainsi que de courts cheveux noir luisants.

— Est-il ici ? demandai-je sans trop d’espoir.

La Twi’Lek à la peau rouge reprit l’écran pour elle et re-pianota sur son clavier quelques secondes. Elle fit pivoter l’écran de nouveau pour nous montrer son contenu sans que nous ne lui demandions.

— Comme vous pouvez le voir, il n’est pas revenu travailler chez nous depuis plusieurs semaines. D’après ce qui est marqué ici, ses recherches portaient sur le fait de transformer une certaine substance en gaz. Toutefois, il semblerait qu’il ait fait beaucoup d’heures supplémentaires avant de nous quitter subitement.

Pour travailler sur le gaz anti-jedi, pensai-je.

— Je me souviens maintenant qu’en partant, il a volé de nombreuses données et une bonne partie du contenu d’un de nos laboratoires. Cela avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Tout le monde se demandait pourquoi quelqu’un d’aussi doué, d’aussi bien payé et d’aussi dévoué à son travail avait pu tout abandonner comme ça, ajouta la Twi’Lek lorsque cela lui revint en mémoire.

— Nous allons prendre sa photo. Veuillez la transférer sur ce databloc. Et, avez-vous son adresse par hasard ? voulut savoir Loïc.

— Oui. Bien sur. J’ai sa dernière adresse connue. Il se peut qu’il n’habite plus là-bas.

Effectivement, c’était fort probable.

— Je crois que la police y était passée après sa disparition. Mais ils n’avaient pas trouvé grand chose. Attendez que je nous remette la fiche générale, fit-elle en replongeant sur son ordinateur. La voilà.

Loïc et moi regardâmes attentivement l’adresse et nous la mémorisâmes.

— Merci beaucoup pour votre coopération, dis-je, alors que nous commencions à partir.

— C’est un plaisir, fit-elle un sourire charmeur au visage en nous déshabillant des yeux.

Une fois à l’extérieur du complexe, dans une des rues qui traversait l’immeuble, Loïc me demanda :

— Tu crois qu’ils ont quelque chose à voir avec tout ça ?

— Non, je ne crois pas qu’ils soient mêlés à l’organisation que nous traquons. La Twi’Lek nous a fourni toutes les informations que nous voulions sans mentir et sans rien cacher. De plus, les données qu’ils ont sur lui n’ont pas l’air faussées ou modifiées.

— Oui, tu as raison. Je n’ai rien senti d’inhabituel. Kel Arfar devait seulement y travailler avant d’être mêlé à tout ça. Puis, il a profité de son poste au maximum pour élaborer le gaz, surement de peur de ne pas avoir les mêmes ressources dans l’organisation qu’à son travail. A un moment donné, il a quitté son job. Pourquoi ? Peut-être qu’il avait fait tout ce qu’il devait faire. Ou alors, il était en danger sur Coruscant. On ne le saura pas avant de mettre la main dessus.

— Exactement. Je pense qu’on tient le bon bout. Si l’organisation n’a pas effacé toutes les données le concernant à son ancien travail, c’est tout simplement parce qu’ils ne pensaient pas que quelqu’un découvrirait autant de chose sur eux et que ça ne servait à rien de s’exposer inutilement.

— Ouais, opina Solaris. Jamais ils ne s’attendaient à ce que quelqu’un remonte jusque là. Et encore moins deux aussi jeune jedi, je pense, finit-il en souriant avec fierté.


Nous étions arrivés à l’appartement de Kel Arfar. La Force était tranquille et rien ne nous permettait de croire que quelque chose allait se passer. Nous étions donc assez calmes. Il ne nous fallut pas longtemps pour ouvrir la porte et pénétrer chez le scientifique. L’intérieur était dans un terrible désordre. Nous ne pouvions pas savoir si c’était Arfar qui vivait dans un tel chantier ou si c’était le passage des forces de l’ordre qui avait causé toute cette pagaille. Cela n’allait pas être chose aisée de fouiller dans tout cela pour y trouver des choses utiles. Nous nous y mîmes donc sans attendre.

Nous nous aperçûmes du temps qui s’était écoulé qu’une fois notre recherche terminée. Le soleil et les lumières matinales s’étaient changés en crépuscule. Les lampes de l’appartement s’étaient automatiquement allumées en sentant une présence humaine et cela ne nous avait même pas perturbés. Nous n’avions même pas remarqué que la puissante lumière naturelle de Corusca avait été remplacée par les lumières blafarde des néons. Nous avions tout retourné et après des heures de recherches qui n’avaient pas portées ses fruits nous avions enfin mis la main sur une piste. C’était une sorte de facture ou un bail. Il était au nom de Kel Arfar et signalait qu’une maison lui appartenait sur Chandrila. Ce n’était peut-être qu’un coup dans le vent mais il fallait aller vérifier là-bas. C’était la seule piste que nous avions sur ce scientifique.

Nous retournâmes au Temple pour mettre le Conseil au courant. Puis nous descendîmes manger un morceau. Nous n’avions rien avalé depuis le petit matin. Aya et Ildara semblaient presque nous attendre.

— Alors, qu’avez-vous trouvé ? demanda la jeune humaine.

Nous lui expliquâmes notre journée.

— Et vous ? demanda Loïc.

— Nous avons aussi trouvé quelque chose.

— Quoi donc ?

— Il semblerait que quelques politiciens et des dirigeants ou actionnaires de l’OAA et de l’AMC soient en rapport très étroit avec l’organisation. Ils la financeraient eux-mêmes.

— Vraiment ? s’étonna Loïc. Ce n’est pas risqué ?

— Plutôt. Si nous arrivons à trouver des preuves les impliquant, ils risquent la prison, confirma Ildara. Nous savions que l’OAA et l’AMC jouaient un rôle important mais nous ne savions pas si tous les membres étaient corrompus. Avec ce que nous avons, et ce que nous allons découvrir nous en saurons plus sur qui fait quoi et sur qui sait quoi.

— Je vois, fis-je.

— Le conseil nous renvoie sur Malastare. Demain ça sera la dernière journée où nous continuerons à fouiller dans les fichiers de Thyfera. Après, nous repartons sur Malastare en sachant cette fois-ci beaucoup plus de choses, expliqua Aya.

— Et vous, vous êtes envoyé sur Chandrila, fit la Mirialan.

— Ouais, répondis-je. Nous partons sitôt notre repas terminé. Nous dormirons dans le vaisseau.


Après les huit heures de voyage hyperspatial nécessaire pour faire le voyage de Coruscant à Chandrila, la sonnerie du petit cargo que le Temple Jedi avait mis à notre disposition sonna et nous tira difficilement du sommeil. Il fallait bien avouer que dormir dans un cargo était bien plus confortable que de dormir dans un Delta-7. Quelques secondes après notre réveil nous émergeâmes dans l’espace conventionnel.

Nous entrâmes dans l’atmosphère de la planète sans les longues procédures à suivre en arrivant sur Coruscant. Chandrila était certes un monde avancé, mais n’était pas une planète où la technologie dominée. C’était presque l’inverse. Bien que de grandes villes existaient, bons nombres de gens vivaient dans des villes plus modestes en plus petite communauté. Cette planète était aussi une planète agricole. Elle permettait d’alimenter les planètes à forte technologie qui ne pouvait se suffire à elle même, comme Coruscant par exemple, en denrées périssables. Nous passâmes au-dessus d’une grande ville et de deux autres plus petites. Elles ne nous intéressaient pas. Nous avions la localisation précise de la maison de Kel Arfar et nous nous dirigions droit dessus.

Arrivé aux coordonnées nous survolâmes la propriété qui était perdu au milieu de nulle part. C’était un grand domaine entouré par d’imposantes haies. Le jardin faisait plusieurs milliers de mètres carrés mais n’avait pas l’air entretenu. Les fleurs et arbres poussaient un peu n’importe comment et les haies n’avaient pas été taillées depuis quelques temps. Seule la pelouse était relativement courte, mais je pensai que c’était du gazon synthétique, qui évitait qu’on ait à s’en occuper et à l’entretenir. La maison était plutôt grande et ressemblait plus à une villa qu’à une véritable maison. Elle avait quatre étage et était construite dans un style moderne mais tout en conservant quelques touche rurales. Elle me faisait penser à quelques maisons que l’on pouvait trouver sur Dantooine. Une piscine était présente derrière la bâtisse, et contrairement au jardin, son eau était limpide, preuve d’un quelconque entretien. Quelqu’un devait venir s’occuper de la maison et de la piscine. Ce quelqu’un était peut-être déjà dans la maison. En effet, un speeder était garé devant les portes du garage et nous pouvions sentir une présence dans la maison. Une seule aura, qui résonnait étrangement à mon esprit. C’était donc soit un agent d’entretien, soit Kel Arfar. Même si je doutais fortement que le scientifique soit venu chez lui en se sachant poursuivi.

Loïc posa le vaisseau à proximité du domaine appartenant à Kel Arfar. Nous sortîmes du petit cargo pour arriver dans un champ en friche. Une fois arrivée devant la barrière principale de la propriété du fugitif, nous opérâmes avec prudence. La grille était ouverte, mais étrangement sa serrure était grillée. Cela ne nous annonçait rien de bon, même si la Force restait sereine. Nous traversâmes le jardin pour arriver devant la porte d’entrée. Celle-ci était aussi forcée et avait été laissée entrouverte. Une main sur nos sabres laser, toujours à la ceinture, nous pénétrâmes dans la villa.

Les lieux avaient été saccagés, tout comme à son appartement. Quelqu’un était déjà passé pour fouiller les lieux. Ou était-ce la personne qui était toujours là qui était la source de ce bazar ? Après avoir parcouru tout le rez-de-chaussée sans rien trouver nous nous décidâmes à monter au premier étage. Dans les escaliers, nous pûmes discerner du bruit. La personne présente dans la maison n’était pas loin et n’avait pas l’air de nous avoir entendus. Une fois les marches monté une à une, nous nous approchâmes doucement de la source du bruit qui venait du fond du couloir. Tout à coup, le bruit cessa. Nous stoppâmes tout mouvement. L’individu qui fouillait la pièce nous avait-il entendus maintenant ou en avait-il fini avec tous les meubles présents autour de lui ? C’était dur à dire et la Force restait muette.




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