Nous reprîmes notre avancée, sabre en main cette fois-ci. Il ne fallait pas nous faire surprendre. Tout à coup, quelques secondes seulement après qu’une perturbation retentisse dans la Force, un laser fusa sur nous. Les sabres laser s’activèrent et Loïc détourna le trait mortel qui lui était destiné sur un mur ce qui laissa une belle empreinte noircie. Nous n’avions pas vu d’où ce tir était parti et la Force était de nouveau paisible. C’était étrange. La personne qui nous tirait dessus était douée. Elle savait passer à l’action pile quand il le fallait et reprendre son calme immédiatement pour ne pas se faire repérer. Rien ne laissait présager qu’elle allait nous attaquer, jusqu’au moment où son attaque retentissait.

Une nouvelle attaque eut lieu et cette fois ce fut plusieurs lasers qui vinrent vers nous. Mais nous pûmes entrapercevoir le tireur. Ou plutôt la tireuse. Celle-ci avait en effet bondit rapidement d’une pièce à une autre tout en nous visant dans les airs pendant son saut. Les traits incandescents furent de nouveau déviés sans mal. Mais une chose étrange se passa alors dans la Force. Je ressentais comme un trouble. Loïc ne paraissait pas s’en rendre compte et la Force ne s’ouvrait qu’à moi. Je me concentrai donc sur elle en faisant confiance à mon camarade pour qu’il me couvre si le besoin s’en faisait sentir. Une fois imprégné de la Force, je pus discerner sans mal que l’aura qui resplendissait non loin de nous m’était familière. Elle me semblait amicale et mon esprit et mon inconscient la reconnut de suite avec joie. C’était bizarre. Qui était cette personne. J’essayai alors de revoir son action. Je la revis sauter au ralenti et je pus l’observer attentivement. Son corps était athlétique et souple, son gabarit assez grand mais sportif. Ses longs cheveux blonds et lisses volaient autour de son visage. Et lorsque je vis ce dernier, l’évidence me sauta aux yeux.

Je désactivai mon sabre laser sous le regard ébahi de Solaris et je pris la parole :

— Sarah ? Sarah Durden ! Je suis Alex Raziel. C’est moi, le jedi qui a escorté et sauvé la sénatrice Kate Eldafire d’Arkania, criai-je. Vous vous souvenez ?

Alors, une tête apparut furtivement d’un entrebâillement de porte avant de disparaitre. Après quelques secondes, une jeune femme apparut.

— Désolé, fit-elle. Je ne vous avais pas reconnu.

— Moi non plus, rétorquai-je. Vous êtes blonde maintenant ?

— Hé oui, me sourit-elle en portant la main qui ne tenait pas son arme à ses cheveux.

Et elle s’avança alors, son arme toujours à la main mais dans une position plus civilisée. Par contre, le sabre laser de Loïc était toujours activé.

— Et vous tirez sur tous les jedi que vous croisez ? demanda-t-il, l’air un peu vexé.

— Non, pas vraiment. C’est juste que j’ai une mission à accomplir, et je voulais la mener à bien.

— En tuant des jedi ?

— Je ne vous aurez pas tuer, juste mis hors d’état de nuire, affirma-t-elle, d’un ton confiant.

Je ne pus que sourire devant la surprise qui se lisait sur le visage de Loïc qui désactiva enfin son arme.

— Qu’est ce qui vous amène par ici ? voulut savoir Sarah.

— Une longue histoire, lui répondis-je. Et vous ?

— Racontez votre histoire d’abord. J’ai toujours aimé les longues histoires.

— Heu… D’accord, fis-je après une hésitation.

— Quoi ! fit Loïc, étonné. Mais tu ne peux pas. C’est une mission jedi confidentielle.

— Et alors. Si ça se trouve, elle peut nous aider.

— Mais même. Tu n’as pas le droit de tout lui raconter, grogna Solaris. Tu ne sais même pas dans quel camp elle est.

— Oh, mais je m’en fous. J’ai confiance en elle. Aie confiance en moi, fis-je alors que je ne ressentais aucune menace dans la Force.

— Mouais, me rétorqua-t-il après un court silence prouvant que lui non plus ne parvenait pas à lire d’inquiétude dans la Force. Je ne sais pas pourquoi, mais je savais que t’allais me sortir un truc de ce genre. Pffu, ce n’est même pas une Jedi… Je te préviens si elle tente de nous tuer, je t’en tiens pour responsable.

— Si tu veux, souriais-je.

Et je me mis à raconter toute notre opération à Sarah, une fois bien installé dans une confortable banquette du salon du rez-de-chaussée.

— Hé bien dis-donc, souffla-t-elle alors. Je n’aurais jamais cru que ce scientifique était à l’origine d’un si grand bordel.

— Hé ouais, fit Loïc.

— Et vous avez réussi à découvrir tout cela à vous deux ? s’étonna la jeune femme.

— Non, pas vraiment. Nous avons eu le soutien de mon Maître, Ildara et d’une autre jeune Jedi, Aya.

— Je vois. Mais à vous quatre vous avez pratiquement les moyens d’abattre cette grande et puissante organisation. Les Jedi ne déméritent pas leur réputation.

— Nous faisons notre travail, fit Solaris.

— Et vous ? demandai-je. Que faîtes-vous là ?

— Moi… Je crois que j’ai été dupée, ainsi que la sénatrice Kate Eldafire.

— Pourquoi donc ? s’intéressa Loïc.

— Je devais retrouver ce scientifique, Kel Arfar, pour le compte d’un politicien proche de Kate. Il semblerait que ce scientifique lui doive de l’argent et qu’il ait volé le résultat de certaines recherches qu’il aurait dû transmettre au politicien. Ce dernier souhaitait donc que je le retrouve et que je le lui amène pour lui tirer des réponses. Mais… au vu de ce que vous m’avez raconté, je pense plutôt que ce politique fait parti de l’organisation que vous cherchez à vaincre.

— Oui, confirmai-je. Et il veut que tu lui amènes Kel Arfar pour le tuer sans aucun doute. Maintenant qu’ils ont ce qu’ils veulent, à savoir la recette miracle de leur merveilleux gaz anti-jedi, ils veulent supprimer les preuves ou ceux qui pourraient parler et dévoiler toute la vérité.

— Je pense aussi que c’est ça, fit Loïc. Ça se tient. On savait que plusieurs politiciens étaient impliqués même si on n’a pas encore la liste complète, on peut sans aucun doute ajouter cet ami de la sénatrice d’Arkania à la liste. D’ailleurs, vous êtes sure que Kate Eldafire n’en fait pas parti ? demanda-t-il enfin.

— Oui. Jamais elle ne ferait parti d’un mouvement si radical.

— Vraiment ? fit Loïc.

— Bien sûr. Même si elle n’appréciait pas vraiment les jedi auparavant, elle ne prendrait jamais part à ça. Elle en avait marre qu’ils se considèrent comme surpuissant, mais c’était tout. Elle ne voulait pas et ne veut pas qu’ils disparaissent. Et surtout que depuis que vous l’avez sauvé, fit Sarah en me regardant, son avis sur la question a bien changé.

Loïc opina de la tête.

— D’accord. Mais je demanderai quand même une enquête sur la sénatrice.

— C’est votre droit.

— Je suis du même avis que Sarah. Elle nous considérait comme de simples soldats pouvant déplacer les objets mais ne connaissait pas notre réel potentiel jusqu’à ce que je lui sauve la vie. Elle nous méprisait un peu et pensait que les jedi étaient arrogant alors qu’ils n’étaient capable de pas grand chose pour elle, mais je ne crois pas qu’elle aurait été capable de faire partie de tout ça.

— OK. De toute façon, nous verrons la vérité lorsque son ami sera arrêté. Bon, qu’est ce qu’on fait maintenant ? demanda Loïc.

— On continue de fouiller la maison, fis-je. Sarah n’avait pas fini.

— En effet. Allons-y.

Après quelques heures d’effort nous trouvâmes une étrange carte tridimensionnelle susceptible de nous aider. Elle n’était que sobrement décorée avec une demoiselle exhibant ses charmes en dansant autour du nom d’un cabaret très certainement, le Titi Twister. Cela n’allait pas vraiment nous aider, il devait en exister plusieurs dans la galaxie. Si nous ne trouvions pas d’indice sur la planète où pouvait bien être ce bar, la poursuite du scientifique s’arrêterait là.

Après de nouvelles recherches, nous réussîmes enfin à trouver un vieux holodisque. Dessus se trouvait quelques fichiers protégés et d’autres sans importance, mais nous pûmes ouvrir un fichier faisant mention à plusieurs reprise de Nar Shadaa, la lune des brigands de tout genre. C’était notre prochaine destination. Nous espérions y trouver un Titi Twister.


Sarah avait tenu à nous accompagner pour nous aider à avancer dans l’enquête. Une fois son speeder rendu à l’agence de location de la ville la plus proche, nous pûmes quitter Chandrila. N’ayant pas pris de vaisseau personnel, la jeune femme s’était rendu sur Chandrila par une agence de voyage. Elle due donc monter avec nous à bord du petit cargo tout droit sorti des usines de Kuat et gentiment prêté par le Temple Jedi.

Déjà qu’à deux on était serré là-dedans, à trois ce n’était pas évident. Nous pûmes toutefois apprendre à nous connaître un peu mieux pendant le voyage et Loïc et moi nous racontâmes quelques anciennes missions et l’entraînement Jedi. Sarah parlait elle aussi de quelques-unes de ses précédentes missions, mais sur son passé elle faisait preuve de beaucoup plus de retenu. Tout comme lorsque j’essayais de relancer le sujet de sa blessure qui s’était mystérieusement guérie toute seule et rapidement sur Arkania. Voyant clairement sa gêne et pour ne pas plomber l’ambiance, je décidai d’abandonner ce point pour le moment.

Nous arrivâmes sur Nar Shadaa et n’eûmes pas de mal à trouver le Titi Twister. Il était bien loin de l’endroit où l’on s’était posé. Après un nouveau tour dans le vaisseau nous arrivâmes devant le fameux bar. En fait, ce n’en était pas vraiment un. Situé dans l’un des endroits les plus sordides de la planète, le Titi Twister était un club de strip-tease. Il avait l’air de marcher du tonnerre, car une queue assez imposante se trouvait devant l’entrée. A l’aide de la Force nous nous frayâmes un chemin et arrivâmes à l’intérieur. L’ambiance était clairement survoltée. Une musique puissante résonnait et de très belles femelles de toutes races se trémoussaient à divers endroits de la grande pièce. Les nombreux hommes présents, ou plutôt males de toutes races là encore, avaient l’air très satisfait. Il n’y avait pas une seule femme à l’horizon qui ne soit pas en petites tenues, Sarah étant l’exception. Elle aurait du mal à ne pas se faire peloter. Mais j’étais persuadé qu’elle arriverait à dissuader les plus entreprenants.

Nous nous dirigeâmes vers le bar. Là, en criant pour nous faire entendre on commanda une bière corellienne chacun, histoire de se faire bien voir par le tenancier. Après avoir siroté un peu assis sur des tabourets répulsifs qui semblaient avoir fait la guerre, nous essayâmes d’entamer la conversation. Alors que le barman, un homme assez baraqué, passa à côté de moi, je l’apostrophai.

— Je peux vous poser une question ?

— Bien sûr. Qu’est ce que tu veux fiston ? Une fille ? Ou peut-être inscrire celle-ci ? répondit le barman en faisant un signe de tête vers Sarah et en la déshabillant du regard.

Celle-ci resta impassible.

— Aucun des deux. Je veux des informations.

— Sur quoi ? Nous sommes en règles avec les diverses organisations contrôlant tout ce qui est contrôlable sur cette planète. Le reste, nous ne le fournissons pas.

— Et pourtant, vous allez me dire où je peux trouver cette homme, fis-je en utilisant la Force dans ma voix et en lui tendant mon petit databloc montrant une photo de Kel Arfar.

— C’est un habitué. Je ne sais pas où il est, je suis désolé, répondit le barman en essayant de se dérober.

Mais Solaris renchérit.

— Vous pouvez nous aider, j’en suis sûr.

Et la Force vibrait de son ton.

— Heu… Il aime particulièrement une fille. Attendez. C’est elle, Vesta, dit le tenancier en montrant du doigt une femme qui était en train de danser pour le compte d’un bothan vautré dans un fauteuil.

Elle se frottait à lui d’un air indécent.

— Merci.

Nous quittâmes le bar sur lequel nous étions accoudés pour nous diriger vers la danseuse qui nous tournait le dos. Elle était très mince et semblait fragile mais extrêmement agile. Elle se mouvait d’une étrange façon. Lorsqu’elle se retourna, quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous nous aperçûmes qu’elle n’était pas humaine. Cela expliquait au moins ses mouvements. C’était une Cathar. Une race d’apparence très fine et féline habituellement doté d’imposantes griffes. Ici, ils étaient recouverts par une protection sans doute dans le but de ne pas blesser les clients. Vesta était presque maigre, on pouvait toutefois aisément deviner sa poitrine pratiquement dénudée et avait un visage presque semblable à une panthère bien qu’humain si ce n’était les oreilles pointues. Sa bouche était opulente et sa chevelure rousse magnifiait ses mouvements en ondulent autour d’elle tel un rideau de feu. Ses cheveux me rappelèrent Sarah à notre première rencontre et je ne pu m’empêcher de l’observer un court instant.

— Vesta, interpella Loïc.

Mais la strip-teaseuse continuait son show, imperturbable.

— Vesta, fit-il alors plus fort.

— Oui, fit la Cathar en le fixant. Qu’y a-t-il ? Vous ne voyez pas que je suis occupée. Trouver vous une autre fille ou attendez, j’ai déjà un client.

— Ce n’est pas ce que nous voulons, expliquai-je.

— Et que voulez-vous ?

— Des informations sur cet homme, fis-je en tendant de nouveau le databloc qui montrait la photo de Kel Arfar.

Immédiatement les yeux de la féline s’illuminèrent. Elle savait où il était. Mais avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche, le bothan qu’elle avait laissé en plan protesta en se levant :

— Hé ! Si vous me prenez ma fille, j’ai le droit de prendre la votre.

Et il commença à regarder Sarah.

— Viens, on va ailleurs, lui fit-il en la prenant par la main.

Mais la jeune femme ne bougea pas d’un iota.

— Bah alors, quoi ? Tu veux pas t’amuser ? lui fit le Bothan, avec un sourire pour le moins pervers au visage.

— Pas avec vous, lui répondit celle qui venait d’Arkania.

— Non, mais qu’est ce que c’est que ça ! s’exclama le client n’y croyant pas ses yeux. Fallait pas choisir ce job si tu voulais choisir tes hommes ma poulette. Alors maintenant déshabille-toi, et t’as intérêt à assurer.

— Vous n’avez pas compris ce qu’elle a dit, intervins-je.

— T’es qui toi ? Tu les veux toute pour toi tout seul c’est ça ? gueula le bothan en pointant un doigt sur ma poitrine pour appuyer ses dires.

Il n’avait pas l’air tout à fait sobre.

— Ou alors, c’est ta copine ? Bah quoi, tu peux bien la partager un peu, un beau petit lot comme elle.

Cela provoqua en moi une profonde colère sans même que je ne puisse réagir pour la contrôler. C’était étrange. Je ne connaissais pas Sarah plus que ça, mais que cet inconnu la traite de cette façon me mettait au bord de l’apoplexie.

— Tu…, commençais-je, en m’avançant sur lui. Mais Sarah me coupa la parole, tandis que Loïc me retint.

— Je peux m’en occuper toute seule, me fit-elle surprise toutefois par ma réaction. Tout comme je l’étais.

— Quoi ! Tu vas t’occuper de moi ? Hé bah, c’est pas trop tôt, fit le bothan d’un air satisfait.

Mais ce n’était pas vraiment ce à quoi il s’attendait. Sarah passa à l’action si vite que j’eue du mal à voir son geste. Elle prit un bras du bothan dans une clé de bras et le tordit selon un angle bizarre, et de son autre main, elle donna un coup rapide du tranchant sur le cou du bothan qui tomba dans l’inconscience. Elle le posa alors délicatement sur son fauteuil comme s’il ne pesait rien.

Je n’étais pas le seul à être surpris. Loïc aussi était impressionné. Décidément, Sarah n’était pas une femme comme les autres.

— Et maintenant si vous nous disiez ce que nous voulons savoir, fit-elle à la Cathar comme si de rien n’était.

— Bien sûr, s’exclama la danseuse les yeux écarquillés par ce qu’elle venait de voir. Je le connais. C’est un habitué. Il vient ici depuis plusieurs années. Au début, il préférait les humaines ou les twi’lek, jusqu’à ce qu’il me rencontre. Il aime bien mes griffes, ajouta-t-elle pour préciser. Cela l’excite.

— Nous ne voulons pas les détails intimes mais juste savoir où il est, précisai-je.

— Vous avez de la chance. Normalement, tout se passe ici. Mais pour les clients réguliers, quelques fois nous allons chez eux ou dans un hôtel faire nos « petits spectacles », expliqua Vesta. Ça change et il y a une meilleure ambiance. Plus douce, calme et privée. Il m’a appelé il y a deux jours. Il avait l’air stressé, je l’ai détendu, fit-elle d’un air malicieux en faisant se plier ses oreilles.

— Et où était-ce ? demanda Loïc.

— Au Portes du Paradis.

Alors que nous nous retournâmes pour quitter le Titi Twister, Vesta nous retint, ses oreilles pointues habituellement pointées vers le haut s’étaient rabattues et elle demanda d’un air attristé :

— Vous n’allez pas lui faire de mal, hein ?




page précédente        page suivante

Commentaires sur HdlF :

Pas encore inscrit ?