Nous arrivâmes à l’hôtel où l’on supposait que Kel Arfar se terrait. C’était dans un quartier autrement plus paisible que celui que nous venions de quitter. L’ambiance régnant autour du Portes des Paradis était beaucoup plus calme que celle qui émanait du Titi Twister. C’était même un bâtiment plutôt luxueux. La salle d’accueil était belle et propre et un droïde se tenait derrière le comptoir.

— Avez-vous vu cet homme ? demanda Loïc alors que je tenais le databloc pour montrer la photo de Kel Arfar au droide.

— En effet, monsieur. C’était un de nos clients depuis quelques jours maintenant.

— C’était ? remarqua Sarah.

— Il nous a quitté avec des amis, il y a de cela quelques minutes seulement, vous l’avez raté de peu.

— Avez-vous des informations sur où il se rendait ? fis-je, ne croyant pas à notre malchance.

— Oui. Il a signalé qu’il devait faire une course avant de rejoindre son vaisseau, qu’il a nommé. C’est le Krayok.

— Merci, fis-je.

Et nous quittâmes l’hôtel rapidement pour nous rendre à l’astroport le plus proche.

— Excusez-moi, commença Loïc à la réceptionniste.

— Oui ? fit la Chiss.

— Nous avons besoin d’une information. C’est dans le cadre d’une enquête jedi officielle et capitale.

— Que puis-je pour vous ?

— Nous voulons savoir où est accosté le Krayok, expliquai-je.

— Je vais regarder ça. Voilà, répondit-elle après un temps passé à consulter ses fichiers. Il est au hangar 54A.

— Merci.

Alors que l’on courait pour rejoindre le hangar, la Force nous avertit du danger. Notre rapidité d’action combinée à nos sabres laser, nous sauvèrent la vie. Des hommes avaient surgit par deux grandes portes donnant très certainement sur deux baies d’accostage. Les tirs furent renvoyaient à leur destinataire et nous eûmes tôt fait de nous frayer un chemin dans le grand couloir donnant sur les hangars.

Mais lorsque nous arrivâmes à celui qui nous intéressé, le 54A, ce fut pour le trouver vide de monde. Seul le Krayok était là, commençant à décoller. C’était un imposant transporteur modifié. L’ajout d’armes de tout type était parfaitement visible ça et là sur la coque. Loïc eut la vivacité de lancer un petit transpondeur. Il nous permettrait de suivre le vaisseau à la trace et de connaître sa destination.

— Allons vite à notre vaisseau, fis-je.

Et nous courûmes sans même regarder le vaisseau s’envoler dans un boucan d’enfer.

— Alors où va-t-il ? demanda Sarah, alors que nous étions dans le petit cargo qui allait nous permettre de poursuivre Kel Arfar.

— A Peragus, nous informa Loïc.

— C’est parti, déclarai-je en nous envoyant en vitesse lumière.


Avant même que le signal de sortie d’hyperespace ne nous signale de notre arrivée, la Force nous prévint. Un danger imminent nous attendait. J’activai les écrans déflecteurs au maximum avant de couper l’hyperpropulseur.

— Ça va chauffer, prévins-je à Sarah.

Lorsque les étoiles furent de nouveaux des points blancs sur le tissu noir de l’espace et que nous pûmes voir la planète Peragus, nous nous aperçûmes que c’était un piège. Nous étions bien loin de la planète et devant nous se trouvait un nombre important de vaisseaux de plus ou moins grandes tailles. Ils étaient parfaitement visibles. Le Krayok par contre se tenait derrière tous ces vaisseaux, à l’abri. Il ne fallut pas attendre longtemps pour voir des traits rouges se précipiter vers nous.

— La salope ! s’écria Sarah.

— Quoi ? fis-je en essayant d’éviter les tirs.

— C’est la Cathar. Cette Vesta. Elle l’a prévenu que nous étions à sa poursuite.

— On ne peut pas en être sur, essayai-je de tempérer.

— J’en mettrais ma main à couper, affirma Sarah. Instinct féminin.

J’étais quand même en partie de son avis. Peut-être pas sur cette Cathar, mais quelqu’un avait bien dû parler et prévenir Kel Arfar. Du coup, cette poursuite devenait inutile. Il y avait très peu de chance que le scientifique soit sur le Krayok. Il devait être en sécurité sur une planète distante de plusieurs centaines d’années lumières et ce vaisseau faisait office de diversion. Le dispositif de traçage de Loïc ne servait plus à rien.

— C’est vrai que ça aurait pu être quelqu’un d’autre, fit Loïc.

— On n’a pas le temps de tenir une conférence ! signalai-je alors que le vaisseau était victime de secousse dû aux chocs des lasers sur le bouclier.

— Je ne tiens pas une conférence, fit Sarah, bougonne.

— Moi non plus, fit Loïc.

— Mouais. Bah, occupe-toi d’eux plutôt que de parler, pendant que j’essaye de nous sortir de là. Prends les commandes de la tourelle de tir, allez. Et vous Sarah, occupez-vous des systèmes secondaires, énergie et bouclier.

— Pas de problème, confirma-t-elle, alors que Loïc commençait déjà à tirer.

Même si ce cargo ne payait pas de mine et n’était pas vraiment conçu pour l’attaque, il avait quand même une tourelle laser bitube. Cette dernière était entrée en action et les doubles lasers propulsés par les canons se dirigeaient droit vers les quelques vaisseaux qui nous attaquaient. Je me concentrai dans la Force pour essayer d’affiner mon pilotage. Mais vu le nombre important de lasers tirés par la dizaine de vaisseau ennemi ce n’était pas évident.

— Mais qu’est ce que tu fais ? me rabroua Loïc, après une secousse particulièrement violente et une baisse d’énergie.

— J’essaye de slalomer entre tous ces lasers si tu ne l’avais pas remarqué, m’écriai-je, tout en donnant de puissants coups de manche.

— Les boucliers sont à 50%, prévint la jeune femme se tenant à mes côtés, l’air de rien.

— Tu vas réussir à nous faire tuer, oui, se moqua Solaris.

— Bah prends les commandes, si ça peut te faire plaisir, grognai-je.

— J’osais pas te demander, mais si tu insistes, fit Loïc en se levant pour abandonner le poste de tir, le sourire en coin.

J’abandonnai le rôle de pilotage pour prendre la place d’artilleur. Je me mis donc à pilonner l’ennemi. Ou plutôt, j’essayais de leur faire peur. Cela se résumait à ça. Que pouvait-on faire avec un pareil vaisseau contre une telle armada. Ils n’étaient peut-être pas si nombreux, mais pour ce cargo vieillissant, c’était bien trop.

— Boucliers à 30%.

— Ne vous inquiétez-pas, fit Loïc. Avec moi aux commandes, les tirs ne nous toucheront plus.

Je pestai pour la forme et me re-concentrai sur la Force. Elle m’aidait à guider mes tirs, mais même si je faisais mouche les boucliers déflecteurs des cuirassés ne risquaient pas grand chose. Après quelques temps, où aucun tir ne nous heurta, je dus m’avouer que Loïc n’était pas un mauvais pilote. Il parvenait à esquiver les lasers d’une manière assez exceptionnelle. Sans savoir pourquoi j’éprouvais une pointe de jalousie. Etais-ce parce que Sarah était là ou tout simplement parce qu’il était meilleur pilote que moi ? Je ne pouvais le dire. Après quelques secondes, un des plus petits vaisseaux ennemi explosa. Cela me remonta quelque peu le moral.

— Je l’ai eu ! m’écriai-je.

— Bon, on va pas passer la soirée ici, fit Loïc. Les calculs d’un nouveau cap sont bientôt prêts ?

— Oui. Plus que quelques secondes, signala Sarah.

J’eus le temps de détruire un autre petit vaisseau avant que les calculs n’aboutissent. Alors, Loïc nous fit s’éloigner du champ de bataille. Les autres vaisseaux nous poursuivaient, mais ils n’avaient plus l’air de trop y croire. Leur but devait être avant tout de protéger le Krayok et non vraiment de nous détruire. Le cargo des chantiers navals de Kuat bondit en hyperespace.


Nous avions eu chaud mais nous avions réussi à nous en sortir. Par contre, nous avions définitivement perdu la trace du scientifique responsable du terrible gaz anti-jedi. Celui-ci allait être dorénavant beaucoup plus prudent et il serait quasiment impossible de mettre la main sur lui à l’avenir. C’était assez frustrant mais nous ne pouvions rien y faire. Il nous restait à annoncer notre échec au Conseil et que celui-ci transmette tout ce que nous avions quand même réussi à apprendre aux organismes concernés qui allaient pouvoir entrer en scène pour stopper l’organisation partant du petit gang du Ciel Ecarlate et s’étendant à travers la galaxie.

Nous arrivâmes à Coruscant et je posai le vaisseau, dont j’avais repris les commandes, au statioport le plus proche du Temple Jedi. Là, nous accompagnâmes Sarah à l’extérieur pour lui faire nos adieux.

— Hé bien, il est temps de nous quitter, fis-je.

— Oui, je le crois bien, renchérit la jeune femme.

— D’ici vous pourrez trouver un transporteur qui vous ramènera sur Arkania, l’informai-je.

— Je sais. Merci.

— Merci à vous. Pour votre aide dans cette affaire.

— Oh, je n’ai pas fait grand chose. Nous n’avons pas réussi à le capturer.

— Certes, intervint Solaris, mais c’est vous qui avait trouvé les informations conduisant à Nar Shadaa.

— Je suis certaine que vous les auriez trouvées sans moi.

— Et puis, vous nous avez aussi permis de ne pas rouiller et de rester sur nos gardes, fit-il en souriant en faisant allusion à la petite séance de tir que la jeune femme avait faite avant de savoir qui nous étions.

— Je suis désolé pour cette attaque sur Chandrila, déclara Sarah, gênée.

— C’est oublié, assura Solaris. Au revoir, dit-il en s’éloignant après lui avoir serré la main.

Il remonta dans le vaisseau, comme sentant que j’avais envie de rester seul avec la jeune femme. Mais je ne savais quoi dire. Je ne pus que reparler de la mission…

— N’oubliez pas, ne mentionnez pas vos actes réels au politicien qui vous a embauché. Ni même à la sénatrice Eldafire d’Arkania, on ne sait jamais. Pas avant que la justice ne soit intervenue.

— Je me rappelle, ne vous en faîtes pas, je ne dirais rien. J’expliquerai en partie la vérité sur mes recherches et la piste perdue, mais je ne ferais pas mention des informations que vous m’avez livrées.

— Bien. Les Jedi transmettront toutes leurs données aux organisations légales qui ne tarderont pas à intervenir, j’en suis sûr.

— Parfait.

Le silence se réinstalla mais nos regards parlaient pour nous. Je ne savais que faire. Et elle non plus visiblement. Elle semblait aussi embarrassée que moi par la situation. Tout d’un coup, elle déclara :

— J’espère que nous nous reverrons.

Puis elle s’avança et m’embrassa sur la joue avant de se retourner et de quitter le hangar dans lequel nous nous étions posé.

— À bientôt, s’écria-t-elle avant d’être hors de vue.

Cela s’était passé si vite que je n’avais pas eu le temps de réagir. Mes sentiments pour cette jeune personne allaient au delà de ce qu’un jedi pouvait ressentir pour quelqu’un. Il fallait que je me reprenne. Mais lorsque je me retournai pour rejoindre le vaisseau et Loïc, je ne pensais qu’à une chose. Le doux baiser que m’avait laissé Sarah et son si merveilleux visage.


Nous venions d’arriver au Temple et de quitter la zone des hangars lorsque nous croisâmes Ildara et Aya. Étrangement, cette scène nous semblait déjà vécue. Il s’était passé la même chose à notre retour de Thyferra. Et les circonstances étaient pratiquement les mêmes. Nous avions échoué alors que les filles avaient en partie réussies. Elles nous apprirent en effet qu’elles avaient pu dénicher de nouvelles informations et des preuves impliquant bon nombres de politiciens des diverses planètes concernées. Cela les ferait assurément tombé. Nous avions une réunion au Conseil Jedi dans une heure pour faire un ultime point sur cette affaire.

Loïc et moi prirent le temps de nous laver et de nous rafraichir. Cette très longue mission n’avait pas été de tout repos. Et lorsque l’on y réfléchissait bien, elle avait en fait commencé à notre rencontre, lorsque nous étions tombés sur le Ciel Ecarlate. Cela faisait déjà un bon moment. Nous étions fier d’avoir mené à bien notre enquête et de savoir que les responsables allaient payer était réconfortant. Surtout lorsque je pensai à ce que Maître Ildara et Loïc avaient vécu lorsqu’ils avaient été aux mains du Ciel Ecarlate et exposés au gaz.

A l’heure dite, nous rejoignîmes la grande salle du Conseil Jedi, en haut d’une des quatre hautes tours du Temple. Là, entouré des douze Maître Jedi, nous fîmes chacun notre tour un débriefing complet. A nous quatre nous expliquâmes nos actions et nos découvertes. Lorsque nous eûmes fini, le Conseil était très satisfait. Il nous informa que la justice allait maintenant se charger de l’affaire et passer à l’action sous peu. Toutes les données accumulées leur seraient envoyés pour arrêter toutes les personnes responsables et impliquées connues.

Notre mission était finie et malgré le relatif échec face au scientifique, Kel Arfar, qui avait réussi à fuir, face à l’organisation en elle-même c’était un franc succès.




page précédente        page suivante

Commentaires sur HdlF :

Pas encore inscrit ?

Loïc Solaris   le   16/09/2011

Inscrivez-vous et connectez-vous pour poster un commentaire :)