Notre voyage pour Rhen Var se fit à nouveau à bord d’un Gallofree. Il contenait en fait un tas de marchandises pour vivre tranquillement pendant deux ans sans avoir besoin de faire du commerce avec d’autres planètes. Le début de notre mission consistait d’ailleurs à déposer et ranger toutes ces fournitures dans un entrepôt sous le Temple Jedi de Rhen Var.

Rhen Var. Rien que de voir la planète depuis le Gallofree, elle ne nous disait rien de bon. C’était une petite planète blanche, neigeuse, froide.

— Ça promet, gémit une nouvelle fois Alex alors qu’on se préparait à atterrir.

Dès l’entrée en atmosphère nous sentîmes de fortes turbulences. Nous ne nous en préoccupâmes pas au début, mais nous en découvrîmes la cause lorsque nous sortîmes dehors : une tempête de neige.

— Vraiment géniale ! Toi et tes rêves…

— Du calme, ça passera.

— En parlant de calme, je te trouve un peu trop calme par rapport à d’habitude.

— J’ai autre chose en tête, répondis-je distraitement, toujours inquiet pour mes songes. Bon, commençons à débarquer les marchandises.

C’est le capitaine du Gallofree qui nous indiqua la procédure et l’emplacement de l’entrepôt, car il n’y avait pas de Torn Adalsa à l’horizon pour nous accueillir. L’entrepôt était situé sous le temple jedi. C’était plutôt difficile d’accès. Le temple était entouré de quelques hautes collines, le gallofree devait se poser un peu plus loin, et directement sur la neige, vu qu’il n’existait pas d’astroport de classe planétaire ici. De plus, le temple était entouré de crevasse, un peu comme des douves. Le seul chemin menant au temple n’était pas des plus spacieux qui plus est.

Au premier déchargement, alors qu’on transportait les premières caisses, nous réussîmes enfin à voir le temple dans son ensemble. La tempête ne nous avait pas permis plus tôt de voir l’architecture. Il était d’abord plus sombre que le temple de Coruscant. Plus petit aussi, légèrement moins haut, il atteignait une bonne hauteur grâce à trois énorme pilier qui se finissait en pointe. De plus près, on ne remarquait pas de sculpture décorative particulière sur les murs ou la double porte. On aurait dit un temple abandonnée depuis des lustres, mal entretenu, et peu recommandable…

Avec la tempête cela nous prit sept heures pour tout ranger comme il fallait. A la fin, il commençait à faire nuit, et malgré notre usage de la Force, nous commencions à avoir froid. Finalement, une fois le Gallofree repartit, nous entrâmes dans le temple lui-même. Nous gravîmes quelques marches jusqu’à la porte pour y trouver un homme, tranquillement adossé à un mur.

— Vous en avez mis du temps pour décharger, fit le jedi vêtu d’un épais manteau blanc.

Alex et moi nous nous regardâmes, très étonné de ce genre de discours prononcé par un jedi qui était censé avoir de l’expérience vu l’âge qu’il semblait avoir.

— Qui êtes-vous ? demanda simplement Alex.

— Mar Kjan. Je suis dans le genre qu’on appelait autrefois « Gardien Jedi ».

— Hum, fis-je en croisant les bras comme pour mieux réfléchir, si je me rappelle bien mes cours d’histoire, les gardiens jedi étaient spécialisés dans le maniement du sabre laser pour faire face aux Sith ?

— Et je suis sûrement l’un des plus puissant qui existe aujourd’hui, enfin après ton… En fait, je pense être le deuxième.

— Qui est le premier, demandais-je sans vraiment avoir envie de m’en soucier.

— Pourquoi tu veux savoir ça toi ? Je n’ai pas à répondre à des gamins d’ailleurs. Et va falloir vous y faire les mômes. Pendant deux ans là, ce ne sont pas des vacances.

Me tournant vers Alex, je lui soufflais :

— C’est pas de l’arrogance ça ?

— Sûrement, ou juste une volonté de montrer qui est le chef ?

— Peut-être. Mais ça ne devait pas être Torn Adalsa ?

— Eh les gosses, vous m’ennuyez déjà, à ne pas respecter vos ainés !

Mar Kjan écarta légèrement les jambes rapidement, et les fléchit un peu. De ses bras il repoussa un peu violemment son manteau vers l’arrière. Nous sentîmes un instant un souffle glacial nous percuter par l’avant, alors que logiquement, nous étions à découvert par l’arrière. Etonnés, nous ne pouvions que supposer que ce Mar Kjan était à l’origine de cette vague de froid.

Sous son manteau, le sénior portait une tunique de Jedi traditionnelle, ainsi que deux sabres laser de chaque côté de ses hanches. Il porta rapidement ses mains aux deux armes, sans les décrocher. Par réflexe, Alex et moi fîmes de même, sans réfléchir. Nous allions les activer lorsque nous sentîmes tous trois une sorte d’apaisement soudain. Nous nous décontractâmes presque involontairement. Enfin, quelques secondes plus tard, alors qu’on regardait dans les yeux Mar Kjan, un Mon-Cal passa la porte du temple.

— Mar, ça suffit, ne les fais pas fuir, dit-il calmement.

— Mouais, ben je te les laisse Torn, je retourne m’entraîner. A plus tard les mômes.

Et il rentra à l’intérieur du temple sans dire un mot de plus. Lorsqu’il disparut par l’entrebâillement de la porte, Torn Adalsa se tourna vers nous :

— Il faut l’excuser. Malgré son âge et son expérience, il a gardé un côté disons… adolescent.

— Ce n’est pas bien grave, fit diplomatiquement Alex.

— Dîtes moi, sait-il se battre avec deux sabre laser ?

— Hum, tu dois être Loïc.

— Facile, vous avez dû voir notre photo lorsque vous avez reçu les informations nous concernant avant notre arrivée.

— Non.

— Alors vous avez sondé mon esprit sans que je m’en aperçoive ? Je n’en attendais pas moins d’un spécialiste de la méditation.

— Non.

— Mais…

— Le simple fait de me poser cette question m’a mis sur la voie. Enfin bon, allez, allez, entrez, ne restons pas dehors avec ce froid… Donc oui, Mar Kjan se bat avec deux sabres, reprit-il alors que l’on avançait dans un large couloir peu décoré du temple. Mais tu n’es pas là pour apprendre à mieux te battre, n’est-ce pas, Solaris ?

Je m’arrêtai et me tournai vers lui.

— Peut-être un peu plus tard, mais effectivement, j’aimerais qu’on m’aide à méditer sur ces étranges rêves avant toute chose.

Le Mon-Cal secoua la tête légèrement.

— Et nous avons tout notre temps pour cela. Je vais d’abord vous mener à vos chambres, puis vous expliquer les quelques petits boulots que vous allez devoir effectuer occasionnellement, pour ensuite que vous me parliez de ces rêves, ainsi que de vos ambitions, ou projets, et mêmes sentiments. On pourra ensuite voir quelles sont vos capacités de maitrise de la Force, ce qui me permettra de préparer nos séances de méditation.

— Eh ben, fit Alex, dit comme ça, on dirait qu’on va en avoir pour vingt ans !

— Bah, en une semaine ça devrait être bouclé, lançai-je quant à moi.

— Ne soit pas impatient, jeune Jedi, rétorqua le calamari. Ce n’est pas en une seule séance de méditation que tu trouveras tes réponses.

— En combien de temps alors ?

— Eh bien, nous prendrons tout le temps qui nous est imparti.

— Deux ans de méditation ? fis-je, étonné.

— Et moi, intervint mon ami, je ne pense pas avoir besoin d’autant de méditation, je vais faire quoi sur ce monde gelé ?

— Tu n’auras qu’à jouer au sabacc en ville.

— Ah…, souffla mon ami, ne sachant pas si la réplique du maître jedi était une blague ou s’il parlait sérieusement.

— Voilà vos chambres.

Elles se trouvaient l’une en face de l’autre. Elles étaient plutôt petites, très peu meublées et aussi assez mal éclairées. Le couloir qui en donnait l’accès était d’ailleurs étroit. Cela ressemblait à un environnement et des chambres d’hôtel premier prix. Ce couloir se terminait bêtement par un mur, il n’y avait même pas de fenêtre et aucune décoration. Nous étions bien loin du luxe du Temple de Coruscant. Il semblait que seule la pièce centrale, que nous avions furtivement traversé sans trop regarder autour de nous, était bien éclairée et décorée. Au moins, pensais-je, nous avions toujours ce fameux tapis de sol bleuté.

— Je vous laisse ranger vos affaires, je vous attends en salle principale.

— Celle que nous avons traversée ?

— Celle-là même, oui.

Torn tourna les talons, et je remarquais que sa toge brunâtre était légèrement trop longue. Ça devait lui éviter de faire du ménage sur le tapis de sol.

— Vraiment génial !

— Du calme Alex, c’est pour notre bien.

— Le tien peut-être, mais moi j’y suis vraiment pour rien. Je donnerai tout ce que je possède pour me retrouver avec Ildara, ou encore Sarah, sur une planète légèrement plus chaude !

— C’est embêtant, tu ne possèdes pas grand chose tu aurais du mal… mais je te parie tout ce que tu veux qu’on ne verra pas le temps passer.

— Nous verrons…

Après avoir déballé nos maigres affaires personnelles, nous rejoignîmes Torn Adalsa. Il nous fournit une liste de travaux, que nous devions effectuer, certains dans les plus brefs délais, d’autres quand on voulait, tant qu’au bout des deux années c’était fini. Ces petits boulots étaient plutôt nombreux, et de toutes sortes, certains mêmes très étonnants.

Les premières semaines sur Rhen Var, il n’y eut aucune séance de méditation, même pas une discussion à ce sujet. Adalsa nous demandait juste de suivre notre liste de travaux et de les mener à bien, pendant qu’il nous surveillait. Les premières missions étaient d’aider au déchargement et chargement de cargaisons des transports.

Les suivantes étaient de retrouver un rodien qui s’était perdu alors qu’il se promenait en speeder a travers les plaines enneigées, de retapisser la salle principale du temple, de rebâtir un immeuble d’habitation en ville, de réparer le centre de communication qui avait subit une avarie suite à une tempête de neige…




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Commentaires sur HdlF :

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Loïc Solaris   le   30/09/2011

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