Chapitre 14


Je crois que je ne peux guère le cacher plus longtemps, je vais donc l’avouer tout de suite, les deux années passées sur Rhen Var ne m’avaient pas vraiment emballées. Ce n’était pas vraiment le fait d’être sur un monde glacial qui m’ennuyait, non, c’était plutôt le fait de ne rien avoir à faire si ce n’était ces tâches que nous avait confié Torn Adalsa. Des besognes dont je me serais bien passé. J’aurais préféré faire du ski, des batailles de boules de neige, voir même de la luge. Mais nous n’étions pas là en vacance. Malheureusement.

Nous étions ici, perdus au milieu de nulle part dans un misérable petit temple oublié, pour essayer de résoudre le mystère qui entourait les rêves de Loïc Solaris. Celui-ci avait fait de très étranges cauchemars et il fallait mettre une réponse à ces songes. Que signifiaient-ils ? N’étaient-ils réellement que des rêveries ou des visions d’un avenir possible ? La Force avait-elle quelque chose à voir dans tout ça ? Si oui, quoi ? Et plus important que tout, si cela s’avérait réel, pouvait-on modifier le cours de ces rêves ?

Nous étions donc sur cette petite planète gelée pour avoir les réponses à toutes ces interrogations. Le fameux Torn Adalsa, un maître jedi spécialisé dans la méditation, devait pouvoir aider Loïc. Mais, dès le début cela se passa mal. Au lieu de nous apporter des réponses, il nous força à exécuter des tâches que je qualifierais d’ingrate pour un jedi de notre rang. Pire encore, il s’absenta plus de deux mois. Et Loïc n’avait donc toujours aucune réponse après plusieurs semaines.

Au retour du maitre de la méditation, ce dernier prit enfin mon ami sous son aile pour le guider. Ils partaient dans la neige pour méditer au milieu du blizzard. Drôle de façon de faire. Je n’aurais pas aimé être à la place de Loïc. Surtout qu’il n’arriva pas à exploiter la méditation pour retrouver ses songes et les interpréter.

Pendant ce temps, de mon côté, je m’ennuyais ferme. Je faisais quelques petites taches de temps à autre, comme m’occuper des provisions, nettoyer le temple, patrouiller en ville, etc… C’est dans cette dernière que je passais le plus clair de mon temps. Je continuais à m’entretenir physiquement aussi tout en essayant de m’améliorer au sabre. Je lus pas mal pour passer le temps ce qui me permit d’apprendre beaucoup sur le passé des jedi et de la République, et sur la Force. Mais malgré cela, j’en eus vite marre de cette planète et de ce temple. Je savais qu’il était mauvais pour un jedi de se l’avouer, mais l’action me manquait.

Pour compenser, je m’étais trouvé une nouvelle occupation. Je jouais aux cartes. J’avais appris les règles du sabacc peu de temps après mon arrivée, et ce, sur le conseil de Torn Adalsa qui avait pourtant surement dit ça pour rigoler, et pendant deux mois je m’entrainai seul dans ma chambre en analysant au maximum les règles de ce jeu de carte. Les règles en soi n’étaient pas très compliquées mais il existait une grande part de stratégie qui me plaisait, et aussi une bonne part de chance. En effet, les cartes pouvaient à tout moment se changer en d’autres ce qui compliquait singulièrement le jeu mais le rendait aussi très passionnant. Je m’entrainais alors avec des joueurs amateurs, pour le plaisir de jouer. Voyant qu’au fur et à mesure des jours je m’améliorai et qu’en peu de temps je remportais un très grand pourcentage de parties, je décidai de passer à la vitesse supérieure.


Alors que Torn n’était toujours pas revenu de sa mission qui devait durer 2 mois, je me promenai dans la ville enneigée, perdu dans mes pensées. La ville n’était pas très grande. Cette planète était assez isolée et ce monde n’était pas très accueillant donc peu de personnes y vivaient. Quelques bâtiments surgissaient du sol pour affronter les bourrasques de vent et les flocons de neige. Ils avaient des formes arrondis pour que le vent et la neige épousent leur forme et passent sans les bousculer comme les habitations de Tatooine étaient destinées à affronter les tempêtes de sable. De plus, sur Rhen Var, beaucoup de bâtisse s’enfonçaient dans le sol et avaient parfois plus d’étages inférieurs que supérieurs. Tous les immeubles étaient gris, ce qui dans ce décor immaculé de blanc ne permettait pas de trouver de couleurs pour donner plus de chaleurs à l’aspect extérieur. Même si seule la ville permettait de me distraire et de penser à autres choses que les tâches à faire, à chaque fois que je marchais dans ses rues cela me déprimait quelque peu, surtout qu’il n’y avait vraiment pas grand monde.

Toutefois, lorsque je fus à l’intérieur de l’immeuble où se trouvait le club de Sabacc auquel je m’étais inscrit peu de temps après avoir appris à jouer à ce jeu de cartes, mes pensées s’égayèrent. Je me rendis à l’étage de l’association de jeu et pénétrai dans le club en saluant la personne présente à l’entrée. Alors que j’arrivai dans la salle principale où quelques parties se déroulaient, Nandol Clarission vint vers moi :

— Hé, salut Alex. Tu connais la nouvelle ?

— Laquelle ?

— La date du tournoi annuel de Sabacc de Rhen Var a été fixée !

— Vraiment ? fis-je.

— Ouais. C’est dans un mois et demi.

J’étais venu ici dans le but de connaitre la date de ce tournoi voulant passer à un niveau plus important de jeu, et quelle chance j’avais, elle était justement décidée. La Force faisait bien les choses.

— Cool. J’ai encore tout ce temps pour m’entrainer.

— Pfffu, tu parles, t’es déjà bien assez fort comme ça, si tu veux mon avis.

— Tu vas participer ? demandai-je.

— Bien sûr, fit Nandol.

Je m’en doutais bien évidemment mais je voulais en être sûr. Nandol Clarrision était un joueur invétéré, âgé de vingt-six ans et extrêmement doué au Sabacc. C’était lui qui m’avait appris les coups les plus risqués. J’étais maintenant assez proche de son niveau, et bien qu’il se moquait de moi lorsque je perdais en disant que jamais je serais aussi fort que lui, lors de mes rares victoires, il arborait un sourire. Il était assez fier de moi et de ma rapide progression. C’était la première fois qu’il apprenait à quelqu’un à jouer à ce jeu et voir que mon niveau avait si vite augmenté lui faisait plaisir.

Bien que ce club soit amical, la plupart des parties étaient avec mises réelles, sauf pour les débutants et ceux désirant s’entrainer ou améliorer leur jeu. J’avais fait beaucoup de parties réelles, et même si les gains parmi ce petit club n’étaient pas faramineux, j’étais plus que bénéficiaire. J’accumulais l’argent gagné dans ma chambre mais réfléchissais à un moyen de mieux le conserver.

— On se fait une partie ? proposai-je à Nandol.

— Avec plaisir, me répondit-il avec sourire en commençant déjà à se diriger vers une des tables de jeu libre.


Il était déjà plus tard que je ne le pensais. J’avais passé tout l’après-midi à jouer au Sabacc. Les parties étaient si prenantes que l’on ne voyait pas le temps passer. J’avais encore gagné une poignée de crédits. Mais il me fallait rentrer dorénavant. Je dis au revoir à tout le monde et quittai donc le club. En sortant du bâtiment, le froid de la soirée me saisit. Il ne neigeait plus mais le sol était craquelant sous mes pieds, presque gelé. Bien que le temple soit situé non loin de la ville derrière les quelques pics enneigés que l’on pouvait apercevoir et qu’il était possible d’aller et venir du temple à la ville à pied, il allait me falloir emprunter un speeder si je ne voulais pas mourir de froid. Je retournai donc à l’intérieur de l’immeuble que je venais de quitter. Je pris l’ascenseur pour arriver au premier niveau souterrain, celui reliant divers autres bâtiments à l’aide de grands couloirs semblable à ceux que l’on rencontre dans les stations de métro de Tynna.

Je ressortis par un autre immeuble en ayant ma réservation pour un speeder. J’entrai alors dans le hangar les abritant et activai la clé. Un des speeder bipa en s’ouvrant. Je le pris pour rentrer rapidement au temple de Rhen Var.

Pendant le court voyage je réfléchis de nouveau à une façon plus sûre de garder mon argent. Il n’y avait pas trente-six solutions. J’allais devoir faire comme tout le monde et déposer mes crédits dans une banque. Mais je ne pensai pas qu’un jedi y était habilité. J’allais devoir ruser. Toutefois, avant de faire quoi que ce soit, je décidai d’en parler avec Loïc.

Il était tard mais Loïc ne répondit pas lorsque je frappai à la porte de sa chambre. Il n’était donc pas encore couché. Je me laissai guider par la Force pour le trouver en train de lire dans la bibliothèque. J’entrai pour lui parler de mon idée.

En me dirigeant vers ma chambre après la conversation, je n’étais pas vraiment plus avancé. Mon camarade n’avait pas l’air très convaincu de l’idée. Mais en repensant à sa réaction, cela me fit sourire. Une fois couché, je me fis la réflexion qu’après une bonne nuit de sommeil nos idées sont souvent plus claires. Je verrais alors le lendemain ce qu’il en serait pour mon idée assez saugrenue d’ouvrir un compte.

Avant de m’endormir, alors que je me tournai et retournai dans mon lit en cherchant le sommeil, la théorie que Loïc m’avait montrée dans la bibliothèque me revint en tête. J’y réfléchis à mon tour jusqu’à ce que je m’endorme.


Quelques jours passèrent avant que je me décide à me lancer. La théorie assez étrange de Loïc sur la nouvelle vague de jeunes jedi puissant m’était totalement sorti de l’esprit, étant concentré sur le fait de m’ouvrir un compte ou non. Et j’étais maintenant bel et bien décidé. J’étais habillé de façon classique, comme à chaque fois que je me rendais en ville, et j’avais la totalité de mes crédits sur moi, ce qui aurait pu être risqué pour une personne normale dans les bas fonds de Coruscant, mais qui était loin d’être un danger ici dans la ville perdu de Rhen Var où le peu de passants arpentant les rues n’auraient pas suffit à rempli un gravito-bus. J’avais préparé un petit discours et j’étais donc prêt à entrer dans la banque.

Je pénétrai donc dans l’immeuble et me rendit aux turbo-ascenseurs. Je consultai rapidement la carte multimédia accessible à coté des touches permettant de faire bouger l’ascenseur pour savoir à quel étage me rendre puis appuyai sur le bouton du quatrième. Le turbo-ascenseur commença donc son ascension. En quelques secondes il était déjà arrêté. Il n’avait pas vraiment haut à aller et de plus, il était particulièrement rapide.

Je sorti pour arriver dans un grand couloir illuminé par les rayons du soleil qui passaient à travers de grandes baies-vitrées. J’en profitais quelques secondes, pour une fois que j’étais dans la partie supérieur d’un immeuble. Puis, je pris le chemin sur ma droite pour me diriger vers les bureaux de la banque intergalactique. A cet étage se trouvaient aussi divers autres instances, ainsi que des cabinets de médecins.

Arrivé dans l’agence bancaire, je me rendis à l’accueil. Il n’y avait personne devant le guichet, je fus donc pris immédiatement. On était encore d’assez bonne heure le matin, les gens travaillaient ou dormaient. Il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire sur cette planète. La Twi’Lek qui était derrière le bureau en train de pianoter sur son ordinateur leva la tête vers moi, me sourit et me dit :

— Bonjour. Qu’y a-t-il pour votre service ?

J’avais un peu le trac mais maintenant que j’étais là, il était trop tard pour revenir en arrière.

— Bonjour. Je souhaiterais ouvrir un compte en banque.

— Oui, bien sûr. En avez-vous déjà un ?

— Non. C’est pour mon premier compte.

— Je vois. Si vous voulez bien patienter un instant, me fit la Twi’Lek à la peau rose en me montrant des chaises de la main. Je vais appeler quelqu’un qui va s’occuper de vous.

— Merci.

Je me dirigeai alors vers les chaises posées non loin du guichet et qui avait l’air très confortable et m’assis. Je n’eus pas longtemps à attendre avec qu’une femme à l’allure sévère n’arrive dans la salle d’accueil et vienne vers moi.

— Bonjour, me dit-elle. C’est vous qui désirez ouvrir un compte bancaire à l’aide de nos services ?

— Effectivement, fis-je.

De toute façon, il n’y avait personne d’autre dans la pièce en dehors de moi-même et de la guichetière.

— Suivez-moi, nous allons aller dans mon bureau.

— Cela va durer longtemps ? demandai-je, assez anxieux.

— Non, nous en avons pour cinq minutes, mais on y sera plus à l’aise. Si vous voulez bien me suivre.

Puis elle se retourna faisant voler ses longs cheveux noirs et avança vers une des portes fermées situées derrière le bureau d’accueil. Je la suivis, une boule dans l’estomac. Avais-je raison de faire cela ? Je n’eus pas vraiment le temps de m’appesantir sur le sujet, nous entrions déjà dans le bureau exigu de la conseillère en gestion bancaire.



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Commentaires sur HdlF :

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Loïc Solaris   le   21/10/2011

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