Après qu’elle se soit assise, elle me présenta un siège pour que je puisse m’asseoir à mon tour puis commença :

— Bien. J’aurais quelques questions à vous poser et qui nécessiteront des réponses, puis il faudra me remplir deux ou trois formulaires. Une fois ces opérations effectuées je rentrerai les données dans mon ordinateur qui s’occupera de vous créer un compte. Celui-ci sera actif sous 48 heures.

— D’accord, fis-je intimidé.

J’espérai que mon baratin allait passer.

— Commençons donc. Est-ce que vous avez déjà un compte en banque, que ce soit chez nous ou ailleurs ?

— Non. C’est mon premier compte bancaire.

— Bien. Je suppose que c’était vos parents qui s’occuper de vos dépenses jusque là ?

— Effectivement, répondis-je.

J’allais me lancer dans le mensonge que j’avais élaboré. J’avais fait quelques recherches minutieuses pour parer à toutes éventualités et j’étais paré pour répondre à bon nombre de questions. Normalement, j’avais à ma disposition tout ce qu’il me fallait pour ouvrir ce compte. Aussi, expliquais-je :

— J’habitai chez mes parents à Haroku Town, située assez loin de la capitale, jusqu’à il y a peu. J’avais fini mes études et souhaitai trouver un job. Je suis donc arrivé ici il y a quelques semaines. Par chance, j’ai été rapidement embauché dans une compagnie de transport. Jusqu’alors, je ne faisais que de petites tâches locales, mais ils ont maintenant besoin de moi sur des transporteurs et je vais donc quitter cette planète et voyager à travers toute la galaxie. C’est assez incroyable. J’ai hâte de voir d’autres planètes, fis-je en faisant celui qui était impressionné et innocent à la fois. C’est pour ça qu’il me faut mon propre compte, je ne vais plus pouvoir compter sur mes parents dorénavant.

— Bien. Je vois, déclara la banquière avec un sourire, son premier jusque là. Étant donné que vous n’avez pas encore de compte en banque, je n’ai pas de données à vous demander. Vous allez donc pouvoir directement remplir les fiches d’informations sur cet écran tactile, me fit la conseillère en me tendant un stylet et en me faisant tourner son écran pour que je puisse remplir les vides.

Je me mis au travail avec application. J’avais choisi le nom d’un jeune enfant, mort il y avait déjà plusieurs années de cela, j’espérai que cela allait passer sans problème. Je rempli tous les blancs puis signalai à la femme qui attendait derrière son bureau que je finisse que tout était en ordre. Elle retourna l’écran face à elle et survola les documents rempli pour voir s’il ne manquait rien.

— Bien, je vais envoyer tout ça sur l’ordinateur maintenant. Votre compte sera donc pleinement opérationnel après-demain. Vous pourrez aussi revenir ici pour prendre possession de votre carte bancaire qui sera utilisable dans toute la galaxie.

— D’accord.

— Avez-vous déjà de l’argent à placer sur ce compte ? me demanda la femme au visage de nouveau fermé.

— En effet, j’ai pris toutes mes économies.

— Vous pouvez me les donner maintenant et tout cet argent se retrouvera sur votre compte dans deux jours.

— Les voici, fis-je en sortant les crédits que j’avais accumulé grâce à mes victoires au Sabacc.

— Parfait. Nous allons les compter.

Après quelques secondes, elle continua :

— Il y a donc 255 crédits.

— C’est bien cela.

— Bon, et bien nous en avons terminé. Je vais vous raccompagner et je finirai ça après, dit la conseillère en se levant droite comme un i et en me montrant de la main la porte.

Je me levai à mon tour et passai la porte qui s’ouvrit automatiquement à mon approche. Nous repassâmes dans le hall d’accueil et là, la conseillère me souhaita une bonne journée.

— Merci, répondis-je. Au revoir.

— Au revoir, me lança la Twi’Lek qui avait l’air de s’ennuyer alors que la femme repartait déjà vers son bureau d’une démarche raide.

Je sortis dans le grand couloir du bâtiment. Tout cela s’était bien passé tout compte fait. Il ne me restait plus qu’à attendre deux jours avant de pouvoir vraiment utiliser mon compte, mais c’était un moindre mal. Si jamais il n’y avait pas de problème jusque là, comme le fait que la conseillère découvre la vérité.

Je redescendis par le turbo-élévateur et ressortis dans le froid matinal. J’allais rentrer au Temple à pieds. Cela ne me ferait pas de mal.

Après deux petites heures de marche, j’étais revenu dans le temple austère de cette planète isolée.

La vu de ce bâtiment grisâtre, perdu au milieu des collines recouverte de neige m’avait de nouveau atteint au moral. Je ne supportais déjà plus cette situation. Après seulement trois mois passé ici, c’était mal parti. Je m’enfermai dans ma chambre après avoir avalé un morceau et j’entrai en méditation. Il n’y avait que cela à faire ici. Méditer et se concentrer sur la Force. Bien que je n’aimais pas vraiment me trouver ici, je dus reconnaitre que le fait de me focaliser sur la Force me permit de bien mieux l’appréhender et la connaitre.

Après quelques jours de méditation et de nouvelles tâches diverses, je décidai d’écrire un message à mon maitre. Je voulais la tenir au courant de ma situation. Je m’étendis sur le fait que j’étais désespéré et triste d’être sur cette planète à ne rien faire. Pour tout dire, j’en fis peut-être un peu trop. Je suis sûr qu’Ildara a dû sourire en voyant la teneur de mon mail. Mais elle me connaissait bien pour savoir ce que cela voulait dire. Je lui révélai que je jouais au sabacc et que j’allais participer au tournoi annuel de la planète. Bien sûr, j’omis volontairement le fait que je m’étais crée un compte en banque et que les parties de sabacc rapportaient de l’argent et n’étaient pas pour le seul plaisir. Lui parler de tout cela me donna envie de jouer. Je me rendis donc peu après au club de sabacc de la capitale et finis la journée à jouer. Tous les membres avaient hâte d’être au tournoi.


De nouvelles semaines passèrent où je m’ennuyais toujours autant. Loïc était tellement absorbé à faire ses séances de méditations intenses pour essayer de trouver une signification à ses rêves que je ne pouvais même pas lui parler. Je m’entrainais donc tout seul en réalisant des katas, ou encore en combattant face à quelques sphères de tir. J’eus la chance, ou plutôt la malchance de combattre Mar Kjan. Le combat fut terminé en quelques secondes, et je ne pus rien faire. Mon échec était total. Par chance, il ne m’avait pas sérieusement blessé. Cet homme était vraiment très fort.

Je lus aussi quelques romans d’aventures, et plus important quelques ouvrages importants écrits par de puissants et ancien Jedi sur la Force. J’espérai pouvoir en apprendre plus sur elle, et pourquoi pas, en profiter pour m’améliorer dans son utilisation que ce soit pour un pouvoir simple mais aussi et surtout pour des pouvoirs plus puissants, comme le soin.

Le temps passa et vint le moment du tournoi annuel et nocturne de Rhen Var, le TANRV. Après avoir pris un copieux diner, je me rendis donc en ville à l’aide d’un speeder. J’arrivai dans les locaux où allait se dérouler le tournoi. Ce n’était pas le lieu du club qui aurait été trop exigu, mais une grande salle d’un des plus beaux hôtels de la ville qui avait été aménagé exprès pour cette occasion. De nombreuses personnes étaient présentes et très peu, voir aucun, avaient mon âge. Cela allait être un atout, car mes adversaires feraient surement l’erreur de me sous-estimer. Après de longues préparations, des groupes fut établis et les premières parties débutèrent. Contrairement à des parties de sabacc traditionnelles que l’on pouvait voir dans d’autres tournois galactiques, ce tournoi se déroulait en un contre un et n’était pas composé de table de 5 joueurs. C’est ce qui faisait son attrait. À part cela, les règles étaient quasiment les même. Mon inscription avait été payée par Nandol, et il me fallait au moins atteindre les huitièmes de finale si je voulais le rembourser.

Mon premier opposant était un homme très âgé et je n’eus pas de mal à le battre, malgré un changement de jeu qui survint à un moment critique. Mon second adversaire fut bien plus coriace et la lutte dura plusieurs dizaines de minutes sous les yeux ahuris des spectateurs. L’avantage de l’un était anéanti grâce aux cartes de l’autre et vice versa. Ce fut un de mes plus beaux matches. Et ma rival, une femme qui avait presque la quarantaine mais qui étaient encore très séduisante parvint à gagner sans être inquiétée plus que ça au final, car elle avait toujours eu le dessus même si cela ne s’était pas toujours vu pour un œil amateur.

Le troisième match allait donc être vital pour moi. Si je le perdais, j’étais éliminé, tout simplement. Et cela serait la honte de ne même pas atteindre les huitièmes de finale. Juste avant mon match, Nandol Clarrision vint me retrouver un grand sourire au visage. Avant même qu’il me l’annonce, j’avais compris. Il était qualifié. Il fallait donc plus que jamais que je réussisse. J’avais promis de tout faire pour le rejoindre en final.

Mon nouvel opposant était un Céréen. Son visage était très sérieux et il ne trahissait aucune expression lorsqu’il regardait son jeu. Ce fut très dur de jouer contre lui et je dus user du bluff. La tentation d’utiliser la Force fut très grande due au fait que je ne voulais absolument pas perdre maintenant. Mais je m’étais jurer de ne jamais me servir de mes talents de jedi lorsque je jouais au sabacc, et ce dès la première partie que j’avais faite. Après quelques minutes très stressantes, je parvins à me défaire de celui qui était originaire de Céréa. Je fus applaudi car personne ne pensait que j’allais gagner au vu de mon jeune âge et je rejoignis Nandol, tout joyeux.

— J’en étais sûr. Tu es doué, me fit-il en me félicitant. Pendant un moment, j’ai quand même cru que tu n’allais pas y arriver. Maintenant, même si tu es éliminé, tu pourras me rembourser. Si tu veux gagner de l’argent en positif, il te faudra aller plus loin dans le tournoi.

— En effet, répondis-je en souriant.

— Il faut maintenant attendre la fin de tous les groupes et après il y aura le tirage au sort des huitièmes de finales. Espérons que nous ne soyons pas du même coté du tableau pour que nous puissions nous retrouver en finale.

— J’espère. Que pouvons-nous faire en attendant la fin des parties ?

— Allons au bar grignoter un truc et nous rafraichir. La nuit va être longue pour nous, déclara mon ainé en signifiant clairement que nous allions rester jusqu’au bout de ce tournoi, contrairement à d’autres.

Arrivés au bar, nous commandâmes une boisson sans alcool, il nous fallait rester sobre et maître de nos pensées, puis une assiette légère. Alors que nous nous installâmes pour commencer à manger tranquillement en regardant quelques parties sur les écrans qui diffusaient l’évènement, une femme se tourna vers moi en me demandant :

— Alors, es-tu parvenu à te défaire du Céréen ?

Je me tournais vers elle pour savoir qui me parlait. Et je la reconnus immédiatement. C’était la très belle femme qui m’avait battu une heure plus tôt.

— En effet, je l’ai battu.

— Tu es donc qualifié. Tu es plus fort qu’on ne le pense au premier abord. Quel âge as-tu, jeune homme ?

— 19 ans.

— Oh. Vraiment ? Mais tu es encore plus jeune que tu ne laisses le paraitre.

— Effectivement.

— J’espère que l’on se rencontrera en final, petit, déclara la joueuse.

Je tiquai sur le mot « petit », mais n’eus pas le temps de la reprendre car ce fut Nandol qui s’exclama :

— Je suis désolé, belle dame, mais nous irons tous les deux en finale. Toutefois, ce sera pour moi un plaisir que de vous affronter en demi-finale, fit-il sur un ton charmeur.

Loreena sourit un peu et s’en alla sans ajouter un mot.




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