Peu après mon réveil, je sortis de ma chambre et alla frapper à celle de Loïc. Il était déjà le milieu de l’après-midi. Je n’eus aucune réponse. Il était surement sorti. Je me rendis aux cuisines pour me faire à manger. Après avoir pris un diner en guise de petit-déjeuner, je trouvai Torn Adalsa à la bibliothèque. J’avais espéré y retrouver mon ami.

— Bonjour, jeune jedi, me dit le spécialiste de la méditation. Comment vas-tu ?

— Bien, bien. Je cherche Loïc, vous l’avez-vu ?

— Tu ne le trouveras pas ici. Pourquoi veux-tu le voir ?

— Je voulais lui proposer de venir patrouiller avec moi dans les ruines souterraines ce soir.

— Malheureusement, il ne pourra pas t’aider.

— Pourquoi ? voulus-je savoir. Il est en mission ?

Cela me répugner à appeler les tâches que l’on effectuée sur cette planète des missions, mais je ne voulais pas froisser le maitre des lieux.

— Non. Il est à l’infirmerie.

— Vraiment ? m’étonnais-je. Que s’est-il passé ? Il est blessé ?

— Effectivement. Il a voulu combattre Mar Kjan et l’a clairement sous-estimé. Mar est assez spécial et lorsqu’il combat par moment, il ne se retient pas.

— Je comprends, fis-je en repensant à mon propre combat contre le sacré bretteur ambidextre. Je vais aller voir Loïc pour prendre de ses nouvelles.

— Comme il te plaira. J’espère que cela ne va pas t’empêcher de surveiller les ruines ce soir ? tempéra Torn.

— Non, fis-je, bien que sachant que j’allais devoir garder les ruines tout seul, mon enthousiasme avait bien baissé. Torn Adalsa avait dû le sentir.

— Parfait. Même si c’est rare, certains brigands tentent de les infiltrer dans l’espoir de dérober les trésors qui pourrait rester dans certaines salles.

— Je sais, oui. Nous en avons déjà repoussé quelques uns, Loïc et moi.

— Bien, bien. D’habitude c’est Mar Kjan qui s’en occupe lorsque nous n’avons pas de jeunes jedi sous la main. Mais là, il va devoir partir pour une mission pendant quelques temps.

— D’accord.

— Tu peux disposer dorénavant. Je dois finir mon étude, fit le Maître Jedi en replongeant sur son databloc.

Je sorti donc discrètement de la bibliothèque et rejoignit l’infirmerie.

— Alors comme ça, tu t’es pris une rouste, fis-je d’entré à Loïc Solaris, alité.

— Ouais, m’en parle pas…

— Ça va, tu n’as pas l’air trop abimé, souriais-je.

— Bah, Mar Kjan a utilisé du bacta pour soigner les plus grosses blessures. Mais je ne serais pas prêt de sortir avant encore quelques jours.

— Super…, soufflai-je. Et moi qui voulait qu’on explore les ruines un peu plus en profondeur ce soir, je vais devoir le faire encore tout seul, il semble.

— Hé ouais. Désolé.

— Pas grave, j’ai pris l’habitude d’être tout seul depuis tes méditations. Mais j’ai toujours autant hâte de quitter cette planète. Et sinon alors, tu n’as pas eu de réponses à tes cauchemars lors de tes séances ?

— Non. Rien. C’est très étrange.

— À qui le dis-tu. Bon, je vais te laisser te reposer et descendre dans les ruines. À plus tard.

Deux, trois jours passèrent sans qu’il n’arrive rien dans les ruines souterraines de Rhen Var. D’ailleurs, on les appelait des ruines, mais elles n’en étaient pas vraiment. C’étaient une gigantesque galerie de couloirs plus ou moins ouverts, creusés dans la roche sous les montagnes. Certaines salles étaient encore en très bon état, mais ne contenait que des meubles et autre objets guère importants, qui n’auraient pas pu se vendre. D’autres salles étaient inaccessible, bouchées par un amas de roche effondrés qui bloqué l’entrée. Le tout était vraiment énorme et l’étendue de ces ruines était impressionnante. Et vu qu’elles avaient été l’habitat et la tombe de puissants jedi tel Ulic Qel-Droma, des chasseurs de trésor espéraient pouvoir trouver d’anciens artefacts important qu’ils puissent refourguer à un très bon prix.

Mais au quatrième jour de garde solitaire, alors que j’avais été assez loin dans les ruines je rencontrai un groupe de pilleurs. Un groupe bien entendu parfaitement armé…

Je me fis bien voir en avançant clairement sur eux, les mains loin de mon corps, pour leur faire comprendre que je n’étais pas hostile, et me présenta tout au long du chemin :

— Je suis un chevalier jedi de la République, gardien de ces ruines, qui sont la propriété du Temple Jedi de Rhen Var affilié au Temple Jedi principal de Coruscant, m’écriai-je pour me faire entendre.

Si après cela, ils n’avaient toujours pas compris que j’étais un jedi, je ne pouvais plus rien pour eux.

— C’est un lieu interdit à toute personne qui n’est pas membre de l’Ordre, je vais donc vous escorter à l’extérieur et vous serez prié de ne plus revenir. Si je vous prends à récidiver, une peine de prison associée à une grosse amende pourrait vous être infligée.

Alors que j’étais tout proche d’eux, et que leurs armes étaient pointées sur moi, je pestai intérieurement de l’absence Loïc. Il n’était jamais là quand on avait besoin de lui depuis quelques temps. Si une bataille devait s’engager, j’étais mal partie à un contre huit, même si je restais immobile, l’air sûr de moi, sans même avoir pris mon sabre dans la main.

Le groupe hétéroclite de chasseurs de trésor n’avait toujours pas dit un mot lorsqu’un des deux Twi’Lek s’avança. Je le reconnus immédiatement. C’était l’un des derniers finalistes du tournoi de Sabacc ! Kryza Ijogl.

— Alors comme ça, nous sommes un chevalier jedi ? me fit-il avec sa façon particulière de parler, en s’avançant vers moi et en faisant signe à ses acolytes de baisser leurs blasters. Je croyais que nous étions un jeune joueur débutant le sabacc ?

— Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences.

— N’est-ce pas interdit aux Jedi de jouer à des jeux de hasards ?

— Je dois avouer que je ne le sais pas moi-même, fis-je en souriant, et c’était la stricte vérité, même si bien entendu je me doutais de la réponse. Vos 6000 crédits gagnés au TARNV ne vous ont pas suffit ? continuai-je.

— Je m’attendais à remporter la victoire et donc presque 10 000 de plus. J’en suis ressorti déçu et j’ai voulu voir à quoi ressemblaient ces ruines.

— Voir ? C’est tout ?

— Bien sûr, siffla-t-il en souriant.

— J’en doute. Et il n’y a pas vraiment de visite guidée.

— Quel dommage.

— Je dois vous prévenir que si vous voulez réellement explorer plus avant ces souterrains, il faudra me tuer, déclarai-je d’un ton affirmé.

— Ce serait très dommage que de perdre un futur grand joueur de sabacc, assurément. Nous avons cru comprendre que tu voulais nous escorter vers la sortie, faisons-donc cela, jeune jedi, déclara le Twi’lek.

— Et qui me dit que vous ne reviendrez pas ici sitôt que j’aurais le dos tourné ?

— Je t’en donne ma parole de joueur professionnel de Sabacc.

— Bien. Je vais m’en contenter, dis-je, n’ayant pas d’autre choix de toute façon. Veuillez me suivre.

— Parfait, dit Kryza en commençant à me rejoindre.

Son groupe n’avait pas l’air très satisfait du résultat de leur escapade, mais ils suivirent tout de même leur chef hors des grottes. Pendant le voyage, le Twi’Lek fut bien plus bavard que lors du pot d’adieu de fin de tournoi. Le fait que je sois un jedi l’impressionnait, visiblement. Il me promit de ne pas en parler et fit promettre son groupe d’en faire autant. Il voulut connaitre un peu plus le passé des ruines et je lui racontai ce que je savais sur le tombeau d’Ulic Qel-Droma. Lorsqu’il sut que c’était une tombe, il fut surpris et me dit :

— Si j’avais su, je n’aurais surement pas violé l’intimité de ce lieu. Je suis désolé.

Je le crus sincère.

— Vous savez, il y a pas mal de pilleurs qui sont attirés par le fait qu’il pourrait rester des artefacts jedi ou sith dans les pièces inaccessible. Certains veulent les utiliser, d’autres en tirer des richesses. Moi, je pense que les chevaliers jedi ont déjà effectué le maximum de recherche et ont pris tout ce qu’il y avait à prendre d’intéressant dans ce lieu.

— Je vois.

À la sortie des ruines, qui donnait sur le flanc d’une colline, assez éloigné du temple jedi, il me dit au revoir et m’assura qu’il reviendrait l’année prochaine lorsqu’il sut que j’avais encore plus d’un an à rester ici. Il espérait que l’on puisse se rencontrer lors de la finale. Décidément, j’avais beaucoup de joueurs qui souhaitaient me rencontrer en finale d’un tournoi de Sabacc.


Dans les jours qui suivirent, Loïc sortit de l’infirmerie et la vie reprit son cours. Mar Kjan rentra de sa mission et Loïc le défia de nouveau. Le résultat fut sensiblement le même. Nous avions quelques missions mineures à effectuées, et une qui dura près d’un mois fut plus importante. Il nous fallait protéger une importante personnalité, venu sur cette planète pour d’assez obscures raisons.

Bien entendu, je tenais toujours Ildara informé de ce qu’il se passait et elle m’envoyait aussi continuellement de ses nouvelles.

Alors que nous étudions à la bibliothèque l’histoire des jedi, et notamment ce qu’il s’était passé avec Revan et Malak, je me souvins de la théorie de Loïc sur le fait que quelques jeunes jedi soient si en avance sur d’autres en ce moment même. Sa théorie était celle-ci :

Très proche du centre de la Galaxie, des centaines de mondes éclatèrent en un même instant, libérant une énergie vitale phénoménale. La Force, qui est tout, a donc rabattue ce dégagement de puissance parmi les êtres vivants naissant alors. (Au niveau galactique, l’instant de la destruction des mondes équivaut à un intervalle de trois ans au plus). Théorie qui repose sur une hypothèse de départ : les midichloriens sont indestructibles, en quantité non infini mais phénoménale.

Durant près d’un mois je réfléchis sur cela, tout en essayant de le cacher à mon ami. Bien qu’il sache que j’étais en train de travailler sur quelque chose de mon côté, il me laissa faire et ne chercha pas à savoir ce que c’était.

Un jour, dans la salle de détente, je lui parlai donc de mes avancées.

— Tu sais, depuis quelques temps, je réétudiais ta théorie sur le fait que nous soyons une génération plus réceptive à la Force.

— Ah ! C’est donc sur ça que tu travaillais en secret ? devina-t-il facilement.

— Ouais. Je trouvais ton concept très bon, mais je pense qu’il y manquait quelque chose. J’ai donc conservé les bases et modifié un peu ton travail. Voilà ce que ça donne, fis-je en tendant mon databloc personnel à Loïc pour qu’il puisse lire le fruit des mes pensées.

Théorie Modifiée : Très proche du centre de la Galaxie, des centaines de mondes ont éclatés en un même instant, libérant une énergie vitale phénoménale. La Force, qui est tout et souhaitant préserver la vie, a donc rabattue ce dégagement de puissance parmi les êtres vivants naissant alors et leur en a insufflé une bride pour ne pas que cette énergie se perde ou pire encore cause de terribles dégâts à l’Univers comme des trous noirs, des pulsars, etc... Théorie qui repose sur une hypothèse de départ : les midichloriens sont indestructibles, en quantité non infini mais phénoménale. De plus, ils peuvent donc « voyager », changeant d’être au fur et à mesure du temps.

— Ouah ! C’est vraiment pas mal, s’exclama Loïc après avoir lu le texte. Bien sûr, c’est peut-être totalement divagant, mais il faudra en parler à Maître Yoda.

— Ouais, c’est ce que je me disais aussi.

Puis nous discutâmes de cela jusqu’au début de la nuit. C’était une théorie très intéressante et il y avait matière à discourir.




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