Chapitre 15



Alex s’étira de toutes ses forces en respirant un bon coup :

— Wa ! Deux millénaires !

— N’exagère pas trop, ce n’était que deux ans hein.

— Non mais c’était affreux, me répondit-il en se tournant vers moi, heureusement que la deuxième année il y eut un peu plus d’action, sinon je serais mort d’ennui !

— Ouais, ben, ne t’excite pas trop, ça se trouve on va pas avoir de meilleure mission dès demain.

— Tu portes la poisse.

Sortant du grand hall du spatioport, nous nous retrouvâmes à chercher un taxi pour nous diriger vers le Temple Jedi. Ça nous étonna une seconde de retrouver Coruscant après deux années d’absence.

— Tu ne peux pas imaginer à quel point je suis heureux de retrouver la chaleur de Corusca, me fit Alex.

— Oh si, ça doit te plaire autant que moi ça me plais de retrouver les gratte-ciels gigantesques !

— Ou la diversité des espèces !

— Les guerres de gangs !

— L’holonet fonctionnel et la technologie !

— Le brouhaha de Coruscant et la pollution environnante, surenchéri-je.

— Les transports en commun et les centre-commerciaux gigantesques !

— La puanteur des bas fonds, fis-je remarqué.

— La politique omniprésente...

— Le crime organisé...

— Oui, bon, Coruscant a ses défauts...

— Voilà un taxi.

Le chauffeur du taxi était un rodien... ce même rodien qui conduisait la dernière fois que j’en avais pris un avec Rocka. Cela m’étonna, lui ne se souvint pas de moi. Je n’en fis pas part à Alex, c’était bien inutile. Durant le trajet jusqu’au temple, nous ne parlâmes pas, nous admirions le paysage urbain de Coruscant, qui avait au moins cinquante mille ans d’avance sur Rhen Var.

De retour au temple, nous allâmes immédiatement déposer nos affaires dans nos chambres, puis nous nous baladâmes à travers les corridors, serrant des mains, ou des pattes, d’amis jedi que nous n’avions pas vus pendant ces deux ans. Ce n’était pas de très bons amis, seulement des connaissances, et la plupart du temps une discussion durait deux minutes à peine avant que l’on retourne vaquer à nos occupations respectives. Mais les revoir faisait tout de même du bien. Nous ne trouvâmes toutefois pas Ildara, ni Aya.

Enfin, nous cherchâmes finalement Yoda, pour faire un débriefing. Nous le trouvâmes sans difficulté. C’est drôle de trouver une personne particulière dès qu’on se met à la chercher. La Force est vraiment très utile.

— Venu, Adalsa est déjà. De la méditation il m’a parlé. Des problèmes vous avez rencontré ?

— Oui, maître Yoda. D’après lui mes rêves ont été déclenchés par quelque chose, un évènement sûrement.

— Ou quelqu’un, fit-il avec un mouvement vers l’avant, comme pour appuyer ses mots.

— Quelqu’un, demandai-je en même temps qu’Alex, qui, malgré le fait qu’il restait un peu en retrait, s’intéressait à notre conversation.

— Peut-être que la peur de perdre un proche t’a affecté. Retrouver la personne que tu croyais perdu, un soulagement cela t’a apporté. Un soulagement, mais la peur, elle, est resté.

— J’aurais rêvé de chose bizarre parce que... j’ai retrouvé Aya et Ildara vivantes ? Et que je ne veux plus penser les avoir perdues ?

— Mon hypothèse cela est. Peut-être a propos de ces deux jedi ton esprit tu devrais entraîner.

— Bien, maître.

— Te mettre en garde je dois. La peur de perdre l’autre... au côté obscur cela mène.

— Mais je ne comprends pas... Si j’ai peur de perdre Aya ou Ildara... pourquoi je vois Alex devenir Sith ?

— Hein ? Holà tu ne m’as jamais dit ça toi, fit Alex étonné et vexé que je ne lui ai rien dit sur cette vision.

Je lui avais fait part que quelqu’un me menaçait, surement un sith, mais j’avais fait croire que c’était celui qui nous avais trouvé sur Thyferra. Je n’avais jamais osé lui dire que c’était lui que je voyais.

— Attends Alex…

— Lié, cela peut être. Méditer ensemble je te proposerai, une fois votre nouvelle mission terminée.

— On a déjà une mission ?

— Ce soir, devant le conseil nous en parlerons. Demain vous partirez.

— Si vite, fit Alex encore plus étonné de devoir repartir à peine arrivé.

— Une mission importante cela est. J’espère que l’accepter vous allez.

— Bien sûr, répondit-t-on en même temps.

Lorsque Maître Yoda se dirigea vers la sortie de la bibliothèque à l’aide de son siège anti gravité, Alex me chuchota :

— Moi, un sith ? Tu baisses clairement dans mon estime... t’aurais pu m’en parler ! Surtout qu’au début, tu prenais ça pour des prémonitions !

— Ça n’aurait rien changé !

— Mais si, maintenant je vais faire attention à être un jedi exemplaire ! Ainsi, je ne passerai pas du côté obscur !

Je me mis à rire.

— Tant mieux alors ! Bon allez, trêve de bavardage, on en discutera mieux après ma méditation avec Yoda. Allons préparer nos affaires pour demain.

— Je te suis.


— Depuis quelques semaines on nous rapporte l’assassinat de plusieurs artistes vors dans la galaxie, nous dit Mace Windu, les bras sur les genoux.

Nous étions au conseil des Jedi pour nous faire attribuer notre prochaine mission. Les Maîtres venaient de commencer le briefing, juste au moment où les rayons du soleil couchant teintaient le sol et les murs d’un orange reposant.

— Celui qui fait ça n’a pas pu être identifié, mais il s’agit du même mode opératoire, donc très certainement du même assassin, rajouta Ki-Adi Mundi en appuyant ses propos d’un geste furtif de la main.

— Les vors dans la galaxie ont pris peur, beaucoup sont rentrés chez eux, sur Vortex, continua d’une jolie voix Adi Galia, assise sur notre gauche.

— Nous devons trouver cet assassin, demandai-je avec curiosité.

— Non, reprit maître Windu. Il y a un évènement dont vous devrez assurer la sécurité.

— Sur Vortex, nous vous envoyons, fit enfin Yoda. Là-bas, tous les ans, une cérémonie se déroule, à la Cathédrale des Vents.

— Ah oui, j’en avais déjà entendu parler, me fit rapidement Alex.

— Nous craignions que l’assassin mystère ne fasse des dégâts lors du concert annuel. C’est pourquoi nous avons déjà dépêché plusieurs Jedi là-bas pour préparer à la sécurité des vors et des visiteurs, nous précisa à nouveau Mundi.

— Nous sommes des renforts, demandai-je encore une fois.

— C’est exact. Vous devrez assurer la garde de plusieurs vors jusqu’à la Cathédrale, examiner de fond en comble celle-ci, et si vous repérez l’assassin, il vous faudra le capturer vivant, finit Windu.

— Demain matin un transporteur, sur la planète, vous mènera. Là-bas, avec vos supérieurs vous prendrez contact pour recevoir vos attributions.

— Bien maître, répondîmes-nous en même temps.

J’eus envie de rester encore un peu pour parler de ma théorie de la génération réceptive mais je pensais après coup que ce n’était pas encore le moment. Je me ravisai et suivis rapidement Alex qui sortait de la salle du conseil.

— Encore une mission de garde du corps, fit Alex alors qu’on regagnait nos chambres.

— Ça faisait longtemps, te plains pas.

— Pour toi peut-être ! Il y a quelques mois j’en ai déjà eu une quand même.

— Ah ouais j’avais oublié. Enfin là, c’est aussi de l’inspection. On ne s’ennuiera pas.

— Où ça se trouve Vortex déjà ?

— Quelque part dans la bordure médiane il me semble.

— J’espère que c’est une belle planète...


Parsemées de plaines et de steppes étonnamment plates et verdoyantes ainsi que de quelques océans, Vortex nous apparaissait comme une planète accueillante. Beaucoup plus que ne l’était Rhen Var par exemple. Notre transport se posa non pas à l’astroport primaire de la planète, mais non loin de la Cathédrale des Vents, que nous avions survolé, et ainsi pu admirer. Les autorités de la planète avaient construit un petit centre avancé, pour les Jedi notamment, afin de faciliter la surveillance de la zone.

Pendant notre survol, on arrivait quelque peu à distinguer les habitations souterraines qui trouaient un peu partout les plaines. De l’orbite, ces habitations étaient pour la grande majorité indétectable, surtout quand il y avait les tempêtes.

En effet, Vortex était aussi dangereuse que d’allure accueillante. Les tempêtes de la planète, nombreuses et très turbulentes, occasionnaient les quatre cent vingt et un jours de l’année des accidents aux voyageurs imprudents. Fort heureusement pour nous, nous étions arrivés à un bon moment, et nous avions traversé l’atmosphère entre deux tempêtes.

Une fois atterris sur la plate forme artificielle, nous nous dirigeâmes vers le centre de contrôle, une petite salle pleine d’ordinateurs et d’écrans qui affichaient ce que retransmettaient bon nombre d’holo-camera de surveillance. Le bruit de tous ces appareils était légèrement assourdissant, mais avec l’habitude, ça s’estompait.

Alex s’étonna de voir que le chef de la mission n’était autre que Dam’Nei.

— C’est toi le chef ici, demanda-t-il comme s’il n’y croyait pas du tout.

— Ah, voilà les derniers !

Le bothan se tourna vers nous, arrêtant de consulter le plan de la cathédrale, et s’avança pour mieux nous surpasser depuis ses deux mètres de hauteurs.

— C’est lui qui t’as ennuyé il y a deux ans, lors d’une de tes missions solo ? demandai-je.

— Sur Arkania ouais... un vrai p’tit arrogant, précisa mon ami.

— Alex Raziel, j’ai été ravi... de ne pas te voir ces derniers temps, fit le Bothan dans un basic très correct.

— Il en fut de même pour moi, mon ami, renchérit Alex en souriant d’un air entendu.

Ces deux là ne devaient pas trop s’apprécier et c’était assez flagrant.

— Essaye de ne pas trop gâcher cette mission, cette fois-ci, se moqua l’être poilu.

— Je suis Loïc Solaris, enchanté, fis-je en tendant la main.

— Dam’Nei, me répondit-il en me serrant rapidement la main âpres plusieurs secondes d’hésitation où il me regarda dans les yeux, comme pour m’intimider.

— Bon, quelle est la situation, demanda Alex qui voulait quitter cette pièce assez vite.

— On inspecte les alentours de la Cathédrale depuis plusieurs jours, notamment les habitations. Nous cherchons de l’inhabituel, des explosifs, des mines, tout ça... Les derniers secteurs sont en cours de ratissage, et plus vite on en aura fini avec ça, mieux ce sera. On a besoin de monde pour filtrer le spatioport.

— Tu nous envoies ratisser un secteur alors ?

— Exact. Tenez, c’est le plan, nous dit-il en nous tendant un databloc. Montrez-le au technicien en bas, il vous laissera emprunter un speeder.

— Merci, fis-je sur le même ton calme que le bothan.

— Et faites attention... si vous entendez une sonnerie sur le speeder, c’est une tempête qui approche. Elles sont rapide, alors pas d’idioties, vous rentrez dès la sonnerie, c’est clair ?

— Ouais, ouais, répondit Alex alors qu’on sortait déjà de la salle.

— Il n’a pas l’air aussi mauvais que tu me l’as dit, fis-je à Alex alors qu’on descendait des escaliers pour descendre sous la plate forme, là où était garé plusieurs speeders.

— Ça m’a étonné aussi, je t’assure qu’il était moins gentil il y a deux ans.

— Mettons ça sur la maturité, ou son poste à responsabilité.

— Ouais. D’ailleurs ça m’étonne aussi qu’il soit le chef sur une mission tellement importante, alors qu’il n’est pas beaucoup plus âgé que nous.

— On lui demandera en rentrant, fis-je pour clore la discussion en tendant le databloc au technicien, lequel nous remit un passe pour un speeder.

Le speeder était un vieux modèle, pas très rapide, et qui ne tournait pas assez vite à mon gout. Mais c’était largement suffisant. Les habitations que nous devions inspecter se trouvaient à une trentaine de kilomètre au Nord-Est de la Cathédrale.

Nous vîmes les premiers Vors lors de notre petite traversé de plaines. C’étaient des êtres ailés, fragiles, mais très intelligents, et de très bons artistes. Ils étaient plutôt accueillants aussi. Tous nous laissaient entrer dans leurs habitations souterraines pour les inspecter.




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