— Ces droides viennent bien de quelque part, fit Alex à Dam’Nei une fois que nous eûmes terminé notre rapport.

— Ça fait une semaine que nous surveillons le spatioport, aucun droide n’a été répertorié dangereux, tout est surveillé, répondit le bothan, ne sachant pourquoi ils étaient bien présents.

— Peut-être sont-ils ici depuis plus longtemps. Ou qu’ils parviennent à déjouer la sécurité ? Après tout, les trois que nous avons trouvé tout à l’heure ont réussi à pénétrer la Cathédrale sans problème, dis-je en croisant les bras.

— Ce ne sont pas de simple droide, genre ceux de la fédération du commerce, précisa Alex.

— Et il ne reste vraiment rien dans les débris qui nous indiquerait le type de droide que c’est ?

— Absolument rien. C’est très sophistiqué et leur autodestruction est totale, ne laissant aucun moyen de remonter à la source, répondis Alex à nouveau.

— Laisse-moi jeter un œil aux caméras de surveillance du spatioport. Je suis certain que nous trouverons une réponse dedans, proposai-je.

— D’accord, vas-y si ça t’amuse. Et Pix et Cal, ils sont où ?

— Ils surveillent efficacement l’entrée de la Cathédrale, c’est mieux ainsi, fis-je.

Le Bothan ne répondit pas, il retourna à son travail d’organisateur de la sécurité, tandis qu’Alex et moi nous nous dirigeâmes vers le coin des holocaméras, ou un technicien nous laissa la place.

— On a pas besoin d’être deux ici, l’un de nous devrait être sur place au spatioport. Si on trouve quelque chose, on interviendra plus vite.

— Bonne idée, Alex. Qui y va ?

— T’es déjà assis, alors j’y vais.

— Oh, prend un comlink, fis-je en lui en lançant un qui était sur le bureau.

Après l’avoir rattrapé au vol sans même se retourner, Alex sortit du centre pour prendre un speeder en direction du spatioport. Pour ma part, je commençais les recherches.

Ce fut fastidieux et très ennuyant que de vérifier les archives tout en surveillant en temps réel le spatioport. Heureusement, c’était marrant d’y apercevoir de temps en temps Alex qui passait. Et cet idiot s’amusait à faire des signes à l’holo-caméra... pour passer inaperçu, ce n’était pas très pratique. Mais en pleine nuit, il n’y avait presque personne pour le voir, fort heureusement.

Nous nous relayâmes plusieurs fois, toutes les deux heures, ne prenant que trois heures de repos. C’est quand nous eûmes repris notre recherche, et que le matin se levait, qu’Alex trouva le premier évènement de louche. Il ne me donna pas de détail, juste l’endroit où était posé un vaisseau depuis plusieurs semaines, ce qui paraissait inhabituel.

Alors que je me dirigeais calmement vers l’endroit indiqué, j’apercevais qu’une place libre du spatioport venait de s’illuminer sous quelques projecteurs, signe qu’un vaisseau aller atterrir très prochainement. Deux minutes plus tard, ce sont deux speeder taxi qui arrivèrent pour se ranger pas très loin de cet espace. Je ne m’en souciais guère et arrivais rapidement au vaisseau que je devais inspecter.

Il s’agissait d’un de ces très répandus vaisseau corellien, du genre passe partout tellement on en voyait souvent. Ce modèle-ci était un YT-1300, plutôt bien entretenu. J’en fis le tour, et je le sondais avec la Force. Je ne percevais aucune forme de vie à l’intérieur. Et il m’était impossible de forcer l’entrée du vaisseau sans autorisation.

J’allais contacter Alex à ce sujet, quand, en me retournant, je vis quelqu’un, à une centaine de mètre de moi, qui voulait venir par ici. Il s’était arrêté dès que nos regards s’étaient croisés. Instinctivement, je plissais légèrement les yeux, comme si cela allait me permettre d’en savoir davantage, tout en rangeant le comlink. L’homme, vêtu d’habits majoritairement bleu, se retourna rapidement et commença à courir.

Sans attendre, je me lançai à sa poursuite. Nul doute qu’il avait deviné que j’étais un jedi, et qu’il s’agissait du propriétaire du vaisseau, ou du moins de quelqu’un qui savait quelque chose. Je le rattrapais facilement, il n’était guère rapide. Seulement, avant que je puisse l’attraper il eu l’idée de voler un speeder taxi. Le chauffeur, un sullustéen semblait-il, en fut trop surpris pour se défendre, et son ravisseur parvint facilement à partir à toute vitesse prenant déjà une bonne avance sur moi.

Il ne me restait plus qu’à faire presque la même chose : je demandais au pilote du deuxième speeder de me laisser le véhicule. Reconnaissant sur moi mes habits de jedi, il me laissa rapidement la place, et me regarda filer à toute allure, en se demandant si je rentrerais à temps pour qu’il transporte ses premiers clients...

Le spatioport étant légèrement surélevé par rapport aux plaines plates, j’avais un large champ de vision, et je retrouvais facilement vers où tentait de fuir mon suspect. Je le pris en filature, et usai de mon comlink pour prévenir Alex et Dam’Nei.

— Rattrape-le vite, me fit Alex après avoir aperçu ma position sur un radar, vous vous dirigez vers la tempête !

— La tempête ? Celle pour la cérémonie ? demandais-je en continuant d’accélérer.

— Celle-là même. La cérémonie doit se dérouler en fin de matinée, t’avais oublié ?

— J’avais autre chose en tête. Mauvaise nouvelle, fis-je après quelques secondes de blanc, je ne pense pas pouvoir le rattraper, on a le même type de véhicule, la même vitesse maximum...

— Continue la poursuite, je vais demander à Dam’Nei d’envoyer des gens contrôler son vaisseau, moi je vais retourner à la Cathédrale, être sûr qu’il n’y aura pas de nouveau attentat.

— Bien reçu, je te recontacte quand je l’aurais attrapé.

Alex ne répondit pas, il était déjà parti s’occuper de ses affaires. Quand à moi, j’étais mal engagé, ou bien parti pour un voyage jusqu’à l’autre bout de la planète... Jusqu’à ce que je repense à la tempête. Je laissais soupirer une petite insulte, me maudissant d’avoir omit de demander à quelle distance nous étions de cette fameuse tempête. J’espérais qu’on n’en soit pas très éloigné, afin de m’en servir au plus tôt.

Je prévoyais d’user la Force pour zigzaguer entre les vents contraire, ce qui me permettrait de rattraper mon fuyard. Manque de chance, ce n’est qu’une heure plus tard que les premiers vents turbulents se firent sentir. Cela me réveilla légèrement d’ailleurs. L’adrénaline commençant à revenir, je repris les commandes bien en main et me focalisai sur ce qui se trouvait devant moi. Je tentai d’entrevoir les vents.

Ce n’était vraiment pas une mince affaire. Ressentir les courants d’air dans la cathédrale des vents était une chose, faire de même alors que je ne pouvais méditer, et en me déplaçant à quatre cent cinquante kilomètres par heure, en était une autre !

Mais après quelques minutes d’adaptation, et comme les vents devenaient de plus en plus fort, je parvins à trouver les petits espaces entres les vents pour grappiller plusieurs mètres sur le suspect. Il ne m’en restait qu’une petite vingtaine quand par intuition je fis faire un quart de tour sur ma gauche au speeder, ce qui me mena face à une rafale étonnamment plus forte que les précédentes.

Prendre ce vent de face, à vitesse maximum, me permit en quelque sorte de le contrer. Mon speeder s’éleva sur plusieurs mètres de hauteurs, et recula sur une centaine de mètres aussi, mais je parvins à garder le contrôle, et à revenir sur le plat de la plaine. Lorsque je tournai la tête en direction de là où devait toujours être celui que je poursuivais, je n’y vis qu’un amas de poussière qui s’élevait sous la force du vent. Plus loin sur la droite, je le retrouvai enfin. Le speeder s’était retourné, et était déchiqueté par endroit à cause du choc au sol, tout en ayant une légère fumée sortant du moteur. Il se trouvait tout près, à deux ou trois cent mètres de moi, facilement transporté jusque là par cette rafale meurtrière.

Redémarrant mon speeder, je fis face aux vents pour m’arrêter tout près du lieu du crash, pour y trouver finalement le suspect, à moitié écrasé par l’engin. S’il s’en tirerait, nul doute qu’il y perdrait ses deux jambes. Mais j’eus un mauvais pressentiment pour lui. En effet, plus que ses jambes, il était broyé jusqu’au ventre. Je descendis de mon speeder, et je dus lutter pour ne pas m’envoler au milieu de tout ces vents.

Ce fut aussi très difficile d’entendre et de me faire entendre à cause du bruit assourdissant que la tempête commençait à produire. Heureusement, du moins d’un certain point de vue, il n’y avait pas grand chose à dire. Nous regardant d’abord pendant quelques secondes, on s’imaginait déjà le dialogue qui aurait pu se faire. Lui désolé pour tout ça, de ses raisons. Moi désolé de l’avoir poursuivi, ce qui avait entrainé sa perte.

Le pauvre homme d’une cinquantaine d’année, au visage ridé et aux cheveux grisonnant, bougea son bras droit, et de sa main, il fouilla dans une poche intérieure de sa veste brune. Il en sortit un petit objet rond, plutôt étrange de par sa conception. D’un seul coup d’œil, je devinais qu’il ne s’agissait pas d’un objet en série achetable n’importe où. Un seul bouton, pour l’allumer, se trouver en haut de l’objet. Y appuyer m’informa immédiatement de son utilité : il s’agissait d’une sorte de radar qui montrait l’emplacement de ses droides suicidaires.

Alors que j’allais enfin lui dire quelques mots, une violente bourrasque me fit tituber en arrière. Me relevant en m’agrippant au speeder écrasé, je me tournai à nouveaux vers le vieil homme. La bouche en sang, les yeux grand ouvert et vide, il me regardait, sans vie.

Serrant les dents, énervé d’avoir encore failli d’une certaine façon à une mission que je m’étais donné, je tapai du point sur la carcasse du speeder fumant, puis j’accourus jusqu’à mon speeder emprunté. Je démarrai rapidement et pris le chemin du retour.

Il me fallut trente minutes pour me dégager de la tempête, preuve qu’elle avançait vers la cathédrale des vents. Après rapide calcul de tête, à retenir soixante minutes, environ quarante, quatre cent cinquante kilomètre par heure, puis du trois cent trente sept ou cinquante six, et deux erreurs de calculs comme ce n’était pas permis, je me voyais arriver avec un peu moins de dix minutes d’avance sur la Tempête. Un temps légèrement trop court pour fouiller la cathédrale à la recherche du dernier droide qui s’y baladait, d’après le détecteur que j’avais reçu du vieil homme.

Je profitai d’être enfin au calme, ou presque car il restait toujours le bruit des moteurs du speeder poussés à fond, pour reprendre contact avec Alex, et l’informer du droide restant. Malheureusement l’appareil n’était pas assez précis pour lui indiquer où il était exactement, mais au moins on savait ce qu’on devait chercher.

Une fois arrivé devant la Cathédrale, où une foule s’était massée pour entendre les sons mélodieux, je pénétrai rapidement à l’intérieur, dépassant Cal et Pix qui surveillaient toujours l’entrée, et qui me virent passer comme une fusée en se demandant ce qu’il pouvait bien m’arriver.

Tenant fermement le détecteur à ma main gauche, je reparcourai une nouvelle fois ces longs corridors, en suivant globalement une direction quasi aléatoire, tellement c’était assez labyrinthique. Je laissai bien sûr d’une certaine façon la Force me guider, à me choisir une direction plutôt qu’une autre. Je la laissais couler en moi pour permettre également à Alex de savoir où j’étais afin qu’il me rejoigne au mieux.

Cela fut bien inutile. Si je parvenais à temps pour stopper le droide, Alex ne servirait à rien. Si le droide explose sans qu’aucun de nous n’y sois, c’était la même chose. Peut-être était-ce finalement simplement pour lui montrer ma progression ?

Quoiqu’il en soit, en quelques courtes minutes, je rattrapai enfin le seul droide qu’indiquait le radar. J’eus peur un instant : il venait de rencontrer un petit groupe de Vors, qui étaient déjà en place pour contrer un souffle de la tempête.

Je me précipitai pour me jeter sur le droide. Je criai attention, mais je ne sus jamais si les vors y firent attention. Alors que je plaquai avec difficulté le droide, celui-ci, au lieu d’exploser, fit feu à l’aide d’un pisto-laser camouflé dans le bras droit. Mais je ne reconnu pas le type d’arme. Ce fut une rafale qui toucha deux vors. Nous étions chanceux, cette rafale aurait pu toucher tous les vors si je n’avais pas plaqué le petit humanoïde métallique.

Me remettant sur mes genoux, je sortis mon sabre laser que je pris de ma main droite, et alors que le droide relevait légèrement la tête et le torse, me soulevant en même temps légèrement, j’assenai un coup de gauche à droite qui le décapita dans un crépitement et avec vives étincelles bleues et jaunes.

Je me tournai vers le groupe de vors. Deux étaient donc à terre, l’un ne bougeai plus, déjà mort, l’autre semblait vouloir revenir, s’accrocher avec les autres, comme si le fabuleux concert de la Cathédrale des Vents était plus important que sa propre vie.




page précédente        page suivante

Commentaires sur HdlF :

Pas encore inscrit ?