Tendant son bras vers les membres de son espèce, le vors poussa un léger cri, non pas d’agonie, mais de tristesse, du moins c’est ce que je crus. Et alors que je me mettais à genoux auprès de lui pour l’aider, il me repoussa légèrement, me regarda, les larmes coulant sur ses joues, en tendant un doigt vers ses compatriotes, lesquels se regardaient et nous regardaient sans bouger, et avec une certaine peur dans leurs yeux. Nul doute qu’ils voulaient d’abord faire leur travail, ou ce plaisir, avant de s’occuper d’eux mêmes.

Un frisson me parcourut, un léger souffle me parvint et me caressa les joues. La Force vibra et fit vibrer mon corps. Je n’hésitai plus : tenant la main du vors blessé de ma main droite, je tendis mon bras là où devait se trouver les deux vors à terre. J’utilisai cette Force qui vibrait, comme si elle réagissait aux vents. Une chose que je ne pu jamais réellement expliquer, ni même ressentir une seconde fois.

Créant de mon mieux un mur solide par la Force, je bloquai la rafale qui arriva avec force. Je ressenti la pression, qui m’étonna par sa puissance. Puis une nouvelle fois, la Force vibra. Je crus sentir une forte présence dans la Force, une présence qui me traversait, de mon bras droit à mon bras gauche. Je sentais un être entier passer en moi, et me guider, me montrer comment je devais faire réagir mon bouclier de Force, afin que ça réagisse comme le corps d’un vors.

Je me laissais guider, sans me fatiguer. Je commençai à entendre le son si mélodieux résonner. Et c’était encore meilleur que ce dont on avait entendu parler. Pendant cinq minutes, je restai sans bouger, à seulement écouter, et à rester concentrer sur la Force qui vibrait. Alex arriva à un moment où notre groupe ne bloquait plus la rafale qui passait par là. Il ne dit aucun mot, se contenta de regarder, et d’écouter. Puis, quand les vors devant moi se remirent en place, je sentis que le vors auprès de moi faiblissait. Après tout, il était gravement blessé.

Mais il ne voulait pas abandonner et moi non plus. Je commençais d’ailleurs à comprendre le sentiment de cette espèce, à vouloir tout faire pour que la Cathédrale des Vents soit si mélodieuse et produise ce son si magnifique. C’est Alex qui s’occupa de gérer la faiblesse du vors : il se mit à son tour à genoux auprès du blessé, et pratiqua des soins sur lui avec la Force.

Ce garçon m’étonna. Même s’il était mon ami depuis plusieurs années maintenant, ce qu’il fit m’impressionna. Pendant plusieurs heures, il resta en méditation, pour limiter les dégâts sur le corps du vors, celui-là même qui m’aidait à gérer mon bouclier pour aider à produire l’harmonie du son, vital pour ce concert si particulier, que des centaines de milliers de personnes à travers la galaxie étaient venus écouter.

Nous étions tous trois en osmose, chacun ayant son rôle à jouer. Et nous réussîmes à le jouer parfaitement, sans encombre... à trop le jouer pour l’un d’entre nous.

Le vors mourut juste après la note finale, et avec lui, je ressentis un vide dans la Force. Il s’était éteint, et maintenant il me paraissait clair qu’il était un jedi. Alors que l’on se regardait avec Alex, en train de comprendre ce qu’il s’était passé, les autres vors s’approchèrent, soulevèrent le mort pour le porter, et s’en allèrent avec, disparaissant dans les corridors.

Epuisé, je restai un moment assis sur le sol, en tailleur, à tenter de reprendre un souffle qui devenait étrangement irrégulier. Pendant que je sortais le radar d’une poche pour vérifier la présence ou non de droides, Alex contacta Dam’Nei pour lui annoncer la situation. Le robot à terre, décapité, était le dernier. Un élément important pour une enquête. Il fallait aussi récupérer le corps du vieil homme à quatre cent kilomètres de là.

— Dam’Nei s’en occupe, il a envoyé des gens, me prévint Alex.

— Tant mieux, ça nous permet de ne pas bouger trop loin.

— Il a envoyé des gens ici aussi pour récupérer le droide. Et d’autres gens encore qui ont fouillé le vaisseau, et en ont rapporté un genre de journal intime. Ils vont l’étudier tout à l’heure quand on rentrera.

— Mais attends, Dam’Nei donne des ordres à combien de personnes, demandai-je.

— Hum, sûrement une vingtaine.

— C’est pas mal... j’aimerais bien avoir des gens sous mes ordres aussi, être un petit chef.

— On a qu’à partir, faire du commerce, ou une agence de transport, se monter une petite entreprise, ce genre de chose.

— Heu non merci, finalement je préfère rester un jedi.

— Ouais, pareil.

Quelques longues minutes plus tard, trois personnes, envoyés par Dam’Nei arrivèrent, pour d’abord étudier rapidement le droide, avant de le transporter jusqu’au centre de commandement. Nous les suivîmes, afin de consulter le journal intime du vieil homme, sur holodisc, pendant que Dam’Nei et sa petite équipe se chargeaient d’étudier ce fameux droide très sophistiqué.

L’holodisc avait une sécurité, qu’il ne fut pas si difficile que ça à cracker. Une fois décrypté, un enregistrement se lança automatiquement. Il semblait que notre homme mort aux droides assassins savait qu’il se ferait attraper tôt ou tard, et qu’il se serait suicidé d’une façon ou d’une autre avant qu’on ne le jette en prison.

Cet enregistrement donnait tous les détails quant à sa motivation et ce qui l’avait poussé à faire ça. Finalement, c’était l’œuvre d’une folie ou d’un léger problème psychologique. Etant enfant, il s’était rendu avec ses parents sur Vortex. Malheureusement, suite à un dysfonctionnement de l’organisation au spatioport de la planète, ses parents, à bord de leur transport personnel, traversèrent une tempête. Ils n’en réchappèrent pas et seul l’enfant survécut au crash.

Il vécu des années sans se rappeler, loin des vors, jusqu’à ce qu’il en rencontre un par hasard, sur Alderaan. De là est parti sa folie. Il alla jusqu’à demander de l’aide, en payant cher, à plusieurs scientifique extrêmement doué pour fabriquer les droides. Il donna plusieurs noms de scientifique, comme Massad Thrumble ou un certain Simonelle. Mais aussi le fameux Kel Arfar qui nous était déjà connu.

A ce nom, nous ne pûmes, Alex et moi, que nous regarder, très étonné de cette coïncidence. Malheureusement, nous n’avions aucun moyen de retrouver la trace de ce scientifique là à partir de cet holodisc. Une fois le plus gros des détails en tête, nous remîmes cet enregistrement aux mains de Dam’Nei, lequel nous permit de prendre congé et rentrer au Temple quand nous le voulions en nous disant que nous l’avions bien mérité après notre relatif succès.

Finalement, nous restâmes jusqu’à ce que l’enquête officielle commence, c’est-à-dire le lendemain, avec les autorités locales et galactiques. Cela nous permit de nous reposer enfin quelque peu aussi, car nous commencions à manquer de sommeil. Puis, nous rentrâmes à Coruscant en compagnie de tous les autres jedi.

Au temple, chacun se sépara, Cal et Pix souhaitant retrouver leurs maitres Tyffix et Tyr, Alex voulant revoir Ildara, dont il ressentait la présence au Temple, et Dam’Nei suivit de ce qui semblait être plusieurs admirateurs, semblait se diriger vers une salle d’entrainement. Finalement, je me retrouvai bien vite seul.

Je me mis alors à chercher Maître Yoda. La dernière fois que je l’avais vu, j’avais voulu lui parler d’un certain sujet mais je n’en avais pas eu l’occasion. Cette fois-ci c’était peut-être le moment. Je le trouvais dans une chambre de méditation. Sur le coup, je voulus y entrer. Nul doute qu’il m’en aurait permis. Mais je décidai finalement de remettre ça à plus tard, lorsque je sentis une petite fluctuation dans la Force. Yoda en était très certainement à l’origine. Il savait que j’étais venu, il m’attendait. Alors j’entrai, et dans la pénombre, je m’installai sur le siège en face de lui.

— De quelque chose tu souhaiterais me parler, jeune Loïc, me demanda Yoda après quelques petites minutes de silence.

Je fermai les yeux, et baissai la tête, comme pour entrer dans une petite phase de méditation.

— Il y a deux ans, vous et d’autres maîtres du conseil avez parlé d’une génération plus perceptive à la Force, à laquelle Alex et moi, et Aya je crois, faisons parti... je me demandai depuis ce moment... pourquoi sommes-nous plus réceptifs ?

— Hum... une question compliquée cela est, me répondit-il en secouant très légèrement la tête. Nul doute que votre destin sera différent d’un autre.

— Un autre destin, fis-je en rouvrant les yeux, ma curiosité piquée au vif. Lequel ?

— Difficile, très difficile il est de percevoir l’avenir. Toujours en mouvement il est. Chaque action d’un être peut le changer à tout jamais.

— Sommes-nous des... comment dire... Peut-être que nous sommes voués à aider l’Elu dans sa tâche ?

— La prophétie tu as étudiée ? s’exclama-t-il, surpris, en me fixant de ses yeux profonds et emplis de sagesse.

— Sur Rhen Var, j’avais quelques heures à perdre, fis-je avec un sourire.

— De l’Elu, tu n’as pas à te soucier. L’équilibre de la Force, lui seul l’apportera. N’essaye pas de te donner plus d’importance que tu ne dois avoir.

— Je ne cherche que quelques réponses.

— A vouloir chercher les réponses, les tiennes seulement tu ne trouveras pas, fit le maitre jedi en pointant un doigt vers moi.

— Je... crois que je comprends. D’après vous, repris-je après un court instant de silence, quel est notre rôle à nous, génération plus réceptive ?

— Nous ne savons pas. Un phénomène inexplicable cela reste, seulement des hypothèses nous avons.

— J’en ai une aussi.

— Ah oui ? L’entendre, j’aimerais.

Je lui racontai alors ma théorie de la génération réceptive, que le petit Maitre vert écouta avec une très grande attention, ce qui me rendit un peu fier. Je ne manquai pas de rapporter qu’Alex m’avait aidé à l’élaborer car je lui fis part d’une dernière version, qui avait été en partie retouché par mon ami auquel j’avais encore rajouté deux éléments.

— Intéressant, et possible. A des astronomes je pourrais demander de vérifier cela.

— Alors, on ne connait vraiment pas en totalité la nature des midichloriens ? Ni de la Force ?

Yoda fit lentement non de la tête, avant de répondre :

— Un mystère jusqu’à la fin des temps cela restera. Certains croient en la Force Vivante, d’autres en la Force Unifiée. Cela prouve que notre compréhension de la Force restera limitée, pour tous, même parmi les jedi.

— Alors même vous ? Je veux dire... vous pourriez malgré vos huit cent ans, avoir encore des choses à apprendre de la Force ?

— En effet. Je ne suis pas, malgré ce que beaucoup pourraient dire, tout puissant, me dit-il en riant légèrement.

— Maître, à quel moment avons-nous connaissance de notre destin ?

Hésitant sur ce qu’il devait répondre, Yoda laissa de pénibles secondes s’écouler.

— Quand à un terrible choix tu seras confronté, et que tu te demanderas « que dois-je faire », ton destin te sera révélé. Mais en garde je me dois de te mettre : ne cherche surtout pas à avoir un destin particulier trop tôt. En péril tu mettrais ta vie inutilement et celle des autres dans cette action.

A ces mots, étrangement, c’est Aya qui me vint à l’esprit. Une nouvelle fois, je me disais que je ne pourrais rien entreprendre qui lui ferait du mal. Une chose devait déjà être certaine : Aya faisait parti de ma destiné, tout comme Alex.

— Je pense que je vais méditer un peu sur ce sujet. Seul, fis-je en me levant.

— Une sage décision cela est. Méditer ne pourra que te faire du bien, avant une prochaine mission.

— Merci pour votre éclaircissement, maitre Yoda.

Il me fit juste un signe de tête, alors que j’ouvrai la porte de la chambre de méditation. Je sortis rapidement, pour laisser le Jedi seul, puis je me dirigeais vers le réfectoire du Temple. Rien de mieux qu’un petit diner avant une nuit de méditation.

Le lendemain matin, je me décidai à me rendre à la bibliothèque, pour aller m’informer des dernières nouvelles de la galaxie sur l’Holonet. Je voulais en apprendre d’avantage sur ces soi-disant séparatistes. Mais un article paru dans la nuit m’interpella particulièrement. Son sujet : crise sur Vortex. Je me mis à en lire certains passages :


Un sénateur de Vortex proteste contre l’inefficacité de la République et des Jedi à garantir leur sécurité, entrainant une dizaine de morts et des millions de crédits de dégâts contre la Cathédrale des Vents.

Enervé, le sénateur proclama clairement devant le Sénat que « les vors chercherons une meilleure protection auprès d’une confédération plus efficace que la République ». Nul doute que ce sénateur vors fait allusion à la Confédération des Systèmes Indépendant créée tout récemment par l’ex-jedi, le Comte Dooku...


Je m’affalais sur mon siège. Je n’en revenais toujours pas. Dooku, un mentor, fier partisan des Jedi et de la République il y a dix ans, était en train de fomenter une sorte de rébellion contre cette République qu’il avait protégée durant des années.

Souhaitant connaître la raison de ce mouvement de rupture, je me mis à vouloir retrouver le comte Dooku, pour lui en parler directement.

Malheureusement, à peine quelques minutes après avoir débuté ma recherche, je fus appelé devant le Conseil Jedi pour une nouvelle mission...




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