Chapitre 16



Je fus enchanté de retrouver Ildara après mes deux années d’absence. Elle m’avait profondément manqué et je crois que c’était réciproque. Depuis que j’étais devenu jedi, la mirialan n’avait pas pris de nouveau padawan. Il fallait avouer qu’elle n’avait jamais cru réussir à me former lorsqu’elle due me prendre sous son aile. Au final, elle avait parfaitement remplie son rôle malgré sa relative jeunesse. Toutefois, son trouble était revenu et elle n’osait pas former un nouveau padawan si peu de temps après m’avoir tout appris.

– Je suis sûr que lorsqu’il faudra que vous formiez un nouveau padawan, vous vous sentirez prête et vous réussirez parfaitement, comme vous l’avez fait avec moi.

– Je ne sais pas. Je pense que j’ai eu de la chance de tomber sur toi. Tu as quasiment toujours réussi tout ce que tu as entrepris.

– Vous oubliez la fois sur Antar où j’ai failli nous faire tuer. Ou encore la mission sur Triffis que j’ai failli faire échouer. Et lorsque je me suis lamentablement perdu sur Agamar alors qu’on était en train de poursuivre des vendeurs d’esclaves, rappelai-je à mon maitre.

– Non, me répondit Ildara, le sourire au visage en repensant à ses évènements qui s’était produit alors que je n’étais qu’un novice. Je n’ai pas oublié tout ça. Mais il y a aussi toutes les fois où malgré ton jeune âge, alors même que tu n’étais qu’un adolescent, c’est toi qui m’as tiré du pétrin. Je n’aurais jamais dû être dans de telles situations en nous mettant tous les deux en danger.

– Nous ne pouvons pas vivre en tant que jedi sans courir de risque. C’est notre tâche qui veut ça, malheureusement. La galaxie est dangereuse.

– C’est vrai. Mais tu m’as quand même énormément facilité les choses. En plus, tu avais déjà été en partie formé par Eeth Koth avant que tu me sois confié.

– Oui, fus-je obligé d’avouer. Mais cela ne change rien sur le fait que vous m’ayez parfaitement appris à devenir un bon jedi. Si je suis le jedi que je suis aujourd’hui, c’est grâce à vous. Et je suis certain que maitre Eeth Koth serait d’accord avec moi sur ce point. Je suis donc sûr que vous parviendrez à faire aussi bien avec le prochain padawan qui vous sera destiné.

– Je l’espère, souffla-t-elle alors que le silence s’installa entre nous.

Nous pûmes alors entendre quelques marmonnements de discussions qui se déroulaient à d’autres tables tout autour de nous. Les salles de repos du temple, situées non loin des jardins de la méditation, étaient si paisibles que d’instinct cela nous forçait à parler d’un ton plus bas que la normal. Ildara voulut reprendre la parole mais la double-porte d’entrée coulissa silencieusement et un jeune jedi entra dans la pièce en se dirigeant vers nous. Nous nous tournâmes donc vers lui pour savoir ce qui l’avait poussé à venir nous trouver ici.

- Maitre Koth m’a demandé de vous dire que le Conseil Jedi souhaite vous voir tous les deux immédiatement, annonça-t-il.

- Quand on parle du gundark, lâcha Ildara en me souriant et en commençant à se lever. Allons-voir ce qu’ils veulent.

Je me levai lorsqu’Ildara remercia le jeune garçon, puis nous nous dirigeâmes tous deux vers les turbo-élévateurs permettant d’atteindre le sommet de la tour sud-est du Temple, celle du Conseil Jedi. Lorsque nous y parvînmes, on nous laissa entrer dans la salle. La pièce n’abritait pas seulement les douze maitres jedi qui constituaient le conseil, mais aussi Loïc Solaris qui se tenait debout au milieu du cercle formé par les sièges des maitres. Il fut tout aussi surpris que nous de nous voir. Sur un signe de Mace Windu, Ildara et moi rejoignîmes Loïc avant de faire face au Maitre Jedi. Ce dernier prit alors la parole :

- Nous avons une nouvelle mission de la plus haute importance à vous assigner. Étant donné vos précédentes réussites, nous pensons que vous êtes les bonnes personnes pour pouvoir désamorcer cette crise, fit-il en nous regardant, Loïc Solaris et moi-même. Mais pour ajouter encore plus de poids et montrer tout notre sérieux face à la situation actuelle, nous avons décidé qu’Ildara Mayaserana allait vous accompagner pour cette opération.

- Sa sagesse et ses talents diplomatique pourront vous servir, précisa Ki-Adi Mundi.

- Effectivement, confirma le jedi à la peau d’ébène. Car la crise qui commence à prendre de l’importance est un conflit entre deux espèces vivant sur la même planète. Il faudra donc calmer les ardeurs de chacun de manière pacifique. Toutefois, il se peut que des attaques se produisent, il vous faudra donc rester vigilant. Les deux espèces en question sont les Mon Calamari et les Quarrens. Il va donc falloir que vous vous rendiez sur Mon Calamari, la planète aquatique.

– Un quarren du nom de Tyyol Pragan monte son peuple contre la République et son avis favorable à l’action des Séparatistes, clairement il affiche, expliqua alors Yoda.

– Il faudra que vous le raisonniez et que vous lui expliquiez clairement que le mouvement sécessionniste est dangereux, et pour la République et la paix, mais aussi qu’il n’est pas la solution aux problèmes dont peut souffrir actuellement la République ou son peuple, continua Plo Koon.

– Il se peut malheureusement que ce Tyyol ait déjà de nombreux partisans. L’idée des séparatistes se répand beaucoup plus vite que nous ne pouvions l’imaginer, fit Mace Windu. Par chance, vous aurez des alliés, dont un quarren qui pourra surement vous aider nommé Tundra Dowmeia. C’est un assez jeune quarren mais il est engagé dans la politique depuis longtemps et brigue le poste de sénateur occupé jusqu’alors par Tikkes. De plus, tous les Mon Calamari seront avec vous, car ils souhaitent que la stabilité continue et ne veulent pas de scission entre les deux espèces qui vivent sur la planète. Pour cela, un autre politique pourrait vous aider, il se nomme Meena Tills. Il a affirmé que vous pourrez bénéficier de toutes les ressources dont disposent les Calamari pour entamer les négociations ou faire des enquêtes si nécessaire.

– Je crois que tout est dit, fit Ki-Adi Mundi. Vous avez de toute façon toutes les données qui ont été transférées sur vos databloc. N’hésitez pas à les étudier.

Après un moment de silence et alors que nous étions censés quitter la pièce, je posai une question qui me brulait les lèvres :

– Pourquoi n’envoie-t-on pas un quarren ou un mon calamari régler cette affaire ?

– Nous ne pouvons pas, lâcha Eeth Koth, derrière moi.

– Les quarrens et les mon calamari quelqu’un de neutre ont demandés. D’un individu qui aurait des préférences instinctives ils ne veulent pas, même si jedi il est.

– Je vois, fis-je.

– Bien. Si vous n’avez plus de question, vous pouvez vous retirer, annonça le céréen.

Aucune autre question ne fut posée et on se retira donc sans perdre plus de temps. Dans le turbo-ascenseur, la discussion fut vive et heureuse.

– Alors comme ça on a une nouvelle mission ensemble, fit Loïc Solaris d’un ton faussement plaintif. Décidément, je crois qu’on ne se quittera plus…

– Quoi, je ne te plais pas ? lâchai-je ironiquement.

Il ne me répondit pas, mais je pus facilement lire dans ses pensées même sans me fier à la Force. Malgré sa joie que l’on se retrouve une nouvelle fois, il aurait préféré faire ses missions aux côtés d’Aya.

– Le Conseil voit souvent les affinités entre des jedi et il s’en sert. Il est préférable d’envoyer en mission deux personnes qui se connaissent bien que deux personnes qui ont tout à apprendre l’une de l’autre, expliqua la mirialan. Cela permet des réactions plus rapides, les deux jedi, sachant comment l’autre va réagir peuvent anticiper les actions de son partenaire et accroitre la qualité de son travail. Plus deux jedi sont envoyés ensemble en mission, plus il y a de chance qu’ils le soient très souvent.

Nous savions bien entendu tout cela, même implicitement, car c’était assez logique. Et nous pensâmes alors à nos futures missions, qui seraient donc quasiment toutes faites ensemble.

– C’est la même chose lorsque le Conseil réuni ancien padawan et maitre qui n’a pas encore de nouveau padawan, continua Ildara en me souriant.

– Oui, c’est vrai. Vous allez venir avec nous. Je suis bien content de faire une nouvelle mission à vos côté, maitre.

– Tu n’es plus vraiment obligé de m’appeler maitre, tu sais.

– Je le sais. Mais je ne peux pas vraiment m’en empêcher, souris-je.

– En tout cas, je suis très heureuse de travailler à vos côté moi aussi. Je vais pouvoir voir comment vous vous en sortez. Mais je ne pense pas être déçu de ce côté-là, fit-elle en sortant de la cabine du turbo-ascenseur qui était arrivé à destination.


Nos vaisseaux émergèrent de l’hyperespace et nous pûmes admirer la planète Mon Calamari depuis l’orbite. Cette planète de la bordure extérieure était entièrement recouverte d’eau et nous rappelait Manaan. Mais lorsque nous vîmes les imposantes cités bâties par les Mon Calamari nous dûmes constater que l’architecture n’était pas vraiment la même que sur la planète des Selkath. Des tours montaient jusque haut dans le ciel, bravant les nuages malgré le fait que le tout reposait sur l’eau. La capitale était une gigantesque cité flottante et était très impressionnante. À côté, la ville dans laquelle nous nous étions rendus sur Manaan paraissait beaucoup moins grande. Mais même si les Calamari avaient bâtis une vaste cité, elle n’avait pas la splendeur blanche d’Atho. Toutefois, la capitale Mon Calamari restait très belle et son aspect touristique était bien mis en avant avec une ville très propre et des monuments connus très bien entretenus.

On nous conduisit dans le quartier des affaires calamarienne où Meena Tills avait son bureau de travail. C’était situé dans une des grandes tours du centre de la ville. À peine rentré dans la pièce sobrement décorée, le Mon Calamari se mit à parler d’un air préoccupé :

– Entrez, entrez, chevaliers jedi. Je vous en prie, asseyez-vous. Nous vous attendions. Je vous présente Tundra Dowmeia, fit Meena on nous montrant un quarren qui se tenait debout nous loin du bureau.

– Enchanté, déclara celui-ci en faisant bouger ses quatre tentacules tandis que nous nous assîmes.

– Je crois que vous connaissez déjà la situation problématique dans laquelle nous nous trouvons, enchaina le jeune calamari.

– En partie, fit Ildara.

– De nombreux quarrens se liguent à un nouveau parti politique, l’Ilatiren, qui a été crée de toute pièce il y a peu par Tyyol Pragan. Ce dernier veut que les Quarrens ne soient plus liés et dépendants des Mon Calamari et déclare que c’est à cause de la République si nos deux peuples sont dans cette situation précaire, qu’il a inventé de toute pièce. Il proclame que c’est la fin de l’entente qui régnait jusqu’alors entre nos deux peuples et a fait fermer toutes liaisons entre les mines sous-marines et nos cités.

– Il a stoppé l’activité des mines sous-marines ? demanda Loïc.

– Pas vraiment, expliqua Tundra en nous fixant de ses yeux bleu clair. Les mines fonctionnent encore, mais Tyyol conserve tout le minerai qui en est extrait. Et dans les mines qui nous sont encore liées, de nombreux quarrens refusent de travailler.

– Je vois, lâcha Ildara, comprenant cette partie du problème.

– Mais ce n’est pas tout. Ce Tyyol veut que nous lui cédions des cités entières, pour que nos deux espèces soient séparées alors que nous vivons en paix depuis des années. Il dit que les Mon Calamari ont trompés les Quarren, s’enflamma Meena.

– Et ce n’est pas vrai ? demandai-je.

– Bien sur que non ! s’exclama le calamari.

– Pardonnez mon ignorance, fis-je pour m’excuser.

– Nos deux races font ce qu’elles savent le mieux faire dans une entente cordiale, expliqua Tundra en prenant le relai. Les Mon Calamari construisent des cités et des vaisseaux de plaisance, font dans la recherche, et permettent à la planète de prospérer au niveau touristique en entretenant certains haut-lieu touristique. Ce sont des êtres réfléchis, calmes et posés qui conviennent parfaitement à ce genre de tâches. Les Quarrens quant à eux sont plus physiques et ont besoin de dépenser leur énergie. Ils font donc des travaux plus à même de leur plaire, comme la police des cités par exemple. Cela permet de bien répartir les tâches, et la plupart des quarrens et des mon calamari s’entendent à merveille.

– La plupart ? releva Loïc Solaris.

– Oui. Parce que même si nous nous complétons en quelque sorte, je dois avouer que les Quarrens pensent être exploités par les Mon Calamari car notre espèce fait plus de tâches ingrates, et notamment le travail dans les mines, en comparaison des Mon Calamari, expliqua le quarren. Il faut aussi prendre en compte que nous avons des facultés aquatiques accrues qui nous permettent de faire ce travail. Si nous sommes toutes deux des espèces amphibies, les Mon Calamari n’ont pas les mêmes capacités que nous dans ce domaine. Eux sont plus à l’aise à l’air libre. Tandis que nous, nous nous plaisons dans l’océan. Nous pouvons donc exploiter les mines sous-marines, ce que les calamari ne peuvent que difficilement faire.

– Sauf que le matériau qui en sort est utilisé quasi-exclusivement par les mon calamari, conclus-je.

– Tout à fait, fit Meena. Et cela pose un problème actuellement, car Tyyol en a fait son cheval de bataille. Il dit que ce sont les quarrens qui devraient exploiter l’ensemble du minerai car ce sont eux qui l’extraient. Et il assure que les Séparatistes permettraient un réajustement des proportions de distributions de ce matériau, entre autre chose, contrairement à la République. Mais il oublie que les ingénieurs et architectes sont majoritairement mon calamari, et que donc les quarrens ne pourraient pas faire grand-chose de ce métal.

– Cela me semble compliqué de défaire cette situation pour le moins tendue, avoua mon ancien maitre. Si ce Tyyol est malin, nous arriverons dans une impasse diplomatique. Quand devons-nous le rencontrer ? s’informa-t-elle après un moment de silence malheureusement approbateur des deux ambassadeurs locaux.

– Nous avons une entrevue avec Tyyol Pragan dans une heure, répondit le politique quarren.

– Nous ? s’étonna Loïc.

– Oui. Je vais vous accompagner jusqu’à lui, et j’espère qu’ainsi il comprendra que même un quarren trouve cette situation ridicule.

– Parfait, fit Ildara en se levant.

– On va vous montrer vos chambres où vous pourrez vous rafraichir un peu avant d’entamer la descente vers les niveaux inférieurs.

Un mon calamari vint nous chercher et nous conduisit dans une spacieuse suite d’un hôtel situé non loin du bureau de Meena. Nous bûmes de l’eau fraiche et dégustèrent quelques fruits avant que Tundra vienne nous chercher.

– Je n’ai pas pris d’escorte pour ne pas risquer d’offenser Tyyol. Je pense de toute façon que trois jedi sont suffisant comme protection, sourit-il.

Nous prîmes alors divers turbo-ascenseurs pour descendre dans les profondeurs de la cité. Si les hauteurs des villes de la planète étaient consacrées aux Mon Calamari, les quartiers des Quarrens se trouvaient dans les niveaux inférieurs, sous la surface de la mer. Et contrairement à Coruscant, les nivaux inférieurs de cette planète n’avaient rien à envier aux étages supérieurs. Les quarrens prenaient soins de leurs habitations et si le style était assez différent de celui des mon cal, on ne pouvait qu’être émerveillé devant de tels lieux. De magnifiques et grandes baies ouvraient sur le fond de l’océan que je regardai d’un air assez inquiet et lorsque nous marchâmes d’un turbo-élévateur à un autre, je demandai :

– Quelle est cette grande créature ?

Je venais de voir une espèce d’anguille gigantesque à la gueule emplies d’étranges dents qui ne me disait rien qui vaille.

– Oh ! s’exclama Tundra. C’est une créature assez rare appelée beck-tori et que l’on voit très peu aussi près des cités. J’espère que ce n’est pas un mauvais présage, conclut le quarren après un temps de réflexion.

Ildara se mit à sourire et Loïc l’aperçut.

– Que se passe-t-il, pourquoi souriez-vous ? voulut savoir mon ami.

– Je crois que ça le reprend.

– Qu’est ce qui le reprend ?

– Rien, fis-je d’un air chagriné, en voyant parfaitement de quoi parlait mon ancien maître.

– Je crois qu’il ne veut pas qu’on en parle, déclara Ildara sur le ton de la confidence.

– Oh, allez, dites-le moi, protesta Loïc en nous regardant tour à tour, moi et la mirialan.

– Non, répliquai-je, on te le dira pas.

Mon refus fit rire Ildara qui dévoila le secret.

– Alex n’a jamais été très à l’aise avec l’eau. On peut même dire qu’il n’aime pas l’eau.

– Maitre, vous me trahissez, soufflai-je d’un ton plaintif.

– Désolé, mon ancien padawan, fit-elle en souriant. Tu aurais du le voir apprendre à nager, continua-t-elle en direction de mon ami. C’en était hilarant. J’espère que tu n’as pas trop peur de savoir que nous sommes littéralement entourés d’eau, précisa-t-elle en ramenant son regard sur moi.

– Merci beaucoup pour ce détail, lâchai-je, chagrin.

– Et que les baies pourraient craquer sous la pression en faisant tomber sur nous des litres d’eau, enchaina Loïc qui s’était pris au jeu.

Ildara lui fit un clin d’œil. Ne trouvant rien d’autre de mieux à dire, je déclarai :

– C’est ça, moquez vous.

– Il n’y a pas à avoir peur, fit Tundra en venant à mon secours et n’ayant peut-être pas compris que mes deux amis plaisantaient. Ces baies sont certes transparentes mais elles sont aussi extrêmement résistantes.

Après deux nouveaux turbo-ascenseurs, nous parvînmes enfin dans le quartier où était fixé le rendez-vous.



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