Immédiatement nous fûmes pris en charge par un groupe de quarrens diversement mais aussi très lourdement armés. Ils voulurent nous prendre nos sabres laser, mais durent vite se rendre à l’évidence qu’il n’était pas très avisé de retirer son arme fétiche à un chevalier Jedi. Redoublant de prudence et nous jetant sans arrêt des regards inquiets, ils nous amenèrent à Tyyol Pragan.

Le leader du nouveau parti Ilatiren était un quarren assez grand, doté de quatre longs tentacules qui pendaient sous son menton. Ses yeux étaient violet foncé et reflétait une grande intelligence. De toute évidence, il n’était pas arrivé là par hasard et ne se laisserait pas faire avoir facilement par nos beaux discours. Les présentations effectuées, Ildara s’avança et pris la parole :

– Vous devez savoir que ce n’est pas parce qu’on est à la tête d’un parti politique que l’on peut faire ce que l’on veut.

– Je le sais très bien.

– Les partis politiques sont des entités qui permettent à plusieurs individus partageant de mêmes idées de se rassembler et de se retrouver dans un organisme qui peut jouer un rôle à l’échelle planétaire et faire entendre leurs désirs auprès des dirigeants.

– Bien entendu, confirma Tyyol.

– Et cela par la diplomatie et la discussion, ajouta Ildara d’un ton ferme auquel le quarren ne répondit rien. Ce que vous faites est à la limite de la légalité et votre parti n’en est pas vraiment un.

– Vous pensez ?

– Oui. Vous forcez vos confrères à réaliser des actes qu’ils n’auraient pas fait en temps normal et ce pour vous faire entendre.

– Lorsque quelque chose va mal et que passer par la manière politique ne fonctionne pas, il faut appliquer un autre stratagème. Faire la grève n’a jamais été illégal à ce que je sache, s’exclama le quarren.

– Non, mais ce sont vos motivations qui ne sont pas claires, répliqua la mirialan.

– Et pourtant. On veut juste que le pourcentage de répartition du minerai extrait par le fruit de notre labeur soit réévalué pour une plus juste donne.

– Et vous en avez fait la demande. Sachez qu’elle est examinée et étudiée en ce moment même. Mais il faut que vous vous rendiez compte que ça ne se fera pas en une heure, expliqua mon ancien maitre.

– Balivernes. Ce n’est qu’un subterfuge. Les Mon Calamari nous font croire qu’ils vont réétudier le cas du métal des mines sous-marines, mais nous savons tous que le pourcentage ne changera jamais. Je me demande comment tu peux trahir ton espèce, fit Tyyol en regardant son compatriote Tundra Dowmeia.

– Je ne trahis personne. Je réfléchis, c’est tout.

– Tu réfléchis ? Et à quoi ?

– À la situation. Vos actions ne sont pas les bonnes. De plus, nous savons tous que vos motivations vont bien plus loin que la simple ré-examination de la répartition du matériau. Votre parti récemment crée est un parti extrémiste qui ne me dit rien de bon et qui ne souhaite qu’une chose, la rupture entre notre espèce et celle des Mon Calamari.

– Où avez-vous été pécher ça ? fit semblant de s’étonner Tyyol.

– Mais sachez que vous n’êtes pas le premier et que vous ne serez surement pas le dernier à vouloir alimenter un conflit pour votre propre profit, continua Tundra. Voyez l’Histoire.

– Vous me décevez, s’enflamma le quarren derrière son bureau. Les Mon Calamari nous exploitent, et l’ont toujours fait, c’est pourtant évident. Pendant que les nôtres se tuent à la tâche dans les mines, les Mon Calamari jouent les guides touristiques en récupérant tout le métal des mines. C’en est assez.

– Vous oubliez que des Mon Calamari travaillent dur dans les chantiers spatiaux en orbite afin de construire des vaisseaux. Ce n’est pas un travail beaucoup plus enviable que le travail dans les mines, il me semble, intervint Loïc.

– Il a raison, confirma le quarren qui nous avait accompagnés. Comparez donc ce qui est comparable. Ah non, vous ne le pouvez pas, sinon vous vous rendriez compte que vous ne faites rien d’utile.

Tyyol devint rouge de colère et vociféra avant de se reprendre. Il nous expliqua en long et en travers ce qui n’allait pas dans sur Mon Calamari. La plupart des vrais problèmes étaient mineurs mais ancrés dans la culture des deux espèces et ne pouvaient se résoudre facilement. Tous les gros problèmes que Tyyol mettait en avant étaient inventés de toute pièce ou alors ne requéraient que peu de choses pour être résolus. Il était évident qu’il n’avait jamais eu la volonté de discuter et notre rencontre n’avait pas vraiment de but. À la fin toutefois, il se trahit et dévoila ce que nous pensions :

– La montée naissante des séparatistes va faire comprendre à la République qu’elle n’est plus celle de son passé. Trop de problèmes ont été mis de côtés et ils vont tous revenir sur le devant de la scène lorsque les séparatistes entreront réellement en action. J’ai déjà pris contact avec un membre des séparatistes qui m’a assuré sa confiance dans cette affaire. Les quarrens ne peuvent continuer à laisser la République plomber notre monde. Je suis sûr que d’autres finiront par voir comme moi et lorsque les séparatistes se montreront enfin au grand jour ils auront le soutien de notre peuple.

– Vous ne voulez en fait qu’une rupture, fis-je, dégouté. Vous ne souhaitez même pas discuter pour essayer de résoudre les problèmes que vous avez mis en avant.

– Ces problèmes seront résolus lorsque la République ne sera plus, déclara Tyyol d’un ton ferme en faisant signe à ses gardes que c’était la fin de l’entretien.


Nous étions rentrés à l’hôtel et nous discutions tous trois de la situation infernale dans laquelle nous nous trouvions lorsque Meena vint nous proposer de l’accompagner manger un morceau au restaurant. Il nous assura que c’était l’un des meilleurs de la planète, son préféré. Nous prîmes donc tous un turbo-bus pour se diriger vers une des plus luxueuses tours du quartier touristique. Le restaurant était situé en hauteur et était tout simplement magnifique. La décoration fine et colorée était très agréable à l’œil, et la disposition des tables était parfaitement étudiée pour que l’on s’y sente à l’aise. Nous commandâmes un repas digne d’un rancor et je me dis que l’addition risquait d’être salée. Pendant les entrées, on discuta de la rencontre avec Tyyol et de son manège pour faire capoter la discussion afin d’arriver à ce cul-de-sac diplomatique. On en vint rapidement à changer de sujet pour oublier le travail et nous parlâmes alors de tout et de rien. De la vie sur Coruscant, de certaines missions jedi non confidentielles à la demande de Meena qui était curieux de connaître la vie d’un jedi, et lui nous révéla une partie de son passé ce qui nous permis de mieux le connaître.

Nous avions finit le dessert et il était temps de partir. Nous quittâmes donc le restaurant et tandis que nous marchions dans un imposant couloir, semblable à une rue, pour rejoindre le turbo-bus, nous plaisantâmes sur certains aspects de la vie du jedi comparativement à celle d’un politicien. Ildara, Loïc et moi en étions venu à apprécier ce Mon Calamari qui avait une répartie assez originale et qui était très intelligent.

La surprise fut presque totale. Un énorme retentissement sonna dans la Force, telle une cloche géante qui aurait tinté à deux mètres de nous. On sauta alors sur Meena pour le pousser sur un côté de la rue tout en portant nos mains à notre ceinture pour atteindre nos armes. Nous ne pûmes jamais les saisir. Une terrible explosion eut lieu et ravagea une bonne partie de la grande artère commerciale. Je ne compris pas ce qui m’arrivait, et comme si je n’étais qu’une poupée de chiffon, je fus projeté contre la façade d’un magasin avec une force terrible. Le choc me causa une douleur sourde et je me vis retomber au sol. Mais je ne l’atteignis jamais.


J’avais sombré dans l’inconscience avant d’avoir pu atteindre le sol. Lorsque mes yeux se rouvrirent difficilement, un mal de tête me labourait le cerveau et j’avais l’impression qu’on y jouait du tambour. Mes sens étaient perturbés et je ne parvenais pas à entendre ce qui se passait autour de moi. Je vis toutefois que c’était la panique et de nombreux Mon Calamari accouraient pour secourir les gens victimes de l’explosion. De nombreux Quarrens en uniforme de sécurité étaient aussi présent sur les lieux à la recherche d’autres engins dangereux.

Je me relevai tant bien que mal et je m’aperçus que Loïc était encore couché au sol sur un mon calamari. Meena Tills. Je me précipitai vers eux pour connaître leur état. Loïc se réveilla alors à mon grand soulagement et m’aida à retourner le calamari. Ce dernier était encore en vie mais respirait difficilement et avait d’importantes brûlures. Une calamari médecin accourut vers nous pour prendre le relai nous assurant qu’il serait rapidement hors de danger une fois transporté aux soins intensifs.

J’en fus heureux, mais je m’aperçus que je n’avais toujours pas vu mon ancien maitre. La Force ne voulut pas répondre à ma sollicitation et je dus la chercher visuellement. Loïc qui avait compris ce que je faisais m’accompagna. Nous pûmes alors contempler les dégâts. Par chance, il n y’en avait pas tant que ça. L’explosion avait eu lieu en plein milieu de l’avenue, et à part quelques façades abimées ou écroulées et des vitrines brisées, seul le sol était noirci et réellement endommagé.

Quatre corps étaient déjà allongés sur des civières anti-grav et recouverts. Nous comprîmes sans mal que c’était là quatre morts. Pendant une fraction de seconde je pris peur en pensant qu’Ildara était peut-être allongée sur l’une de ces civières. Puis, la Force se fit de nouveau entendre, comme pour me rassurer au bon moment, et je pus sentir l’aura de celle que je considérais presque comme ma grande sœur. Je me précipitai vers cette source vitale, Loïc sur mes talons.

L’origine de ce que je ressentais dans la Force se trouvait sous une imposante plaque de métal qui avait due tomber à cause de la force de la déflagration. Je me penchai rapidement pour tenter de la soulever et mon ami fit de même. Mais cette plaque était bien trop lourde pour nous deux. Des quarrens qui virent notre manège s’approchèrent de nous pour savoir ce que nous faisions et en nous priant de rejoindre le service médical.

– Mon maitre est sous cette plaque ! m’écriai-je.

Ni une, ni deux, les quarrens se penchèrent et nous aidèrent à soulever la plaque. Mais cette dernière ne voulut rien comprendre et c’est à peine si nous parvînmes à la soulever de quelques centimètres. L’aura d’Ildara était en train de faiblir et il n’y avait pas de temps à perdre.

– Loïc ! m’exclamai-je en me reculant.

– Poussez-vous, prévint-il en comprenant ce que je voulais de lui.

Les quarrens, dans l’expectative, s’éloignèrent quand même de la lourde plaque de métal en nous regardant étrangement. Nos habits à moitié cramés ne devaient peut-être plus suffire à nous identifier en tant que jedi, mais nos armes à notre ceinture indiquaient clairement notre appartenance.

Je fermai les yeux et me concentrai intensément, sentant que Loïc faisant la même chose à mes côtés. Nous nous laissâmes totalement envahir par la Force tout en nous mêlant à elle. Nous pûmes alors pendant une fraction de seconde voir et sentir tous les êtres vivants de la planète. Cette courte vision n’était certes pas très limpide mais parfaitement enivrante. La fraction de seconde passa bien trop rapidement et nous fûmes déçus lorsqu’elle se ferma à nous. Toutefois nous avions pu récupérer les ressources nécessaires pour mettre en action notre plan.

Tendant la main en avant dans une parfaite synchronisation, nous fîmes appelle à la Force qui répondit parfaitement. La plaque de métal bougea alors lentement en se soulevant, centimètres après centimètres. Lorsque nous jugeâmes qu’elle était assez haute nous la déplaçâmes sur le côté pour la faire retomber dans un grand fracas de métal sur un espace vide de la rue.

Je me précipitai alors vers Ildara pour m’agenouiller à ces côtés comme le firent plusieurs médecins. Je ne comprenais pas ce qui était dit tout autour de moi. Mon corps semblait flottait dans le vide. Je vis Loïc s’écrouler et je compris quand même les deux mots « êtes brulés » avant de m’effondrer à mon tour aux côtés de celle que j’avais sauvé.



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