Je me réveillai le lendemain à l’hôpital. Mes brûlures avaient été traitées au bacta tout comme celles de Loïc, présent sur l’autre lit de la pièce. Un docteur nous apprit qu’Ildara avait carrément été plongée dans une cuve de bacta, tout comme Meena, pour que la totalité de leurs blessures soient guéries. Nous pouvions sortir lorsque nous le voulions, mais il faudrait attendre encore une journée pour qu’Ildara et Meena puissent nous rejoindre.

Nous passâmes les voir et fûmes très satisfait de les savoir en forme après ce tragique évènement. On apprit aussi qu’en plus des quatre morts que nous avions vus, il y avait eu en plus de nous dix blessés au total. Meena nous assura qu’il était maintenant sous la protection de gardes du corps en permanence. Ildara prévint qu’il faudrait s’assurer que ce n’était que des Mon Calamari, ne sachant pas jusqu’au où les hommes de Tyyol avaient pu s’infiltrer. Il ne faudrait pas qu’un des quarrens de la sécurité soient en fait un agent-double. Nous ne perdîmes pas plus de temps et sortîmes pour commencer à vérifier le passé des gardes du corps employés par Meena et enquêter sur qui avait manigancé cet attentat.

Nous passâmes au crible les dossiers des gardes du corps assignés à la protection de Meena Tills, mais nous ne trouvâmes aucune piste susceptible de nous conduire à Tyyol. Il n’y avait en plus que deux quarrens travaillant à la protection de Meena. Nous laissâmes une note comme quoi il faudrait qu’ils soient temporairement écartés après quoi nous épluchâmes l’Holonet et toutes les informations qui nous était possible de trouver pour essayer de savoir qui avait pu poser la bombe.

Nous connaissions bien évidemment l’instigateur de l’explosion, cela ne pouvait être que Tyyol, seul ennemi en cours de Meena. S’il s’en était déjà fait quelques-uns au court de sa jeune carrière, aucun n’avait à lui reprocher quoi que ce soit en ce moment, et surtout, personne n’avait les moyens de mettre en place un tel plan. Nous concentrâmes donc toute notre attention sur Tyyol Pragan et l’Ilatiren. Mais ils savaient ce qu’ils faisaient et après toute la journée de recherche nous n’aboutîmes à rien.

– Nous ferions mieux d’aller manger et de nous coucher. Nous avons encore besoin de repos, et peut-être qu’Ildara aura des idées pour la suite des évènements, fit Loïc.

– Oui, tu as raison, répondis-je. J’espère vraiment qu’Ildara aura quelques suggestions, car je ne sais vraiment pas comment on va bien pouvoir prouver que Tyyol est lié à cet attentat.

On retourna donc à l’hôtel pour y passer la nuit. Au matin, nous retrouvâmes Ildara au restaurant de l’hôtel en train d’engloutir un imposant petit-déjeuner. Nous allâmes Loïc et moi chercher de quoi nous sustenter avant de la rejoindre à sa table.

– Vous êtes déjà là, fis-je, surpris.

– Et oui. Je vous attendais. Vous avez pris votre temps, nous sourit-elle.

– Nous avions bien besoin d’une grasse matinée, expliquai-je.

– Parle pour toi, intervint Loïc. Moi, je suis réveillé depuis des heures.

– Alors pourquoi n’es-tu pas descendu manger un morceau ?

– Je méditais.

– On vous a laissé quitter l’hôpital si tôt ? demandai-je en changeant de sujet.

– Oui. Je n’ai plus rien, tu sais. Et puis, la nourriture y était infecte, avoua-t-elle en croquant vigoureusement dans un croissant.

– Je croyais que ce n’était pas bon pour votre ligne ? m’étonnais-je.

– Après avoir failli mourir, j’ai toujours faim. Tu ne t’en rappelles déjà plus ? fit Ildara.

– Si, bien sûr, fis-je en souriant en repensant à certaines missions avec elle. Mais cela n’empêche pas que vous pourriez mieux choisir vos aliments.

– Tu peux parler. Tu as vu ce que tu manges ? Du chocolat en grande quantité. Ce n’est pas beaucoup mieux. Et puis… Tu trouves que j’ai pris du poids ? questionna-t-elle, tout d’un coup chagrine en jetant un regard sur son corps qui était en tout point parfait.

– Vous êtes resplendissante, intervint Loïc.

– Oh, c’est charmant, merci.

Je jetai un regard noir à Loïc qui me sourit, l’air de rien.

– Je vous trouve aussi éblouissante, maitre.

– Combien de fois devrais-je te dire d’arrêter de m’appeler maitre, me rabroua-t-elle.

Et ce fut peut-être bête, mais j’en conçus une once de jalousie et de honte à l’égard de Loïc. Après un moment de silence pendant lequel nous mangeâmes, Ildara Mayaserana reprit :

– Alors, qu’avez-vous trouvé pendant votre enquête. J’ai eu votre message disant que les gardes de Meena étaient sûrs, mais je n’en sais pas plus. Vous avez quand même réussi à dégoter quelques informations utiles après ça ?

– Hélas non, déclara Loïc.

– On a fait chou blanc, confirmai-je. Il n’y a rien à trouver dans les réseaux légaux.

– Aucune faille ne peut être exploitée. Il faudrait pirater les terminaux de l’Ilatiren pour réussir à extraire des documents compromettants. Mais ils seraient aussi totalement inexploitables devant les tribunaux. Je crains que ce soit dur de remonter à la source de l’explosion.

– Et pourtant, il est assez évident que c’est ce Tyyol le responsable.

– En effet, opina la mirialan à la peau verte.

– Vous avez une idée pour le faire tomber, affirmai-je, connaissant mon ancien maitre.

– Oui. Mais c’est assez risqué. Il faut que l’on s’infiltre dans leur quartier principal pour essayer de trouver des infos exploitables.


Nous nous étions rapprochés un maximum du quartier dans lequel nous nous étions rendus deux jours plus tôt. Il fallait maintenant nous montrer prudent car les quarrens se faisaient nombreux, et étaient surement à la botte de Tyyol. Ildara et moi nous étions vêtus de façon civile et nos sabres laser étaient dissimulés sous nos vêtements. Nous pouvions ainsi passer pour de simples touristes. Loïc Solaris était resté dans les quartiers supérieurs de la ville pour veiller à la protection de Meena.

Lorsque nous pénétrâmes vraiment dans le quartier de Tyyol nous fûmes fouillés. On s’arrangea pour que les gardes qui firent le travail oublient nos armes tout en discutant de divers monuments et corroborer la vision de touristes que les quarrens se faisaient de nous. Nous fûmes alors libres de vaquer à nos occupations. La zone où se tenaient les bureaux de l’Ilatiren était fortement gardée et même si nous ne repérâmes rien de particulier dans la Force, on décida de trouver une autre solution.

Nous fîmes donc le tour des locaux et nous trouvâmes une entrée de service. Bien entendu, elle était gardée et dès que les quarrens présents devant la porte nous virent, ils vinrent vers nous. Pris par surprise en ne sachant pas qui nous étions, ils ne furent guère une menace et nous nous en débarrassâmes facilement. Les laissant inconscient, on leur déroba un pass et on pénétra à l’intérieur des bureaux du parti de Tyyol. Il ne nous fallut pas longtemps pour trouver une console d’ordinateur à laquelle nous nous connectâmes. Nous pûmes copier de nombreux documents et certains forts mystérieux nous révélâmes qu’une ligue anti-mon calamari et anti-république se créait et qu’il y avait l’air d’y avoir quelqu’un d’important à sa tête. Mais dans l’ensemble des documents, certains étaient cryptés et jamais nous ne pûmes trouver le nom de ce haut placé. On espérait qu’une fois les fichiers décryptés ils nous révéleraient qui était à la source de tout ça. Et même si ces informations ne pouvaient être remises aux autorités compétentes, certaines pourraient peut-être révéler des failles légales à exploiter.

Lorsque la copie sur un holodisque du databloc d’Ildara fut terminée nous ne nous attardâmes pas dans le coin et filâmes rapidement. On ne rencontra aucune résistance pour sortir du bâtiment et nous pûmes remonter de quelque niveaux sans être inquiété ni que la Force ne se manifeste. Content de nous, on traversait une zone verte bien fréquentée et composée d’arbres, de fontaines, de bassin, et de diverses sculptures artistiques tout en discutant des documents que nous avions pu trouver.

Un quarren se dirigea vivement vers nous et je sus qu’il se préparait quelque chose. Mais sans que je comprenne ce qu’il se passait je sentis mon corps me lâcher et je m’écroulai. Une terrible douleur avait envahi tous mes muscles et je ne pouvais plus bouger. J’étais comme paralyser au sol, et seule ma tête consentait à se mouvoir. Je la levai donc pour essayer d’observer les évènements. Ildara avait l’air furieuse après le quarren qui s’était dirigé vers nous quelques secondes plus tôt mais ne put le suivre. Une femme lui bloquait le chemin. C’était surement elle qui m’avait paralysé en me prenant par surprise dans le dos. L’ayant tout de suite repérée, mon ancien maitre s’était déplacé sur le côté et avait pris son sabre laser. Mais avant de pouvoir l’activer, la femme aux étranges cheveux d’un violet foncé se déplaça rapidement pour être à portée et d’un coup de pied bien placé éjecta l’arme du jedi des mains d’Ildara. Son sabre voltigea pour finir par tomber dans une des fontaines décorant les lieux dans un plouf sonore.

À la suite de son mouvement, la femme humaine décocha un nouveau coup. Son bras droit, tenant un petit objet noir, surement celui dont elle s’était servi pour me mettre hors d’état de nuire, fendit les airs pour essayer d’atteindre Ildara. Mais la mirialan fut plus rapide que la femme aux cheveux violets et esquiva. D’un bel enchainement, elle la prit au bras et le lui tordit violemment pour la forcer à lâcher son objet, ce qu’elle fit, et voulut le lui briser. Mais celle qui nous avait attaqué n’était pas née de la dernière pluie, et avait l’air plutôt douée, car elle parvint à se sortir de cette mauvaise posture. On n’attaquait pas deux jedi sans être sûr de ses capacités. Ildara bloqua deux coups et écrasa l’objet noir en reculant pour se mettre hors de portée de la femme qui nous avait agressés.

Celle-ci sourit et je me rendis compte bien malgré moi qu’elle était fort charmante. Elle avait un visage dur et sévère mais attirant malgré tout et des formes généreuses. De plus, elle semblait être assez jeune et pourtant cette situation avait l’air de lui plaire malgré le fait qu’il était risqué de s’attaquer à un jedi, même désarmé. Alors lutter face à lui au corps-à-corps était plutôt inconscient. Des passants ayant aperçu cette altercation avaient fuis sans demander leur reste, alors que certains badauds étaient restés, bien qu’assez éloigné de la zone de combat, pour assister au spectacle.

Les deux femmes tournaient lentement l’une autour de l’autre, se jaugeant. Ildara n’avait pas l’air de prendre à la légère la femme qui l’avait désarmé. Elle demanda :

– Qui êtes-vous, et que voulez-vous ?

– Ce que je veux ne regarde que moi et mes employeurs. Et je ne dis pas mon nom aux gens que je compte voir mourir.

– Vous faites une erreur. Vous n’avez aucune chance.

– Vraiment ?

– L’arme que j’ai voulu activer tout à l’heure n’est pas une arme de décoration, prévint Ildara. Même si je suis habillé en civile, je suis chevalier jedi.

– Je sais, fit la chasseuse de prime en souriant et en passant tout d’un coup à l’attaque.

Ildara para le coup de poing et bloqua le coup de pied qui suivit. Elle repoussa comme elle put la femme aux cheveux violets et enchaina par des attaques rapides. Ces attaques n’avaient pas pour but de défaire son adversaire mais de juger de son niveau des arts du combat aux corps-à-corps. Et je dus admettre que celle qui nous avait agressés savait y faire. Elle esquiva ou para les coups sans trop de problèmes. Et chose surprenante, elle parvint à retourner la situation en sa faveur.

Ildara ne fut surprise qu’un court instant et le combat monta en intensité. Les deux femmes étaient très douées et les coups pleuvaient. Les quelques touristes et locaux spectateurs étaient ravis. Mais je sentais dans la Force qu’Ildara ne s’en servait pas vraiment, à peine pour lire les attaques adverses, ce qui me surprit. Lors d’un court arrêt la chasseuse de prime lança :

– Les jedi sont habituellement plus doués que ça.

– Habituellement ? Vous vous battez souvent en un contre un face à des jedi ? voulut savoir Ildara.

– Ça m’arrive, sourit l’humaine. Je trouve ça plaisant.

– Nous allons voir si vous allez continuer à trouver cela plaisant dans un instant, fit mon ancien maitre en repassant à l’assaut.

Je compris immédiatement que cette fois-ci elle avait décidé d’utiliser la Force pour à la fois être plus rapide mais aussi porter des coups plus puissant. Et la femme aux longs cheveux violets en fut pour ses frais. Bien qu’elle parvienne à parer les coups, on voyait très clairement qu’elle était débordée et qu’elle ne pouvait pas faire grand-chose. Je sus que le combat allait être terminé dans peu de temps.



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