Loïc revint avec la confirmation de ce que nous pensions. La description de ceux qui avaient enlevé Tundra correspondait parfaitement à Khaleen et Grakko. Il était donc évident que c’était Tyyol qui avait manigancé tout ça. Il ne s’attendait pas à ce que ses chasseurs de prime laissent de survivant. Mais pourquoi avoir capturé le quarren ? Là était la question. Même en sachant que si tout s’était bien passé il n’y aurait pas eu de témoin, il devait se douter qu’on devine que c’était lui qui était derrière l’enlèvement. Ce Tyyol, qui avait pourtant l’air très intelligent, venait de commettre une erreur. Après avoir un peu discuté de la question, Ildara lâcha :

– Il faut que vous pénétriez dans le QG de Tyyol et que vous sortiez Tundra de là.

Meena, Loïc et moi restâmes sans voix.

– Quoi ? fis-je.

– Loïc et toi, vous allez faire ce qu’on a fait. Vous pénétrez dans l’immeuble où se terre Tyyol, vous trouvez Tundra et vous l’extradez tout en prenant les informations qui nous ont été volés.

– Mais c’est de la folie ! protesta Loïc.

– Je suis bien d’accord avec lui, opinai-je.

– Il me semble aussi que ce plan est risqué, osa Meena Tills.

– Mais c’est le meilleur que nous avons. Je sais que ce n’est pas vraiment légal, mais je crains que Tundra ne soit tué au final. N’oubliez pas qu’ils n’y ont pas été avec le dos de la cuillère pour tenter de tuer Meena. Pourquoi voudraient-ils s’embarrasser de Tundra ? La seule explication, c’est qu’il détient quelque chose qu’ils veulent, une information surement, et qu’ils vont le torturer pour l’avoir, puis ils le tueront. C’est aussi simple que ça. Et nous perdons du temps à discuter alors que nous pouvons agir.

– Mais, et Meena ? voulus-je savoir.

– Je le protégerais, déclara la mirialan.

– Mais vous ne tenez pas debout, protestai-je.

– Bien sur que si, fit-elle en sortant du lit et en se mettant sur ses pieds. C’est plutôt toi qui n’es pas encore remis. Tu veux peut-être qu’on échange les rôles ?

– Ça va, ça va, capitulai-je, en me levant. On va faire selon ce plan.


Loïc et moi étions déjà dans le quartier principal de l’Ilatiren. Nous étions passés par des turbo-ascenseurs en panne pour arriver dans une zone peu fréquentée. Nous essayâmes de passer inaperçus tout en avançant vers les lieux où devait se trouver Tundra. Si l’astuce du touriste avait très bien marché la première fois, elle ne pouvait pas fonctionner une seconde fois. Tyyol ayant dû envoyer notre description à ses hommes.

– Elle a son caractère, fit Loïc en parlant d’Ildara tandis que nous marchions.

– Ça, c’est sûr. Elle peut être très douce, et l’est la plupart du temps, mais peut aussi avoir ce qu’elle veut quand elle est déterminée. Son caractère est assez particulier et elle a une personnalité très riche.

– Je m’en rends compte. Et elle doit être très douée avec la Force ? me questionna mon ami.

– Oh oui. Je crois que je suis plus puissant qu’elle, si on parle en puissance brute. Par exemple, je pense que je pourrais envoyer une vague d’énergie plus forte qu’elle si ça pouvait être utile à quelque chose. Mais son utilisation de la Force est bien plus complexe que la mienne. Elle s’y intéresse bien plus qu’au combat par exemple et la connait donc mieux. Elle peut faire des choses qui me sont difficilement accessible. Et pourtant, elle m’assure que je suis doué à ce niveau là et que je sais me représenter les choses facilement, ce qui m’aiderait pour employer des pouvoirs assez originaux.

– Ah ?

– Ouais. C’est d’ailleurs à ça que je m’entrainais sur Rhen Var, entre autres choses. Mais pourtant je n’ai jamais réussi à atteindre son niveau dans l’art des soins.

– Et donc elle est moins forte au sabre laser ?

– Tout dépend de ce qu’on entend par moins forte, fis-je en souriant. Elle a une bonne maitrise de son arme mais il ne lui viendrait jamais à l’esprit de le perfectionner autant que Mace Windu ou qu’Eeth Koth. Son style coulé et fluide est de toute façon très utile face aux lasers que nous affrontons tous les jours, donc elle ne cherche plus vraiment à l’améliorer. Par contre, de ce fait, en duel il est vrai qu’elle a quelques faiblesses, que moi-même j’aperçois, notamment grâce à l’enseignement d’Eeth Koth.

– Je vois, fit Loïc qui devait surement comprendre un peu mieux mon ancien maitre avec tous ces éléments.

Avant d’atteindre les locaux du parti politique crée par Tyyol, je lui fis part de ma théorie sur le fait qu’Ildara soignait avec plus d’entrain les êtres qu’elle connaissait plus que les autres en lui donnant un exemple concret basé sur mon expérience. Il en vint à me dire que c’était logique et me donna son point de vue sur la question, tout en m’expliquant un peu son lien assez étroit avec Rocka.

Il ne put aller bien loin, nous étions arrivés. Nous prîmes exactement le même passage qu’Ildara et moi avions pris pour pénétrer les lieux quelques heures plus tôt. La sécurité y avait été renforcée et les gardes présents étaient plus nombreux. Mais ils ne comprirent jamais qui étaient ces deux tornades qui s’abattirent sur eux pour les envoyer au pays des rêves.

On décida d’entrée de jeu de se séparer. Loïc allait devoir chercher des ordinateurs pour récupérer des fichiers compromettants tandis que j’allais m’occuper de sauver Tundra. Loïc m’assura qu’il ferait vite et qu’il me rejoindrait sitôt qu’il aurait terminé. Il est vrai que la garde autour de Tundra devait être assez impressionnante et son aide me serait surement fort utile.

À l’aide de la Force, je me dirigeai dans le complexe. Je faillis être repéré à de nombreuses reprises, ce qui me donna une idée. Le meilleur moyen de rester cacher était de passer par les conduits d’aération. Entrant dans une petite pièce, je retirai une grille de protection pour y entrer. C’était étroit mais je pouvais quand même me déplacer avec assez de facilité même si lentement, étant donné que j’étais plus ou moins couché et que je devais ramper.

Il ne me fallut toutefois pas longtemps pour trouver la cellule du Quarren que j’étais venu chercher. Mais il n’était pas seul. Je parvins à repérer Grakko et Tyyol. Ils parlaient :

– Pourquoi veux-tu aider la République ? demanda Tyyol. Ne vois-tu pas qu’ils n’ont d’yeux que pour les Mon Calamari.

– Tu trahis ton espèce, renchérit Grakko. Tu n’es qu’un sale traitre.

Tundra n’entra pas dans leur manège en restant silencieux. Cela ne fit qu’énerver encore plus ses deux bourreaux.

– Les Mon Calamari se croient supérieurs à nous. Alors que c’est l’inverse ! Nous sommes tous les deux originaires d’une planète composée quasiment uniquement d’océan, et qui est l’espèce la plus à même de survivre dans ses eaux ? Nous ! Les Mon Calamari ne pourraient survivre sans leur cité. Cités qu’ils ont construites avec notre minerai. Extrait par nos mains.

– La République n’a pas le regard juste sur la situation, ça devrait pourtant te sembler évident, fit Tyyol. Tout ce qu’à dit notre compatriote est vrai. Tu ne peux dire le contraire. Et pourtant, nous sommes traités comme des moins que rien. Tout cela sera bientôt fini, je peux te l’assurer !

Sur ce, les deux quarrens quittèrent la pièce laissant leur frère seul avec ses liens électromagnétiques. J’attendis un moment pour m’assurer que personne ne risquait de revenir avant de défaire la grille par laquelle j’avais suivit la scène. Tundra fut très surpris et soulagé de me voir.

– Ne perdons pas de temps, je vais vous sortir de là, dis-je en descendant du conduis pour me laisser tomber dans la pièce.

Mais un problème se posait à moi. Aucun mécanisme ne permettait de couper le système d’entraves retenant celui que j’étais venu secourir. Je dus recourir à la manière forte. Activant mon arme, je détruisis les dispositifs projetant les liens.

– On va repartir par la ventilation, fis-je en soulevant le quarren avec la Force.

Une fois à l’intérieur, je le suivis à mon tour. Je replaçai la grille tout en me disant que les prochaines personnes qui rentreraient dans la pièce allaient être très surprises de n’y trouver personne. Nous sortîmes des conduits d’aération pour arriver dans le débarras par lequel j’étais rentré quelques minutes plus tôt.

Dès que j’ouvris la porte menant dans le couloir, la Force me prévint. Activant mon arme en une seconde, je vis la menace. Tundra se cacha comme il put dans la pièce remplit de foutoir tandis que je sortis pour faire face à mon adversaire. Étrangement, elle était seule. C’était la chasseuse de prime qui avait attaqué Ildara qui se tenait là, au milieu du couloir, les bras croisés.

– Range ton arme, jedi. Et voyons ce que tu vaux réellement.

Je fis mine de réfléchir. Avant de demander :

– Et pourquoi je ferais une chose pareille ?

– Pour l’honneur. Ne connaissez-vous pas cela, vous autres les jedi ?

– Bien sûr que si, fis-je.

– De vrais combattants se jugent sur leur manière de se battre. Et rien ne vaut un combat à main nue pour ça. Les autres méthodes ne sont pas aussi efficaces.

C’était risqué, mais je devais avouer que c’était tentant. Avec la Force comme allié, il ne pouvait rien m’arriver. Je posai quand même une condition :

– J’accepte. Mais, continuai-je devant son sourire. Si je gagne, je peux repartir sans être inquiété, avec mon ami et Tundra Dowmeia.

– Si tu veux. Mais il est interdit d’utiliser tes pouvoirs, et si tu perds, sache que je me ferais un plaisir de te tuer à petit feu.

Je ne répondis pas et désactivai mon sabre laser. Je le posai au sol, puis me mis en garde en me rapprochant de mon adversaire.

– J’espère que tu es plus doué que la poufiasse de tout à l’heure, me railla-t-elle.

– Vous pouvez parler. N’est ce pas vous qui avez sorti une arme ?

Je vis que j’avais touché un point sensible à sa grimace et le combat débuta. Immédiatement, je m’aperçus qu’elle était rapide, presque féline. Ses mouvements étaient gracieux et habiles. Elle me rappela Sarah Durden dans ses gestes. Nous n’avions pas encore réussis à portés de réels coups mais les parades et les esquives étaient nombreuses. Par respect pour elle, je n’utilisai pas la Force comme elle l’avait demandé et comme Ildara l’avait fait avant moi, ou comme je le faisais lorsque je jouais au sabacc. C’était assez inexplicable et certes dangereux, mais l’honneur d’un combattant était très important. Je crois que seuls de vrais combattants peuvent comprendre cet état de fait.

Mais je dus aussi admettre que cette Khaleen était très douée. Après un bon début de combat, j’étais maintenant dominé.




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