– On sait lorsqu’un jedi utilise ses pouvoirs ou non, intervint la femme aux cheveux violets entre deux échanges de coups avec un sourire au visage. Sans eux, vous êtes si faibles.

– Je peux quand même vous battre sans pouvoir !

Et le combat reprit de plus belle. Je devais admettre que cette femme était très forte et qu’elle m’aurait surement battu sans la Force. Car même sans l’utiliser délibérément, un jedi utilise ses pouvoirs inconsciemment, comme pour anticiper de quelques microsecondes certaines actions. Cela aidait forcément. Un combattant qui n’avait pas la Force comme allié devait compter uniquement sur un entraînement rigoureux et une parfaite maitrise des combats pour pouvoir rivaliser.

Les minutes s’écoulaient et je me rendis compte que l’on pouvait être repéré à tout moment. La destruction des entraves avaient dû activer une alarme silencieuse. Il fallait donc que j’en finisse au plus vite. Je laissai la Force couler en moi. Je sentis alors que Loïc avait des ennuis. Il s’était surement fait repérer. Je sentis Tundra, inquiet. Et je pus deviner bien mieux les gestes de mon adversaire tout en devenant bien plus rapide. Je repris donc l’avantage mais Khaleen s’aperçut de la supercherie. Elle fit le même mouvement que contre Ildara. Attendant un gros coup de poing qui fendit l’air en me déstabilisant quelque peu, elle se pencha vivement de tout son corps comme pour s’aplatir au sol en l’esquivant. En se relevant, elle me donna un puissant coup de pied qui me fit reculer de quelques mètres.

Profitant de cet intervalle, elle plongea à nouveau sa main dans sa botte avec une vivacité qui me surprit. Elle ressortit le pistolaser dont elle s’était servie pour tirer en direction d’Ildara. Sauf que cette fois-ci, elle le pointa droit sur moi. Je réfléchis rapidement aux solutions qui m’étaient offertes. Il n’y en avait pas des masses. L’esquive était impossible dans ce couloir ridicule. Ayant bien reculé de ma position originale, mon sabre laser se trouvait trop loin de moi pour le faire revenir et l’activer à temps pour parer le laser qui m’était destiné. La seule et unique solution que je voyais consistait à courir un très gros risque.

Mes deux années sur Rhen Var m’avait permis de faire beaucoup de choses. M’entrainer au combat, jouer au sabacc, m’assagir, apprendre le passé de la République et des Jedi plus en détail, notamment les évènements des Guerres Sith, mais aussi et surtout, ce séjour m’avait permis d’en apprendre plus sur la Force et de développer un nouveau pouvoir. C’était un pouvoir très rarement employé et très compliqué à utiliser mais qui m’avait tout de suite emballé. Il requérait toutefois une grande maitrise de la Force et de son fonctionnement. De plus, il était évident que l’on devait se servir de ce pouvoir qu’une fois parfaitement préparé. Ce que je n’étais pas. Mais je n’avais pas le choix, c’était ma seule chance, même si ce pouvoir n’était pas encore au point.

Khaleen tira. Je vis le laser rouge se diriger vers moi. Je n’avais pas beaucoup de temps. Me concentrant sur ce que j’avais à faire et espérant de toutes mes forces que cela fonctionne, je mis ma main droite en avant. D’une pensée, je déployai ce pouvoir. Le résultat fut étonnant. Une sorte de mur d’énergie pure d’une couleur bleu-vert très clair se créa devant moi. Le laser vint s’y écraser dans un petit et étrange bruit. Khaleen n’en revenait pas et resta surprise quelques secondes. Mais elle se reprit rapidement et tira de nouveau lorsque je sentis dans la Force que quelque chose n’allait pas. Mon Bouclier de Force n’allait pas tenir bien longtemps. Je fus heureux d’entendre Loïc arriver derrière moi. Il put voir le second laser venir s’écraser sur mon mur d’énergie. Mais suite à cela, ce bouclier de Force disparut et je sentis un vertige venir. Utiliser ce pouvoir, qui était loin d’être au point, associé au fait que j’avais fourni à gros effort en aidant Ildara à sauver un individu à peine une heure plus tôt m’avait complètement vidé.

Kaleen, voyant qu’un nouveau jedi, arme à la main, était apparut, s’en alla d’un pas rapide. Je titubai alors que mon ami passait à côté de moi. Il me retint en me demandant :

– Ça va ?

– Ouais, ça devrait aller, fis-je en reprenant mes esprits. C’était la toute première fois que j’utilisais mon Bouclier de Force en situation réelle, fis-je pour m’expliquer. Et après avoir sauvé la vie de quelqu’un, ça ne m’aide pas pour rester en forme.

– Je comprends bien. Bouclier de Force, hein ? En tout cas, c’était très impressionnant.

– Mouais. Mais si je ne le maintiens que deux secondes, ça ne sera pas impressionnant très longtemps.

– Effectivement. Mais tu as tout ton temps pour le perfectionner, ton petit pouvoir. Moi, je préfère m’en tenir au sabre. Où est Tundra ?

– Dans cette pièce, lui indiquai-je en montrant du doigt.

Loïc fit sortir le quarren et revint vers moi, toujours affaissé contre le mur.

– T’es prêt pour sortir de là ?

– Ouais, laisse-moi encore quelques secondes.

– T’es marrant, mais on les a pas.

– Et toi, tu as trouvés des infos utiles ?

– Non, rien. Ils ont dû détruire toutes les données qui auraient pu nous servir. Mais par contre, je suis tombé sur la cantina entière, et les occupants doivent pas être loin derrière moi…

– Allons-y, fis-je d’un coup.

– Je n’attendais que ça, me sourie Loïc.

Nous croisâmes quelques quarrens belliqueux mais nous parvînmes à sortir sans trop de problème. On se dirigea alors rapidement vers le turbo-ascenseur abandonné par lequel nous étions arrivés à ce niveau de la ville. Aux alentours de cet élévateur, il n’y avait personne, et nous pûmes donc revenir dans les quartiers Mon Calamari sans soucis.


Les autorités avaient été mises au courant et investirent le bâtiment de Tyyol Pragan avec un mandat en bonne et due forme et avec un ordre d’arrêt pour enlèvement, séquestration et attentat sur la personne. Mais ils ne trouvèrent que des locaux vides. Des témoins avaient vu deux querrens et une femme aux cheveux violets prendre un vaisseau au spatioport. Bien entendu, ils avaient fuis la planète sitôt leur plan échoué. L’ordre d’arrêt pour Tyyol était toujours valide et fut diffusé sur l’Holonet. Les fiches de Grakko et Khaleen Hentz furent mises à jour pour prendre en compte les évènements qui venaient de se dérouler. Mais je ne pensais pas que cela allait changer grand-chose. La galaxie était vaste et les chasseurs de prime savaient parfaitement esquiver les autorités ou ceux qui pouvaient bien les chercher.

Une attaque avait eu lieu contre Meena pendant que Loïc et moi étions en train de secourir Tundra. Ildara n’avait pas eu de mal à la défaire et on se rendit compte que ce n’était même pas des mercenaires qui avaient été envoyés mais de simples mineurs quarrens. Cette action avait tout d’une action désespéré, ce qui était étrange après la pose d’une puissante bombe et l’enlèvement d’une personne protégée. Ildara pensait que ce n’était qu’une feinte pour nous faire rabaisser notre attention tandis qu’une action plus importante aurait surement été mise en place par la suite. Maintenant que Tyyol et les deux chasseurs de primes étaient en fuite, cela n’avait que peu de chance de se produire.

Je repensais à ce que ce quarren avait dit sur le fait que la République était en train de connaître divers maux. Il m’arrivait d’y croire par moment. Lorsque je voyais que la situation galactique était au plus mal, je me disais que Tyyol Pragan n’avait peut-être pas tout à fait tort. De nombreux problèmes dont souffrait la République avaient été longtemps mis sous silence et ils resurgissaient maintenant, presque tous en même temps.

Nous fîmes notre rapport au Conseil par voie holographique. Un conseil assez diminué étant donné que beaucoup de maitres étaient partis en mission, preuve s’il en était que la république n’allait pas très bien.

– Les quelques dépositions que nous avons ne concernant que Tyyol Pragan, le parti politique Ilatiren ne risque pas d’être menacé, déclara Mace Windu.

– C’est incroyable, lâchai-je. Nous sommes pourtant sûrs qu’ils sont derrière tout ça.

– C’est fort probable, en effet, s’exclama Eeth Koth. Mais je pense de toute façon que sans leur leader, ce parti récemment créer risque de perdre de l’importance et de se faire oublier.

– Oui, oui, maitre Koth a raison, confirma le maitre Yoda. Ce parti déstabilisé est maintenant.

– Ce qui est plus grave par contre, c’est la perte des fichiers que vous aviez réussis à voler. Ils devaient surement contenir des informations importantes pour qu’une action si rapide soit mis en place en vu de les récupérer, fit le céréen Ki-Adi Mundi.

– Effectivement, opina Plo Koon.

– Les seules informations que nous avons eu le temps de lire concernaient une sorte de création de ligue clairement anti-Mon Calamari et anti-République, déclarai-je. Cette ligue avait tout l’air d’être très proche des séparatistes et dirigée par quelqu’un d’important et de haut placé.

– Avec prudence il nous faut réfléchir, fit le jedi multi-centenaire du Conseil. Aucune preuve pour étayer cela nous avons.

– Mais nous les avions ! fis-je, dégouté.

– Certes, mais ce n’est pas une raison pour agir dans la précipitation, expliqua Mace Windu. Nous savons maintenant que quelque chose se prépare du côté de Mon Calamari et nous allons rester vigilants sur l’évolution de la situation. Mais tant que nous n’avons rien de concret qui puisse être utilisé légalement, nous ne pouvons rien faire.

– Bien sûr, confirma Ildara.

– Nous voulons que tu restes encore deux jours sur Mon Calamari, maitre Ildara, afin de veiller sur Meena Tills et Tundra Dowmeia. Même si nous pensons qu’ils ne risquent plus rien maintenant, c’est plus prudent ainsi. Par contre, nous avons une autre mission à confier à Alex Raziel et Loïc Solaris.






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