Chapitre 17


Bip bip bip…

La petite alarme signalant la sortie automatique de l’hyperespace retentit et me sortit de mon léger sommeil. Reprenant en main les manettes de commande de mon vaisseau, je me préparai à retrouver les étoiles lointaines et un soleil à travers mon cockpit.

Une fois que le tunnel bleuté de l’hyperespace disparut, je réactivai les systèmes de communications. Alors qu’ils se mettaient en route, le petit droide astromécano, depuis son slot à bâbord, émit quelques sifflements, et la traduction en langage basic s’afficha sur un écran sur mon tableau de bord.

– Troiken se situe à une vingtaine de minutes devant nous, fis-je à Alex par l’intercom.

– J’ai vu. Ils sont bien pratique ces Delta-7, facile à prendre en main, me répondit-il.

– L’hyper-propulsion laisse un peu à désirer, dis-je après avoir fait se détacher le système d’hyperespace du vaisseau.

– Ouais, on aurait aussi pu arriver plus près de la planète.

Envoyés pour une nouvelle mission sans véritable briefing de la part du Conseil, car la moitié des maitres y siégeant étaient absent, nous devions retrouver sur Troiken, planète de la Bordure Extérieure, sur la route commerciale de Perlemia, Kit Fisto et son padawan Troda. Ils étaient dans ce secteur, entre Quermia et Troiken, pour régler un conflit entre ces deux planètes, conflit qui existait à peu près depuis plusieurs milliers d’années. Malheureusement, ils ne parvenaient pas à résoudre ces affaires correctement, ils avaient besoin de plus de diplomatie, chose que nous n’étions pas vraiment sûr de pouvoir apporter. Si cela se terminait comme sur Mon Calamari…

– C’est quand même un peu le bordel en ce moment, me fit Alex au bout de plusieurs minutes de silence.

– Au point de pas avoir de transport, assez oui. On a eu de la chance que le Conseil nous autorise exceptionnellement à conserver ces deux Delta-7.

– En plus qu’il n’en reste plus beaucoup de disponible…

– Tachons de régler cette affaire rapidement pour les rendre au plus vite.

– Il nous reste encore dix minutes pour arriver à Troiken… quelle perte de temps.

Discutant des Séparatistes pendant cinq minutes, puis du comte Dooku le temps restant, nous nous laissâmes diriger par nos droides vers la dangereuse planète de Troiken.

En effet, mis à part la région de l’équateur, le reste de la planète était en général recouvertes de jungles et de toundra abritant de très dangereuses espèces animales. Les déserts et montagnes n’en étaient pas moins dangereux. Toutes les villes se trouvaient tout le long de l’équateur. C’était d’ailleurs à la capitale, Veterned, que nous étions en train de nous poser après avoir longtemps attendu l’autorisation.

La ville nous parut plutôt simple pour une capitale, mais elle était tout de même assez impressionnante de par la superficie qu’elle occupait. Le spatioport, grâce à la route commerciale, était très développé. Il était ainsi très impressionnant lui aussi.

Une fois posé au bon endroit, nous pûmes atteindre le grand hall du spatioport où nous retrouvâmes comme prévu Kit et Troda. Ils pouvaient passer assez inaperçu ici, au milieu des Xexto. Troda en étant un, et Kit ayant la peau verte, passait plutôt bien. Alex et moi faisions vraiment touristes sur cette planète.

Après s’être salué, Kit Fisto passa directement à l’ordre de mission :

– Ça va prendre un peu de temps à tout raconter, et il y a une réunion à laquelle nous devrions participer dans peu de temps, allons-y, et je vous raconte en route. Bien, alors…, reprit-il une fois sortis du Hall du spatioport et que nous nous dirigeâmes à travers plusieurs avenues vers le lieu de rendez-vous. Depuis des millénaires, les Xextos et les Quermiens ne s’entendent pas très bien, à cause d’une origine commune. Je n’entre pas plus dans les détails à ce sujet, mais ce qui arrive aujourd’hui découle de ça. Sur Troiken, une ligue anti Quermien à été créé, la LiXAQ. Sur Quermia, la LiQAX fut créé peu de temps après. C’est sur ces ligues que nous devons enquêter, les tensions entre les deux mondes proviennent de là, assurément. Avant votre arrivée, nous avons trouvé le « siège social » de la LiXAQ, et avons appris en posant quelques questions par-ci par-là qu’une réunion s’y tiendra d’ici, hum, quelques dizaines de minutes.

– Le but est de s’informer sur ces deux ligues étrangement similaires, et de trouver quelque chose dans le genre « conflit organisé » ?

– Si nous ne trouvons pas, ce serait plutôt une bonne chose, non ? fis-je en répondant à Alex. Il vaut mieux tomber sur deux ligues créées légalement et librement que sur deux ligues qui servent des desseins pas très clairs.

– La tension entre les deux peuples est plus forte que d’habitude, fit Troda du haut de ses un mètre quarante. Je ressens un conflit supérieur à ce que nous voyons qu’avec nos yeux.

– Tout cela ne me dit rien qui vaille, en répondit Alex.

– Soyons juste sur nos gardes, fit le Nautoléen.

Nous n’eûmes aucun mal à entrer à la ligue, il suffit d’une petite persuasion sur le garde de l’entrée, de lui dire que si nous participions à cette réunion, nous pourrions en faire de la pub dans toute la galaxie.

Il était idiot, car cette réunion, qui faisait plutôt conférence, était retransmise sur l’Holonet. Du fait aussi, les xexto parlaient en basic, ce qui nous arrangeait bien. Enfin pour ce que l’on arrivait à entendre, ce n’était peut-être pas la peine. Le chef de la ligue, un xexto à l’allure tout a fait banale (en même temps, il n’était pas vraiment facile de reconnaitre un xexto parmi d’autres pour un humain), ne faisait que réciter une liste de méfaits commis par les Quermiens à leur encontre depuis quelques milliers d’années, insistant aussi sur la faiblesse d’esprit des quermiens, ou leurs attitudes soi-disant mauvaises.

Il appelait en fait les xextos à clairement persécuter les quermiens sur leur planète pour les pousser à partir, alors qu’ils venaient pour des raisons commerciales ou diplomatiques. À chaque parole du chef de la ligue, les xexto de la salle criaient de joie, ou acclamaient le beau parleur…

– Si nous ne trouvons pas de solution rapide, ça risque de très vite dégénérer, et on ne pourra pas revenir en arrière, fit Troda à la fin de la conférence.

– Quand ils seront tous partis, nous parlerons à ce chef, nous dit Kit Fisto en croisant les bras.

C’est au bout de dix interminables minutes que tout le monde fut enfin sorti. Seul restait ce chef de la ligue qui ramassait avec ses quatre bras tout plein de papiers divers pour les empiler dans deux mallettes différentes.

– Estè Go, l’interpella Kit Fisto qui connaissait déjà le nom du chef de la ligue.

– Des jedi, fit-il en écarquillant un peu plus ses grands yeux noirs.

– Nous aimerions vous parler, continua le maitre jedi.

– Vous êtes bien nombreux si loin de Coruscant, et je me demande en quoi je peux vous aider ?

– Nous aimerions vous poser des questions, sur vous et au sujet de la ligue.

Pendant près d’une demi-heure, c’est Kit Fisto seulement qui posa les questions. Alex et moi nous demandâmes à quoi nous pouvions bien servir ici du coup. Mais nous laissâmes le temps passer en écoutant les sornettes d’Estè Go. C’était clairement un fanatique qui rêvait de voir Troiken indépendante, et surtout sans présence de quermiens sur la planète.

Mais de ses mots, nous n’apprîmes rien de particulier. Il fallut parler de la LiQAX pour trouver une petite piste. Il connaissait très bien le leader de la ligue de quermien, c’était soi-disant un ami à lui. Ce qui était très étrange pour ce xexto d’avoir un ami de Quermia. Plus étrange encore, il nous proposa d’aller le rencontrer, à un bar de la ville.

Sans hésiter, Kit Fisto accepta, et nous suivîmes donc Estè dans la ville jusqu’au petit bar, pas trop loin du spatioport d’ailleurs, qui se nommait… pas en fait. L’écriture et le nom était d’origine xexto, et n’avait aucune transcription basic.

Nous entrâmes rapidement, traversâmes tout du long le bar jusqu’à une salle dîtes privée, où le xexto entra sans frapper ni faire de signe particulier. À l’intérieur, il y avait déjà ce fameux quermien qui attendait, un verre à la main. Il tourna sa tête vers nous quand nous entrâmes, et fut surpris de nous voir si nombreux.

Mais il nous laissa nous installer sur de petits fauteuils autour d’une table basse. Après qu’Estè eut expliqué rapidement la raison de notre présence, nous commençâmes à discuter. Une nouvelle fois, c’est Kit Fisto qui mena cette discussion :

– J’imagine que vous êtes donc le leader de la LiQAX, fit Kit en prenant ses aises.

– En effet, répondit d’une voix calme le quermien. Je me nomme Halraèl Joxon.

– Ravi de vous rencontrer Halraèl. Donc… Dîtes-moi, j’aimerais éclaircir un point immédiatement.

– Nous vous écoutons, fis Estè.

– Vous êtes des amis, pourtant vous êtes chefs de ligues totalement opposées, et vous cherchez l’un l’autre à ce que vos peuples se rebellent contre vos cousins. Pourquoi ?

Le xexto commença à s’énerver. Son expression du visage était claire. Il se releva de son siège, tapa sur la petite table basse de ses deux poings de ses membres inférieurs, et des deux autres, il fit craquer ses doigts :

– Les xexto et les quermiens ne sont pas cousins, cria-t-il en insistant sur le pas.

– Calme-toi, Estè, fit juste le quermien d’un léger mouvement de la main.

– C’est à cause de vous que nos peuples se querellent, continua le xexto envers le nautoléen.

– Et vos ligues sont censées rétablir ce problème, peut-être ?

– Pourquoi pas, rétorqua Esté en croisant ses deux paires de bras.

– Que cherchez-vous à provoquer, demanda encore Fisto.

– Mon frère, répondit le quermien, avait un idéal. Il était prêt à tout pour le voir se réaliser. Il souhaitait que quermien et xexto vivent en parfaite harmonie. Mais il savait que ça ne pouvait se faire qu’avec une prise de conscience des deux peuples.

– Il a commencé d’abord à vivre sur Troiken, reprit le xexto, en se rasseyant. C’est à ce moment que nous nous sommes rencontré. Nos points de vue se sont vite retrouvés similaires. J’ai décidé de l’aider. Nous avons donc commencé à vouloirs créer une organisation qui relierait les deux peuples.

– Malheureusement, continua Halraèl, mon frère mourut suite à un accident, à bord de son vaisseau privé. Il n’a jamais pu voir ce projet aboutir.

– Me retrouvant seul, j’ai pris contact avec Halraèl, j’étais persuadé qu’il m’aiderait à la place de son frère, il m’avait tant parlé de lui…

Je remarquai un sourire sur le visage du quermien. Il semblait heureux d’entendre ce genre de chose.

– J’ai tout de suite adhéré à l’idéal de mon frère. Estè m’a expliqué comment ils prévoyaient de procéder, et je me suis investi corps et âme.

– Et donc, reprit Kit Fisto, je connais le but final, mais vos méthodes ?

– Provoquer des révoltes sur chaque planète, la politique s’en mêlera, trouvera un moyen d’arranger les choses. À ce moment, nous inverserons les rôles. Au lieu d’inciter à la révolte, nous demanderons à faire confiance à l’autre peuple, révéla le xexto.

– Ça marchera d’après vous, demanda Fisto au quermien.

– J’en suis persuadé. Mon frère n’aurait pas permis ce projet s’il ne pouvait pas être mené à bien.

– Je vois… il n’y a donc pas de problème. Nous allons vous laisser et prendre congé.

– Mais, Kit, fit Troda.

– Nous partons, c’est tout, coupa le jedi à la peau verte.

– Pardonnez-moi, Maître Fisto, mais je crois que…

– Apprenez à restez à votre place, jeune Jedi, vous êtes sous mes ordres. Nous n’avons plus rien à faire ici, sortez de là, fit Kit en coupant un Alex tout surpris.

Alors que nous sortions, très étonné de la réaction du nautoléan, Kit s’excusa auprès du quermien et du xexto de notre attitude, puis sortit à son tour du bar.

– Qu’est-ce que vous faites ? s’écria presque Troda en serrant les poings.

– Nous n’aurions rien obtenu de plus. Il était inutile de perdre plus de temps. Je tiens d’ailleurs à m’excuser d’avoir du élever la voix contre vous, fit-il en regardant Alex.

– Il n’y a pas de mal.

– Mais tout ça est illogique, fis-je.

– Je sais. Hum… Troda, je vais te charger d’une mission importante. Tu te sens d’attaque ?

Le jeune xexto, énervé il y a quelques secondes, changea complètement d’attitude. Il paraissait dorénavant fier qu’on lui pose cette question.

– Tout ce que vous voulez !

– Tu resteras sur Troiken, tu espionneras le xexto. Il mijote quelque chose, c’est évident. Tu t’en sens capable ?

– Oui, bien sûr ! Comptez sur moi.

– Bien. Alex, je te laisse fouiller les archives. Apprends-en plus sur l’accident du frère de ce quermien. Vérifie l’enquête, procès s’il y en a eu un. Je doute que ce soit un simple accident. Vérifie aussi ce qu’il a fait de sa vie avant cet accident et si leurs dires sont exacts.

– Je m’en occupe immédiatement, fit Alex en partant sur l’instant.

– Loïc, tu restes avec moi. On va attendre Halraèl, puis aller sur Quermia avec lui, voir sa guilde. Si ses propos là-bas sont aussi… secs… que ceux de Troiken, on risque d’avoir un sérieux problème.

– C’est ce que je pensais aussi. Ils ne pourront jamais leur faire changer d’avis à ce point là. On ne peut pas dire à un tas de gens de détester un peuple, pour leur dire le lendemain de les aimer. C’est assez inconcevable.

– C’est le souci de leur argumentation, ça ne tient pas debout leur histoire.

– Ils sortent, nous interpella Troda qui scrutait depuis deux minutes l’entrée du bar.

– Parfait. Troda, je te laisse t’éclipser. Ne te fais pas remarquer. Solaris, laisse-moi faire, reste derrière moi.

– Compris.

J’acceptais, mais ça ne me plaisais pas trop. Je n’étais pas venu là pour faire le chien après tout. Je préférais le commandement de Dam’Nei sur Vortex. Qu’importe, je n’avais pas mon mot à dire pour le moment et je devais faire confiance au nautoléan. Il n’était pas Maitre Jedi pour rien. J’avais encore du chemin à parcourir avant d’atteindre son niveau et sa sagesse.




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