Alors que Troda se cachait je ne sais pas trop où, je suivis Fisto, qui alla au devant des deux suspects. Évitant de reparler des ligues, il prit l’excuse de vouloir visiter Quermia avant de rentrer à Coruscant pour pouvoir rester avec Halraèl, et s’y rendre en même temps que lui.

Bavardant quelques minutes d’un peu de tout et de rien, je commençais à me lasser sérieusement, quand enfin le xexto se décida de nous laisser. Nous dirigeant vers le spatioport, Kit Fisto continua de discuter avec le quermien. Il jouait sur la sympathie, pour acquérir sa pleine confiance et je dus admettre que son discours était très bien ficelé.

Entre Quermia et Troiken, beaucoup plus de transports qu’on pourrait le croire faisaient le trajet. Il y avait beaucoup plus de commerce qu’on pouvait l’imaginer entre ces deux planètes. On pouvait aussi penser que c’était grâce à la route de Perlemia.

Quoiqu’il en soit, il nous fut donc très facile de trouver un moyen de locomotion pour atteindre Quermia. Un transport léger, rapide, au cout très peu élevé, et c’était parti. En une ou deux heures généralement on arrivait sur l’autre planète, tellement elles étaient voisines.

Pendant le trajet, Kit Fisto tenta de reparler des ligues, de ce qu’elles apportaient, ainsi que de la relation entre les deux amis. Malheureusement, nous n’apprîmes absolument rien de convaincant. Le quermien avait l’air complètement d’accord avec le xexto, il semblait prêt à faire ce qu’il lui demandait, en l’honneur de son frère défunt. La Force ne nous disait rien du tout non plus, le quermien paraissant vraiment sincère.

Quermia était une planète bien plus accueillante que Troiken. C’était l’opposé en fait. Très peu de dangers hors des villes, des richesses partout sur le globe… Les quermiens en avaient tiré grands avantage. C’est aussi pour cela qu’ils avaient un peu mieux évoluer que les xextos.

Les villes quermiennes, bien que possédant une architecture un brin similaire avec celles de leurs cousins, étaient plus développées et plus jolies à regarder. Un peu mieux entretenues aussi. C’est du moins l’impression qu’on en avait vu du ciel. En tout cas, ça semblait bien plus accueillant. Les différences me faisaient penser à Troiken comme un monde nuageux, et à Quermia avec un beau ciel bleu.

Nous ne nous posâmes pas à la capitale. C’était une autre ville assez imposante, mais pas « primordiale ». Le nom de cette cité était Accoum. Je n’ai jamais cherché à savoir si ça voulait signifier quelque chose dans le langage Quermien.

Nous arrivions en plein après midi. C’était marrant de constater que l’heure local de Quermia, d’Accoum tout du moins, était exactement la même que celle de la capitale de Troiken. Ainsi, nous n’eûmes aucun problème de décalage horaire.

Quittant notre transport, puis empruntant un speeder taxi, nous nous rendîmes directement aux locaux de la LiQAX. Ils semblaient avoir tout prévu : une réunion de cette ligue allait avoir lieu dans la soirée.

En attendant le début de cette réunion de quermiens, Fisto continua de parler avec Halraèl, de tout et de n‘importe quoi. Je ne savais pas si ça comptais comme langage diplomatique ou ce genre de chose, mais il fallait me rendre à l’évidence que cela lui permettait déjà de devenir ami avec le quermien, ce qui pouvait être utile à l’avenir.

La réunion de la LiQAX débuta enfin. Je m’étais presque assoupi dans un coin… et j’aurais pu ne pas me réveiller. En effet, le thème de la réunion était en tout point semblable à celle du xexto. Et les réactions furent les mêmes, quoique en moins bruyant tout de même, le peuple quermien étant plus réservé. Je ne pouvais quand même pas m’empêcher de me croire à une rediffusion de la réunion précédente.

Rien de nouveau. Assister à cette réunion ne nous apprit rien du tout. À part voir que les quermiens étaient mécontents envers les xextos. Ce que l’on savait déjà depuis des lustres. À la fin de la réunion, alors que tout le monde était parti, je me levai de ma chaise, au fond de la salle vierge de décoration, pour retrouver Fisto et Halraèl. Mais Fisto vint me rejoindre, laissant le quermien seul un instant.

– Retourne sur Troiken. Tu vas t’ennuyer ici et je ne pense pas que tu me seras utile. Je vais tenter de persuader Halraèl de dissoudre cette ligue qui ne mène à rien. Récupère les informations qu’aura trouvé Alex, et vois si Troda à appris quelque chose par son espionnage.

– Bien reçu, fis-je avant de bailler.

– Allez, active-toi. Je te recontacterais plus tard.

– Pas de problème, j’y vais.

Kit fit un petit signe de la tête, puis retourna voir le quermien. Pour ma part, je pris la porte de sortie rapidement.

Enfin de l’air pur ! Cette mission m’ennuyait profondément quand même. Heureusement qu’il faisait bien beau à Quermia, sortir sous la pluie m’aurait démoralisé.

Retournant au spatioport, je repris un transport, plus rapide que le précédent d’ailleurs, puisque je revins à Troiken qu’une heure après mon départ d’Accoum.

Je pris mon comlink une fois sorti du spatioport, et je contactai Alex. Lui demandant ses infos, il me coupa court en m’indiquant qu’il venait à l’instant de retrouver Troda. Ce dernier avait perdu de vue, d’une certaine façon, sa cible.

Commençant à grommeler, Alex m’expliqua que le xexto avait pris un speeder pour se rendre en terres sauvages et dangereuses. Troda n’avait pas pris le risque de le suivre afin de ne pas se faire repérer trop vite. Mais il avait quand même placé un émetteur sur le speeder d’Estè. On avait donc finalement sa position finale.

J’eus le temps de rejoindre mes deux compagnons pendant qu’ils s’afféraient à louer un speeder. Une fois rejoins, je discutais avec Troda sur l’emplacement du speeder du Xexto à suivre, pendant qu’Alex réglait les détails de la location.

Estè s’était arrêté à près de deux cents kilomètres de la ville, au sud-ouest. C’était assez loin compte tenu des cinquante et quelques kilomètres de pleines jungles à parcourir. Il allait nous falloir être bien prudent une fois la frontière dépassée.

Alex nous rejoint enfin avec le pass magnétique pour démarrer le speeder. C’est lui qui conduisit, l’air tout fier. Je m’installai à ses côtés, Troda à l’arrière. Nous démarrâmes pour une nouvelle heure de voyage et ça commençait très sérieusement à me taper sur les nerfs.

Pendant le trajet, je demandai à Alex ce qu’il avait appris en fouillant les archives. Il n’y eut pas d’enquête, enfin, si une petite, mais vite bâclée. Faites en quelques heures, elle en vint à la conclusion qu’officiellement il s’agissait d’un accident, d’une panne du moteur du vaisseau, qui malheureusement explosa en vol.

Mais Alex avait découvert que l’entretien du vaisseau avait été fait deux semaines auparavant, et que depuis cet entretien, il n’avait pas décollé. On pensait donc à un sabotage. De plus, l’entretien avait été fait par des xextos. Il en fallait peu pour penser qu’il s’agissait qu’Estè était derrière tout ça.

Concernant la vie du frère d’Halraèl, il n’y avait rien de très percutant. Il semblait réellement préoccupé au sujet des xextos et des quermiens. Il s’était engagé dans la politique. Son frère avait commencé à suivre le même chemin. Après la mort du politicien, il y eut quelques conflit tout de même entre xextos et quermiens, mais ce fut vite résolu sans incidents majeurs.

À partir de ça, on pouvait facilement formuler des hypothèses. La plus probable étant que le xexto souhaitait créer une révolte, étant complètement anti-quermiens. Il se servait du politicien quermien qu’il faisait assassiner. Ça créait du grabuge, mais pas suffisamment. Connaissant la profonde affection qui liait les deux frères, il décidait alors de se servir de lui, car il était facile de l’influencer en lui parlant de son frère et de ses idéaux politiques.

– Ça peut tenir la route, me fit Alex après que j’eus exposé mon hypothèse.

– Je ne peux pas croire que mes semblables soient si fourbes, fit Troda depuis le siège arrière.

– Je suis désolé, Troda, fis-je. Tu sais, des méchants il en existe partout. Les humains par exemple ne sont pas vraiment mieux…

Ma remarque le réconforta légèrement, mais quand même, je comprenais un peu sa réaction.

Nous nous arrêtâmes à deux kilomètres du lieu prévu, pour ne pas attirer l’attention. Empoignant nos sabres laser, nous avançâmes prudemment, faisant attention à tous les bruits autour de nous, qui pouvaient signaler un animal dangereux prêt à fondre sur nous.

Par chance, nous n’eûmes aucun problème. Et nous arrivâmes devant le speeder du xexto, qui était garé devant une entrée d’un bâtiment qui paraissait petit. C’était un genre de petit local. En s’approchant, on ne remarquait aucune fenêtre, juste une lourde porte à battant, semblant tout droit sorti des livres d’histoire. Nous la nous poussâmes délicatement.

La pièce était complètement vide et pas éclairée. Mais à la lumière du jour, qui commençait d’ailleurs à décliner, nous aperçûmes un ascenseur au bout de la pièce. Toujours prudent, nous allâmes l’emprunter. Alex appuya sur le bouton pour descendre.

Un léger son strident se produisit, un mouvement nous secoua, puis voilà que nous descendions lentement, mais très profondément. L’ascenseur avait ses portes transparentes et la trajectoire qu’il empruntait dominait la grande salle vers laquelle nous nous dirigions. Nous fumes donc en mesure de voir vers où nous descendions au bout d’un moment. Nous en fûmes très surpris.

Il s’agissait d’une usine assez conséquente. Les lumières rougeoyantes du plafond n’en éclairaient pas grand-chose. Les machines prenaient énormément de place, de nombreux coins d’ombre subsistait un peu partout. C’était très bruyant, mais en rythme. Il faisait chaud, et l’odeur n’était pas très agréable.

– Qu’est-ce que c’est que ça ?

– Tu vois bien, Alex. C’est une usine de… droides.

– On dirait ceux de la Fédération du Commerce.

– Comment ont-ils pu fabriquer ça ici, demanda Troda, presque choqué.

– Inspectons l’endroit prudemment, fis-je alors que l’ascenseur venait enfin de s’arrêter.

Empruntant le passage devant nous, nous avançâmes par petit pas, en regardant tout autour de nous, à l’affut. Il n’y avait aucun doute, cette usine avait bien été construite par la Fédération du Commerce. Les quelques droides qui était construit à la chaîne étaient tout à fait similaire à ceux qu’elle possédait avant que son armée soit normalement démantelée.

– Quelqu’un vient, chuchota Alex devant moi.

Immédiatement, nous nous cachâmes derrière plusieurs machines bruyantes. Troda était de mon côté, Alex de l’autre, en face de nous. Au bout du couloir qu’on avait emprunté, une porte s’ouvrit en grinçant. Plusieurs personnes apparurent et s’avancèrent vers l’ascenseur. Certains discutaient en marchant.

– Je puis vous assurer que nous atteindrons le rendement maximal dans les temps, fit une voix inconnue.

– J’espère pour vous, car il serait très regrettable pour Troiken de ne pas respecter nos accords. C’est pour vous cette usine, votre protection personnelle. Vous en faites ce que vous voulez de toute façon.

« Cette voix là… »

– Troiken ne restera pas dans l’ombre de la République, derrière Quermia encore une fois, fit Estè que je reconnu sans mal.

– Et qu’en est-il de votre associé ?

« Oui, cette voix, c’est bien lui… c’est… »

– J’ai suivi vos conseils, comte Dooku. J’ai envoyé des chasseurs de prime l’assassiner. Ça doit d’ailleurs être fait en ce moment.

Alors que par instinct je me levai pour aller parler à Dooku, Troda m’agrippa de ses quatre bras pour me retenir.

– Je vais vous laisser à présent. Je dois présider une réunion très importante pour la Confédération, et je suis déjà en retard.

– Bien sûr comte, nous ne vous retiendrons pas plus longtemps. Je vous remercie de votre visite.

Nous entendîmes Dooku prendre l’ascenseur, puis les deux xextos qui l’accompagnaient faire demi-tour vers nous. Ils aperçurent Troda, au beau milieu du couloir. Il se tenait là, tout droit tel un piquet, regardant Estè dans les yeux.

– Toi ? Mais que fais-tu ici ? Comment as-tu pu arriver jusque-là ? Droides !

– Que manigancez-vous, Estè ?

– Je n’ai pas de temps à perdre ! Droides, abattez-le !

Déjà, plusieurs dizaines de droides arrivaient rapidement de tous les côtés. Nous fûmes rapidement encerclés. Il était inutile pour Alex et moi de rester cacher. Alors activant nos sabres laser, nous nous plaçâmes devant Troda.

– Vous aussi, fit le xexto nous ayant trompé, pendant que le deuxième s’enfuyait.

– Estè ! Cessez cette folie sur le champ ! Vous vous attaquez à des Jedi, fit Alex.

– Alex, c’est trop tard, ils sont trop nombreux, lui chuchotai-je. Replions-nous derrière…

Il me fit un signe de tête, et alors qu’un droide s’approcha d’un peu trop prêt, il le frappa, lui coupant la tête. Nous nous mîmes à courir vers la porte d’où était arrivé Dooku. Pendant notre course, nous déviâmes plusieurs tirs de blaster des droides. Ils devaient être une bonne vingtaine, et d’autres arrivaient d’on ne sait où. Alors que Troda ouvrait la porte, Alex et moi le couvrîmes, parant sans trop de difficulté les lasers rouges. Au loin, Estè prenait l’ascenseur.

Derrière nous la porte s’ouvrit. Nous entrâmes et refermâmes la porte en vitesse, que nous scellâmes en faisant fondre les contours de l’entrée à l’aide de nos armes de jedi. Puis, nous continuâmes notre avancée par le seul chemin qui s’offrait à nous en nous hâtant.

Plusieurs fois, à des bifurcations, nous nous retrouvâmes nez à nez avec plusieurs groupes de droides. Mais il n’était pas question pour nous d’essayer de les éliminer. Nous privilégions la fuite. Empruntant certains couloirs au hasard, nous remerciâmes finalement la Force lorsque nous arrivâmes devant ce qui semblait être la source d’énergie de l’usine : un gros réacteur au centre d’une large pièce, entouré par plusieurs turbines cylindrique. Mais il y avait aussi là des droides qui s’occupaient de la maintenance du système.

– Nous ne pouvons pas laisser cette usine tourner. Détruisons-là, puisque nous en avons l’occasion, fit Alex.

– Je suis d’accord, dit Troda, Et avec de la chance, les droides seront désactivé.

– On n’a pas le choix. Allez, on entre rapidement, on neutralise les droides, et on s’attelle à créer une surcharge. Allons-y !

Ce fut bref. Les droides ici n’était pas armé. La dizaine fut bien vite réduite en tas de ferraille. Depuis trois consoles différentes, nous cherchâmes un moyen de créer des courts-circuits. Mais nous ne trouvâmes rien. Alex eut une idée de dernier recours.

– Poussez-vous, reculez, fit-il en s’avançant sabre en main, vers un des gros tuyaux qui longeait les murs de la pièce et qui se dirigeait vers le réacteur. Deux solutions. Soit c’est le tuyau qui amène la source d’énergie depuis le réacteur, soit c’est le système de refroidissement.

– C’est soit chaud, soit froid, c’est ça, tenta Troda.

Alex ne répondit pas, il tendit la main. Il hésita légèrement. J’allais lui dire de ne pas tenter n’importe quoi mais trop tard. Il toucha le tuyau, et en moins d’une seconde il retira sa main en poussant un cri.

– C’est chaud ? fis-je en grimaçant comme pour supporter avec lui la douleur.

– Non, froid. Terriblement froid.

– Ouf…, fit Troda.

– Allez, j’y vais.

Empoignant son sabre, Alex asséna un puissant coup de haut en bas, coupant le gros tuyau. Une épaisse fumée froide envahit rapidement la pièce. Je n’arrivais plus à voir Troda qui se tenait pourtant à moins d’un mètre de moi.

– Alex !

Il réapparut, et nous poussa dehors. Ouvrir la porte ne nous permit pas d’y voir vraiment plus clair, car la fumée blanche et givrante se propageait déjà dans les couloirs. Il s’agissait maintenant de remonter à la surface, notamment en rebroussant d’abord chemin, et de trouver la sortie.




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