Quelques minutes plus tard nous descendîmes à nouveau les escaliers. Dix sept étages plus bas, on ne pouvait plus descendre. Une unique porte de fer barrait la sortie.

Je pris mon sabre, l’activai et découpai un passage. Je sortis ma tête par l’ouverture et regardai les environs. Il faisait toujours aussi noir, même en plein après midi. Les hauts immeubles empêchaient la lumière de Corusca, le soleil du système, d’illuminer le Corridor. Enfin, pour ce qu’on aurait pu voir de plus, ça valait peut-être mieux ainsi…

Il n’y avait aucun danger. J’éteignis mon sabre et sortis complètement. J’attendis qu’Alex sorte également.

— Bon alors, trouve-moi Maître Mayaserana.

— Je vais essayer.

Je le regardai un instant.

— N’essaie pas, fais le ou ne le fais pas, il n’y a pas d’essai.

C’est ce que disait toujours le vénérable Maître Yoda, et cela fit sourire mon camarade.

Je sentis comme une vague dans la Force. Alex semblait maîtriser cette faculté à percevoir les choses éloignées. Il semblait connaître la posture qui permettait de décupler sa vision des choses. Ses bras restaient tendus, formant un angle d’environ quarante cinq degrés avec l’épaule. Il ne serrait pas ses poings, mais laissait ses paumes ouvertes, les pouces vers l’extérieur. Il avait la tête baissée, le menton touchant presque sa poitrine. Sa respiration se faisait plus lente, mais sa concentration s’intensifiait.

J’attendis un instant. Mais sa concentration se relâcha. Sans ouvrir les yeux, il me demanda de l’aider. Je mis ma main droite sur son épaule et laissai la Force affluer vers lui. Je pus voir à travers ses yeux, ou plutôt, à travers son esprit. Je ne connaissais pas cette technique. Jamais je n’avais essayé de la maîtriser, et personne n’avait essayé de me l'enseigner. C’est ce que l’on appelait couramment la projection astrale.

Comme je n’avais pas d’expérience, je n’arrivai pas à interpréter aussi vite les informations qui défilaient devant mes yeux. La vision s’arrêta devant un bâtiment placé entre trois autres grands immeubles, gardé par une douzaine de créatures, et surtout, éclairé par de nombreuses lumières, chose assez rare dans le Corridor Ecarlate.

J’étais essoufflé, mais Alex encore plus. Je dus attendre cinq bonnes minutes avant qu’il parvienne à reprendre une respiration quasi normale.

— Tu l’as trouvé ?

— Je crois… c’est assez flou et très approximatif. Hum… On doit prendre cette direction, dit-il en pointant son doigt vers une rue assez large et délabrée.

— Tu pourras m’apprendre un jour ton truc ?

— Apprendre cette technique est assez difficile, je ne la maîtrise pas encore à son plus haut niveau et il paraît que l’enseigner est encore plus dur.

Je n’insistai pas. Nous prîmes la route en marchant assez vite pour éviter de nous faire repérer par des individus étranges.

Malheureusement, plusieurs groupes nous aperçurent. Ils commencèrent à nous suivre discrètement, parmi les immeubles nous entourant, un groupe se tenant à quelques distances derrière nous. Ils furent de plus en plus nombreux, puis s’approchèrent de plus en plus.

— Quelle galère…, fis-je.

— Ouais… Qu’est-ce qu’on fait ?

Un nouveau groupe, armé, venait d’apparaître devant nous pour nous bloquer la route.

— Bon, ben on fonce dans le tas.

— Je te suis.

Nous commençâmes à courir. Nous prîmes nos sabres laser à la main en les activant. Plusieurs individus tirèrent avec des blasters. On évita la majorité des tirs, et on dévia les autres. Arrivés sur le groupe, nous sautâmes par dessus eux, puis sans nous retourner, nous continuâmes notre chemin en courant. Ils continuèrent de tirer, mais la Force nous guidant, nous les évitâmes sans trop de problème.

Cependant, il restait d’autres individus aux alentours. Certains, à l’intérieur des immeubles, nous balançaient des détonateurs thermiques, que nous renvoyions par la Force, ou simplement tiraient avec des blasters. Notre rapidité nous permettait d’échapper à la majorité des habitants du Corridor. Mais il en affluait toujours d’autres.

— Mais qu’est-ce qu’ils nous veulent ?

— Peut-être nous manger ? fis Alex.

— Quoi ? Ils sont carnivores ?

— Sûrement, mais je crois que tu voulais plutôt dire cannibales.

— Oui, c’est ça.

— Ben peut-être, j’en sais rien moi.

— Alors qu’est-ce que tu raconte ? Et si c’est le cas, pourquoi est-ce qu’ils ne se butent pas entre eux ?

— Surement parce qu’ils s’aiment bien ?

— Et nous ils ne nous aiment pas ?

— Ben non…

— Je me demande bien pourquoi…

— Ben ils savent peut-être qu’on est des Jedi…

— Comme s’ils savaient ce que c’était un Jedi…

— Ben je ne sais pas moi… Ou alors ils n’aiment pas notre tenue vestimentaire ?

— N’importe quoi… Bon, trouvons vite ton Maître, et barrons-nous d’ici.

— Avec joie.

Nous redoublâmes d’effort pour accélérer notre vitesse. Nous éteignîmes peu après nos sabres laser puis au bout d’un moment, plus personne ne semblait nous poursuivre. Nous prîmes une pause pour reprendre notre souffle.

— Pfui, je suis déjà fatigué, fis-je en prenant appui sur mes genoux.

— Au moins comme ça, on arrivera plus vite à destination.

— Oui, mais bon quand même…

Après quelques minutes de repos, nous reprîmes la route plus calmement, à l’intérieur des immeubles. On avançait calmement et on scannait la zone avec la Force. Chaque groupe d’individu qu’on rencontrait, on le neutralisait, ou bien parfois on les attirait dans un autre niveau, quand ce n’était pas nous qui changions d’étages pour les éviter. Finalement, c’est au bout de quatre longues heures que nous arrivâmes à destination : un bâtiment de quelques étages entourés par trois immeubles beaucoup plus grands.

— Je propose de dormir cette nuit et d’entrer demain matin, fis-je à l’intention de mon seul interlocuteur.

— Ça me convient parfaitement.

Nous entrâmes dans un bâtiment tout près sans difficulté. Nous découvrîmes un petit escalier, derrière une porte. Ce devait être une cave. Cet endroit était assez grand pour que nous y dormions tous les deux. Nous avions pris le temps de refermer la porte de fer et de la sceller en faisant fondre du métal grâce au sabre laser.

Le lendemain, nous sortîmes. Personne n’avait troublé notre sommeil. Nous nous dirigeâmes vers le bâtiment. Restant caché dans l’ombre permanente, on étudia les vigiles et leurs tours de gardes. Un seul accès était visible, la porte principale.

— Ça ne serait pas prudent d’essayer d’entrer amicalement, me fit Alex.

— Ça ne servirait à rien non plus de tous les tuer. Tu as une autre idée ?

Alex étudia les immeubles environnants. Puis un sourire se dessina sur ses lèvres.

— C’est fort possible.

On entra dans un autre bâtiment, puis on monta de quatre étages. Nous courûmes en prenant un couloir qui longeait un coté du grand bâtiment où se trouvait Ildara Mayaserana. Fort heureusement, seuls deux gardes étaient présents, un Twi Lek à la peau rougie par une trace de brûlure et un Gamorréen dont l’œil droit lui manquait. Le premier était armé d’un blaster DL-44, à courte portée, mais fatal. L’autre tenait de ses deux mains une vibrohache.

— Très bien. Je m’occupe du twi-lek, et toi du gros bourin, me fit Alex.

— J’étais sensé donner les ordres.

— Bon très bien, donne les tes ordres si ça t’amuse.

— Okay, alors je m’occupe du plus fort pendant que tu t’occupe du twi-lek.

Alex sourit encore une fois. On aurait dit que la tournure des évènements lui plaisait.

Nous dûmes enlever les fenêtres de verres avant d’attaquer. Avec la Force, nous cassâmes le contour des fenêtres pour les retirer sans bruits. Nous attaquâmes lorsque les gardes furent le plus proche possible. Nous sautâmes d’une hauteur de huit mètres, et notre atterrissage se fit sans bruit. Le Gamorréen ne broncha pas, et je pus me diriger vers lui sans bruit pour l’attaquer de dos. Le Twi Lek par contre nous avait vus. Il n’eut pas le temps de tirer, son arme lui échappa des mains et se plaça tranquillement dans celles d’Alex. Il voulut appeler de l’aide mais Alex utilisa la Force, le projetant contre le mur d’en face. Au même moment, alors que le Gamorréen semblait commencer à comprendre ce qui se passait, je lui assénais un grand coup du bout de mon sabre éteint. Il s’écroula, mais se remis à genoux. Je lui donnai un deuxième coup, puis d’un coup de genou dans la tête, je le fis rouler sur le dos, inconscient.

Alex garda le blaster, et moi je pris la vibrohache, qui pouvait servir. On se dirigea ensuite vers le fond du bâtiment. Comme on l’avait senti à travers la Force, il y avait une sorte de trappe en plexiglas. On regarda à l’intérieur, mais il ne semblait pas y avoir de mouvements. Alex alluma son sabre et découpa une ouverture. On descendit, moi le premier.

J’atterris en douceur. La pièce était très sombre, aucune lumière. Alex descendit à son tour.

— Bon, lui dis-je, trouvons la porte et ton Maître, puis tirons-nous.

Je fermai les yeux puis laissai la Force me montrer le chemin. La porte était juste en face. Je m’en approchai puis cherchai la poigné.

— C’est quoi ce délire ? Il n’y a même pas de mécanisme d’ouverture.

— Ben on a qu’à s’en faire un.

Il alluma son sabre laser. Je lui laissai la place et il commença à découper la porte. Au bout de quelques dizaines de secondes, il avait fini, et il donna un coup de pied pour finir le boulot. Le métal tomba en faisant du bruit.

— Ah bravo, ça va être discret comme entrée.

— T’avais qu’à le faire.

— Tu m’en a pas laissé le temps, fis-je en passant le premier par la petite ouverture.

— C’est parce que t’es trop lent, fit-il en retour en passant lui-même par l’ouverture.

Il se releva à mes côtés. Le couloir était sombre.

— Je comprends rien, de dehors il y a pleins de lumières, de dedans il n’y a rien…

A ce moment, le couloir s’éclaircit d’un coup. Huit gardes pointant des blasters de toutes sortes vers nous se tenaient là, à trois mètres de nous et devant la seule porte de la pièce. Le garde le plus proche, un humain aux cheveux verts hérissés sur la tête, parla en ce qui semblait du Hutthese. Un gamoréen commença à s’approcher en pointant une vibrohache devant lui.

— Si tu as une idée Alex, surtout ne te gêne pas.

— Mais c’est toi le chef !

— C’est toi qui trouves les idées.

— Nous vous attendions, Jedi ! fit l’homme aux cheveux verts en basic. C’est ici que s’arrête votre aventure ou plutôt, votre mésaventure.

Il finit par éclater de rire devant nous, qui restâmes impuissants.



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